Éditeur : Belfond - Date de parution : Octobre 2011 - 472 pages de pur bonheur !
Eté 1911, Londres. Julian, Evangeline, Edward et Victoria Rotherfield ont l’insouciance de la jeunesse dorée . Si Julian en tant qu’aîné a de nombreux devoirs et obligations, son cadet Edward a comme danseuse le jeu et l’aviation. Alors que Victoria s’apprête à faire son entrée dans la haute société anglaise en tant que débutante, sa sœur Evangeline prend part à des réunions de suffragettes dans les quartiers ouvriers. Trois ans plus tard, l'ombre de la première Guerre Mondiale se dessine et va faucher bien plus que des soldats innocents.
Pour commencer, on oublie la couverture qui ne reflète en rien le contenu de cet excellent roman ! Et, je me suis couchée à des heures peu raisonnables tellement j’étais captivée par ce livre ! Aux premiers abords, on pourrait penser qu’il ne va être question que du destin de ces quatre jeunes gens de la haute société anglaise. Et bien non, on y croise toute une jeunesse de l’époque, des Anglais mais également des Français, avec ses espoirs et ses revendications. Autant de personnages que l’on va suivre jusqu’en 1919. Suite au décès de son père, Julian endosse les devoirs qui lui incombent et se marie sans amour. Si Victoria aime les bals, Evangeline préfère militer pour de droit de vote des femmes avec les suffragettes. Arrêtée, elle connaît la prison et la barbarie infligée aux femmes qui refusent de s’alimenter. Edward est le plus fantasque de tous. Il rate de peu de remporter une course d’aviation et par la même occasion de rembourser ses dettes de jeu. La société anglaise édouardienne est à bout de souffle, l’industrie est en plein essor et les femmes veulent l’égalité. En France, la noblesse connait aussi le revers de la médaille. Les personnalités se révèlent au fil des pages de la première partie qui réserve bien des surprises !
Dans la seconde partie, on "vit" les combats de la Somme à côté de ces soldats anglais comme si on y était. On admire ces femmes devenues infirmières pour aider et l'on ressent le désarroi d'une population qui pleure ses fils. L’auteure réussit à faire ressortir l’émotion, la peur, le courage et la prise de conscience d’une guerre qui s'embourbe.
Tenir le lecteur sur presque cinq cent pages est un pari et l'auteure le réussit haut la main ! Non seulement, elle évite trop de rebondissements dans la première partie mais surtout la seconde partie est d’une véracité époustouflante.
Je vous ai juste donné quelques éléments mais il y en a tant que je vous laisse le plaisir de le lire à votre tour !
Theresa Revay nous offre un très, très bon roman historique ! Ce livre est riche, dense, saisissant par les détails avec des personnages crédibles et attachants ( je pense notamment à Jean, le jeune prêtre français ou à May Wharton, une femme journaliste et aviatrice). Des personnages qui sont le portait d’une génération sacrifiée. Alors oui, j’ai vibré et j'ai eu les yeux embués à la lecture de certains passages...
Un vrai et grand bonheur de lecture !
Et ils tombaient les uns après les autres, fauchés comme des épis dans un champ de blé, pulvérisés par les obus, sans comprendre ce qui leur arrivait puisqu'on leur avait garanti que les Allemands seraient morts, sans comprendre comment leurs amis d'enfance, leurs camarades de bureau , meurs cousins et leurs frères succombaient pas dizaines, par milliers sous les rafales des mitrailleuses que les Allemands avaient tirées de leurs abris, ni d'où sortaient les uniformes vert-de-gris recouverts de poussière de craie qui se dressaient à une centaine de mètres et contre lesquels ils venaient se briser vague après vague sous une pluie de balle qui leur arrachaient la tête et fouettaient leur corps. Mais ils continuaient à avancer, ils enjambaient ceux qu'ils aimaient, sans jamais cesser de tomber, épaule contre épaule, et leur sang détrempait la terre de France.