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mardi 18 octobre 2016

Axel Sénéquier - Les vrais héros ne portent pas de slip rouge

Éditeur : Quadrature - Date de parution : 2014 - 128 pages qui donnent le sourire aux lèvres ! 

Si le titre un brin malicieux donne le sourire aux lèvres, la première nouvelle Avant-première m’a vraiment fait rire. Elle met en scène un passionné ( et le mot est faible) qui connaît par coeur les répliques d'auteurs qu’il adule et des scènes de films d’action (vus et revus). La suite se déroule dans un cinéma et bonus,  je n'ai pas vu la fin venir.
Le mythe du héros est revu dans ce recueil de nouvelles. Des personnages aux vies ordinaires et pour certains ils ont même à leur actif des actes peu glorieux. Mais ils vont redorer leur blason, faire naître de l’estime ou du respect chez les autres ou simplement retrouver la confiance qu’ils avaient perdue. Des actes réfléchis ou alors tout simplement spontanés, calculés ou non.

Sur ces douze nouvelles, quelques uns sont à chute et j’ai souvent deviné le dénouement mais qu’importe car l’écriture vive, franche et entraînante d'Axel Sénéquier m’a séduite. A part la nouvelle qui se déroule à Brest que j’ai trouvé moins réussie  (oui !), ce recueil vaut le détour.
Des sourires, de rires mais aussi des pincements au cœur ! A découvrir ! 

Il n’y a qu’au cinéma où le héros qui sauve la ville se contente d’un baiser de la belle, d’une poignée de main du shérif et de la gratitude des citoyens de Gotham City.

Un recueil repéré chez Alex, le billet de Krol

jeudi 16 juin 2016

Le 1-Hors-série : Nouvelles du monde


Dans la préface de ce hors série du magazine le 1 et en collaboration avec La Grande librairie et France 5, Eric Fottorino écrit : « Et pour raconter une histoire, qui s’y entend mieux que les romanciers ?L ’expérience de la vie, la vraie, est inaccessible en dehors de la littérature .(...) La littérature, c’est aussi parler de demain avec de la mémoire. Ce sont des mots au service des idées, mais aussi du sensible, du surprenant, de l’inconfortable parfois, toujours de l’imprévu, le contraire de l’habitude, du prête à penser, de l’ennui. »

Placées sous le signe de l’ailleurs, onze plumes Nancy Huston, Erri De Luca, Marie-Hélène Lafon, Leïla Slimani, Irène Frain, Dany Laferrière, Michel Quint, William Boyd, Patrick Grainville, Tahar Ben Jelloun et Guy de Maupassant (mon novelliste chouchou) nous offrent leur vision de l’ailleurs. Qu’est-ce que l’ailleurs ? Est-il toujours rattaché au voyage ? Et bien non justement.

J’ai retrouvé dans Rêves de Guy de Maupassant que je n’avais pas lu depuis longtemps, son style, sa capacité extraordinaire à nous immerger en quelque pages dans une histoire, à planter un décor avec des personnages et à nous surprendre par la chute. Les autres auteurs n’ont pas à rougir. Irène Frain nous amène sur le terrain de son enfance dans le Morbihan. Pas de vacances, une journée sur le plages du Sud-Finistère constituait un changement de territoire. Cette nouvelle sonne très juste car elle marque bien comment en Bretagne, les différences entre les départements (ou au sein d’un même département) marquent encore une notion de changement. Pas d’argent, pas de vacances, alors elle s’inventait des ailleurs gratuitement. Seule l’imagination suffisait.
Leïla Slimani nous parle d’une héroïne qui a vécu mille vies dans différents endroits à différentes époques grâce au à la magie des mots des livres. Marie-Hélène Lafon nous offre une nouvelle où un bois est un personnage à part entière : « Le bois emporte, ; (…) quelque chose vous prend au corps et vous ne vous lâche plus, vous cueille et vous arrache, vous caresse et vous broie, vous relie, vous retourne. On n’a plus qu'à se laisser faire, ou s'en aller. Elle reste. Elle vient pour ça ; elle ne résiste pas et se tient aux aguets. Tout son corps est happé. La sémillante guipure des chants d’oiseaux ourle le silence ; c'est une joie, un jet, une attente qui n'aurait pas de fin à l'échancrure nacrée du jour et des saisons. » L’héroïne fait corps avec la nature, un symbiose unique attendue lorsqu’elle est à Paris. L'écriture de Marie-Hélène Lafon se déguste !
De la peinture aux  danses  de Rio, de la tombe de Borges à une nuit passée dans un désert, l’ailleurs revêt différentes formes ( Dany Lafferrière, Patrick Grainville, William Boyd, Erri De Luca et Tahar Ben Jelloun). Michel Quint avec sa gouaille unique signe un texte savoureux et un brin malicieux. Et la nouvelle de Nancy Huston m’a particulièrement touchée et remuée, elle qui conclue son texte avec ces mots : "En somme, plus je voyage, moins j’ai de repères, de fierté et de certitudes . "Se dépayser" de cette manière-là est une grande leçon philosophique. Pas rassurante pour deux sous, mais édifiante. " Ca claque et ça interpelle !

Il faut prendre son  temps de lire chaque nouvelle indépendamment, "de laisser infuser" comme le dit Eric Fottorino pour bien en saisir en saisir toutes les nuances et s’en imprégner.
Un petit recueil mais un grand voyage que je ne suis pas prête d’oublier. Du plaisir ! 

Le seul indice qu'on a de l'existence d'un tel lieu est ce petit dialogue surpris entre un écrivain et un lecteur : 
 - D'où venez-vous? 
- De nulle part. 
- Joli coin. 

Danny Lafferière

Les billets de Cathulu, Nicole.

lundi 30 mai 2016

Marie-Hélène Lafon - Histoires


Éditeur : Buchet-Chastel - Date de parution : Octobre 2015 - 314 pages magnifiques !

Vingt nouvelles où l’on retrouve des gens de la campagne pas forcément des gens de la ferme, des villages, la ruralité, des gens du Cantal et ce « pays » avec sa rigueur hivernale mais également sa beauté. Des couples mariés, des personnes seules, des jeunes, des familles : les relations sont décrites avec le mot juste, calibré comme toujours chez Marie-Hélène Lafon. Des vies dures où l’on travaille sans rechigner, où l’on n’a pas le temps de s’apitoyer sur soi, les non-dits également. Apreté des vies où viennent se glisser quelquefois des rêveries, des souvenirs mais aussi quelquefois de la compassion. Le quotidien est raconté avec une richesse de la langue.
Le corps également a son importance. Comme dans le première nouvelle Liturgie qui raconte la toilette du père et de ses filles qui à tour de de rôle lui lavent le dos avec un gant. Pas de dialogues tout est dans les gestes, les regards. Ou encore dans un pensionnat, une religieuse surveille depuis des années les douches des adolescentes, "L’hygiène de la chair n'est rien quand le Verbe est soudé, sali, piétiné". Dans cette nouvelle L’hygiène, les deux dernières pages se lisent presque dans un souffle sur un rythme scandé par les mots de la prière.

Des nouvelles m’ont vrillée le cœur : le suicide de Roland " Peu importe qu'il ait ou non connu l'ardeur des corps, à la sortie d'un bal, sur un chantier, dans une ferme isolée, ou dans son atelier ; peu importe puisqu’il reste de lui qu'une trace de solitude, lisse et infime, à la surface de nos mémoires. ", l’histoire d’Alphonse le simple d’esprit.
D’autres derrière une certaine innocence en apparence comme La communiante révèlent une forme de cruauté. Jeanne l'institutrice, amante d'un prêtre, est d’une beauté à double tranchant.
Une ponctuation qui quelquefois se fait rare pour donner une densité supplémentaire. Et quand l’ironie s’invite, elle précède la noirceur.

La dernière nouvelle Histoires serait à citer entièrement. Marie-Hélène Lafon revient sur son enfance avec l’apprentissage de l’écriture et de la lecture. Mais aussi son rapport à l’écriture : " Il n'est pas plus facile, n'est plus difficile, je le crois aujourd'hui, décrire des nouvelles que des romans ; c'est seulement une autre affaire, en terme de distance et de souffle, d’élan et de tension. (..) Il y a moins de matière, de pâte textuelle à malaxer, à pétrir, à travailler sur un chantier de nouvelles à établi du roman, mais la question de la tension du récit s’y pose en des termes cuisants et cruciaux. En trois pages en dix ou trente, il faut, il faudrait tout donner à voir, à voir et à entendre, à entendre et à attendre, à deviner, humer, sentir, flairer, supposer, espérer, redouter.. Il faut, il faudrait tout ramasser, tout, et tout cracher ; il faut que ça fasse monde, ni plus ni moins qu‘un roman de 1322 pages, que les corps y soient, que la douleur y soit, la couleur, et le temps qui passe, ou ne passe pas, et la joie, et les saisons, et les gestes, le travail, les silences, les cris, la mort, l'amour, et la jubilation d'être, et tous les vertiges, et les arbres, le ciel, le vent. Il faudrait. »"

Un recueil magnifique et l’écriture de Marie-Hélène Lafon est de l’orfèvrerie !

Le billet d'EvaKeisha et Sabine ont lu Album qui comprend également ces nouvelles.

Sur ce blog : Chantiers - Joseph - L'annonce - Les pays  - Traversée

samedi 6 février 2016

Frédérique Martin - J'envisage de te vendre ( j'y pense de plus en plus)

Editeur : Belfond - Date de parution : Janvier 2016 - 220 pages et 12 nouvelles piquantes, cyniques !

On passe très vite sur la couverture pour se plonger dans ses nouvelles. La première donne le ton : un jeune homme vend sa mère (fauteuil compris) dans une brocante. Très vite, on comprend que Frédérique Martin nous transpose dans une société où bien des choses ont changé. Que ce soit le contrôle des faits et des actes de chacun ou un pouvoir collectif qui dirige, le monde où évoluent les personnages de ces nouvelles est froid, intransigeant avec ses règles et ses codes, l’argent et la consommation sont les maîtres-mots.

Les individus  sont le plus souvent privés de leurs libertés et obligés d’obéir. Que ce soit une femme gagnante d’un cadeau empoisonné à l’Organisation des Consciences Unies qui vous juge, ces nouvelles (hormis deux qui ont un air de déjà lu) font froid dans le dos. L’auteure utilise avec brio le cynisme de ces mondes futuristes et les nouvelles vont en crescendo. Très bien écrites ( Frédérique Martin possède ce talent pour camper des personnages et une situation en quelques pages), elles nous amènent à nous poser des questions (je pense notamment à la nouvelle intitulée La prophétie de la goutte d’eau) sur les dérives. Attention, ça remue !

Un très bon recueil de nouvelles à lire !

Les billets d'AntigoneJérôme, Noukette, Saxaoul

Lu de cette auteure : Le vase où meurt cette verveine

mercredi 17 juin 2015

Loïc Demey - Je, d’un accident ou d’amour

Éditeur : Cheyne - Date de parution : Octobre 2014 - 44 pages et une petite friandise ! 

Est-ce une nouvelle ou un poème? Je n'ai pas la réponse mais ce court texte (ou nouvelle) est un OVNI. L'histoire est celle d'une rencontre entre Hadrien et Adèle au parc du jardin du Luxembourg. Un coup de foudre immédiat. S'en suivent des promenades, des discussions, le premier baiser échangé et un accident pour Adrien. Ses verbes se sont envolés. Qui de l'amour ou de l'accident a déclenché ces symptômes chez lui? Et Adrien raconte. Un récit sans aucun verbe où les mots se mélangent.

Excès d'août. Je me lit, je me draps et les rideaux tirés. Je me cigarette roulée et m'absence la force de dehors. J'invention une maladie au bureau. Je me fièvre et me courbatures, je me vomissements : probable insolation. Plus rien d'importance depuis cette fille sur une chaise verte du jardin du Luxembourg, voiliers miniatures et lecture de poche. Instinctivement, je pas vers elle et lui paroles futiles. Le soleil d'abord, la chaleur ensuite. McEwan enfin. Elle me réponses courtes, elle se mèche de cheveux châtains et fins derrière l'oreille. Elle se surprise puis me spontanément. « Oui », « bon ». « Sur la plage de Chesil ». Je causeries d'autres choses, de musique. D'elle. Je lui proposition d'un café en terrasse, elle acceptation si un thé. Vert.
L'intuition prend le relais, on imagine la phrase, on complète avec ses propres mots et chaque lecteur en fera son propre texte. Ce qui frappe, c'est la poésie et les sensations qui en surgissent : On s'été, on s'éther. On s'éternité. Le procédé n'est pas lassant, il  délie le langage et sublime l'amour.

Ce livre est une expérience à part, une petite friandise à déguster sans modération! C'est frais, original et terriblement réussi ! 

Un livre aimé par l'ensemble de mes libraires ( c'est dire!).

mardi 24 mars 2015

Laure Anders - Animale

Éditeur : Buchet-Chastel - Date de parution : Février 2015 - 217 pages et une auteure à suivre !

Qu'ils soient hommes ou femmes, l'auteure s'intéresse aux corps. Ames blessées, calculatrices ou qui se révoltent ou se soumettent, et le corps devient le catalyseur des frustrations, des désirs et des pulsations. Une caissière transparente aux yeux des autres dans un supermarché, un homme rejeté par ses fils ou encore un collectionneur d’objets rares qui voit sa vie modifiée par la fait d'être père. Homme qui cherche la soumission et fait le chien, une femme de ménage qui photographie les intérieurs où elle travaille, des femmes qui se battent pour un poignée de billets sous les yeux remplis de désir des hommes, corps qui a besoin de  drogue pour tenir et supporter la vie. Ou encore le pouvoir et la sensualité  que ressent celle qui porte une robe et devient une autre.
Relations charnelles qui dévient vers la violence, relations de dominants et de dominés, relations d'une nuit pour sentir la présence d'un autre corps et un peu la chaleur humaine. La part animale somnolente ou enfouie se réveille toujours.

On peut affirmer que Laure Anders n'a pas froid aux yeux et possède un style, une écriture caméléon. Ses personnages lisses dans la vie se révèlent bien différents. Elle ose sans tabous bousculer le lecteur avec un sens pointu pour traquer et décrire ces moments où les personnages changent de peau.
Dans ce premier recueil, même si quelques tableaux m'ont moins plu, je ressors conquise par cette écriture, par ces nouvelles qui prouvent que cette auteure ne s'en tient pas aux sentiers battus ! 

Les façades de la rue boivent la lumière du soir comme un velours, une lumière si douce que j'aimerais me dissoudre en elle. Je pourrais enjamber la mince rambarde en fer, déplier mon corps de fille chauve-souris et m'élancer dans le vide. Je pourrais me mettre nue et danser sur du dub, ma peau éclairée par la pulsation vert et rose des enseignes. Je pourrais me faire un parachute dilué dans la bière premier prix de chez Lidl et puis appeler Léonard pour qu'il m'accompagne dans un de ces bars de Bastille puants et surpeuplés, là où la musique seventies remixée est vraiment excellente et où la pression en gobelet plastique coûte moins de deux euros. J'ai une infinité de choix. Rester seule me panique. J'ai besoin de visages, j'ai besoin d'odeurs et de mains  chaudes, toujours plus, pour peupler ma solitude.  L'air fraîchit me donne la chair de poule, des vagues de frissons électriques sur mes jambes, mes seins, mes épaules. Si je peux ressentir cela c'est que je suis vivante.

mardi 1 juillet 2014

Franck Courtès - Autorisation de pratiquer la course à pied et autres échappées


Éditeur : Le Livre de Poche - Date de parution : Mai 2014 - 284 page et 19 nouvelles.

Ce recueil de nouvelles commence fort, très fort, avec une nouvelle qui m'a ravie. Humour bien acéré, jeux de mots subtils et une fin on ne peut mieux trouver. Le ton est donné et autorisation de pratiquer la course à pied nous invite dans des vies de personnages qui souvent sont récurrents. Doux rêveurs, personnages qui veulent donner le meilleur de soi ou laissés sur le bord de la route de la vie, ils croient aux lendemains meilleurs, se cachent derrière des prétextes avouables ou non, s'enlisent ou se prennent en pleine figure ce dont on on parle à demi-mots Car pour aborder l'handicap, le racisme, il faut trouver le forme et la manière. Et Franck Courtès y arrive quitte à décrire nos propres comportement dont on est si peu fiers.

Alors oui, je me suis régalée mais car (il en fallait un) les dernières nouvelles sont moins piquantes, juteuses. Ce sera mon seul petit bémol pour un recueil de grande qualité !

J'ai cru pouvoir assumer seul me honte, me trouver des excuses.J'ignorais que ce purgatoire serait éternel. La seule chose qui m' a fait du bien durant toutes ces années, c'est la fatigue, parce qu'on se fatigue de tout, même de se haïr.

mardi 24 juin 2014

Régis Franc - Jamais les papillons ne voyagent

Éditeur : Fayard - Date de parution : Mars 2014 - 176 pages au goût délicieusement suranné... 

En vingt  nouvelles, Régis Franc nous décrit des tranches de vie. Principalement des personnages masculins de l'adolescence à des âges plus avancés.
Des émois amoureux aux regrets plus tardifs, des rencontres qui changent une vie, les idéaux que l'on poursuit. De la France aux voyages en Asie ou les personnages  ont un regard différent qui influence leur vision du monde, il se dégage de ses nouvelles une douce mélancolie, pas celle qui colle et qui rime avec noirceur mais un parfum égrené d'un chapelet de petits bonheurs, de mésaventures. Cette nostalgie que l'on aime à se souvenir...

Certaines nouvelles m'ont  plus touchée que d'autres : je les ai trouvé plus travaillées et plus abouties. Mais ce recueil me laisse une saveur surannée que j'aime ! Celle d'un voyage dans nos existences modifiées par le cours de la vie.

A vingt ans on fait comme tout le monde, convaincu de ne rien faire comme personne.

Une lecture dans le cadre de la masse critique de Babelio que je remercie ainsi que l'éditeur.

mercredi 14 mai 2014

Agnès Desarthe - Ce qui est arrivé aux Kempinski

Éditeur : Editions de l'Olivier - Date de parution : Mai 2014 - 191 pages et 14 nouvelles savoureuses !

Ce recueil de quatorze nouvelles nous fait pénétrer dans un univers où les pensées, les rêves, des rencontres revêtent le manteau de la réalité. Les certitudes se troublent ou s'effacent pour laisser place à un monde à la lisière du réel. Des nouvelles qui nous prennent par la main pour mieux nous étonner ou nous faire sourire.
Le diable propose un pacte à une femme, une mère de famille imagine son épitaphe : "les cadeaux rapportés de l'école par les enfants l'ont tuée" mais aussi une jeune femme sans aucune diplôme qui devient psy sur une île  ou un professeur de français qui cherche son futur disciple.
La fluidité de l'écriture, l'humour, la pétillance en font des nouvelles tout simplement savoureuses ! Aucune morosité, une légèreté voulue pour traiter des sujets comme la mort ou la Shoah, et cet étonnement ébahi de voir comment Agnès Desarthe nous fait chavirer par sa maîtrise, par le bonheur contagieux du plaisir de l'écriture (car on ressent combien l'auteure a eu du plaisir à les écrire)!

Un recueil dont je me suis délectée ! A lire à et à relire ! 

J'avais compris, au tremblement de sa voix, à la crispation de ses mains qui enserraient mes bras, qu'elle souffrait. Je ne connaissais pas le mot "imposture, pas plus que le mot "usurpation". Une des particularités tragi-comiques de l'enfance est que l'on traverse une gamme infinie de sentiments dont on ignore le nom. Tant que le mot n'a pas épinglé la sensation, comme une aiguille perçant le thorax d'un insecte, les impression papillonnent en liberté autour de nous et en nous, éblouissantes, féeriques, mais parfois aussi menaçantes car nous n'avons aucune idée de leur trajectoire, de leur taille, de leur venimosité.

Le billet de Cathulu.

De cette auteure, j'avais beaucoup aimé Une partie de chasse et un peu moins Dans la nuit brune.

mardi 1 avril 2014

Gaëlle Heureux - Sanglier noir pivoines roses

Éditeur : La Table Ronde - Date de parution : Janvier 2014 - 146 pages et 15 nouvelles hors des sentiers battus ! 

La première nouvelle donne le ton et plante un décor. Gaëlle Heureux ne s'intéresse pas à ceux dont l'existence est lisse, débarrassée d'une quelconque aspérité. Des personnages au quotidien morne, des vies devenues étriquées sans que les principaux intéressés s'en aperçoivent, alors comme pour conjurer ces destins sans surprise, elle leur apporte une touche d'absurde ou de fantastique.
De la femme battue dont le mari la couvre de fleurs, de la mercière à la vie fade, de l'homme atteint d'un cancer à celui qui s'imagine voir une Semeuse dans le ciel, l'auteure nous entraine dans des récits où elle atteint notre sensibilité ("les avaleurs de violoncelles" m'a serrée le cœur), nous bouscule par son humour souvent noir mais sa bienveillance est toujours présente.

L'écriture est vive et alerte, des  formulation font mouche  : " Nous aurions parlé de l'instrument dans la tripaille, de cette mélancolie que je vivais sans carte ni généalogie" ou encore "Je regarde les murs propres, sans une craquelure, puis le tableau au-dessus de la petite table, au-dessus des scorsonères. Cela fait des années que je voyage dans la cale des tableaux. Incognito."
Ces nouvelle qui sortent des senties battus, s'emparent de la réalité pour la rendre moins dure ou moins terne et m'ont conquise !

Les billets de Cathulu, Jostein

vendredi 9 août 2013

Catherine Charrier - La fréquentation des à-pics


Éditeur : Kero - Date Parution : Mai 2013 - 224 pages et dix-huit tranches de vie vécues par des femmes qui ne peuvent que toucher ! 

Ce sont des histoires de femmes et de filles qui cheminent au bord du précipice. Parfois, elles le voient et il leur vient un brin de vertige, mais, la plupart du temps, elles l’ignorent. Elles se tiennent là comme si de rien n’était. La falaise est escarpée, mais sous leurs pieds la terre est ferme, et puis elles font attention. Sans doute les femmes fréquentent-elles les à-pics depuis longtemps, rompues au maintien en équilibre, mais il me semble qu'entre les années cinquante et aujourd'hui, elles ont exploré ce les alpinistes appelleraient des voies nouvelles, dont il n'existait aucune carte, aucun repère. Elle n'avaient développé aucune tactique, rien ne leur avait été transmis, et pourtant elles sont passées.

Cet extrait de la préface présenté admirablement les dis-huit textes de ce  recueil. Des tranches de vie vécues entre les années cinquante à nos jours, une soixante d'années où le monde a changé et où les femme ont suivi dans ce mouvement. Avec bonheur, appréhension ou à tâtons. Catherine Charrier raconte ces moments où tout change face à une  situation déstabilisante ou nouvelle. Du passage à des responsabilités d'adulte pour une adolescente après les vagues de mai 68 à l'interdiction d'une union mixte considérée comme interdite en passant par une enfant qui découvre que l'acte d'aider des autres n'est pas facile et la fin d'un mariage au tribunal, l'auteure nous immerge dans l'intime, le ressenti des protagonistes. Les émotions mais aussi des des sourires nous cueillent au passage avec une poésie, cette pudeur et ce respect de l'auteure. Elle est là pour retranscrire et non pour juger. Nous aussi d'ailleurs.

Des tranches de vie qui s'apparentent au quotidien, au plus près des femmes et des instants fugaces ou plus  empreints de faits qui en disent beaucoup.
Depuis l'Attente, Catherine charrier a acquis une plus grande maîtrise, a gagné en force dans son écriture. Pari réussi avec ce recueil à la portée universelle à mettre entre toutes les mains des toutes les femmes ! 

Les billets d'AnisCathulu, l'Irrégulière

lundi 1 juillet 2013

Alain Emery - D'aussi vastes déserts


Editeur : la Tour d'Oysel - Date de parution : avril 2013 - 170 pages et sept nouvelles à l'écriture qui fait mouche ! 

Sept longues nouvelle où Alain Emery creuse, décortique la nature humaine et les misérables stratèges que nous sommes. Sept nouvelles et des personnages tourmentés, avides, désemparés ou projetés dans des situations comme si la vie leur avait joué un tour.

Ce je j'aime avec cet auteur, c'est le sens du détail, l'art de décrire avec un mélange subtil d'émotions, de poésie et d'ironie et d'empathie : La Pointe, c'est un ancienne gloire de la côte, une danseuse décatie au bras de laquelle il faut bon retrouver le plaisir des bains de mer. 
Même une fois épinglée et sous verre, il ne faut rien attendre de Marie. Son destin est comparable à des milliers d'autres et sa trame tiendrait dans une boîte d'allumette. 
Jouer du frisson comme d'une scie musicale, c'est un métier. Vendre du papier à tour de bras aussi. 
Et ces phares aussi pointues par le choix des mots que belles, ce recueil en regorge !

Ces nouvelles où les tranches de vie nous sont décrites nous immergent à coté des personnages. Et la magie opère car on ressent leurs émotions ! Des textes à la saveur douce amère, des personnages touchants. Moins noir que ses précédents recueils, l'écriture est à son apogée et c'est à mon avis son meilleur.
N'est pas nouvelliste qui veut ...Chapeau bas !
Un recueil lu en apnée totale où j'ai savouré chaque mot ! 

Le billet d'Yvon.
Lu de cet auteur : Divines antilopes et  Les petits devants

jeudi 23 mai 2013

Denis Labayle - Nouvelles sur ordonnance


Éditeur : Éditions Dialogues - Date de parution : Avril 2013 - 151 pages et des nouvelles dévorées ! 

Si l’on pouvait dire que les médecins prennent le pouls de notre société, ce recueil illustrerait parfaitement cette définition. Ancien médecin hospitalier ( pourtant au vu de la qualité de son écriture, on pourrait croire qu’il a été auteur toute sa vie), Denis Labayle nous fait partager ses  rencontres avec  des patients mais avant d’être « malades » ce sont avant tout des hommes et des femmes. Des êtres humains qui ont croisé celui de du médecin et celui de l’homme. Dix nouvelles où le médecin parle librement et sans tabou. Des sentiments amoureux envers une jeune femme, au constat amer d’un protocole administratif aberrant et coûteux pour une SDF âgée qui n’en est pas plus heureuse, de l’homme devenu alcoolique à celui qui fait passer en priorité sa religion catholique devant la santé de sa femme et se révèle cupide, autant de situations qui sentent le vécu.

Avec de l’humour mais surtout une réelle humanité et des engagements profonds, l’homme pour qui la médecine est un véritable sacerdoce nous dresse des portraits très justes reflétant la nature humaine.
J’ai dévoré d’une traite ces nouvelles d’une qualité rare qui ont réfléchir et passer par l’arc en ciel des émotions ! A lire absolument !

Les billets de Cryssilda, Keisha, Sylire
 Et ce livre peut voyager, il suffit juste de me contacter par mail !

jeudi 9 mai 2013

Claire Castillon - Les couplets


Éditeur : Grasset - Date de parution : Avril 2013 - 203 pages et 36 nouvelles biseautées au vitriol !

Que ceux ou cellee qui s'apprêtent à convoler en justes noces évitent de lire ce recueil. Ou si justement. Vous croyez connaître la chanson du couple la chanson, son refrain ? Lisez les couplets de Claire Castillon. Car ici la façade du bonheur doré ou rosé est éclatée, mise à mal, oh, non, je ne parle pas de la routine qui peut s'installer dans un couple. Ici, les personnages du couple tanguent, chavirent, s'échappent par l'imaginaire ou par les actes. Claire Castillon nous livres leurs pensées, leurs définitions du couple, leurs regards posés sur l'autre. La pièce montée du mariage est biseautée au vitriol, mots qui percutent, situations qui nous abasourdissent ou laissent un sourire déconfit ou de compassion.
Des nouvelles courtes et l'art de jouer avec les mots de Claire Castillon y prend sa place à merveille. 
Du mari parfait qui trompe son épouse, de la femme frigide aux défauts traqués du conjoint, de l'épouse qui ne supporte plus la présence de son mari après des années de mariage.

Si certaine textes sont moins réussis que d'autres, l'ensemble est une danse vive où l'ironie,  la psychologie creusée des personnages est un vrai régal ! Ou l'art de disséquer ...

"Tu es le sosie de l'hommme de mes rêves", a-t-elle écrit en pattes de mouche sur cet haïku. Mais je vais faire comme si je n'avais rien lu. C'est tarte. Et ce matin;, j'aime toujours l'idée d'être libre. A midi, je laisserai sans doute monter le vide, je souffrirai d'une certaine solitude. Je reviendrai peut-être sur mon bien-être de célibataire. Après, je l'appellerai. Et ce soir, je serai pris. J'ai dit Peut-être ! Par Carole, le sosie de la femme ma vie. Un sosie pour commencer, ça n'engage à rien, c'est ça qui peut être bien.

Lu de cette auteure : InsecteJe prends racine - Les merveilles - Tous les matins depuis hier

lundi 22 avril 2013

Annie Saumont - Un si beau parterre de pétunias


Éditeur : Julliard - Date de parution : Avril 2013 - 201 pages et 19 nouvelles inégales.

J’aime les nouvelles et j’aime l’écriture d’Annie Saumont. Son aisance à se glisser dans la peau de personnages variés enfants ou adultes et cette façon de décrypter leurs pensées. Des personnages communs que l’on pourrait croiser dans la rue à qui elle octroie cynisme, regrets ou des comportements étranges. Avec sensibilité, Annie Saumont explore ce qui détourne du bonheur.  En partant des deux postulats (cités en début de ce billet), j’aurais dû crier à l'enchantement sauf que l’étincelle ne s’est pas produite pour une bonne partie de ces nouvelles.

Il y a des pépites dans ce recueil (un si beau parterre de pétunias, le dernier client, une tasse de café par exemple et quelques autres. La lecture d'Allô, Madja a  noyé mes yeux de poissons d'eau) mais j’ai trouvé les textes inégaux dans l’ensemble. L’art de l’ellipse peut amener à fermer les portes d’un monde au lecteur sans lui donner les clés pour s'y introduire. Et pour être honnête, je suis restée sur le paillasson pour certaines nouvelles.
Je reconnais avec plaisir qu’Annie Saumont est une auteure qui n'a rien perdu de son audace et qui continue de surprendre par son écriture. Et ce n’est pas ce recueil qui m’empêchera de la lire encore...

J’ai une blessure au cœur, c’est débile. Je ne sais plus jouir simplement de sa présence, de on sourire. Je suis tremblante, émue quand il est là. Vous deux, je vous admirais, si calmes, précis, intelligents. Vous n’en finissiez pas de discuter. Habilement. Avec sagesse et conviction.

samedi 16 mars 2013

Philippe Delerm lu par Pierre Arditi - Je vais passer pour un vieux con


Éditeur : Audiolib - Date de parution : Février 2013 - 1h40 d'écoute délicieuse 

Quarante-deux petites phrases de la vie sont passées au microscope sous l’œil malicieux et aguerri de Philippe Delerm. De la voix enregistrée du répondeur téléphonique qui nous informe que nous n’avons aucun nouveau message à la pancarte du restaurateur où il est écrit que la maison n’accepte plus les chèques, Philippe Delerm décortique, analyse des phrases qui ont du vécu. On les a lues, entendues ces petites phrases où l’art et la manière en disent long sur nos comportements. Philippe Delerm a le secret de cette politesse savamment déguisée par l’humour et l’ironie et d'en sortir des étincelles succulentes et délicieuses pour l’esprit. Il pointe la subtilité, le mot juste et l'émotion  en mettant le doigt sur l'incongruité et nos défauts.

Ce livre lu par Pierre Arditi convient parfaitement à l’écoute (en tout cas dans mon cas) avec le plaisir de réécouter ces petits textes tant l’intonation joue un rôle prépondérant.
La fan de Philippe Delerm que je suis a doublement apprécié ! 

Ne vous inquiétez pas cher Philippe Delerm, vous êtes loin, très loin d'être un vieux con et en relisant mes billets sur vos précédents livres (Enregistrements piratesLa première gorgée de bière et autres plaisirs minusculesLe trottoir au soleilQuelque chose en lui de Bartleby), je me rends compte que tout simplement je (suis une vieille) radote...

Un extrait ici.


lundi 25 février 2013

Blandine Le Callet - Dix rêves de pierre


Éditeur : Stock - Date de parution : Janvier 2013 - 248 pages et dix nouvelles empreintes de vie! 

Dix nouvelles où la mort s’invite pour conclure des vies. Dix nouvelles en forme d'hommage à des noms, à des dates inscrites sur des stèles mortuaires. Quelles vie se sont déroulées derrière un épitaphe ou des dates ? Loin d’être tristes, si ces nouvelles ont toute la même fin elles n’en demeurent pas uniques et différentes. Certaines voient dans leur sillage un chien en guise de présage mortuaire mais toutes sont des hymnes à la vie. Brassage des époques et des personnes, d’un modeste sculpteur de pierre de l’antiquité à une reine jalousée, d’une jeune fille sortie d’un taudis à un esclave venant d’obtenir sa liberté, d‘une vieille dame riche et autoritaire rédigeant son testament à un homme de piété se retrouvant dans un bordel, l’auteure nous dépeint la palette des sentiments.
Des personnages si proches de nous que  la dernière nouvelle a trouvé une résonance en moi car j’ai vécu cette même situation troublante et ressenti les mêmes émotions. Je n'en dirai pas plus sur ce texte qui a fait faillir des poissons d'eau dans mes yeux et m'a serrée la gorge...

Blandine Le Callet est une auteure que j’apprécie pour savoir toucher au plus juste le lecteur avec une écriture sans fioriture.
Ce recueil est un hommage et une invitation à apprécier la vie. A la modeler pour lui donner un sens avant que les regrets ne s’installent.  Quand la Faucheuse passera, il sera trop tard. Ne ratez pas ces textes frais, surprenants ou mélancoliques qui reflètent l'amour sous toutes ses facettes.

De la même auteure, j'ai lu et aimé Une pièce montée et La ballade de Lila K.

lundi 17 décembre 2012

Recueil collectif - Noël quel bonheur !


Éditeur : Armand Colin - Date de parution : Novembre 2012 -172 pages et 13 nouvelles


Treize nouvelles affreusement  croustillantes.  Ce sous titre est un bel appât quand on aime le grinçant, l’ironie mais sur ces treize nouvelles seules on est loin d’avoir son compte…
Je me suis  délectée de Solstice d’hiver de Jean-Philippe Rossignol, du Précis de recomposition de Chloé Delaume qui est  jubilatoire et le meilleur d'entre tous ! Elle manie avec brio l'humour noir du début à la fin, du vrai bonheur ! Vincent Delacroix avec  Noël dernier touche au plus profond du sens de cette fête.  Sinon, alors oui  les autres textes sont bien écrits mais loin, très loin d’être affreusement croustillants… On est dans le conventionnel.

Bref, j'ai envie de dire qu'il y a tromperie sur la marchandise. Rien à ajouter... 


lundi 10 décembre 2012

Gaëlle Pingault - Bref, ils ont besoin d'un orthophoniste !


Éditeur : Quadrature - Date de parution : Novembre 2012 - 115 pages anti-morosité ! 

Voici un recueil de nouvelles différent de ce qu’on peut lire en matière de nouvelles. Gaëlle Pingault est orthophoniste. Son métier est d’aider des personnes qui ont des troubles du langage. Pas seulement des enfants mais également des adultes et des personnes plus âgées. Le panel des situations qui les amènent à un travail avec l’orthophoniste est varié : dyslexie, conséquences un accident vasculaire cérébral, surdité, rééducation suite à une opération chirurgicale… Bref, autant de raisons qui les amènent  à pousser et à franchir la porte de ces spécialistes. Dans une vingtaine de textes, Gaëlle Pingault revient sur ces différentes causes en mettant en scène des personnages et en dédramatisant chaque cas ! Sans jargon médical avec de l’humour et beaucoup d'humanité! 

Et puis il y a l’histoire de Laure qui se glisse entre ces textes. Une trentenaire pas franchement commode. Un pied dans la déprime et en arrêt de travail depuis longtemps. Je me suis régalée de cette nouvelle aux phrases courtes, percutantes et de  l'humour décapant de Laure.

A travers ce recueil, l’auteure nous transmet sa passion pour son métier. Gaëlle Pingault considère que chaque personne est unique et que c’est à l’orthophoniste de s’adapter à eux. Pas l’inverse. Encore heureux. (Ah Si l’ensemble du corps médical pouvait penser de même, ce serait merveilleux ! ).

Après mon avis mitigé  sur Ce qui nous lie, ce recueil frais, optimiste et  drôle m'a donnée la pêche !

Un point s'impose. Dans l'inénarrable série "l'être humain et ses voisins", qui tient le monde en haleine, depuis, disons, la préhistoire, voici le dédriefing du jour. Au programme : Elisa Gardan et moi. Cela fait huit mois pile aujourd'hui qu'elle a aménagé en face. C'est parfait pour un premier bilan. Les bilans j'adore ça. (...)J'allume le lecteur MP3 branché sur hautparleurs.Rolling Stones. Exile on main street. Pour la musique, c'est comme pour le reste. J'ai un côté vieille conne et c'était mieux avant.

Les billets de GwenKeisha et le site de l'auteure ici



jeudi 22 novembre 2012

Eric-Emmanuel Schmitt - Les deux messieurs de Bruxelles


Éditeur : Albin Michel - Date de parution : octobre 2012 - 281 pages et  5 nouvelles intelligentes !

Eric-Emmanuel Schmitt nous revient avec un recueil de cinq nouvelle avec un fil rouge l’amour. Ah l’amour, il y a tant à dire ! L’auteur crée la surprise avec la première nouvelle mettant en scène un couple d’homosexuel. N’ayant pas le droit au mariage, les deux messieurs se cachent au fond de l’église lors d’un mariage traditionnel et échangent vœux et promesses. L’avenir les surprend à suivre discrètement le couple marié et leurs enfants dont un auquel ils s’attachent. Ce garçon représente l’enfant qu’ils n’auront jamais. Dans deux autres nouvelles, des sujets d’ordre éthiques sont abordés : l’avortement médicalisé pour cause de maladie, le don d’organe. Enfin, l’amour d’un homme âgé pour son chien nous révèle son histoire marquée par les camps de concentration. L'animal est-il plus humain que l'homme?  Aux premiers abords,  Ménage à trois semble plus légère, détrompez-vous...

On voyage de Bruxelles à Viennes, du 18ème siècle à nos jours. A travers une galerie de personnages dont la psychologie est creusée, Eric-Emmanuel Schmitt nous pose avec sensibilité et finesse des questions sur l’amour sous toutes ses formes et  la vie. Beaucoup d'humanité s'en dégage.

En complément de ces nouvelles, l'auteur  dans le journal d'écriture explique la genèse de ses textes émaillée de réflexions et de questions très, très intéressantes. Et j’y ai surligné des phrases empreintes de sagesse, de philosophie! Ce prologue apporte des éclairages, des ouvertures nouvelles à la réflexion et c’est un vrai bonheur !

Toute sagesse commence par l’acceptation de la souffrance.

La littérature nous met en garde contre les idées simples. En cela,elle agit différemment de l’idéologie qui, elle, tend à chercher l’élémentaire sous la pluralité.
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