- lunatique
- anémone
- étoile de mer
- iconoclaste
- bayadère
- primesautier
Comme tout à chacun, j'ai mes habitudes. Et une fois par mois, je me rends dans un petit magasin qui ne paie pas de mine. Une façade décrépie, une vitrine où bouquet de fleurs fanés git depuis des lustres. La couche de poussière qui recouvre les pétales décolorées fait fuir le quidam. Son nom l'anémone pourrait faire penser à un magasin de décoration marine ou de ventes d'articles de pêche. Il n'en est rien pour les habitués. Un petit cercle restreint d'hommes et de femmes. Que quelqu'un vous donne cette adresse est un privilège rare. Une marque de confiance et d'estime. Le gérant à la mine austère fait fuir ceux qui par hasard s'y aventureraient. Une étoile de mer desséchée, une ancienne tenue de scaphandrier sont les seuls objets de cette boutique iconoclaste. Un "bonjour Monseiur " me salue puis le gérant m'ouvre en toute discrétion une porte qui donne sur un arrière boutique. Cette porte rouge permet d'accéder au saint des saints. Une fois rentré, je me sens un autre homme. Elle sont là. Assises devant leur portable ou à lire une revue ou un magazine. Du regard, je cherche Amia, ma préférée. Vêtue d'une robe bayadère, elle m'attend. Perchée sur un haut tabouret, son regard perdu et fixe prend vit dès que je la vois. Je l'imagine dire non, résister et de défendre. Je la prends violemment et sous mes mains chaudes, cette poupée de silicone au teint chocolat devient réelle. Une femme, avec la quelle je peux assouvir tous mes fantasmes les plus fous et le plus osés. Je paie le prix fort pour ce moment de détente. Depuis qu'un haut dirigeant a été accusé de tentative de viol, le nombre d'habités a parait il augmenté...