Éditeur : Presses de la Cité - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Cécile Leclere - Date de parution : Septembre 2016 - 558 pages et une déception.
A l’âge de seize ans, Tessa a échappé de peu à un tueur. Les autres jeunes filles enlevées n’ont pas survécu. Le criminel les avait laissées dans une fosse avec des marguerites. Son témoignage à a conduit un jeune homme dans les couloirs de la mort. Vingt ans plus tard Tessa est une jeune femme et mère d’une ado. Mais un matin elle découvre dans son jardin des marguerites jaunes fraîchement plantées.
Les jeunes filles mortes hantent toujours Tessa par leurs voix. Alternant passé avec le choc traumatique (ses entretiens avec un psy) et présent où elle revient sur ses accusations, ce livre n’a pas su m’accrocher et me convaincre. Trop lent sans susciter une tension, des détails à foison sans intérêt ou sans importance pour l'intrigue et une écriture trop banale. Curieuse de connaitre le dénouement et parce que le sujet de la peine de mort est un des thèmes de ce thriller, j’ai poursuivi ma lecture. C’était une erreur. Déçue.
Le billet de Valérie
Affichage des articles dont le libellé est Polar-Policier-Thriller. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Polar-Policier-Thriller. Afficher tous les articles
vendredi 4 novembre 2016
mardi 4 octobre 2016
Andrée A. Michaud - Bondrée
Éditeur : Rivages - Date de parution : Septembre 2016 - 363 pages captivantes !
Eté 67. Le lac Bondary Pound près de la frontière de l’Etat du Maine et du Québec attire chaque été des vacanciers. Des habitués surtout des familles possèdent des petits chalets dans le camping. L’anglais, le français et québécois se côtoient. Bonbary Pound surnommé également Bondrée à cause du trappeur Landry qui s’est pendu presque trente ans plus tôt dans la forêt près du lac. Andrée Duchamp une fillette de douze ans admire secrètement Zaza et Sissy. Les deux adolescentes sont inséparables et insouciantes, elles aiment s’amuser et tester leur pouvoir de séduction. Et leur beauté fait tourner la tête à bien des hommes.
Mais Zara disparaît. Elle est retrouvée morte, la jambe sectionnée par un vieux piège à ours. Et quand vient le tour de Sissy, la thèse de l’accident est définitivement écartée. La peur gagne tous les esprits et l’ombre de Landry plane à nouveau
L’enquête est menée par Michaud et par son adjoint. Michaud qui porte le poids d’un crime d’une jeune femme non résolu.
Ce qui d’emblée s’apparente à un polar classique révèle de très bonnes surprises ! Mêlant différentes narrations dont celle d’Andrée qui avec son regard à mi-chemin entre l’enfance et cette volonté d’être considérée comme une « grande » donne une dimension particulière (faite des conversations surprises entre les adultes, de son imagination et de ses propres réflexions) et permet d'ajouter de la légèreté.
Une même scène peut donc être racontée par Andrée et par un autre narrateur : Michaud, un des vacanciers ou encore un narrateur omniscient. Bien des éléments captivent et en premier lieu l’écriture où des mots anglais, des expressions typiquement québécoises viennent s’ajouter naturellement et sans gêner la lecture. Une écriture très visuelle qui sait se faire poétique ou lyrique et qui décrit merveilleusement la nature ou encore la peur ou la tension.
Et il y a cette ambiance admirablement rendue sans décharger de l’adrénaline mais très palpable et que l‘on ressent comme si l'on y était. Même si quelquefois j’ai trouvé que les discernements d’Andrée ne correspondaient pas à une fille de douze ans mais bien plus, ce roman noir est à lire ne serait-ce que pour la superbe écriture d’Andrée A. Michaud qui m'a ferrée et conquise ! Et bonus : pas de flic alcoolique et/ou névrosé mais un légiste qui récite du Shakespeare aux cadavres.
Que du bon !
Son mari s'absentait souvent de longues heures pour revenir l’haleine chargée d'odeurs de gomme d’épinette, les yeux remplis de lueurs prises à l'eau des ruisseaux où à l’œil des bêtes tapies dans l'obscurité verte des sous-bois.
C'est ce qu'il avait dit aux parents et c'est ce qu'il écrirait dans son rapport, mort accidentelle, mort stupide, pour rien, dans la fleur de l'âge, puisqu'aucun élément tangible ne contredirait cette thèse et que le légiste n'avait relevé aucune anomalie au cours de l'autopsie, sinon un léger souffle au cœur, heart murmur, qui expliquait les joues rouges de la jeune fille quand elle demandait à son cœur de murmurer plus fort.
La mère et la fille n’avaient que leur colère à opposer à la mort et elles se réfugiaient dans une haine sans véritable objet pour éviter de tomber dans le gouffre où vous entraînent les larmes.
Un grand merci à Babelio !
Eté 67. Le lac Bondary Pound près de la frontière de l’Etat du Maine et du Québec attire chaque été des vacanciers. Des habitués surtout des familles possèdent des petits chalets dans le camping. L’anglais, le français et québécois se côtoient. Bonbary Pound surnommé également Bondrée à cause du trappeur Landry qui s’est pendu presque trente ans plus tôt dans la forêt près du lac. Andrée Duchamp une fillette de douze ans admire secrètement Zaza et Sissy. Les deux adolescentes sont inséparables et insouciantes, elles aiment s’amuser et tester leur pouvoir de séduction. Et leur beauté fait tourner la tête à bien des hommes.
Mais Zara disparaît. Elle est retrouvée morte, la jambe sectionnée par un vieux piège à ours. Et quand vient le tour de Sissy, la thèse de l’accident est définitivement écartée. La peur gagne tous les esprits et l’ombre de Landry plane à nouveau
L’enquête est menée par Michaud et par son adjoint. Michaud qui porte le poids d’un crime d’une jeune femme non résolu.
Ce qui d’emblée s’apparente à un polar classique révèle de très bonnes surprises ! Mêlant différentes narrations dont celle d’Andrée qui avec son regard à mi-chemin entre l’enfance et cette volonté d’être considérée comme une « grande » donne une dimension particulière (faite des conversations surprises entre les adultes, de son imagination et de ses propres réflexions) et permet d'ajouter de la légèreté.
Une même scène peut donc être racontée par Andrée et par un autre narrateur : Michaud, un des vacanciers ou encore un narrateur omniscient. Bien des éléments captivent et en premier lieu l’écriture où des mots anglais, des expressions typiquement québécoises viennent s’ajouter naturellement et sans gêner la lecture. Une écriture très visuelle qui sait se faire poétique ou lyrique et qui décrit merveilleusement la nature ou encore la peur ou la tension.
Et il y a cette ambiance admirablement rendue sans décharger de l’adrénaline mais très palpable et que l‘on ressent comme si l'on y était. Même si quelquefois j’ai trouvé que les discernements d’Andrée ne correspondaient pas à une fille de douze ans mais bien plus, ce roman noir est à lire ne serait-ce que pour la superbe écriture d’Andrée A. Michaud qui m'a ferrée et conquise ! Et bonus : pas de flic alcoolique et/ou névrosé mais un légiste qui récite du Shakespeare aux cadavres.
Que du bon !
Son mari s'absentait souvent de longues heures pour revenir l’haleine chargée d'odeurs de gomme d’épinette, les yeux remplis de lueurs prises à l'eau des ruisseaux où à l’œil des bêtes tapies dans l'obscurité verte des sous-bois.
C'est ce qu'il avait dit aux parents et c'est ce qu'il écrirait dans son rapport, mort accidentelle, mort stupide, pour rien, dans la fleur de l'âge, puisqu'aucun élément tangible ne contredirait cette thèse et que le légiste n'avait relevé aucune anomalie au cours de l'autopsie, sinon un léger souffle au cœur, heart murmur, qui expliquait les joues rouges de la jeune fille quand elle demandait à son cœur de murmurer plus fort.
La mère et la fille n’avaient que leur colère à opposer à la mort et elles se réfugiaient dans une haine sans véritable objet pour éviter de tomber dans le gouffre où vous entraînent les larmes.
Un grand merci à Babelio !
lundi 14 mars 2016
Arnaldur Indridason - Le lagon noir
Editeur : Métailié - Traduit de l'islandais par Eric Boury - Date de parution : Mars 2016 - 320 pages comme je les aime !
1979. Après son enquête sur le décès d’un clochard dans Les nuits de Reykjavik, nous retrouvons Erlendur à la brigade Criminelle sous les ordres de Marion Breim. Le cadavre d’un homme est découvert dans un lagon pas très loin de la base américaine. D’origine islandaise, ce dernier y travaillait mais poser des questions aux militaires nécessite des autorisations qu’Erlendur et son supérieur n’obtiennent pas. L’enquête s’annonce difficile et la présence américaine n’est pas forcément bien ressentie par les habitants. D’ailleurs Erlendur ne cache pas son hostilité. En parallèle, la disparition non résolue vingt-cinq ans plus tôt d’une jeune fille âgée dix-huit ans le hante. Marion aimerait savoir pourquoi mais Erlendur n’est pas quelqu’un qui étale sa vie (il n’a rien dit à personne à son travail concernant son récent divorce). Têtu, il va se plonger dans cette autre affaire où le temps a malheureusement fait son œuvre. Les parents de la jeune fille sont tous les deux décédés, seule une tante est encore vivante.
Il y a dans ce nouveau livre tout ce que j’aime chez Indridason. Il ne bouscule pas son lecteur et dépeint tous les facettes du contexte où évolue Erlendur. Ici, L’Islande et ses habitants se sentant souvent oubliés sur l’échelle internationale alors que la guerre froide bat son plein. Et toujours des personnages terriblement humains.
A chaque fois, j’apprécie énormément de retrouver Erlendur avec l’impression de le connaître un peu plus à chaque nouvelle lecture.
Un jour, Marion l'avait trouvé plongé dans un livre qui racontait ce genre d'histoires. Ce jeune policier piquait constamment sa curiosité. Il faisait tout à sa manière, personnelle, il avait quelque chose de vieillot et d’anachronique, ne parlait de lui, n'appréciait pas vraiment la ville et ne s'intéressait pas au présent sauf pour exprimer son agacement face à l'époque actuelle. Buté, il faisait preuve d'une indépendance hors norme, n'éprouvait jamais le besoin de faire part de ses sentiments et passait son temps plongé dans son étrange passion, les récits de disparitions.
Lu de cet auteur : La muraille de lave - Le duel - Les nuits de Reykjavik
Les billets d'Aifelle, Keisha (membres du club des Erlendurettes)
1979. Après son enquête sur le décès d’un clochard dans Les nuits de Reykjavik, nous retrouvons Erlendur à la brigade Criminelle sous les ordres de Marion Breim. Le cadavre d’un homme est découvert dans un lagon pas très loin de la base américaine. D’origine islandaise, ce dernier y travaillait mais poser des questions aux militaires nécessite des autorisations qu’Erlendur et son supérieur n’obtiennent pas. L’enquête s’annonce difficile et la présence américaine n’est pas forcément bien ressentie par les habitants. D’ailleurs Erlendur ne cache pas son hostilité. En parallèle, la disparition non résolue vingt-cinq ans plus tôt d’une jeune fille âgée dix-huit ans le hante. Marion aimerait savoir pourquoi mais Erlendur n’est pas quelqu’un qui étale sa vie (il n’a rien dit à personne à son travail concernant son récent divorce). Têtu, il va se plonger dans cette autre affaire où le temps a malheureusement fait son œuvre. Les parents de la jeune fille sont tous les deux décédés, seule une tante est encore vivante.
Il y a dans ce nouveau livre tout ce que j’aime chez Indridason. Il ne bouscule pas son lecteur et dépeint tous les facettes du contexte où évolue Erlendur. Ici, L’Islande et ses habitants se sentant souvent oubliés sur l’échelle internationale alors que la guerre froide bat son plein. Et toujours des personnages terriblement humains.
A chaque fois, j’apprécie énormément de retrouver Erlendur avec l’impression de le connaître un peu plus à chaque nouvelle lecture.
Un jour, Marion l'avait trouvé plongé dans un livre qui racontait ce genre d'histoires. Ce jeune policier piquait constamment sa curiosité. Il faisait tout à sa manière, personnelle, il avait quelque chose de vieillot et d’anachronique, ne parlait de lui, n'appréciait pas vraiment la ville et ne s'intéressait pas au présent sauf pour exprimer son agacement face à l'époque actuelle. Buté, il faisait preuve d'une indépendance hors norme, n'éprouvait jamais le besoin de faire part de ses sentiments et passait son temps plongé dans son étrange passion, les récits de disparitions.
Lu de cet auteur : La muraille de lave - Le duel - Les nuits de Reykjavik
Les billets d'Aifelle, Keisha (membres du club des Erlendurettes)
vendredi 4 mars 2016
Adam Langer - Le contrat Salinger
Editeur : éditions Super 8 - Date de parution : Août 2015 - Traduit de l’anglais (Etats-unis) par Emilie Didier - 311 pages addictives.
Journaliste et également écrivain en panne, Adam Langer revoit par hasard un auteur qu'il avait interviewé quelques années auparavant : Conner Joyce auteur de polars à succès.. Les deux hommes ne sont pas que ce qu'on pourrait appeler des amis mais Conner choisit Adam comme confident. Conner a reçu une proposition contre un gros paquet d'argent : écrire un seul et unique livre pour un commanditaire. Ce dernier lui confie que des grand noms ont accepté avant lui : Salinger ou Thomas Pynchon par exemple. Evidemment Conner ne doit en parler à personne et écrire un livre à la hauteur de ce que on lui demande.
Premier coup de canif au contrat : il en parlé à Adam qui ressent une forme de jalousie.
Ce roman à tiroirs nous entraine dans une zone où la frontière entre réalité et fiction sont poreuses. L'appât du gain causera bien des torts en tout genre et les réflexions sur le rôle de l'écrivain et de ses attentes sont l'un des points forts de ce livre.
Très habilement mené, Adam Langer entretient une tension telle qu'on ne lâche pas ce livre. J'ai juste un bémol pour la fin mais je ne boude pas mon plaisir.
Journaliste et également écrivain en panne, Adam Langer revoit par hasard un auteur qu'il avait interviewé quelques années auparavant : Conner Joyce auteur de polars à succès.. Les deux hommes ne sont pas que ce qu'on pourrait appeler des amis mais Conner choisit Adam comme confident. Conner a reçu une proposition contre un gros paquet d'argent : écrire un seul et unique livre pour un commanditaire. Ce dernier lui confie que des grand noms ont accepté avant lui : Salinger ou Thomas Pynchon par exemple. Evidemment Conner ne doit en parler à personne et écrire un livre à la hauteur de ce que on lui demande.
Premier coup de canif au contrat : il en parlé à Adam qui ressent une forme de jalousie.
Ce roman à tiroirs nous entraine dans une zone où la frontière entre réalité et fiction sont poreuses. L'appât du gain causera bien des torts en tout genre et les réflexions sur le rôle de l'écrivain et de ses attentes sont l'un des points forts de ce livre.
Très habilement mené, Adam Langer entretient une tension telle qu'on ne lâche pas ce livre. J'ai juste un bémol pour la fin mais je ne boude pas mon plaisir.
mardi 23 février 2016
Karin Slaughter - Pretty girls
Editeur : Mosaïc - Traduit de l'américain par François Rosso - Date de parution : Février 2016 - 517 pages et un avis très mitigé.
Babelio m’ayant proposé de découvrir ce livre, j’ai accepté car le résumé me tentait bien (et parce que quand j’accumule les abandons côté romans, je lis un polar ou un thriller).
Claire et Lydia sont sœurs mais ne se parlent plus depuis plus de seize ans. A l’époque, leur sœur cadette Julia avait disparu. Son corps n’a jamais été retrouvé tout comme le coupable et la famille a implosé. Lydia avait de mauvaises fréquentations et touchait à la drogue. Claire plus réservée sortait avec Paul qui est devenu son mari. Depuis, elle a une vie sans anicroche et très confortable ( Paul est architecte). Devenue maman, Lydia s’est « rangée » et fait de son mieux pour élever sa fille ado. La vie de Claire bascule quand Paul est assassiné sous ses yeux. La police mène l’enquête mais bizarrement, le FBI s’intéresse aussi à l’affaire. Quand l’associé de Paul demande à Claire les dossiers sur lesquels son défunt mari travaillait, elle découvre des Snuff Movies sur son ordinateur.
Malgré une écriture passe partout, des petites incohérences ou des raccourcis un peu étranges, des répétitions d’expression (qui m’ont agacée à force), des personnages un peu trop manichéens, Karin Slaughter a réussi l'exploit de m'éviter l'abandon. Pourtant, elle appuie de trop sur la réconciliation des deux sœurs (on se pardonne, c’est merveilleux, nous faisons front ensemble) et utilise la fibre sensible chez le lecteur (sauf à qu’à trop s’en servir, ça en devient usant). Mais titillée malgré tout par l’intrigue, j'ai été jusqu'au bout car c'est un page turner.
En conclusion, un thriller sans rien d'extraordinaire.
Le billet d'Alex
Babelio m’ayant proposé de découvrir ce livre, j’ai accepté car le résumé me tentait bien (et parce que quand j’accumule les abandons côté romans, je lis un polar ou un thriller).
Claire et Lydia sont sœurs mais ne se parlent plus depuis plus de seize ans. A l’époque, leur sœur cadette Julia avait disparu. Son corps n’a jamais été retrouvé tout comme le coupable et la famille a implosé. Lydia avait de mauvaises fréquentations et touchait à la drogue. Claire plus réservée sortait avec Paul qui est devenu son mari. Depuis, elle a une vie sans anicroche et très confortable ( Paul est architecte). Devenue maman, Lydia s’est « rangée » et fait de son mieux pour élever sa fille ado. La vie de Claire bascule quand Paul est assassiné sous ses yeux. La police mène l’enquête mais bizarrement, le FBI s’intéresse aussi à l’affaire. Quand l’associé de Paul demande à Claire les dossiers sur lesquels son défunt mari travaillait, elle découvre des Snuff Movies sur son ordinateur.
Malgré une écriture passe partout, des petites incohérences ou des raccourcis un peu étranges, des répétitions d’expression (qui m’ont agacée à force), des personnages un peu trop manichéens, Karin Slaughter a réussi l'exploit de m'éviter l'abandon. Pourtant, elle appuie de trop sur la réconciliation des deux sœurs (on se pardonne, c’est merveilleux, nous faisons front ensemble) et utilise la fibre sensible chez le lecteur (sauf à qu’à trop s’en servir, ça en devient usant). Mais titillée malgré tout par l’intrigue, j'ai été jusqu'au bout car c'est un page turner.
En conclusion, un thriller sans rien d'extraordinaire.
Le billet d'Alex
vendredi 12 février 2016
Franck Bouysse - Grossir le ciel
Editeur : Le livre de poche- Date de parution : Janvier 2016 - 240 pages qui prennent à la gorge.
22 janvier 2007, l’Abbé Pierre vient de mourir. Au fin fond des Cévennes, Gus paysan solitaire d'une cinquantaine d'années apprend l’information. Son chien Mars, la solitude en compagne, le travail à la ferme et les vaches à s’occuper hiver comme été sont son quotidien. Gus est un taiseux comme son plus proche voisin Abel. Les deux hommes ne se parlent que depuis vingt ans pourtant tous deux sont des enfants du pays qui ont hérité de la ferme familiale. A l’occasion, ils s‘aident pour certains travaux agricoles, ils en profitent pour parler un peu des bêtes, de la météo et boire un coup. Pas plus. Gus n’arrive pas à s’enlever de la tête le mort de l’Abbé Pierre et avec elle, ce sont d’autres souvenirs qui s’invitent ( « des souvenirs dont on ne sait jamais où ils mènent, ni même si ça fait du bien de le savoir, mais qui ressurgissent et s’imposent, sans crier gare »). En quelques jours, la vie de Gus est perturbée par des éléments : la visite d’un évangéliste, le changement de comportement d’Abel.
Si Franck Bouysse installe un suspense, il nous raconte avant tout une vie. L’écriture sans effets de manche prend à la gorge que ça soit pour décrire des blessures profondes ou l’amour de la nature comme ce que renferment les silences et les non-dits.
Les descriptions du monde rural, des attitudes, des gestes, des expressions et ce sont autant d’éléments qui ont déclenché chez moi une multitude de flashbacks. Alors forcément cette lecture m’a d’autant plus parlée, touchée (et remuée).
Ici, les lignées, elles s’éteignent toutes les unes après les autres, comme des bougies qui n'ont plus de cire à brûler. C'est ça le truc, la mèche, c'est rien du tout si il y a plus de cire, une sorte de pâte humaine, si bien que l'obscurité gagne un peu plus de terrain chaque jour ; et personne n'est assez puissant pour contrecarrer le projet de la nuit.
Et ces mots terribles au détour d’une phrase « une famille soudée par la ferme ».
22 janvier 2007, l’Abbé Pierre vient de mourir. Au fin fond des Cévennes, Gus paysan solitaire d'une cinquantaine d'années apprend l’information. Son chien Mars, la solitude en compagne, le travail à la ferme et les vaches à s’occuper hiver comme été sont son quotidien. Gus est un taiseux comme son plus proche voisin Abel. Les deux hommes ne se parlent que depuis vingt ans pourtant tous deux sont des enfants du pays qui ont hérité de la ferme familiale. A l’occasion, ils s‘aident pour certains travaux agricoles, ils en profitent pour parler un peu des bêtes, de la météo et boire un coup. Pas plus. Gus n’arrive pas à s’enlever de la tête le mort de l’Abbé Pierre et avec elle, ce sont d’autres souvenirs qui s’invitent ( « des souvenirs dont on ne sait jamais où ils mènent, ni même si ça fait du bien de le savoir, mais qui ressurgissent et s’imposent, sans crier gare »). En quelques jours, la vie de Gus est perturbée par des éléments : la visite d’un évangéliste, le changement de comportement d’Abel.
Si Franck Bouysse installe un suspense, il nous raconte avant tout une vie. L’écriture sans effets de manche prend à la gorge que ça soit pour décrire des blessures profondes ou l’amour de la nature comme ce que renferment les silences et les non-dits.
Les descriptions du monde rural, des attitudes, des gestes, des expressions et ce sont autant d’éléments qui ont déclenché chez moi une multitude de flashbacks. Alors forcément cette lecture m’a d’autant plus parlée, touchée (et remuée).
Ici, les lignées, elles s’éteignent toutes les unes après les autres, comme des bougies qui n'ont plus de cire à brûler. C'est ça le truc, la mèche, c'est rien du tout si il y a plus de cire, une sorte de pâte humaine, si bien que l'obscurité gagne un peu plus de terrain chaque jour ; et personne n'est assez puissant pour contrecarrer le projet de la nuit.
Et ces mots terribles au détour d’une phrase « une famille soudée par la ferme ».
mercredi 27 janvier 2016
Jon Bassoff- Corrosion
Editeur : Gallmeister - Traduit de l'américain par Anatole Pons - Date de parution : Janvier 2016 - 227 pages noires terriblement bien menées !
Joseph Downs ancien Marine ayant combattu en Irak tombe en panne dans un de ces un trous paumés de l’Amérique. Avec son visage mutilé par une explosion, il ne passe pas inaperçu. Dans un bar, il assiste à une scène où un homme bat sa femme. Il s’interfère pensant que la page sera tournée. Mais dans son hôtel miteux le temps que sa voiture soit réparée, la jeune femme vient le voir. D’un beauté assez vulgaire, Lilith lui raconte que son mari la frappe régulièrement. Pour se faire de l’argent afin de payer les réparations de sa voiture, il travaille et le soir, il retrouve Lilith. Mais un homme affirme qu’il ment sur son identité. Joseph n’a qu’une idée reprendre la route pour rejoindre la montagne. Sauf qu'il se laisse attendrir par Lilith et son plan. tuer son mari pour toucher l’assurance-vie et ensuite ils pourront partir tous les deux. Sauf que Lilith l’a manipulé.
Puis on découvre un adolescent. Sa mère est malade et et son père passe son temps à trouver un remède sur des rats. Le gamin est Joseph mais il se prénomme différemment. Et commence une plongée infernale dans les abîmes noires où la folie, les prédicateurs, la foi ont façonné celui qui se fait appeler Joseph.
C’est noir, très noir, sans concession et l’écriture de Jon Bassoff aux phrases courtes et sèches est hypnotique. On a l’impression d’évoluer dans un autre monde, on est bousculé et pas qu’un peu. L’auteure nous montre la noirceur de l’âme humaine. Terrifiant, bousculant et implacable.
Tu sais ce que ça fait d'être un laissé-pour-compte, tu sais ce que ça fait de toujours avoir des gens qui murmurent dans ton dos, qui disent ce garçon n'est pas net, toute cette famille n'est pas nette ? Et parfois elle me regardait exactement comme mon père regardait les rats, et parfois l'humanité filtrait par ses pores et elle ne caresser la tête et disait ne pleure pas, ce monde est pourri,(..)
Le billet de Laure
Joseph Downs ancien Marine ayant combattu en Irak tombe en panne dans un de ces un trous paumés de l’Amérique. Avec son visage mutilé par une explosion, il ne passe pas inaperçu. Dans un bar, il assiste à une scène où un homme bat sa femme. Il s’interfère pensant que la page sera tournée. Mais dans son hôtel miteux le temps que sa voiture soit réparée, la jeune femme vient le voir. D’un beauté assez vulgaire, Lilith lui raconte que son mari la frappe régulièrement. Pour se faire de l’argent afin de payer les réparations de sa voiture, il travaille et le soir, il retrouve Lilith. Mais un homme affirme qu’il ment sur son identité. Joseph n’a qu’une idée reprendre la route pour rejoindre la montagne. Sauf qu'il se laisse attendrir par Lilith et son plan. tuer son mari pour toucher l’assurance-vie et ensuite ils pourront partir tous les deux. Sauf que Lilith l’a manipulé.
Puis on découvre un adolescent. Sa mère est malade et et son père passe son temps à trouver un remède sur des rats. Le gamin est Joseph mais il se prénomme différemment. Et commence une plongée infernale dans les abîmes noires où la folie, les prédicateurs, la foi ont façonné celui qui se fait appeler Joseph.
C’est noir, très noir, sans concession et l’écriture de Jon Bassoff aux phrases courtes et sèches est hypnotique. On a l’impression d’évoluer dans un autre monde, on est bousculé et pas qu’un peu. L’auteure nous montre la noirceur de l’âme humaine. Terrifiant, bousculant et implacable.
Tu sais ce que ça fait d'être un laissé-pour-compte, tu sais ce que ça fait de toujours avoir des gens qui murmurent dans ton dos, qui disent ce garçon n'est pas net, toute cette famille n'est pas nette ? Et parfois elle me regardait exactement comme mon père regardait les rats, et parfois l'humanité filtrait par ses pores et elle ne caresser la tête et disait ne pleure pas, ce monde est pourri,(..)
Le billet de Laure
lundi 28 décembre 2015
Liz Nugent - Oliver ou la fabrique d'un manipulateur
Editeur : Denoël- Date de parution : Septembre 2015 - Traduit de l’anglais (Irlande) par Edith Soonckindt - 242 pages addictives !
Il la tape puis sort faire un tour et boire dans un bar. Il revient, elle dit qu'elle sait tout de lui. Il la frappe à nouveau très fort et elle sombre dans le coma.
Oliver Ryan est un auteur à succès de livres pour enfants. Sa femme Alice les illustre et tous deux forment un couple sans histoire et sans problème. Mais les apparences peuvent être trompeuses quand un des deux a menti depuis très longtemps. C'est ce qu'Oliver a fait depuis toujours et envers tout le monde. Il s'est fabriqué une image mais Alice sa femme va découvrir qui il est et bien pire encore.
Plusieurs personnages prennent la parole ainsi qu'Oliver lui-même, et on remonte le temps jusqu'à l'enfance d'Oliver. Et chacun raconte. Comment il a rencontré Oliver, sa personnalité mais personne ne comprend pourquoi il a été aussi violent envers Alice. Si les différents témoignages ne nous permettent pas de savoir qui est véritablement Oliver, on se rend compte qu'il n'était jamais franc. Mais en tant que lecteur on est loin, très loin de s'imaginer la sordide réalité.
Ce polar très psychologique se déroule en Irlande mais il nous fait voyager également en France. Implacable, hyper bien mené, on tourne les pages avec frénésie car Liz Nugent sait nous ferrer dès le départ. Et quand une une partie de la lumière apparaît ou se dessine, elle est odieuse. Oliver est un manipulateur, un caméléon, un être égoïste, perfide et sans scrupule. Le fin mot de l'histoire lui m'a laissé abasourdie. Un polar hautement addictif !
Le billet tentateur de Cuné
Il la tape puis sort faire un tour et boire dans un bar. Il revient, elle dit qu'elle sait tout de lui. Il la frappe à nouveau très fort et elle sombre dans le coma.
Oliver Ryan est un auteur à succès de livres pour enfants. Sa femme Alice les illustre et tous deux forment un couple sans histoire et sans problème. Mais les apparences peuvent être trompeuses quand un des deux a menti depuis très longtemps. C'est ce qu'Oliver a fait depuis toujours et envers tout le monde. Il s'est fabriqué une image mais Alice sa femme va découvrir qui il est et bien pire encore.
Plusieurs personnages prennent la parole ainsi qu'Oliver lui-même, et on remonte le temps jusqu'à l'enfance d'Oliver. Et chacun raconte. Comment il a rencontré Oliver, sa personnalité mais personne ne comprend pourquoi il a été aussi violent envers Alice. Si les différents témoignages ne nous permettent pas de savoir qui est véritablement Oliver, on se rend compte qu'il n'était jamais franc. Mais en tant que lecteur on est loin, très loin de s'imaginer la sordide réalité.
Ce polar très psychologique se déroule en Irlande mais il nous fait voyager également en France. Implacable, hyper bien mené, on tourne les pages avec frénésie car Liz Nugent sait nous ferrer dès le départ. Et quand une une partie de la lumière apparaît ou se dessine, elle est odieuse. Oliver est un manipulateur, un caméléon, un être égoïste, perfide et sans scrupule. Le fin mot de l'histoire lui m'a laissé abasourdie. Un polar hautement addictif !
Le billet tentateur de Cuné
mardi 15 décembre 2015
Henning Mankell - L'homme inquiet
Editeur : Points - Traduit du suédois par Anna Gibson - Date de parution : 2012 - 593 pages et un coup de coeur !
Je découvre enfin le légendaire Kurt Wallender avec sa dernière enquête. D'Henning Mankell, je n'avais jamais lu de roman policier et c'est un tort car ce livre est un coup de coeur. Le commissaire Kurt Wallender n’est plus un jeune homme et sa fille Linda est mère pour la première fois. Son compagnon travaille dans la finance et Wallender fait connaissance de ses parents : un ancien officier de la marine et une ancienne professeur d’allemand. Tous deux disparaissent tour à tour et la future belle-mère de sa fille est retrouvée morte.
Si nous sommes plongés dans une enquête où la guerre froide et l’espionnage réapparaissent, il y a beaucoup plus dans ce livre. On découvre à travers Wallander un homme rattrapé par le temps (il a soixante ans) qui se retourne sur son passé. Vie amoureuse, familiale et professionnelle avec des doutes et des interrogations.
Et c’est un commissaire dont le portait est terriblement humain et attachant. Henning Mankell aurait pu offrir une sortie étoilée à Wallender mais il a préféré une fin toute autre qui m’a serrée le coeur.
Un polar hautement maitrisé, de grande qualité et poignant !
Lu de cet auteur : Les chaussures italiennes - Un paradis trompeur
Je découvre enfin le légendaire Kurt Wallender avec sa dernière enquête. D'Henning Mankell, je n'avais jamais lu de roman policier et c'est un tort car ce livre est un coup de coeur. Le commissaire Kurt Wallender n’est plus un jeune homme et sa fille Linda est mère pour la première fois. Son compagnon travaille dans la finance et Wallender fait connaissance de ses parents : un ancien officier de la marine et une ancienne professeur d’allemand. Tous deux disparaissent tour à tour et la future belle-mère de sa fille est retrouvée morte.
Si nous sommes plongés dans une enquête où la guerre froide et l’espionnage réapparaissent, il y a beaucoup plus dans ce livre. On découvre à travers Wallander un homme rattrapé par le temps (il a soixante ans) qui se retourne sur son passé. Vie amoureuse, familiale et professionnelle avec des doutes et des interrogations.
Et c’est un commissaire dont le portait est terriblement humain et attachant. Henning Mankell aurait pu offrir une sortie étoilée à Wallender mais il a préféré une fin toute autre qui m’a serrée le coeur.
Un polar hautement maitrisé, de grande qualité et poignant !
Lu de cet auteur : Les chaussures italiennes - Un paradis trompeur
vendredi 17 juillet 2015
Marie Neuser - Prendre Lily
Éditeur : Fleuve noir - Date de parution : Mai 2015 - 524 pages qui m'ont happée !
12 novembre 2002. Dans un quartier paisible d'une petite ville anglaise B., deux fillettes découvrent en rentrant de l'école leur mère sauvagement assassinée gisant dans la baignoire. La femme a été mutilée ( je passe les détails) et son meurtrier a placé deux mèches de cheveux de couleurs différentes entre ses doigts.
Ce livre s'ouvre directement sur la scène où l'équipe de police dont fait partie Gordon McLiam débarque au domicile de Lily Hewitt. Un voisin Damiano Solivo ayant entendu hurler les deux filles les a appelés. Gordon McLiam ne peut chasser de son esprit ce qu'il a vu et pourtant ce n'est pas un débutant. Lily Hewitt la quarantaine bien passée, divorcée et couturière n'avait rien qui puisse lui attirer des ennuis. Gordon prend cette enquête à cœur, très ou trop à cœur. Hanté par Lily et par sa mort, il se promet de mettre l'assassin sous les verrous. Les soupçons se portent rapidement sur Damiano Solivo mais les preuves sont inexistantes ou inexploitables. A chaque interrogatoire, comme une couleuvre il glisse entre les mains des policiers. D'origine italienne et parlant très mal l'anglais, il a quand même réponse à tout et surtout il a un alibi. Mais Gordon a cette intime conviction que c'est bien lui tout comme ses collègues. Les mois passent et Gordon ne veut pas laisser tomber. Ce serait comme abandonner Lily et sa promesse.
L'histoire est racontée par Gordon et c'est comme si on était à sa place. Les mois deviennent des années, l'enquête semble avancer et à plusieurs reprises on se dit que cette fois c'est bon, Solivo va être arrêté. Mais les impasses et les déceptions surgissent et ce sont autant de frustrations comme si on était face à un meurtre parfait. Un des intérêts de ce livre est qu'il nous plonge dans les ressentis de Gordon sur dix ans tout comme il nous immerge dans l'enquête. Car oui, il faudra presque dix longues années pour coincer Solivo. Ca colle à une réalité, à un travail acharné où quelquefois le découragement surgit et est si grand que Gordon est prêt à bafouer l'éthique.
J'étais loin de m'imaginer que j'allais devenir accro. Et c'est un livre que j'ai eu du mal à lâcher tant j'ai été happée ! C'est précis mais jamais ennuyeux, on a l'impression que Solivo joue avec nos nerfs et c'est parfaitement réussi.
Un thriller totalement et hautement addictif où les émotions sont semblables à des montagnes russes.
Le début :
Voilà. Ça devait bien arriver un jour. Il fallait que ça arrive, on a beau repousser de toutes ses forces, pendant quinze ans, l'idée que ça nous tomberait forcément dessus au milieu de la torpeur bonhomme d'un petit commissariat de petite ville tranquille, on sait que ça plane, qu'on y aura droit, qu'on échappera pas à l'enfer. On fait ce métier en se disant qu'on finira bien par être rattrapé par l'enfer.
On sait qu'un jour, on se retrouvera entrain de vomir sur une scène de crime, et qu'en contemplant dans l'herbe ce souvenir de breakfast on comprendra que c'est là le point de bascule.
J'ai basculé un 12 novembre.
Ce sont des voisins qui nous ont appelés. Quand ils ont trouvé les deux petites en train de courir dans la rue en hurlant : « Maman a été coupée en morceaux. » Ils ont réceptionné les deux gosses et nous ont immédiatement téléphoné. Ils ne sont pas allés voir par eux-mêmes. Normal. Ils nous ont refilé l'enfer comme on refile un bébé.
Même devant l'habitation quelque chose glaçait le sang : c'était le calme et la coquetterie de cette petite maison avec jardinet et géraniums, rideaux froncés aux fenêtres, une atmosphère humble mais impeccable. Pas un endroit pour l'horreur.
12 novembre 2002. Dans un quartier paisible d'une petite ville anglaise B., deux fillettes découvrent en rentrant de l'école leur mère sauvagement assassinée gisant dans la baignoire. La femme a été mutilée ( je passe les détails) et son meurtrier a placé deux mèches de cheveux de couleurs différentes entre ses doigts.
Ce livre s'ouvre directement sur la scène où l'équipe de police dont fait partie Gordon McLiam débarque au domicile de Lily Hewitt. Un voisin Damiano Solivo ayant entendu hurler les deux filles les a appelés. Gordon McLiam ne peut chasser de son esprit ce qu'il a vu et pourtant ce n'est pas un débutant. Lily Hewitt la quarantaine bien passée, divorcée et couturière n'avait rien qui puisse lui attirer des ennuis. Gordon prend cette enquête à cœur, très ou trop à cœur. Hanté par Lily et par sa mort, il se promet de mettre l'assassin sous les verrous. Les soupçons se portent rapidement sur Damiano Solivo mais les preuves sont inexistantes ou inexploitables. A chaque interrogatoire, comme une couleuvre il glisse entre les mains des policiers. D'origine italienne et parlant très mal l'anglais, il a quand même réponse à tout et surtout il a un alibi. Mais Gordon a cette intime conviction que c'est bien lui tout comme ses collègues. Les mois passent et Gordon ne veut pas laisser tomber. Ce serait comme abandonner Lily et sa promesse.
L'histoire est racontée par Gordon et c'est comme si on était à sa place. Les mois deviennent des années, l'enquête semble avancer et à plusieurs reprises on se dit que cette fois c'est bon, Solivo va être arrêté. Mais les impasses et les déceptions surgissent et ce sont autant de frustrations comme si on était face à un meurtre parfait. Un des intérêts de ce livre est qu'il nous plonge dans les ressentis de Gordon sur dix ans tout comme il nous immerge dans l'enquête. Car oui, il faudra presque dix longues années pour coincer Solivo. Ca colle à une réalité, à un travail acharné où quelquefois le découragement surgit et est si grand que Gordon est prêt à bafouer l'éthique.
J'étais loin de m'imaginer que j'allais devenir accro. Et c'est un livre que j'ai eu du mal à lâcher tant j'ai été happée ! C'est précis mais jamais ennuyeux, on a l'impression que Solivo joue avec nos nerfs et c'est parfaitement réussi.
Un thriller totalement et hautement addictif où les émotions sont semblables à des montagnes russes.
Le début :
Voilà. Ça devait bien arriver un jour. Il fallait que ça arrive, on a beau repousser de toutes ses forces, pendant quinze ans, l'idée que ça nous tomberait forcément dessus au milieu de la torpeur bonhomme d'un petit commissariat de petite ville tranquille, on sait que ça plane, qu'on y aura droit, qu'on échappera pas à l'enfer. On fait ce métier en se disant qu'on finira bien par être rattrapé par l'enfer.
On sait qu'un jour, on se retrouvera entrain de vomir sur une scène de crime, et qu'en contemplant dans l'herbe ce souvenir de breakfast on comprendra que c'est là le point de bascule.
J'ai basculé un 12 novembre.
Ce sont des voisins qui nous ont appelés. Quand ils ont trouvé les deux petites en train de courir dans la rue en hurlant : « Maman a été coupée en morceaux. » Ils ont réceptionné les deux gosses et nous ont immédiatement téléphoné. Ils ne sont pas allés voir par eux-mêmes. Normal. Ils nous ont refilé l'enfer comme on refile un bébé.
Même devant l'habitation quelque chose glaçait le sang : c'était le calme et la coquetterie de cette petite maison avec jardinet et géraniums, rideaux froncés aux fenêtres, une atmosphère humble mais impeccable. Pas un endroit pour l'horreur.
lundi 1 juin 2015
Miniaturiste et D'un mauvais œil
1686. Agée de dix-huit ans, Nella Oortman rejoint Amsterdam et l'homme qui est désormais son mari. Elle vient de l'épouser et le connaît à peine. Johannes Brandt commerçant fortuné et respecté ne cherche à pas à passer du temps avec elle. Il l'ignore et se montre distant. Il lui offre en guise cadeau de mariage une maison de poupée à l'image de leur maison. Nella commande des objets pour sa maison et en reçoit d'autres ( non demandés) qui sont les représentations miniatures des personnes.
On lit facilement ce roman car l'écriture est très visuelle et simple. Et j'aurais aimé adhérer à ce roman mais je ne me suis pas attachée à Nella. Pourtant on ne peut qu'éprouver de l'empathie pour elle sauf que j'ai eu l'impression que l'auteure voulait m'imposer des ressentis. Et pourtant ce roman a des atouts comme les descriptions d'Amsterdam, de sa société et de ses contradictions. Mais les trop nombreux rebondissements m'ont définitivement écartée de l'histoire à laquelle je trouvais du charme même si l'ensemble est très (ou trop?) bien huilé.
Je l'ai lu sans ressentir la moindre émotion, hélas.
Les billets tous enthousiastes d'Alex, Dasola, Dominique
D'un mauvais œil de Jessica Treadway
La vie de la famille Schutt a basculé il y a trois ans. En pleine nuit, Hannah et son mari Joe ont été attaqué. Si Joe est mort, Hannah porte les séquelles physiques et psychologiques de cette agression. Rup, le petit ami de Dawn, sa fille cadette a été inculpé mais il décide de faire appel. Et justement Dawn revient vivre chez sa mère. Or Hannah ne se souvient plus ce qui s'est déroulé cette nuit là.
On sait par avance que Dawn n'est pas innocente. Hannah refuse de penser que sa fille soit impliquée d'une façon ou d'une autre (ce qui est tout à fait compréhensible). Avec une construction classique et bien que basé sur les relations mère-fille, ce thriller n'est ni prenant, ni haletant ou surprenant. Dommage.
Le billet de Keisha
lundi 18 mai 2015
Paula Hawkins - La Fille du train
Éditeur : Sonatine - Traduit de l'anglais par Corinne Daniellot - Date de parution : Mai 2015 - 379 pages et un avis mitigé...
Comme de nombreuses personnes, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller de sa banlieue à Londres et y revenir. Elle a ses habitudes, elle aime s'assoir dans le même wagon, à le même place et surtout son plaisir est lors d'un arrêt à un feu de signalisation de regarder une maison en contrebas de la voie ferrée où habite un couple. A force, elle leur a donné des prénoms Jason et Jess, leur a imaginé un travail, et surtout un bonheur parfait. Comme ce qu'elle vivait il y encore quelques années dans sa maison dans le même quartier. Mais voilà, Tom son ancien mari l'a quittée pour Anna. Ils habitent dans son ancienne maison avec leur bébé. Devenue sérieusement alcoolique, ayant perdu son travail (chose que sa colocataire ne sait pas), elle continue à faire comme si elle avait toujours son emploi. Mais un matin, Rachel voit Jess embrasser un autre homme et quelques jours plus tard, elle apprend que Jess qui se prénomme en réalité Megan a disparu.
A travers les trois voix des femmes, on découvre petit à petit certaines informations mais très peu. Et c'est principalement Rachel qui a la parole. Sauf qu'elle a eu tendance à m'agacer avec son comportement d'apitoiement assez pathétique et ses réflexions sur l'alcool "La vie devait être tellement plus simple pour les alcooliques jaloux avant les e-mails, les textos et les téléphones portables, avant l'ère de l'électronique et toutes les traces que cela laisse", comme ses maintes résolutions pour arrêter de boire et qu'elle ne tient pas. Rachel se sent obligée d'aider et de dire à la police ce qu'elle a vu. Mais ce n'est pas un témoin fiable, Anna a déjà porté plainte contre elle pour harcèlement car Rachel n'admet pas le bonheur de son ancien mari. Et quand Rachel boit, sa mémoire devient une passoire.
Comme dans tout thriller, l'auteure nous oriente sur des pistes qui on le devine ne sont pas les bonnes. Ce qui est intéressant c'est qu'au fil des pages, les masques de Megan et d'Anna tombent et que Rachel en mettant les pieds dans le plat à sa façon va se poser des questions. Je n'ai pas deviné qui était le coupable mais selon moi, la fin arrive un peu trop vite et est un peu trop vite "expédiée".
Un thriller avec des qualités mais aussi des défauts.
Les billets de Cathulu, Cunéipage et d'autres avis sur Babelio
Comme de nombreuses personnes, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller de sa banlieue à Londres et y revenir. Elle a ses habitudes, elle aime s'assoir dans le même wagon, à le même place et surtout son plaisir est lors d'un arrêt à un feu de signalisation de regarder une maison en contrebas de la voie ferrée où habite un couple. A force, elle leur a donné des prénoms Jason et Jess, leur a imaginé un travail, et surtout un bonheur parfait. Comme ce qu'elle vivait il y encore quelques années dans sa maison dans le même quartier. Mais voilà, Tom son ancien mari l'a quittée pour Anna. Ils habitent dans son ancienne maison avec leur bébé. Devenue sérieusement alcoolique, ayant perdu son travail (chose que sa colocataire ne sait pas), elle continue à faire comme si elle avait toujours son emploi. Mais un matin, Rachel voit Jess embrasser un autre homme et quelques jours plus tard, elle apprend que Jess qui se prénomme en réalité Megan a disparu.
A travers les trois voix des femmes, on découvre petit à petit certaines informations mais très peu. Et c'est principalement Rachel qui a la parole. Sauf qu'elle a eu tendance à m'agacer avec son comportement d'apitoiement assez pathétique et ses réflexions sur l'alcool "La vie devait être tellement plus simple pour les alcooliques jaloux avant les e-mails, les textos et les téléphones portables, avant l'ère de l'électronique et toutes les traces que cela laisse", comme ses maintes résolutions pour arrêter de boire et qu'elle ne tient pas. Rachel se sent obligée d'aider et de dire à la police ce qu'elle a vu. Mais ce n'est pas un témoin fiable, Anna a déjà porté plainte contre elle pour harcèlement car Rachel n'admet pas le bonheur de son ancien mari. Et quand Rachel boit, sa mémoire devient une passoire.
Comme dans tout thriller, l'auteure nous oriente sur des pistes qui on le devine ne sont pas les bonnes. Ce qui est intéressant c'est qu'au fil des pages, les masques de Megan et d'Anna tombent et que Rachel en mettant les pieds dans le plat à sa façon va se poser des questions. Je n'ai pas deviné qui était le coupable mais selon moi, la fin arrive un peu trop vite et est un peu trop vite "expédiée".
Un thriller avec des qualités mais aussi des défauts.
Les billets de Cathulu, Cunéipage et d'autres avis sur Babelio
lundi 16 mars 2015
Tina Seskis - Partir
Éditeur : Le Cherche Midi - Traduit de l'anglais par Florianne Vidal - Date de parution : Mars 2015 - 405 pages et un avis mitigé...
Emily est partie de Manchester pour s'installer Londres. Elle a laissé derrière elle son mari aimant, son petit garçon, sa belle maison et sa vie aisée. Désormais, elle se fait appeler Cat et a tire un trait sur son existence d'avant. Qu'est-ce qui a bien pu la pousser à s'enfuir de chez elle?
Nul doute que Tina Seskis sait créer des ambiances et induire de nombreuses questions chez le lecteur. En alternant le présent mais surtout le passé ancien et plus proche d'Emily, on découvre que sa mère ne voulait qu'un enfant. La sœur jumelle d'Emily, Caroline, a souffert du manque d'amour d'amour maternel et s'est toujours sentie rejetée. Tant Emily était parfaite aux yeux de ses parents, tant Caroline semblait être le méchant petit canard. En grandissant, Caroline n'a fait qu'accentuer les différences entre elles deux. Méchante, jalouse et prête à faire du mal aux siens.
A Londres, Emily un peu perdue au départ et souvent pleine de remords vis-à vis de son mari et son enfant se montre prête à relever de nombreux défis.
Ce livre étant estampillé thriller, je m'attendais à de l'adrénaline et surtout à un dénouement qui allait me stupéfier (ce qui ne s'est pas produit). S'il est intelligemment construit car l'auteure sait semer des doutes, je n'ai pas tourné les pages avec frénésie. Il s'agit à mon sens plus d'un roman dont la fin verse un peu de trop dans le happy end (mais je ne peux pas en dire plus).
Aussi pour toutes ces raisons, je suis mitigée...
Le billet de Keisha qui a aimé.
Emily est partie de Manchester pour s'installer Londres. Elle a laissé derrière elle son mari aimant, son petit garçon, sa belle maison et sa vie aisée. Désormais, elle se fait appeler Cat et a tire un trait sur son existence d'avant. Qu'est-ce qui a bien pu la pousser à s'enfuir de chez elle?
Nul doute que Tina Seskis sait créer des ambiances et induire de nombreuses questions chez le lecteur. En alternant le présent mais surtout le passé ancien et plus proche d'Emily, on découvre que sa mère ne voulait qu'un enfant. La sœur jumelle d'Emily, Caroline, a souffert du manque d'amour d'amour maternel et s'est toujours sentie rejetée. Tant Emily était parfaite aux yeux de ses parents, tant Caroline semblait être le méchant petit canard. En grandissant, Caroline n'a fait qu'accentuer les différences entre elles deux. Méchante, jalouse et prête à faire du mal aux siens.
A Londres, Emily un peu perdue au départ et souvent pleine de remords vis-à vis de son mari et son enfant se montre prête à relever de nombreux défis.
Ce livre étant estampillé thriller, je m'attendais à de l'adrénaline et surtout à un dénouement qui allait me stupéfier (ce qui ne s'est pas produit). S'il est intelligemment construit car l'auteure sait semer des doutes, je n'ai pas tourné les pages avec frénésie. Il s'agit à mon sens plus d'un roman dont la fin verse un peu de trop dans le happy end (mais je ne peux pas en dire plus).
Aussi pour toutes ces raisons, je suis mitigée...
Le billet de Keisha qui a aimé.
jeudi 12 mars 2015
Fred Vargas - Temps glaciaires
Éditeur : Flammarion - Date de parution : Mars 2015 - 489 pages dévorées !
De Fred Vargas, je n'avais lu que L'homme aux cercles bleus qui avait été une petite déception. Mais, il y a des tentatrices sur la blogo, une libraire férue de policiers et de thrillers chez Dialogues et me voilà embarquée dans ce polar.
Tout commence par le suicide d'une vieille dame Alice Gauthier à Paris. Suicide, c'est bien vite dit car une lettre où elle révèle un poids qui lui pesait sur la conscience a été postée. Et le père du destinataire de la lettre se donne la mort également. A côté des deux corps, un dessin bien étrange suscite la curiosité du commissaire Adamsberg et de son équipe. Dix ans plus tôt, un voyage en Islande tourna au cauchemar pour un groupe de français. Bloqués par la brume sur une île pendant quinze jours, deux d'entre eux moururent de froid. Or étrangement Alice Gauthier et monsieur Masfauré faisaient partie du groupe. Mais se greffe à cette piste une association spécialisée dans les écrits de Robespierre qui se réunissent pour revivre l'Histoire.
Ajoutez-y un sanglier protecteur, un Robespierre plus vrai que nature, des rebondissements, un brin de malice et d'humour, de l'originalité, des dialogues réjouissants, une écriture qui accroche à la rétine et impossible de lâcher ce livre !
Fred Vargas nous promène de l'Islande à la période révolutionnaire sans jamais perdre son lecteur. On revient sur les hypothèses, on pense y voir plus clair et pouvoir démêler avant le commissaire la pelote méchamment emmêlée. Mais les intrigues sont savamment orchestrées.
Entièrement conquise, j'en redemande. Un polar hypnotique sans temps mort, des personnages humains et souvent très attachants, j'en redemande ! Du pur plaisir !
-Quand bien même, dit Mordent. C'est le terreau de la vie, la banalité. Rarement, une perle, un grain de sable, une particule luisante tombe sur notre épaule. Et dans cet océan de vagues ordinaires, le pouvoir est le vice banal le plus à son aise chez l'homme.
Les billets de Brize, Cathulu, Delphine, Sandrine
De Fred Vargas, je n'avais lu que L'homme aux cercles bleus qui avait été une petite déception. Mais, il y a des tentatrices sur la blogo, une libraire férue de policiers et de thrillers chez Dialogues et me voilà embarquée dans ce polar.
Tout commence par le suicide d'une vieille dame Alice Gauthier à Paris. Suicide, c'est bien vite dit car une lettre où elle révèle un poids qui lui pesait sur la conscience a été postée. Et le père du destinataire de la lettre se donne la mort également. A côté des deux corps, un dessin bien étrange suscite la curiosité du commissaire Adamsberg et de son équipe. Dix ans plus tôt, un voyage en Islande tourna au cauchemar pour un groupe de français. Bloqués par la brume sur une île pendant quinze jours, deux d'entre eux moururent de froid. Or étrangement Alice Gauthier et monsieur Masfauré faisaient partie du groupe. Mais se greffe à cette piste une association spécialisée dans les écrits de Robespierre qui se réunissent pour revivre l'Histoire.
Ajoutez-y un sanglier protecteur, un Robespierre plus vrai que nature, des rebondissements, un brin de malice et d'humour, de l'originalité, des dialogues réjouissants, une écriture qui accroche à la rétine et impossible de lâcher ce livre !
Fred Vargas nous promène de l'Islande à la période révolutionnaire sans jamais perdre son lecteur. On revient sur les hypothèses, on pense y voir plus clair et pouvoir démêler avant le commissaire la pelote méchamment emmêlée. Mais les intrigues sont savamment orchestrées.
Entièrement conquise, j'en redemande. Un polar hypnotique sans temps mort, des personnages humains et souvent très attachants, j'en redemande ! Du pur plaisir !
-Quand bien même, dit Mordent. C'est le terreau de la vie, la banalité. Rarement, une perle, un grain de sable, une particule luisante tombe sur notre épaule. Et dans cet océan de vagues ordinaires, le pouvoir est le vice banal le plus à son aise chez l'homme.
Les billets de Brize, Cathulu, Delphine, Sandrine
mercredi 4 mars 2015
Pascal Dessaint - Le chemin s'arrêtera là
Éditeur : Rivages - Date de parution : Février 2015 - 222 pages lues en apnée totale !
Dans le Nord de la France sur un littoral flanqué d'un bassin minéralier, d'une centrale nucléaire, d'anciens blockhaus et d'usines qui ont fermé, des personnages habitent dans ce paysage désolant. La mer et l'air sont polluées dans ce coin mais les personnages s'y accrochent. Ils n'ont rien connu d'autre, ont perdu leur emploi pour la plupart ou sont ouvriers et semblent subir les journées. Certains d'entre eux portent en eux des faits inavouables, se trouvent des excuses comme pour s'en dédouaner mais aussi des espoirs. Ces laissés pour compte se débrouillent, se croisent, connaissent les habitudes des uns et des autres.
En donnant la parole à chacun des personnages accidentés par la vie, les histoires mais surtout les vies de chacun et la passé nous sont révélés. Mais l'auteur ne s'arrête pas une situation globale à un moment donné, il les lie par plusieurs actes. Des faits exécutés quand on n'a plus rien à perdre mais aussi des élans de solidarité ou des envies de changer le futur.
Avec une écriture franche, sans fioritures qui colle aux personnages et rend à merveille l'ambiance et ce paysage où même la nature semble sordide, Pascal Dessaint nous entraîne dans ce roman/polar social noir. Ca secoue, ça fait mal, ça prend aux tripes, ça serre la gorge... Il nous dépeint une réalité que l'on oublie trop souvent, le quotidien et les préoccupations de certaines personnes mais aussi une vraie humanité pour certaines. Et le tout sans aucun pathos.
Un livre saisissant lu en apnée totale !
Louis ne s'est pas gêné. "Bah! j'y ai fait, tant qu'à vivre dans la laideur, autant que ça soit propre...".
Le billet de Cathulu
Lu de cet auteur : Les derniers jours d'un homme
Dans le Nord de la France sur un littoral flanqué d'un bassin minéralier, d'une centrale nucléaire, d'anciens blockhaus et d'usines qui ont fermé, des personnages habitent dans ce paysage désolant. La mer et l'air sont polluées dans ce coin mais les personnages s'y accrochent. Ils n'ont rien connu d'autre, ont perdu leur emploi pour la plupart ou sont ouvriers et semblent subir les journées. Certains d'entre eux portent en eux des faits inavouables, se trouvent des excuses comme pour s'en dédouaner mais aussi des espoirs. Ces laissés pour compte se débrouillent, se croisent, connaissent les habitudes des uns et des autres.
En donnant la parole à chacun des personnages accidentés par la vie, les histoires mais surtout les vies de chacun et la passé nous sont révélés. Mais l'auteur ne s'arrête pas une situation globale à un moment donné, il les lie par plusieurs actes. Des faits exécutés quand on n'a plus rien à perdre mais aussi des élans de solidarité ou des envies de changer le futur.
Avec une écriture franche, sans fioritures qui colle aux personnages et rend à merveille l'ambiance et ce paysage où même la nature semble sordide, Pascal Dessaint nous entraîne dans ce roman/polar social noir. Ca secoue, ça fait mal, ça prend aux tripes, ça serre la gorge... Il nous dépeint une réalité que l'on oublie trop souvent, le quotidien et les préoccupations de certaines personnes mais aussi une vraie humanité pour certaines. Et le tout sans aucun pathos.
Un livre saisissant lu en apnée totale !
Louis ne s'est pas gêné. "Bah! j'y ai fait, tant qu'à vivre dans la laideur, autant que ça soit propre...".
Le billet de Cathulu
Lu de cet auteur : Les derniers jours d'un homme
lundi 16 février 2015
A.S.A. Harrison - La femme d'un homme
Éditeur : Livre de poche - Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Audrey Coussy -Date de parution : Janvier 2015 - 328 pages vraiment bien menées !
Jodi et son son compagnon Todd sont un couple comme tant d'autres en apparence.Vivant ensemble depuis vingt ans, ils mènent une vie confortable. Lui parti de rien est devenu un entrepreneur qui a réussi, elle thérapeute à mi-temps choisit avec soin ses patients. Jodi a des habitudes qui ponctuent ses journées : que ça soit lisser les coussins du canapé à sa séance de sport jusqu'à préparer le dîner pour Todd qui rentre plus tard qu'elle. Aimant la perfection, elle offre toujours une image d'elle qu'elle domine.
Elle sait que Todd a des aventures jusqu'au jour où tout bascule. Pas brutalement mais petit à petit. Dans ce polar qui alterne le récit de Jodi et de Todd, on découvre comment Jodi perd la maitrise qu'elle efforçait de garder jusque là. Elle ferme les yeux, se retrouve au pied au mur devant des faits accomplis mais l'admettre demeure un obstacle pour elle. Et si Todd peut apparaitre un peu trop comme "un bon gars" avec certaines scènes qui ont un goût de clichés, ce thriller qui fait la part belle à la psychologie fonctionne vraiment très bien ! J'ai mordu à l'hameçon du début à la fin.
Efficace et l'écriture qui dégage une constance ( bravo pour la traduction) maintient un vrai suspense !
Tant que les faits ne sont pas ouvertement admis, tant qu'il lui parle en usant d'euphémismes et de circonlocutions, tant que les choses fonctionnent sans heurt et qu'un calme apparent prévaut, ils peuvent continuer à vivre ainsi, tout en sachant qu'une vie bien vécue est faite d'une série de compromis qui impliquent que nous acceptons les personnes de notre entourage avec leurs besoins individuels et leurs particularités.
Les billets d'Alex, Cathulu, Cuné, Une Comète.
Jodi et son son compagnon Todd sont un couple comme tant d'autres en apparence.Vivant ensemble depuis vingt ans, ils mènent une vie confortable. Lui parti de rien est devenu un entrepreneur qui a réussi, elle thérapeute à mi-temps choisit avec soin ses patients. Jodi a des habitudes qui ponctuent ses journées : que ça soit lisser les coussins du canapé à sa séance de sport jusqu'à préparer le dîner pour Todd qui rentre plus tard qu'elle. Aimant la perfection, elle offre toujours une image d'elle qu'elle domine.
Elle sait que Todd a des aventures jusqu'au jour où tout bascule. Pas brutalement mais petit à petit. Dans ce polar qui alterne le récit de Jodi et de Todd, on découvre comment Jodi perd la maitrise qu'elle efforçait de garder jusque là. Elle ferme les yeux, se retrouve au pied au mur devant des faits accomplis mais l'admettre demeure un obstacle pour elle. Et si Todd peut apparaitre un peu trop comme "un bon gars" avec certaines scènes qui ont un goût de clichés, ce thriller qui fait la part belle à la psychologie fonctionne vraiment très bien ! J'ai mordu à l'hameçon du début à la fin.
Efficace et l'écriture qui dégage une constance ( bravo pour la traduction) maintient un vrai suspense !
Tant que les faits ne sont pas ouvertement admis, tant qu'il lui parle en usant d'euphémismes et de circonlocutions, tant que les choses fonctionnent sans heurt et qu'un calme apparent prévaut, ils peuvent continuer à vivre ainsi, tout en sachant qu'une vie bien vécue est faite d'une série de compromis qui impliquent que nous acceptons les personnes de notre entourage avec leurs besoins individuels et leurs particularités.
Les billets d'Alex, Cathulu, Cuné, Une Comète.
vendredi 6 février 2015
Arnaldur Indridason - Les nuits de Reykjavik
Éditeur : Métailié - Traduit de l'islandais par Eric Boury - Date de parution : Février 2015 - 261 pages passionnantes !
Erlendur âgé de 28 ans vient tout d'entrer dans la police. Il patrouille de nuit la ville de Reykjavík avec deux collègues. Hannibal un clochard qu'il croisait de temps en temps est retrouvé mort. L'hypothèse de la noyade a tout de suite été retenue sans aucune enquête. Mais Erlendur cherche à en savoir plus et surtout comment cet homme s'est retrouvé à la rue avec la bouteille pour compagne.
Ce livre s'intéresse à la population des sans-abris de Reykjavík. Autant d'hommes et de femmes qui se connaissent, les centres d'hébergement pour la nuit, ceux ou celles qui veulent arrêter l'alcool, la mendicité et le regard d'une population sur eux. Erlendur possède cette empathie qui le pousse s'il le peut à aider les clochards. Têtu et obstiné, il enquête patiemment convaincu que la mort d'Hannibal n'est pas un accident.
Et voilà un polar résolument humain et sans hémoglobine. La psychologie, les personnalités des personnages sont vraiment creusées et c'est un régal!
Une lecture passionnante où l'auteur ne nous bouscule pas, ne nous oppresse pas et pourtant ce livre est impossible à lâcher ! Le club des Erlendurettes va être content...
Erlendur se demandait si la manque de zèle de ses collègues tenait au statut social de la victime, s'ils ne considéraient pas en fin de compte qu'il ne s'était tien passé de notable, si ce n'est que depuis il y avait un clochard de moins dans les rues.
Le billet de Cathulu
Lu de cet auteur : La muraille de lave - Le duel
Erlendur âgé de 28 ans vient tout d'entrer dans la police. Il patrouille de nuit la ville de Reykjavík avec deux collègues. Hannibal un clochard qu'il croisait de temps en temps est retrouvé mort. L'hypothèse de la noyade a tout de suite été retenue sans aucune enquête. Mais Erlendur cherche à en savoir plus et surtout comment cet homme s'est retrouvé à la rue avec la bouteille pour compagne.
Ce livre s'intéresse à la population des sans-abris de Reykjavík. Autant d'hommes et de femmes qui se connaissent, les centres d'hébergement pour la nuit, ceux ou celles qui veulent arrêter l'alcool, la mendicité et le regard d'une population sur eux. Erlendur possède cette empathie qui le pousse s'il le peut à aider les clochards. Têtu et obstiné, il enquête patiemment convaincu que la mort d'Hannibal n'est pas un accident.
Et voilà un polar résolument humain et sans hémoglobine. La psychologie, les personnalités des personnages sont vraiment creusées et c'est un régal!
Une lecture passionnante où l'auteur ne nous bouscule pas, ne nous oppresse pas et pourtant ce livre est impossible à lâcher ! Le club des Erlendurettes va être content...
Erlendur se demandait si la manque de zèle de ses collègues tenait au statut social de la victime, s'ils ne considéraient pas en fin de compte qu'il ne s'était tien passé de notable, si ce n'est que depuis il y avait un clochard de moins dans les rues.
Le billet de Cathulu
Lu de cet auteur : La muraille de lave - Le duel
mercredi 3 décembre 2014
Paula Daly - La faute
Éditeur : Le Cherche-Midi - Traduit de l'anglais par Florianne Vidal- Date de parution : mars 2014 - 345 pages addictives !
Lisa Kallisto n'est une superwoman. Entre ses trois enfants, son travail dans un refuge d'animaux, elle a souvent d'impression de ne pas être à la hauteur des autres mères. Comme son amie Kate parfaite sur tous les plans. Lucinda la fille adolescente de Kate et amie de sa propre fille Sally disparaît alors qu'elle était sensée dormir chez elle. Sauf qu'une autre jeune fille du même âge enlevée un peu plus tôt a été retrouvée en état de choc profond. Lisa s'imagine que c'est de sa faute si Lucinda a disparu et elle promet à Kate de la retrouver.
Lisa ne va pas se transformer en super héroïne et résoudre l'affaire. Comme dans beaucoup de thrillers, Paula Daly nous amène d'abord sur une fausse piste (celle qui nous fait penser que l'un des personnages est le coupable) sauf que rien n'est joué d'avance. La narration se partage trois voix : celle de Lisa, celle de l'inspectrice Joanne Aspinall et celle d'un homme qui s’intéresse aux jeunes filles à la sortie des écoles. Au fil des pages, ce thriller prend une autre dimension avec les différences de classes sociales, les préjugés , les thèmes de l'éducation de enfants, du mariage mais aussi les trahisons. Les apparences qu'il faut sauver à tout prix prennent l'eau et les surprises se multiplient !
Mon bémol va à l'écriture qui concerne Lisa : elle trop proche de l'oralité et joue en sa défaveur à mon sens. Malgré tout, ce premier thriller est bien mené et addictif !
Lisa Kallisto n'est une superwoman. Entre ses trois enfants, son travail dans un refuge d'animaux, elle a souvent d'impression de ne pas être à la hauteur des autres mères. Comme son amie Kate parfaite sur tous les plans. Lucinda la fille adolescente de Kate et amie de sa propre fille Sally disparaît alors qu'elle était sensée dormir chez elle. Sauf qu'une autre jeune fille du même âge enlevée un peu plus tôt a été retrouvée en état de choc profond. Lisa s'imagine que c'est de sa faute si Lucinda a disparu et elle promet à Kate de la retrouver.
Lisa ne va pas se transformer en super héroïne et résoudre l'affaire. Comme dans beaucoup de thrillers, Paula Daly nous amène d'abord sur une fausse piste (celle qui nous fait penser que l'un des personnages est le coupable) sauf que rien n'est joué d'avance. La narration se partage trois voix : celle de Lisa, celle de l'inspectrice Joanne Aspinall et celle d'un homme qui s’intéresse aux jeunes filles à la sortie des écoles. Au fil des pages, ce thriller prend une autre dimension avec les différences de classes sociales, les préjugés , les thèmes de l'éducation de enfants, du mariage mais aussi les trahisons. Les apparences qu'il faut sauver à tout prix prennent l'eau et les surprises se multiplient !
Mon bémol va à l'écriture qui concerne Lisa : elle trop proche de l'oralité et joue en sa défaveur à mon sens. Malgré tout, ce premier thriller est bien mené et addictif !
lundi 21 juillet 2014
Jeanne Desaubry - Poubelle's girls
Éditeur : Lajouanie - Date de parution : Mai 2014-235 pages bourrées de punch !
Elisabeth vivote. Quelques heures pour du ménage ici et là sans aucune reconnaissance, son ado renfrogné à élever et à peine de quoi faire bouillir la marmite. Paloma vit dans la rue depuis peu. Un passé pas exemplaire, du répondant et une forte personnalité. Et cette hargne de vivre. Et puis il y a Blanche. Mariée à un avocat habitant une belle maison, indépendante financièrement, elle veut se débarrasser de son mari. Elisabeth propose un hébergement à Paloma. Une caravane sans luxe mais au moins elle aura un toit.
Les deux femmes deviennent amies et de fil en aiguille imaginent des braquages. La boulangère qui paie une misère Elisabeth au black sera leur première cible. Sur la couverture, il est indique "roman policier mais pas que" et c'est vrai ! Car Paloma, Elisabeth galérent, des vies de misère bien réelles.
Un livre bourré de punch sur fonds social avec de l'humour et de l'entraide. Seul petit bémol : le personnage de Blanche arrive tardivement.
Le billet tentateur de Cuné
Elisabeth vivote. Quelques heures pour du ménage ici et là sans aucune reconnaissance, son ado renfrogné à élever et à peine de quoi faire bouillir la marmite. Paloma vit dans la rue depuis peu. Un passé pas exemplaire, du répondant et une forte personnalité. Et cette hargne de vivre. Et puis il y a Blanche. Mariée à un avocat habitant une belle maison, indépendante financièrement, elle veut se débarrasser de son mari. Elisabeth propose un hébergement à Paloma. Une caravane sans luxe mais au moins elle aura un toit.
Les deux femmes deviennent amies et de fil en aiguille imaginent des braquages. La boulangère qui paie une misère Elisabeth au black sera leur première cible. Sur la couverture, il est indique "roman policier mais pas que" et c'est vrai ! Car Paloma, Elisabeth galérent, des vies de misère bien réelles.
Un livre bourré de punch sur fonds social avec de l'humour et de l'entraide. Seul petit bémol : le personnage de Blanche arrive tardivement.
Le billet tentateur de Cuné
samedi 5 juillet 2014
Alice LaPlante - Absences
Éditeur : 10 X 18 - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Daphné Bernard - Date de parution : Mai 2014 - 399 pages qui se tournent avec frénésie et retenue (paradoxalement) !
Jennifer White est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Cette ancienne chirurgienne orthopédiste brillante et reconnue vit dans un monde où ses souvenirs s'échappent. Sa meilleure amie et voisine Amanda O'Tool est retrouvée assassinée et amputée de quatre doigts. La police oriente ses soupçons vers Jennifer. Qui est-elle vraiment ? Que cache Jennifer dans les limbes de son esprit ?
Tout au long ce ce roman policier ( qui pour moi est plus un roman qu'à proprement un roman de type purement policier), chaque jour Jennifer oublie qui elle est, ses enfants ( pas si parfaits que ça) et tout le monde doit lui répéter inlassablement son identité et sa vie. Elle oublie aussi la disparition de sa meilleure amie et découvre avec effroi sa mort. Son entourage écrit dans un journal pour que Jennifer puisse relire ce que sa mémoire laisse s'envoler. Alice LaPlante nous glisse dans la peau de Jennifer et on ressent sa peur, sa détresse. Mais aussi son amitié avec Amanda qui n'était pas dénuée de jalousie, de mensonges. Jennifer pour qui sa carrière professionnelle comptait énormément. De trop ? Une vie de femme, d'épouse, de mère avec ses bonheurs mais aussi ses déceptions. Jusqu'au bout, on se demande si Jennifer est coupable.
La tension est palpable rendue encore plus forte et dérangeante par la maladie d'Alzheimer. S'il s'agit d'une lecture très forte qui laisse un sentiment de malaise, elle se lit en retenant son souffle...
Des billets (et des avis variés) : Cuné, Fleur, Sandrine, Valérie
Jennifer White est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Cette ancienne chirurgienne orthopédiste brillante et reconnue vit dans un monde où ses souvenirs s'échappent. Sa meilleure amie et voisine Amanda O'Tool est retrouvée assassinée et amputée de quatre doigts. La police oriente ses soupçons vers Jennifer. Qui est-elle vraiment ? Que cache Jennifer dans les limbes de son esprit ?
Tout au long ce ce roman policier ( qui pour moi est plus un roman qu'à proprement un roman de type purement policier), chaque jour Jennifer oublie qui elle est, ses enfants ( pas si parfaits que ça) et tout le monde doit lui répéter inlassablement son identité et sa vie. Elle oublie aussi la disparition de sa meilleure amie et découvre avec effroi sa mort. Son entourage écrit dans un journal pour que Jennifer puisse relire ce que sa mémoire laisse s'envoler. Alice LaPlante nous glisse dans la peau de Jennifer et on ressent sa peur, sa détresse. Mais aussi son amitié avec Amanda qui n'était pas dénuée de jalousie, de mensonges. Jennifer pour qui sa carrière professionnelle comptait énormément. De trop ? Une vie de femme, d'épouse, de mère avec ses bonheurs mais aussi ses déceptions. Jusqu'au bout, on se demande si Jennifer est coupable.
La tension est palpable rendue encore plus forte et dérangeante par la maladie d'Alzheimer. S'il s'agit d'une lecture très forte qui laisse un sentiment de malaise, elle se lit en retenant son souffle...
Des billets (et des avis variés) : Cuné, Fleur, Sandrine, Valérie
Inscription à :
Articles (Atom)




















