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dimanche 5 août 2012

Judith Perrignon - Les chagrins


Editeur : Stock - Date de parution : 18/08/2010- 208 pages

Angèle a été élevée jusqu'à l’âge de cinq ans par sa grand-mère Mila car sa mère Helena était en prison. De ce bâtiment où les femmes étaient emprisonnées, il ne reste rien. Un nouveau décor a pris place : des balançoires et des nouveaux quartiers. Helena s’est toujours montrée froide et distante avec Angèle. A la mort de sa mère, Angèle découvre dans des lettres qu’elle est née en prison. Angèle va tout faire pour découvrir l’histoire de sa mère et celle de naissance.

Malgré l’écriture fluide, je n’ai pas été convaincue par ce livre. Dès le début, Le rythme trop lent à mon goût instaure ajoute un parfum de mélancolie et de nostalgie au goût bien amer. Helena est froide, distante même avec sa propre fille Angèle comme si elle représentait un fardeau et non un espoir et l’avenir. L’histoire racontée par le journaliste qui avait suivi à l’époque le procès m’a semble irréelle. Seul personnage crédible et qui a retenu mon attention, la grand-mère de Mila : généreuse et attachante.

Je suis passée à côté de cette lecture et je n’ai ressenti que de l’indifférence…sans comprendre le chagrin d’Helena.

Ce livre a été chroniqué dans le cadre d’un partenariat avec le site Chroniquesdelarentreelitteraire.com et dans le cadre de l’organisation du Grand Prix Littéraire du Web Cultura.



Et un de plus :

lundi 20 juin 2011

Edna O'Brien - Crépuscule Irlandais

Éditeur : Sabine Wespieser - Date de parution : Septembre 2010 - 440 pages

Le récit s’ouvre sur Dilly qui met en ordre sa maison avant de partir pour Dublin afin d'y être hospitalisée.  Malade,  elle attend la visite de sa fille Eleanora. La jeune femme est partie très jeune à  Londres où elle est devenue une auteure dont les écrits dérangent. Quand elle  se rend au chevet de sa mère, elle reste peu de temps et oublie dans sa précipitation son journal intime. Dilly va découvrir combien elle et se fille se ressemblent.

Il m’a fallu un temps d’adaptation pour me faire à cette  écriture rêche. Une écriture qui colle au plus après de cette campagne Irlandaise soumise à la dureté.  Dilly y a toujours vécu sauf durant quelques mois. Une période durant laquelle elle a   voulu tenter sa chance aux Etats-Unis. L’espoir de réussir une  vie là-bas a pris l’eau et elle rentrée au pays. Peu de temps après, elle s’est mariée et  a remisé au placard tous ses rêves.  J’étais enthousiaste à l’idée de lire ce roman. Les relations mère-fille, des vies de femmes en Irlande : autant de thèmes que j’affectionne et qui sont au centre de ce roman. Si le début du livre m’est apparu limpide, la multiplication narrative m’a laissée sur le bas côté. Les sentiments réciproques de Dilly et Eleanora sont sans cesse  masqués par le bouclier de la pudeur, les non-dits et l'incompréhension marquent leur relation.Entre les lettres écrites par Dilly à sa fille (postées ou non) les souvenirs de Dilly , le journal d’Eleanora, j’ai avancé à l’aveuglette et je me suis égarée (pour ne pas dire perdue!).

Il  y a de très beaux passages mais ils sont noyés dans des longueurs qui ont eu raison du peu d’enthousiasme qu’il me restait. Dommage …
L'avis de Keisha à l'opposé du mien et  celui d'Angelita qui n' a pas aimé

mercredi 23 février 2011

Kathryn Stockett - La couleur des sentiments

Éditeur : Editions J.Chambon - Date de parution : 03/09/2010 - 526 pages

526 pages lues en apnée totale. On aurait pu m’annoncer qu’une vague de chaleur de 40 degrés minimum s’abattait sur Brest ou que la Rade n’existait plus, je n’aurais même pas réagi.Parce qu'une fois commencé ce livre, il est impossible de laisser Aibileen,  Minny et Skeeter. Cette lecture m'a attrapée, m'a ferrée et quand je ne lisais pas, leurs voix me trottaient dans la tête.
J’étais à Jackson, ville du Mississipi en cette année 1962.  Aux côtés d'Aibeleen  dans la cuisine, je la regardais s’occuper avec amour de Baby Mae Mobley. Mais aussi à  nettoyer, laver, préparer  les repas… A faire son travail de domestique, de bonne. A répondre « Oui, Ma’am » à sa patronne et à ses amies. Serre les dents, leur servir le thé et ne rien dire lorsqu’elles parlent des Nègres qui sont si différents d’eux. J’ai tremblé de dégoût et de honte quand Minnie s’est faite renvoyée pour un vol qu’elle n’avait pas commis. Et quand Skeeter a décidé d’écrire un livre où les bonnes allaient pouvoir témoigner sur leurs patronnes blanches, j’ai eu envie de sauter de joie.  Elle qui une fois terminée ses études à la Fac veut montrer et apprendre ce qui se passe réellement. Même si ses parents emploient des gens de couleur, même si ce sont ses amies qui sont concernées.  Elle va réussir à convaincre Aibileen de lui faire confiance puis Minny. Elles se verront en cachette car Aibileen et Minny prennent des risques énormes. D’autres suivront et témoigneront elles aussi.
Tour à tour, Aibileen,  Minny et Skeeter parlent, racontent cette histoire. Roman polyphonique, on se glisse dans la peau de chacune d’elles et on vit, on ressent ce livre !   Avec leurs mots, c’est tout un passé qui ressurgit.  Un passé peu glorieux où écoles, hôpitaux, magasins, bibliothèques étaient différents pour les Blancs et les Noirs. Des temps où la ségrégation raciale était bien ancrée dans les mœurs des familles blanches du Mississipi. Les gens de couleur subissaient vexations, humiliations et bien pire s’ils décidaient de transgresser les lois en vigueur. Mais une époque aussi qui verra Martin Luther King faire un rêve.  
Alors oui ! Elles vont s’accrocher pour mener à bien ce projet fou ! L’injustice, le  racisme, la mesquinerie, le mépris mais aussi la peur,  la volonté que les choses changent, la vraie amitié, l’humour et  l’amour pur jalonnent  les pages de ce bon et vrai roman. Un roman magnifique, juste, drôle, sensible et  bouleversant !
Et pour moi, c’est plus qu’un coup de cœur !
A lire également, la postface de l’auteur qui est très touchante et toute en pudeur.
Plein de billets chez l'ami BOB.

jeudi 9 décembre 2010

Nicolas Cano - Bacalao

Éditeur : Arlea - Date de parution : 19/08/2010 - 139 pages

Vincent est professeur de français dans un lycée privé. Un nouvel  élève Ayrton fait son apparition et Vincent en tombe amoureux. Fan de foot, l’adolescent  n’est pas un bon élève. Une relation commence entre eux quand il demande à Vincent de lui donner des cours particuliers.
Ce premier roman n’a pas à rougir d’en être un ! J’ai été très étonnée par la qualité de l’écriture, toute en retenue et en finesse. Sur ce sujet difficile, des relations intimes entre un adulte et un mineur, le risque était de sombrer dans le voyeurisme, dans le vulgaire ou pire, dans le trash. Rien de tout ça ! Cet amour est soumis aux lois de la passion et Vincent sait qu’il souffrir. Entre les  attentes, la domination d’Ayrton et le plaisir d’être avec lui, Vincent s’abandonne à cet amour. Au jeu du chat et de la souris, Ayrton s’amuse. Il possède  la fougue et l’audace de la jeunesse. Mais jusqu’où Vincent va-t-il supporter ce jeu ?
Un livre touchant sur un sujet délicat ! Une très belle découverte !
J’avais repéré ce livre chez Canel. Et, l’auteur m’a proposé de m‘expédier le livre, je l'en remercie!
D’autres avis : Delphine’s books, la Ruelle Bleue, In Cold Blog et en bonus une interview de l'auteur toujours chez In Cold Blog.

Il  avait promis de lui donner des cours particuliers, d’améliorer sa syntaxe, de revoir avec lui certaines règles de grammaire, et il n’avait encore rien commencé. Ici ou là, il s’était contenté de le rependre sur une tournure de phrase ou une concordance de temps. C’était tout. Pour le reste, il n’avait fait que flatter ses penchants naturels et son goût immodéré du foot. Il aurait voulu se justifier à ses propres yeux, alléguant son amour fou, mettait son laxisme sur le compte de cet amour qui l’aveuglait, mais il ne savait plus où il en était, et il se mit à pleurer.

mardi 7 décembre 2010

Mabrouck Rachedi et Habiba Mahany - La petite Malika

Éditeur : JC Lattes - Date Parution : 15/09/2010 - 237 pages

Malika est une enfant précoce que l’on détecte  surdouée  à 5 ans. Elle vit avec sa mère et  son frère dans une cité de banlieue.  En vingt-deux portraits qui vont des 5 ans aux 26 ans de Malika, on la suit dans sa vie et dans ses études jusqu’à ce qu'elle trouve sa voix professionnelle.
En refermant ce livre, si un mot me vient à l’esprit, c’est  humour et fraîcheur ! Je sais ça en fait deux…   Pour avoir rencontré les auteurs, je savais que Mabrouck Rachedi ne manquait pas d’humour. Et là, avec sa sœur,  ils viennent de me prouver qu’ils savent le manier à l’écrit. Raconté par Malika, ce qui aurait pu tomber dans un sérieux plombant ou se révéler une gentille fable ne l’est pas. « Avec une mère persuadée que « précoce » est synonyme de « grossesse précoce » et qui refuse que sa fille saute une classe. Trop mature pour ses copines, trop singulière pour les adultes, Malika cultive sa différence » :  oui, et le tout est joliment bien raconté.  Dans chacun des vingt-deux portraits, on retrouve ce qui  caractérise la banlieue. Le langage, la mixité des cultures…mais sans oublier les aspects moins drôles. Loin d’être un essai sur les cités ou sur l’intégration,  il s’agit de l’accomplissement d’une enfant devenue femme. La force de caractère de Malika, sa détermination l’amèneront à réaliser ses projets. Un livre qui mêle humour, réflexions et constatations. Et le tout est écrit dans un rythme sans temps mort !
J’ai rigolé, j’ai souri et qu’est ce que ça fait  du bien ! Un roman qui se lit tout seul et qui donne envie d'aller de l'avant ! Donc aucune raison de s’en priver…
Les demandes de mariage ont afflué auprès de ma mère qui étudiait les dossiers avec autant de soin qu’un directeur d’école à la recherche d’un high potential. Dans le quartier, c’était coton. Quand elle recevait des amies flanquées de leur rejeton aux épaules basses et au regard fuyant, je savais que c’était un blind-date. Avec ce genre de jeu à la con, même une top model italienne classe pourrait se retrouver avec un nabot sans manières, alors pas question d’engager mon avenir dans ces mauvais remakes de Tournez manège.

lundi 29 novembre 2010

Thierry Beinstingel - Retour aux mots sauvages

Éditeur : Fayard - Date de parution : 25/08/2010 - 295 pages

Lui, c'est le nouveau dans l'entreprise. On lui demande de choisir un prénom pour ce métier de téléopérateur. Il a choisi Eric. Répondre au téléphone, déblatérer à ces clients anonymes des questions types. Vendre les nouveaux produits pour atteindre les objectifs. L’ancien électricien est devenu Eric. Il parle  toute la journée pour ne dire que des formules, des phrases préconstruites. Des suicides surviennent dans l’entreprise. L’incompréhension, l’incrédulité cèdent place à des questions de fond. Un jour,  Eric rappelle un client pour lui donner un renseignement. Il téléphone à  un client de son propre gré sans autorisation.

L’écriture singulière de ce livre m’a harponnée. Une écriture qui  donne une force,  un  pouvoir aux mots. Pas de fioriture pour ce livre sur la déshumanisation du monde du travail. Des entreprises où la personne est considérée comme un objet de rendement et perd son identité.
Les mots, Eric en dit à longueur de journées au téléphone. Des mots choisis, pesés par des spécialistes du marketing. Toujours être poli envers le client sans rentrer dans la bulle du  personnel ou de l’intime. Garder ses distances avec le client mais sans le lui montrer. L’allécher par un discours et  lui vendre le nouveau produit. Dans l’entreprise où Eric  travaille, des employés se suicident. Sur d’autres sites ou dans d’autres services.  Il y a les  réactions de l’extérieur : ce n’est pas possible, on ne se suicide pas à cause de son travail. Eric rappelle un client au téléphone, lui rend service. Une façon de ne pas oublier qui il est, de garder son humanité, d’être lui et pas Eric.

Je me suis glissée dans cette histoire en retenant mon souffle. Le malaise et le mal-être sont palpables. Ils nous prennent à la gorge. Saisissants. 

Ce livre a failli être un coup de cœur, je dis  bien failli. J’ai une réserve, une seule concernant l’état de santé du client. Fallait-il qu’il soit paralysé ? Pas forcément, à mon sens, et le livre aurait quand même eu autant de puissance.

Une fois de plus, il m’a fallu du temps pour évacuer toutes les émotions. Une soif d’avoir un bonjour sincère et vrai…  Avec cette lecture, je suis revenue des années en arrière quand je travaillais dans une grande entreprise. La pression, le rendement étaient présents… Des personnes arrêtées pour dépression ou à deux doigts de craquer, également.

Pourtant, en juillet, à Marseille, dans la même torpeur estivale, avec la mer scintillante des calanques, le ciel d’airain comme un couvercle brûlant, tout cela n’avait pas suffi à faire taire le drame qui s’était déroulé et les mots implacables de celui qui avait affirmé : Je me suicide à cause de mon travail. A cause de. Origine, fondement, raison, motif. Retour brutal aux mots sauvages.
Les avis de Cathulu, Aifelle, Antigone et Gwen (merci de me l’avoir expédié !).
Un livre lu grâce à Dialogues Croisés.

dimanche 14 novembre 2010

Mikaël Hirsch - Le réprouvé



Éditeur : L'Editeur - Date de parution : 19/08/2010 - 185 pages


Paris, lundi 6 décembre 1954, c'est l'effervescence. Le prix Goncourt est décerné à Simone de Beauvoir. Gérard Cohen, 24 ans, garçon de courses chez Gallimard décide d'aller rendre visite à Céline qui vit reclus dans sa maison à Meudon. Pour le jeune homme, c'est l'occasion de faire le point sur son emploi.  Sur sa moto, il traverse Paris et se se remémore la guerre. Lui, l'enfant demi-juif a été caché durant cette période. Entre souvenirs du passé et le présent bien ancré dans la réalité, cette journée lui permettra de décider de son avenir.

Son père a toujours travaillé chez Gallimard, c'est donc tout naturellement que le narrateur travaille dans cette maison d'édition. Depuis qu'il est enfant, il a baigné dans ce milieu. J'avoue que les premières pages ne m'avaient pas emballée. Le style trop travaillé à mon goût sonnait faux pour moi. J'ai laissé passer quelques jours, repris ma lecture et l'alchimie s'est produite.  A partir du moment où le narrateur parle de Paris, de ses souvenirs liés à la guerre, j'ai été séduite. Adieu les grands mots, c'est un jeune homme qui parle et l'écriture en est changée.  Le Paris populaire nous  est décrit et on a l'impression de le voir de nos propres yeux. Durant cette journée, il pense à ses origines, lui qui a du mal à assumer sa demi judaïté. Car nous sommes en 1954 et il persiste une certaine méfiance envers les juifs. Les souvenirs de la guerre reviennent : sa mère arrêtée pour des actes de résistance et emprisonnée. Lui mis à l'abri à la campagne. Un jeune homme qui découvrira également les plaisirs  de la chair. Avec un regard lucide, il décrypte le monde de l'édition. Débarrassé de ses ambitions littéraires depuis bien longtemps, il veut construire son propre avenir. 

Une belle lecture malgré mon bémol du départ qui été vite balayé ! Il s'agit d'un roman initiatique que j'ai beaucoup aimé ! 

Les avis d'Aifelle, de Mango , de Sylire et de Daniel Fattore.

vendredi 12 novembre 2010

Philippe Claudel - L'enquête

Éditeur : Stock - Date de parution : 15/09/2010 - 278 pages

L’enquêteur est chargé d’élucider une vague de suicides dans une entreprise. Arrivé dans cette ville, il trouve avec peine un l’hôtel qui affiche quatre étoiles. Dans cet  établissement, tout semble étrange. On lui refuse un petit-déjeuner, il doit respecter une liste de consignes assez invraisemblable.  Le Guide le prend en charge dans l’Entreprise où personne ne semble être au  courant des suicides.  L’inquiétude et les questions surgissent, l’enquêteur  comprend que rien n’est normal…
Je peux me mordre les doigts …Je savais que ce livre était différent des autres livres de cet auteur. Et pourtant,  je me suis entêtée avec le risque de ne pas aimer.
Dans ce roman, tout est impersonnel. Les gens sont nommés par leurs fonctions, la ville semble être un endroit étrange à l’image de l’hôtel. Une ville sans enfants qui jouent dans un parc et  sans passants.  Mais, elle  accueille une masse de touristes et  plus tard des réfugiés. Dès le début, je me suis sentie mal à l’aise. L’atmosphère que  dégage ce livre est lourde, oppressante. Je me suis demandée à quelle  époque se déroule l’action : un présent modifié ou un avenir proche. Car l’Enquêteur semble être tombé dans un piège ou être la marionnette de quelqu’un. Au fil des pages, lui-même doute et veut mettre fin à cette mission. Il n'arrive pas s'entretenir  avec des employés, l'entreprise ressemble à un liau fantôme sous surveillance. Fatigué, affamé, il est usé… Il ne comprend pas  (et moi non plus).  J'ai terminé cette lecture  avec un sentiment de mal être. L’écriture est rendue froide comme  pour coller au plus près à ce livre.  
Il s’agit d’un rendez-vous raté et je le regrette…
Mais, Philippe Claudel reste un de mes auteurs chouchous...

jeudi 4 novembre 2010

Louise Erdrich - La malédiction des colombes

Éditeur : Albin michel- Date de parution : 18/08/2010 - 480 pages

Dakota du Nord, Pluto, une petite ville bâtie fin du XIX  siècle très près d’une réserve indienne. Des familles s’y sont installées, les Hommes blancs sont venus avec leur religion et lorgnent sur les terres indiennes. 1911 : une famille entière de fermiers est tuée sauf le bébé. Les différences entre les deux communautés seront les plus fortes, les têtes de trois indiens se balanceront au nœud d’une corde. Seul Mooshum n’a pas été pendu. Pourquoi ? Les habitants et leurs descendants doivent vivre avec ce drame. Les questions, les mensonges drapés de secrets enveloppe cette tragédie sans que le vrai coupable ait été trouvé.

Roman polyphonique par excellence, le livre s’ouvre sur l’année 1966. Evelina aime écouter les histoires de son grand-père Mooshum. Tour à tour, plusieurs personnes de différentes familles prennent la parole. Astucieusement construit, on suit des personnes au début de la naissance de Pluto et leurs descendances. Un prédicateur illuminé et sa femme Marn, un juge, un médecin, une équipe de géomètres partis en reconnaissance… Tous sont liés par le sang ou par des secrets. Le récit n’est pas linéaire, on remonte le fil du temps puis on revient à Evelina qui découvrira la vérité. Au fil des années, le brassage de communautés aura lieu car il y est question également d’amour, de trahisons et  de remords. 

Il s’agit d’un livre dense, foisonnant sur le poids de la culpabilité des générations, des différences entre deux communautés et la peur de l’autre qui amène à la folie.

J’ai lu ce livre en apnée totale… Une fois commencé, je n’ai pas pu le lâcher. L’écriture est limpide et Louise Erdrich dirige magistralement ses personnages comme un chef d’orchestre.  Un roman magnifique!

Les billets de Kathel et de Keisha qui renvoient à d’autres chroniques.

Je remercie les éditions Albin Michel pour ce  livre.

Ce livre peut voyager jusqu'à chez vous ... inscription par commentaire ou par mail.

samedi 30 octobre 2010

Sylvia Tabet - l'Atelier rouge

Éditeur : Editions-dialogues - Date de parution : 28/10/2010 - 128 pages

New-York, une nuit de novembre. Un  homme caché dans un coin d’une pièce peinte en rouge observe une scène. Le peintre Markus Rothko vient de se suicider  à ses côtés  se trouve Nicolas de Staël. L’homme tapi n’est autre que Romain Gary  qui va raconter l’échange improbable de ces deux hommes.
Un huis clos entre fiction et réalité baigné dans les confidences et mettant en scène trois personnages importants. La rencontre  de ces deux peintres Mark Rothko et Nicolas de Staël et un observateur Romain Gary qui revient sur sa vie. Les deux hommes Mark Rothko et Nicolas de Staël parlent peinture, bien entendu, mais surtout ce qu’ils veulent faire passer à travers leurs toiles. La conversation  tourne aussi au désaccord mais s’engage sur des terrains plus intimes : des enfances fracassées, la mère patrie la Russie. Ils ne sont pas forcément d’accord sur les Maitres mais Matisse les réunit.
Romain Gary parle de  son remords de n’avoir été  qu’un aviateur médiocre « Un jour à Londres, Le Général m’a dit quelque chose du genre : «  ne vous inquiétez pas Gary, vous savez bien que ce sont toujours les meilleurs qui partent ». Ma médiocrité ainsi posée, je ne risquais pas, à l’avenir, d’être fier de mes activités d’aviateur. Sans rire : grâce à mon héros le Général de Gaulle (…) toute fierté m’était désormais  interdite ». Une souffrance pour cet écrivain qui évoque certains de ses livres : « comme ce père, dans Les enchanteurs, ce père rêvé qui me prenait dan ses bras la nuit lorsque, enfant, j’avais peur. » L'écrivain se dévoile et c’est un homme avec ses blessures et ses peines qui apparaît.
J’ai beaucoup aimé l’introspection de Romain Gary. On sent un travail de l’auteure pour  s’approprier ce personnage. Bien que ma culture en Art est limité (oui, je le dis) , cet échange entre ces deux peintres est beau. On comprend que la peinture vient du plus profond de leurs entrailles. L’écriture possède une musicalité qui accentue l’atmosphère des confidences.  J’ai lu, j’ai écouté ces hommes qui se mettent à nu.  
Une agréable  découverte que je dois aux Editions Dialogues (et à Charles Kermarec qui m’a convaincue de le lire).

vendredi 29 octobre 2010

Susan Fletcher - Un bûcher sous la neige

Editeur : PLON - Date de parution : 26/08/2010 - 400 pages sublimes...

Ecosse fin du XVIIe siècle. Corrag une très jeune  femme d’origine anglaise est emprisonnée. Accusée de sorcellerie, elle est condamnée à être brûlée dès l’arrivée du printemps. Le Révérend Charles Leslie venu d'Irlande est à la recherche d’informations sur le massacre de Glencoe. Un massacre perpétré par l’armée du Roi Guillaume dit l’Orange. Alors que le Roi Jacques s’est exilé en France,  le pays est en proie à l’affrontement entre les partisans de chaque Roi.  Charles Leslie, bien que réticent, va écouter  le récit de Corrag qui a été témoin du massacre.
Quel livre ! Dire que j’ai aimé serait faux…. J’ai adoré, j’ai vibré à chaque page, j’ai bu chaque mot  !
Car Corrag avant de raconter le massacre du Clan Mac Donald va expliquer comment elle est parvenue en  Ecosse.  Son enfance auprès d’une mère elle-même accusée de sorcellerie. Sous le mot sorcellerie, les hommes y ont mis l’utilisation et l’usage de plantes pour soigner et guérir  des maux. Une mère qui lui a transmis l’amour et le respect de la nature. Charles Leslie, campant sur ses positions d’homme d’église l’écoute, l’œil et le jugement sévères. Le soir, il écrit à sa femme lui relatant les dires de Corrag. Chaque jour, il revient la voir, les barrières et les œillères morales s’amenuisent. Lui qui prêche Dieu, l’Amour reviendra sur se positions vis-à-vis de Corrag.
A 16 ans, sa mère ordonne à Corrag de partir. Avec sa jument, elle va fuir, se cacher des hommes pendant son voyage et vivre de ce que la nature lui offre.  Corrag est un petit bout de femme qui veut vivre à tout prix ! Outre son voyage, elle raconte l’attitude des gens à son égard et les mos qui font mal : sorcière, gueuse et parfois pire. Arrivée en Ecosse, le clan MacDonald sous  ses apparences brutales va l’accepter. Tout le livre alterne subtilement entre  le récit de Corag et les lettres de Charles Leslie à sa femme. Les barrières et les œillères morales s’amenuisent.  On suit ses réflexions, l’acheminement de sa pensée qui l’amèneront  à comprendre Corrag.
Les descriptions sont magnifiques, la plume de Susan Fletcher nous donne l’impression d’être aux côtés de Corrag et d’admirer, d’apprécier la nature. L’écriture est belle ( et le mot est faible !), la poésie perle dans les mots de Corrag mais surtout l’amour et l’humilité.
On est révolté, on a peur pour Corrag  car on ne peut que s'y attacher.L'analyse du comportement de Charles Leslie, son raisonnement sont remarquables.
J’ai eu la gorge serrée tout au long de cette lecture ! Un énorme coup de cœur pour ce roman sublime !
Merci à Liliba pour ce livre voyageur, d’autres billets pour vous mettre l’eau à la bouche : Kathel, Lili Galipette, Cathulu, George, Marie, Sandrine (SD49)

Quand même j'ai un réconfort. Il est petit, mais je l'ai, ce réconfort, je me le chuchote au creux de mes mains. Des gens sont en vie grâce à moi. C'est vrai. Il sont en vie parce que je les ai sauvés, parce que j'ai écouté la voix de mon âme, la chanson de mes os, les paroles de la terre.J'ai écouté mes entrailles, mon ventre, ma poitrine. Mon instinct.

mercredi 27 octobre 2010

Christian Gailly - Lily et Braine

Editeur : Editions de Minuit- Date Parution : 07/01/2010 - 189 pages

Lily est venue l’attendre à la gare accompagné de leur fils Louis, 3 ans et de la chienne. Après  trois mois passés dans un hôpital militaire, son mari Braine rentre enfin. Braine bien changé après la guerre dans laquelle il s’est  porté volontaire. Un mari qui doit réapprendre à vivre et Lily qui essaie de faire au  mieux pour que son retour  se passe bien.
Je suis embêtée pour parler de ce livre…A vrai dire, je ne sais pas quoi trop en penser. L’histoire m’a intriguée. Au début, j’ai crû que Braine était un ancien GI , j’ai eu tout faux. Nous sommes en France et Braine s’est engagé dans une guerre pour un autre pays. Il a quitté son travail dans le garage de beau-papa, son fils âgé de quelques mois.
Une échappatoire  à sa vie ?  Les éléments peu nombreux donnent cette impression. Sa femme Lily semble vivre  dans un monde à part choyée par des parents au portefeuille bien garni. Elle s’occupe de sa maison et de ses enfants. Car dans ce livre, la chienne est traitée et considérée comme un enfant. J’avoue ne pas avoir pas compris ce point…La vie semble reprendre son cours normal et paisible. Mais, une femme mystérieuse fait son apparition. Elle propose à  Braine de remonter sur scène et de  recomposer le groupe de jazz dont il faisait parti il y a bien longtemps . Lily est jalouse et  sur ses gardes. Braine accepte et se remet  à la musique.
Je n'ai pas été à l'aise dans cette lecture même si j’ai  aimé l’écriture :  un style non conventionnel, des phrases très courtes. Mais, le déroulement de l’histoire et la fin de ce livre m’ont laissée  perplexe. J'ai eu l'impression d'avoir à faire à des personnages irréels.
Bref, je suis incapable de dire si j’ai aimé ou non…
Merci à Hélène et à Dialogues Croisés pour ce livre.
Le billet de Midola.



lundi 25 octobre 2010

Elizabeth Strout - Olive Kitteridge

Editeur : ARCHIPEL - Date de parution : 06/10/2010 - 375 pages

Avertissement : Pour bien démarrer la semaine, rien de mieux qu’un très bon livre  ! Oui vous  avez  bien lu…
A travers 13 histoires, on découvre Olive Kitteridge, professeur de maths, mariée à un pharmacien Henry et mère de Christopher. La famille habite à Crosby, petite ville du Maine et l’on suit sur une période de trente ans Olive. Elle n'est jamais la narratrice du récit et on  la découvre  via le regard des autres.
Entre roman et nouvelles dont le fil conducteur serait Olive, j’ai pris énormément de plaisir à lire ce livre !   Au début, Olive  parait bougonne, autoritaire mais peu à peu on découvre sa personnalité plus en profondeur.  Dans certains des récits, elle intervient très peu et ce sont des thèmes comme la vieillesse, la solitude qui sont dépeints. L’écriture est vive, nette et précise comme les descriptions d’Olive : son franc- parler, sa gourmandise.  On s’interroge, on est titillé, on se demande qui elle est vraiment. Quelquefois elle semble être détestée ou alors admirée. L’épouse qui semble froide, la mère possessive, le professeur exigeant se révèle une femme loin d'être antipathique.  Au fil des pages,  les différentes facettes d’Olive apparaissent et la montre comme tout à chacun : une personne avec ses forces et ses faiblesses. Et avec cette trame, c'est autant de vies avec leurs hauts et leurs bas qui nous sont décrites sans fausse note...
C’est avec regret que j’ai refermé ce livre tellement je l’ai aimé ! Un livre qui nous décrit avec  brio  la personnalité humaine...
Merci à Keisha pour le prêt, les billets de Cathulu, Gwen, ClaudiaLucia, le Pandémonium littéraire

samedi 23 octobre 2010

Gerbrand Bakker - Là-haut, tout est calme

Editeur : GALLIMARD - Date  de parution : 03/09/2009 - 351 pages

Helmer van Wonderen vit depuis trente-cinq ans dans la ferme familiale, malgré lui. C'est Henk, son frère jumeau, qui aurait dû reprendre l'affaire, mais il a disparu dans un tragique accident à l'âge de vingt ans. Alors Helmer travaille, accomplissant les mêmes gestes, invariablement, machinalement. Un jour, sans raison apparente, il décide d'installer son vieux père au premier étage, de changer de meubles, de refaire la décoration de la maison...
Voilà le début de la quatrième de couverture.  Si je vous l’ai indiquée,  ce n’est pas par pure fainéantise ( même si l’on pourrait le croire)  mais parce que  dans ce livre le rythme est important, fondamental même.  Helmer  âgé de 55 ans vit au rythme du travail à la ferme lié aux saisons, au temps. Des journées où la solitude est interrompue par la visite de  la voisine  ou de ses jeunes garçons.  Suite à la mort de son frère jumeau, Helmer n’a pas eu  le choix face à son père d’arrêter ses études et de travailler à la ferme. Un père autoritaire qui dirigeait et décidait pour tout le monde.  L'installer à l'étage, là-haut permet à Helmer de mettre fin à la domination de ce père âgé.
Un jour, Helmer reçoit une lettre de l’ancienne fiancée d’Henk. Elle lui demande de donner un peu de travail à son plus jeune fils nommé Henk. Entre  souvenirs et présent, Helmer tente de trouver sa place et sa vie. Lui qui n'a vécu jusqu' à présent qu'en étant le "remplaçant" d'Henk. Même ci se roman parait calme, on ressent toute la violence, le désarroi qu’Helmer a enfoui, accumulé pendant toutes ces années. Tous ces évènements vont permettre à Helmer de choisir et de réaliser ce qu’il veut réellement faire.  A la question : peut-on changer de vie à et trouver son bonheur ? Ce roman nous donne la réponse.
Un livre qui demande seulement qu’on prenne le temps de se caler soi-même sur le rythme. Il faut prendre le temps, s'en imprégner et pour ma part, j'en suis ressortie troublée. L’éveil de cet homme à sa propre vie est tout simplement beau..
Comme pour Rosa Candida, il m’a fallu quelques pages pour rentrer dans ce livre.
Merci à Cathulu pour ce livre voyageur, d’autres billets : Aifelle, Antigone, Dominique, BelleSahi , Gwen, Armande, Mirontaine

mercredi 20 octobre 2010

Eric Fouassier - Le traducteur

Editeur : PASCAL GALODE - Date de parution : 19/08/2010 - 186 pages magnifiques..

Ceux et celles qui se plaignent que leur PAL et leur  LAL augmentent à chacune de leur visite  vont me détester ou m’en vouloir. Car j’ai adoré ce livre !!!!
Cette lecture fait partie de celles qui une fois  commencées exercent un tel pouvoir, qu’on ne peut plus les arrêter.  On  ouvre ce livre et  on se retrouve sous l’emprise  de la narration, envoûté par l’écriture. Et oui, rien que ça…
Ce roman se passe aux alentours de 1925. Le narrateur, un jeune homme de 21 ans travaille depuis peu à Alexandrie. Il occupe  un emploi sans intérêt  dans la société de son oncle. Au hasard d’une soirée, il va rencontrer Gabriel Prometh, ancien médecin et individu peu fréquentable selon les dires.  Poussé par la curiosité, le narrateur va vouloir s’entretenir avec lui et  en apprendre d’avantage à son sujet. C’est ainsi que Gabriel Prometh lui parle d’un projet mystérieux qui le rendra riche et célèbre.
Notre homme va l’accompagner à la recherche d’un ouvrage mythique, le Livre de Pao, qui serait un chapitre oublié de la bible. Un livre détenu par un peuple parlant un dialecte que seul Gabriel Prometh connait.
Bien entendu, on suit leur quête. Mais la postérité peut être à  double tranchant,  Gabriel Prometh va l’apprendre à ses dépens. Tout le monde l’applaudit pour sa traduction du livre, le voilà adulé. Mais son secret va l’anéantir et il préfèrera se retier de la vie mondaine. Je n‘en dirai pas plus sur l’histoire...
La plume est élégante, raffinée, le tout forme un  grand moment de plaisir !
Le billet de Stephie toute aussi enchantée par ce roman.

mardi 19 octobre 2010

Pierre Gagnon - Mon vieux et moi

Editeur : AUTREMENT - Date de parution : 21/08/2010 - 87 pages

Rencontrer des auteurs est une source de tentation. Jeudi dernier en attendant que Fatou Diome termine  une  interview pour une radio, je me suis  assise et j’ai commencé à lire ce livre. Je n’allais quand même pas partir et l’abandonner lâchement !  Et voilà comment ce petit livre s’est retrouvé en  ma possession.  
Le narrateur, jeune retraité, décide d’adopter Léo. Léo n’est pas un enfant, non, mais un pensionnaire d’une  maison de retraite où  le narrateur  rendait visite à sa tante. Léo 99 ans aménage chez lui et entre les deux hommes nait une belle histoire.
Dans ces 87 pages, on trouve beaucoup  d’amitié, de l’humour mais également un regard  sur la vieillesse. Au début, il y a les interrogations des amis  qui vous admirent, les aménagements  à apporter à la maison et la complicité entre les deux hommes. Mais  la santé de Léo va se dégrader. Les parties de cartes sont rempacées par l’inquiétude des hospitalisations et l’impuissance que l'on ressent devant  la vieillesse. Le narrateur nous décrit les problèmes qu’une personne rencontre quand elle s’occupe d’un parent âgé. Tout y est dit avec les mots justes :  la mémoire qui flanche, la sénilité, la dépendance…
Alors oui, ce livre m'a touchée... Un seul regret, j'aurai bien aimé un livre un peu plus long. 
Il attend quelqu’un… plus tard devant l’évidence que personne ne viendra, il se remet en route pour sa chambre ou  la salle de bains. Voilà, c’est tout.Ca s’appelle vieillir. Jamais on ne raconte ces choses là, bien sûr.Ca n’intéresse personne.
Les avis de Stephie et de Noukette.

dimanche 17 octobre 2010

Virginie Despentes - Apocalypse Bébé

Editeur : GRASSET- Date de parution : 18/08/2010 - 343 pages

Présentation de d'éditeur:
Valentine Galtan, adolescente énigmatique et difficile, a disparu. La narratrice, Lucie, anti-héroïne trentenaire, détective privée sans conviction ni talent engagée par la grand-mère de Valentine pour surveiller ses faits et gestes, l’a perdue sur un quai de métro parisien. Comment la retrouver ? Que faire des édifiantes photos de Valentine qui la montrent si expérimentée avec les garçons ? Aurait-elle rejoint sa mère, qu’elle n’a jamais connue, à Barcelone ? Le mieux pour Lucie serait de faire équipe avec la Hyène, une « privée » aux méthodes radicales, une femme puissante, au corps souple, plein d’une violence qui s’exprime par saccades : moyennant finances, et aussi par amusement, La Hyène accepte le marché. Voici les collègues mal appariées, l’une lesbienne volcanique, l’autre hétéro à basse fréquence, qui traversent la France et l’Espagne jusqu’à Barcelone à la recherche d’une petite fugueuse, une gosse mal grandie, une fille de la bourgeoisie qui finira – on ne vous en dit pas plus – par rejoindre le camp des irréductibles....

Et oui, encore un billet sur ce livre, je sais… PriceMinister m’ayant  proposé de lire soit Michel Houellebecq soit Virginie Despentes, j’avais opté pour faire  connaissance avec cette auteure.
J’avais commencé ce livre  et bout d’un trentaine de pages, je l’avais refermé pour deux raisons : l’histoire à laquelle je n’arrivais pas vraiment à accrocher mais surtout à cause du langage de Virginie Despentes. Vu toutes les critiques élogieuses, je l’ai ré-ouvert et je l’ai fini. Alors, non ce n’est pas un coup de cœur, et non, je n’ai pas aimé ce livre. J’ai trouvé l’écriture de l’auteure trash et provocante. Toutes les deux ou trois pages, les mots sont crus surtout de la part de la Hyène qui elle joue aussi sur carte de la provocation. A part le personnage du père de Valentine dont j’ai trouvé les descriptions assez crédibles, les autres m’ont semblé tendre vers la caricature. Et pour ce qui est de l’histoire, malheureusement, je n’y ai pas été sensible.  
Merci cependant à PriceMinister.
Antoine lui aussi n’a pas aimé ( on est au moins deux…).

mercredi 13 octobre 2010

Blandine Le Callet - La Ballade de Lila K

Editeur : STOCK - Date de parution : 09/2010 - 394 pages


Avec la ballade de Lila K, on est loin d’une pièce montée ! Mais ce nouveau roman que j’attendais tant de Blandine le Callet a été un véritable plaisir de lecture ! Pourtant, les mondes futuristes sont loin d’être ma tasse de thé…
Nous sommes aux alentours des années 2100 dans une ville où la technologie régit la vie des hommes.  Lila vit dans un Centre depuis sa plus jeune enfance.  Un centre qui ressemble  plus à une prison qu’à autre chose. Lila, traumatisée se soumet aux lois du centre et se révèle surdouée. Elle veut retrouver sa mère dont elle n’a aucun souvenir  et comprendre pourquoi on l’a séparée d’elle. En grandissant et à l’aide son premier maître  Monsieur Kaufman, Lila va apprendre ce qui se passe en dehors de ces murs. Un  apprentissage qui ne se fera pas sans heurt mais  qui va lui permettre  découvrir un autre monde.  
Le Centre a pris en charge Lila très jeune et veille à sa santé physique et psychique.  Vu sous cet aspect, tout est normal. Mais le Centre est « un monde insensé aux règles implacables » et Lila va devoir se plier aux instructions, aux codes. Surveillée en permanence, elle a des phobies  comme la celle des contacts physiques. Bien que fragile, Lila possède un humour caustique, un esprit intelligent et vif. En grandissant, et grâce à Monsieur Kaufman, une sorte de professeur particulier, elle va se rendre compte que ce qu’elle sait du Centre et du monde n’est qu’un « formatage ».    Sa détermination à retrouver ses souvenirs d’enfance et sa mère sont admirables. Elle va braver l’interdit, flirter avec l’illégalité et retrouver au fur et à mesure des fragments précieux de son enfance. Lila est vraiment  touchante ! Grâce aux livres qui sont interdits (l’horreur absolue !)  car soi disant dangereux par leur toxicité, Lila va gagner petit à petit confiance en elle. 
Alors oui, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre Lila. On passe de l’étonnement en découvrant cette ville aux chimères, aux chats arc en ciel, à une réflexion plus profonde sur celle de la censure, de citoyens qu’on veut  modèles et où une normalité prévaut.
L’écriture de Blandine Le Callet est toujours aussi vive et agréable…et je n’ai pas vu les pages défiler ! Un très  bon livre que j'ai dévoré !
Les avis de Sandrine(SD49) , de Sophielit et de Keisha
Mon arbre généalogique ne ressemble pas à grand-chose, il faut bien le reconnaître. Deux rameaux coupés courts. Le destin a eu la main lourde, côté sécateur.

mardi 12 octobre 2010

François Marchand - Plan social

Editeur : Le Cherche Midi - Date de parution : 26/08/2010 - 132 pages

La société d’Emile Delcourt installée à Valenciennes va mal, très mal. L’entreprise familiale d’ancres de marine court à la liquidation judiciaire si rien n’est mis en œuvre. Un consultant parisien Walfard imposé par les actionnaires vient sur place avec ses belles théories. Mais, Emile Delcourt a une solution ! Pour relancer sa petite entreprise, rien de plus efficace que de faire une coupe large dans le personnel mais sans que ça se sache…
Humour noir, ironie, plume méchamment vitriolée font bon ménage dans ce livre ! Le personnage de Walfart est le consultant qui par définition gagne un très bon salaire sur le dos des entreprises qui sont au bord de la faillite. Pédant, arrogant, il s’exprime par des phrases où les  mots anglais sont de bons tons. Il ne voit aucun intérêt  à cette mission et n’a qu’une seule envie,  la terminer au plus tôt.  De plus, cette mission dans le nord de la France  n’est guère valorisante pour son CV…
Que serait une entreprise sans syndicat ? Je vous le demande. En la personne de Bernier, nous avons le représentant syndical de gauche. Bernier qui est contre le capitalisme, l’argent … le vrai syndicaliste, mais en qui Delcourt va trouver une aide précieuse pour son plan. Un plan sans scrupule qui va lui permettre de se séparer du quart de ses employés sans mettre la main à son portefeuille. Patron et syndicaliste se retrouvent  pour une fois du même côté…
Dans ce livre, c’est la bêtise de tout un système qui est  mise en avant et François Marchand n’épargne personne ! Mon bémol : j’ai trouvé la mise en route un peu longue et j’aurai bien aimé un livre un peu plus long.

Ce n’est pas tout à fait du baratin, le « stress » d’un patron. D’un vrai patron qui a des usines, pas d’un connard au vingt-cinquième étage d’un tour, qui se croit PDG parce que ses potes de l’inspection des Finances ou  de l’X-Mines l’ont pistonné là. Ces patrons-là, le  seul stress qu’ils ont, c’est de comparer dans le magazine Capital leurs rémunérations respectives.
D’autres avis :  Cathulu, Fattorius
Merci à Solène des Editions Le Cherche Midi pour ce livre.

lundi 11 octobre 2010

Joan Didion - Un livre de raison

Editeur : Robert Laffont- Date de parution : 09/09/2010 - 319 pages très longues...

Quatrième de couverture :
« Je serai le témoin de cette femme.» Ainsi commence le récit du séjour, et de la fin, de Charlotte Douglass à Boca Grande. Charlotte, jeune et belle Américaine, a gagné cette petite république d'Amérique centrale dans l'espoir de retrouver sa fille en fugue. La narratrice de l'histoire, c'est Grace Strasser-Mendana, une riche Américaine atteinte d'un cancer, ethnologue de formation, devenue, par son mariage, un personnage considérable à Boca Grande. Son enquête sur Charlotte va l'obliger aussi à s'interroger sur elle-même. Exotisme et sensualité se mêlent ici à une réflexion sur la nature du pouvoir et de l'esprit révolutionnaire. À travers le portrait de deux femmes d'exception, décrites avec une acuité chirurgicale, Joan Didion a montré, dans ce Livre de raison, qu'elle était une analyste hors pair de la destinée humaine.
Avertissement : ô toi le lecteur qui est habitué de ces lieux, toi qui lis la quatrième de couverture  au lieu d’un résume concocté par mes soins, tu te doutes que ceci est  de mauvaise augure…et tu as raison!
Après un début très laborieux pour savoir  qui était exactement Grace et sa fonction à Boca Grande, le reste de ma lecture a été très confuse. Entre passé et présent, de nombreux dialogues où Charlotte intervient, j’avoue être totalement passée à côté de cette lecture ! Je suis restée hermétique à ce livre (ou alors c’est l’inverse).
L’écriture est clinique,froide et je n’ai ni trouvé exotisme ni sensualité.  Je me suis ennuyée du début à la fin… et pire, je n’y ai trouvé aucun intérêt.
Et toujours ma devise : je ne fais pas  des tartines quand je n’ai pas aimé…
Merci à l’ami BOB  et aux éditions Robert Laffont …
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