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mercredi 18 août 2010

Laurent Gaudé - Ouragan



Editeur : ACTES SUD - Date de parution : 15/08/2010- 180 pages

Nouvelle–Orléans, une forte tempête est annoncée. Alors que la plupart des habitants désertent la Louisiane, certains y demeurent comme Josephine Linc. Steelson, la «négresse »presque centenaire, Rose et son petit garçon , un groupe de prisonniers et un révérend. Kenau Burns lui quitte le Texas pour y revenir et retrouver Rose, son ancien amour, qu’il a quitté il y a six ans. Un cyclone d’une violence sans précédent s’abat plongeant la ville dans un décor apocalyptique.

J'ai eu du mal à rentrer dans ce livre où Laurent Gaudé nous fait découvrir par fragments chacun des personnages tout en suivant la progression du cyclone.

Mais, une fois plongée dans ce livre, j'ai suivi chacun des protagonistes. Josephine Linc. Steelson, forte personnalité, qui aime rappeler qu'elle est une vieille "négresse" n'est pas sans rappeler Zola Jackson de Gilles Leroy. Rose qui a du mal à aimer son petit garçon et qui peine dans la vie. Kenau Burns fuyant l'enfer des plateformes pétrolières et voulant oublier ces dernières années. Un révérend qui dans le cyclone voit l'oeuvre de la main de Dieu et se croit investi d'une mission divine. Des prisonniers, abandonnés dans leurs cellules, vont réussir à s'évader de la prison croyant accéder à une liberté.

Tous ces personnages vont se se croiser car l'auteur nous parle du cyclone Katrina qui s'est abattu sur la Nouvelle-Orleans en 2005 mais sans jamais le nommer. Alors que la nature reprend ses droits sur les Hommes, le cyclone va modifier la vie de ces personnages. Certains y gagneront en tranquillité intérieure, survivront ou périront.

Avec ce livre, Laurent Gaudé pointe les défaillances des missions de sauvetage et d'évacuation des habitants lors du cyclone Katrina.

J'ai particulièrement aimé Josephine Linc. Steelson, qui à elle seule porte l'histoire de la population noire de la Nouvelle-Orléans.

Un roman fort par l'écriture et ses personnages que j'ai pris plaisir à lire. Mais, durant toute ma lecture, j'ai eu à l'esprit le livre Zola Jackson de Gilles Leroy sur le même thème.

Je remercie Hélène et Dialogues Croisés pour ce livre qui s'inscrit dans le challenge du 1% de la rentrée littéraire.


samedi 14 août 2010

Delphine Bertholon - L'effet Larsen


Editeur : J.-C. Lattès- Date de parution : 25/08/2010 - 363 pages d'une histoire dont on ne sort pas indemne...

Août 1998, sous une chaleur écrasante, Paris s’est vidée de ses habitants. Nola, 18 ans, au lieu de passer ses vacances avec ses amies en Grèce se retrouve serveuse dans un bar de seconde zone. Elle et sa mère Mira viennent d’aménager dans « l’immeuble – mutant » qui est le reflet de leur vie décrochée. Quelques mois plus tôt, un cinglé a tiré sur de gens avant de se suicider. Son père faisait partie de ses victimes innocentes. Se reconstruire mais comment alors que sa mère passe ses journées enveloppée dans un cocon de couvertures dans sa chambre ? Selon les médecins, Mira présente des signes d’hyperacousie, elle ne supporte plus le moindre bruit. Nola joue le rôle de mère pour aider Mira alors qu’à 18 ans sa vie vient de basculer. Elle se bat pour deux et découvrira que les non-dits du passé sont lourds de conséquences.

Dès les premières pages, l’écriture m’a harponnée. Et quelle écriture ! Delphine Bertholon sait jouer de toutes les gammes : métaphores merveilleuses, des phrases où la poésie s’invite, le langage d’une fille de 18 ans et des pointes d’humour. Je n’ai pas lu l’histoire, non, j’ai basculé dedans.

Une histoire poignante mais qui ne sombre jamais le mélo. Les sentiments, les émotions de Nola sont décrits avec tant de justesse qu’on les ressent. Il y a une atmosphère si forte, si prenante qui se dégage de ce livre que je l’ai lu en apnée. Nola ne baisse pas les bras même si l’envie se fait sentir. Non, elle essaie d’avancer pour elle et pour sauver sa mère. Même si je n’ai pas vécu la situation de Nola, je suis ressortie de cette lecture bouleversée.

Un livre coup de cœur qui prend aux tripes et dont l’écriture est tout simplement sublime !

Une lecture tellement forte qu’il va me falloir du temps pour retrouver mes marques…

Il fallait s’y résoudre : sa souffrance était réelle. Invisible, incompréhensible, mais réelle. Et comment gérer cela alors ? Sa souffrance était aussi insensée que ta mort, papa, oui, le rapprochement était infaillible, la maladie de maman était un non-sens et les non-sens, rien à faire, on ne sait jamais par quel bout les prendre.

Si j’avais soupiré, je me souviens, une vraie campagne de pub pour la désespérance.

Au carrefour, une étrange lune jaune s’était coincée entre deux branches d’arbre, l’air d’un ballon en mousse perdu par en enfant.

Le monde se déploya tel un grand élastique et le cœur redémarra comme il le fait toujours- qu’on soit d’accord ou non.


Je remercie les éditions JL Lattes pour ce livre.

Les billets de Géraldine et de Keisha

Un livre qui s'inscrit dans le challenge du 1% de la rentrée littéraire :

vendredi 16 juillet 2010

Pierre Szalowski - Le froid modifie la trajectoire des poissons


Editeur : Héloïse D'ORMESSON - date de parution : 02/09/2010- 288 pages de bonheur...

Ne m’en voulez pas si je vous parle d’un livre que j’ai beaucoup aimé et qui est encore un coup de cœur. Pourquoi m’en vouloir ? Car ce livre paraîtra le 2 septembre ! Damned !

Vous voilà donc obligés de prévoir des futures négociations avec vos chères têtes blondes : Non ma chérie, cette année, on achète un cartable simple, basic et non celle à l’effigie de Barbie ! Pourquoi ? Parce que maman doit s’acheter un livre ! Compris ???

Je vous mets la quatrième de couverture car elle résume on ne peut mieux ce petit bijou :
4 janvier 1998, Montral. Un garçon de dix ans apprend que ses parents vont se séparer. Désespéré, il demande au ciel de l’aider. Le lendemain débute la plus grande tempête de verglas que le Québec ait jamais connue. Ce déluge de glace n’empêche pas son père de quitter la maison. Mais pour ses voisins, des évènements incroyables ou anodins font en sorte que leurs vies basculent peu à peu. Julie, danseuse en mal d’amour, accueille chez elle Boris, scientifique égocentrique, qui ne vit que pour ses expériences sur les poissons; Michel et Simon, les deux « frères » si discrets, qu’on ne voit jamais ensemble, ouvrent leur porte à Alexis, leur voisin homophobe. Face à l’adversité, des liens se créent; face au froid, l’entraide, la solidarité et l’altruisme enflamment les cœurs.

Le grand froid paralyse Montréal et va permette à des personnes qui habitent la même rue de faire connaissance et plus si affinités. J’ai lu ce livre en apnée totale le sourire aux lèvres ! Les personnages sont attachants, drôles …Et oui, dans l’adversité, n’importe qui se prend à parler au voisin au visage fermé et rembruni qu’il croise depuis des années. Une belle histoire d’humanité avec de l’humour : des sentiments décrits sans mièvrerie, un rythme entraînant, une écriture qui se boit comme du petit lait.

Alors, oui, c’est un livre avec une happy end mais pourquoi se priver d’une lecture qui nous remplit de bonheur et de gaité ?

Merci à Canel pour le prêt et merci Monsieur Szalowski pour ce livre!

vendredi 9 juillet 2010

Fatou Diome - Celles qui attendent


Editeur : Flammarion - Date de parution : août 2010- 334 pages magnifiques et puissantes...

Sur une île où le travail est absent, l’Europe est convoitée par des hommes prêts à l’affronter pour gagner un rivage, une terre qu’ils espèrent meilleurs. Les fils, les maris partent laissant des femmes derrière eux. Ces femme, ce sont Arame et Bougna, mères de Lamine et Issa qui vont partir sous la cape de la clandestinité. Arame est réticente à de départ de projet même si ses dettes chez Abdou le commerçant ne font que s’accroître. L’Océan lui a déjà pris son autre fils et ses petits enfants sont à sa charge. Autant de bouches à nourrir mais qui lui donnent de la joie et la force de vivre ou de survivre « La survie, justement. Partout elle demande un effort, mais il des contrées où l’on côtoie tellement la mort que la survie elle-même semble un pied de nez fait à la vie. Sur ce coin de la planète, où les maigres productions journalières sont destinées à une consommation immédiate, la sérénité du lendemain n’est jamais assurée ».

Bougna est en guerre permanente contre la coépouse de son mari, jalousies de femmes entretenues par la polygamie du mari. Arame supporte son mari Koromâk , cloué au lit par l’arthrose et déversant son fiel. Un mari qu’elle n’avait pas choisi mais avec qui elle doit faire. De toute façon, jamais on ne se plaint ou alors en silence « alors, au lieu de râler devant plus souffreteux que soi, on mord le mouchoir et on trime du matin au soir. Pour beaucoup, vivre se résume à essayer de vivre. »

Lamine et Issa laisseront leurs jeunes épouses Coumba et Daba derrière eux. Bercées de rêves et d’amour comme toute jeune fille, leur quotidien est autre. Les devoirs imposés aux belles-filles ne sont pas de tout repos. Cuisiner, laver, nettoyer pour toute la famille et sans jamais broncher. L’Europe est la femme rivale qui leur a prise leur mari.

Les mères trompent leur peur de ne pas voir revenir les fils, les jeunes épouses attendent la présence de leur mari... Un seul mot pour elles attendre qui se décline au fil des saisons.

Les années passent, Issa et Lamine ne sont toujours revenus. Mais la vie n’attend pas, le fils d’Issa grandit et Daba voudrait connaître l’amour. Issa et Lamine découvrent la condition d’être clandestin en Espagne : la quête aux papiers et au travail.

Loin des émigrés, les amours varient, les secrets de famille affleurent. Les petites et grandes trahisons vont alimenter la chronique sociale du village et déterminer la nature des retrouvailles.
Le visage qu'on retrouve n'est pas forcément celui qu'on attendait .

De Fatou Diome, j’avais lu « Le ventre de l’Atlantique » et "La préférence nationale et autres nouvelles" . C’est une auteure que j’admire et que j’affectionne.

Avec « celles qui attendent», Fatou Diome nous fait partager l’intimité, le quotidien de ces femmes. Femmes courageuses, femmes de caractère et « parce qu’elles savent tout de l’attente, elles connaissent le prix de l’amour.» Un prix élevé fait de sacrifices.

Fatou Diome, c’est d’abord une écriture exceptionnelle. Chantante comme le fleuve Sénégal, véhiculant un phrasé riche comme une belle musique. Musique dont le tempo s’accorde, se modifie selon la vie des iles du Sénégal. Une écriture qui a la force de l’Atlantique en colère pour s’indigner ou dénoncer.

Pas de jérémiades ou de complaintes, Fatou Diomé décrit avec une verve ardente les travers des situations économiques de ce monde. Quand elle parle de son pays c’est toujours avec amour et avec le recul qui lui permet de pointer du doigt les failles. De son écriture coulent beaucoup de constats amers ou remplis de sagesse mais toujours très justes.

Ce livre est un hymne à ces femmes et on ne peut que se sentir humble et respectueux devant elles.

Un très gros coup de cœur pour ce livre qui fait partie de la rentrée littéraire !


Choisir un seul extrait est difficile car l’ensemble du livre est d’une beauté et d’une puissance incroyable !

« La vie, c’était simplement une barque où elles appréciaient le bonheur de ramer ensemble. Comme toutes les femmes de l’île, elles savaient qu’affronter la houle faisait partie de leur sort. »

Un grand merci à Dialogues croisés et son opération rentrée littéraire 2010 pour cette lecture.

samedi 3 juillet 2010

Agnès Desarthe - Dans la nuit brune


Editeur : OLIVIER - date de parution : 19/08/2010 - 211 pages.

Jérôme, la cinquantaine, vit avec sa fille Marina âgée de 18 ans. Divorcé, directeur d'un agence immobilière, sa vie bascule lorsque le petit ami de Marina meurt accidentellement dans un accident de moto. Il revoit Paula son ex-femme, un ancien inspecteur de police essaie de faire le jour sur la disparition d'une jeune fille quelques mois plus tôt et enfin une cliente Ecossaise un peu fantasque est à la recherche d'un bien immobilier. Il devient le réceptacle des confessions de chacun alors qu'il garde en lui le mystère de sa propre histoire.
Cette mort injuste le plonge dans un grand désarroi et fait remonter des douleurs, des questions tapies au plus profond de lui. Déstabilisé, il n'est plus l'adulte responsable mais quelqu'un qui se cherche car Jerôme est un enfant trouvé. Né de parents inconnus, Annette et Gabriel, l'avaient recueilli dans les bois et étaient devenus ses parents adoptifs. Qui pourra l'aider à lever le voile sur ses origines?

J'ai eu l'impression que Jérôme était comme "anesthésié" depuis bien des années. Lorsque ses parents adoptifs étaient encore vivants, il n' a jamais entrepris de démarche pour découvrir sa véritable identité. J'ai ressenti sa peine et son sentiment d'impuissance face à la mort du petit ami de sa fille. Marina n'est plus une petite fille et Jérôme se sent perdu. Comment l'aider alors que tous ses amis prennent les devants? Il m' a touché par ses pensées et son désarroi. La fin du livre nous dévoile une part de son histoire. L'écriture est limpide, les relations entre Jérôme et sa fille sont bien décrites. Tant le rôle de l'ancien inspecteur de police est important dans l'histoire, tant celui de la cliente Ecossaise m'est apparue superflu. Une lecture pas déplaisante mais il m' a manqué ce "quelque chose" qui me fait vibrer...

En le refermant, je suis restée sur une impression d'inachevé, d'alchimie qui ne s'est pas produite. Un avis mi-figue, mi-raisin...

"Je vais mal, a pensé Jérôme. Je vais comme un homme abandonné. Je vais comme un coureur de marathon qui se fait souffler la victoire à deux cents mètres de l'arrivée."

Merci à Dialogues croisés pour cette lecture en avant-première.

mardi 29 juin 2010

Claudie Hunzinger - Elles vivaient d'espoir


Photo de Thérère Pierre.

Editeur : GRASSET - Date de parution : 25/08/2010 - 246 pages d'un très beau récit

A travers ce livre, on suit l’histoire de deux femmes Emma et Thérèse à partir des années 20. Une histoire d’amour qui a débutée à Nancy quand les deux jeunes femmes préparaient le concours pour enseigner.
Eloignées l’une de l’autre géographiquement, elles s’écrivent, n’aspirent qu’à se retrouver et à vivre leur amour. Emma consigne dans des cahiers leurs correspondances, ses idées et ses pensées. Emma au tempérament gai, découvre des auteurs, s’enthousiasme pour la littérature. Peu avant la guerre, Emma se mariera et se sentira bien seule dans une Alsace partagée. Thérèse, mutée en Bretagne se fait plus discrète, Emma n’apprendra plus tard que son engagement dans un réseau armé en Bretagne. Emma vit mal son mariage et est même distante avec ses enfants. La guerre la plongera dans un isolement et un désarroi plus grand. Arrêtée par la Gestapo le 21 octobre 1943, à Fougères, Thérèse subira des interrogatoires accompagnés de tortures telles qu’elles entraîneront sa mort, le 26 octobre 1943. Thérèse Pierre n’a pas parlé. Ses dernières paroles seront "Ils m'ont tué, mais je n'ai pas parlé".

Emma et Thérèse ont existé et Claudie Hunzinger est la fille d’Emma. Elle s’est inspirée des cahiers de sa mère pour écrire cette histoire, le parcours hors norme de ces deux femmes. Une histoire où l’amour audacieux est retranscrit tout en pudeur. Emma semble plus insouciante que Thérèse, plus discrète, effacée. Parallèlement au récit, l’auteure décrit la montée du nazisme et la guerre qui se profile. Avec la guerre, Emma perdra beaucoup de ses illusions et son mariage n’arrange guère la situation. Deux femmes dont les trajectoires, les espoirs d’émancipation et de liberté seront brisés par la guerre. Dans la dernière partie du livre, Claudie Hunzinger part à la recherche de témoignages afin d’en savoir plus sur Thérèse et sur son engagement durant la seconde Guerre Mondiale.

J’ai aimé ce livre, un premier roman qui aborde des thèmes que j’affectionne. Un hommage à Emma qui a transmis à sa fille le gout la littérature et à Thérèse Pierre, une héroïne qui a donné sa vie pour la résistance en Bretagne. On ne peut être qu’admiratif envers Thérèse.

Un livre émouvant…

Sur Wikipedia et sur les sites de la résistance en Bretagne, vous trouverez plus d’amples informations sur l’engagement de Thérèse Pierre.

samedi 26 juin 2010

Roxana Robinson - Jours toxiques


Editeur : Buchet-Chastel - Date de parution : 02/09/2010 - 582 page très longues...

Julia accueille un été ses parents dans sa maison du Maine. Son père ancien neurochirurgien est imbu de sa personne, pédant, et désagréable, sa mère très gentille commence à montrer des signes d’Alzheimer. Divorcée, Julia s’entend on ne peut mieux avec son ex-mari. Elle apprend par la bouche de son fils ainé Steven que son fils cadet Jack se drogue. Les soupçons sont confirmés et Julia demande à son ex-mari et à Steven de ramener Jack dans le Maine. Tout s’écroule pour Julia quand elle apprend que son fils se drogue à l’héroïne. Elle s’oriente vers Ralp spécialiste de la désintoxication qui suggère une médiation. Elle va mobiliser toute sa famille et même sa sœur avec qui elle ne s’entend guère.

Les non dits, les blessures d’avant vont ressortir mais n’empêcheront pas Jack de continuer à se droguer. La honte, les regrets et la culpabilité seront au centre de l’été de cette famille de la bourgeoisie américaine.

Dans les envois Libfly de la rentrée littéraire, j’ai reçu ce livre concocté d’après une recette précise…

Prenez une histoire qui puisse être adaptée pour faire un film de télé. Délayez au maximum, délayez de tout cœur, rajouter de l’inutile, des longueurs pour obtenir enfin un livre de pratiquement 600 pages.

Certes, ça se lit facilement mais les personnages sont surfaits, l’histoire semble fausse. Les clichés se suivent et défilent au fil des pages.

Aussi, ce roman polyphonique m’a laissée complètement indifférente….

mardi 22 juin 2010

Olivier Adam - Le coeur régulier



Editeur :editions de l'Olivier - date de parution : 19/08/2010 - 232 pages intenses...

Quand j’ai trouvé dans ma boîte aux lettre, le nouveau livre d’Oliver Adam, j’ai effectué une sorte de danse Sioux ponctuée de « ahhhhhh, ohhhhh , génial ! ». J’espère que mon facteur était déjà reparti sur son scooter tonitruant et qu’il ne m’a pas vu dans cet état d’euphorie !

Car Olivier Adam un auteur que j’affectionne particulièrement. Comme je l’ai déjà dit, il décrit des gens à qui la vie fait un pied de nez, des personnes qui n’ont pas une vie linéaire avec en filigrane « tout est beau, tout est rose ».

Pour Sarah tout allait bien : mariée, deux enfants, une vie tranquille et aisée. Mais Nathan le frère dont elle était si proche est mort. Un frère qui a refusé de se couler dans le moule, alternant les périodes sombres, noires et celles où il retrouvait pied. Depuis que Nathan est mort en encastrant sa voiture dans un platane, Sarah se sent incomprise et de plus en plus prisonnière de sa « si parfaite » vie de famille. D’ailleurs, elle est persuadée que cet accident était un suicide. Elle décide de partir sur les traces de Nathan, au Japon, et s’installe dans un petit village connu pour une étrange raison : ce village est en effet le lieu d’élection de tous les candidats au suicide. Un homme, Natsume, arpente les falaises pour les dissuader de commettre l’irréparable. Nathan, avant son accident, prétendait avoir enfin trouvé la paix auprès de lui. Sarah a l’espoir de se rapprocher, une dernière fois, de son frère.

Mais il lui faudra plus qu’un voyage pour se réapproprier son histoire et reconnaître qu’elle s’est dupée elle-même. « Toutes ces années, je m’étais tellement échinée à me perdre, à me fondre dans le décor, à me noyer dans la masse. Je m’étais noyée tout court ».


Il y a d’abord l’écriture d’Olivier Adam, une écriture puissante qui nous submerge. Comme quand l’on se tient debout sur le sable et que l’on se prend des vagues fortes ou déstabilisantes qui nous font vaciller. On se ressaisit en attendant la prochaine plus tempétueuse ou plus calme, nous léchant seulement les mollets.

Il y a l’univers d’Olivier Adam mais dans le cœur régulier, il y a moins de noirceur et Sarah va comprendre qu’elle s’était cantonnée à ce qu’elle voulait voir. Une fois ses œillères enlevées, elle pourra prétendre à être heureuse.
Ntasume est le porte-parole d’une sagesse, d’une philosophie : « personne n’a envie de mourir. Tout le monde veut vivre. Seulement, à certaines périodes de votre vie, ça devient juste impossible ». Il va aider Sarah à ouvrir les yeux. Le Japon joue également un rôle, invitant à la méditation et à se retrouver soi-même.
Sans tout raconter le livre, à travers Sarah, Oliver Adam nous parle du monde du travail tel qu’il est : « si j’ai appris quelque chose du monde du travail, c’est qu’on y tolère mal les faibles, que tout faille doit être camouflée, toute fragilité niée, toute fatigue combattue et oubliée, qu’une part non négligeable de nous-mêmes doit être laissée au vestiaire, comme un costume qu’on renfilerait qu’une fois le soir venu ».

Un livre qui m’a scotchée d’émotions. J’ai lu en apnée totale cette histoire, le cheminement de Sarah, sa révolte et ses remises en question. Pas de pathos ou de mélo… Une fois de plus, j’ai pris en pleine figure des paquets d’émotions. Des vraies et sincères, des violentes ou des belles…

Ce livre traite de la capacité que l'on possède (ou non) à encaisser les coups durs de la vie, et comment on réagit selon sa propre sensibilité...

Un gros coup de cœur et je dis chapeau bas à Olivier Adam pour ce livre!

Je remercie les Editions de L’Olivier pour ce beau cadeau et cette lecture en avant-première.

mercredi 16 juin 2010

Cécile Coulon - Méfiez-vous des enfants sages

Roman de Cécile Coulon. Texte non corrigé à paraître le 28 août 2010.

Imaginez un livre où les narrateurs changent à chaque chapitre, et où de surcroit les relations entre ces différents narrateurs ( voisin, père, mère, sœur, copine) ne sont pas du tout claires. Vous obtenez ce livre qui relate des pans de vie de personnes dans l’Amérique profonde.

A faire travailler mes neurones, j’ai réussi à cerner les personnages (et encore, j’ai des doutes ) : le voisin Eddy ancien toxicomane, une voisine ( ou copine) qui a un œil de verre, une mère désabusée et un père qui ramène des araignées pour son travail à la maison.

J’au lu ce livre dans un brouillard épais. Je suis restée hermétique à cette lecture car je devais revenir aux pages précédentes pour essayer de comprendre qui était qui. J’aurais pu le relire une seconde fois et prendre des notes… mais j’avoue que c’est au niveau de ma volonté !

Vous l’aurez compris, je suis complètement passée à côté de cette lecture en forme de déception…

Merci à Dialogues Croisés et à son opération Rentrée littéraire 2010
pour la découverte de ce livre.

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