A l'hôpital, la machine qui assure les fonctions vitales de Tahar va
être débranchée sous peu. Lui, l’Algérien arrivé en France à l’âge de quinze ans est
entouré de quatre personnes. Toutes françaises.
Sa femme à l’amour sans bornes, leur fils prisonnier du silence, son un
beau-père qui radote la même prière chrétienne. Et Becker connu au village
alors qu’il était sous les drapeaux.
Tahar va mourir. Plongé dans les limbes de l’inconscience, sa vie lui revient. Par fragments, ordre décousu
d’évènements ou de simples faits. Son pays avec son soleil qui domine le
djebel, les couleurs de la terre, la
classe de l’école où la carte de l’Algérie côtoyait celle de la France, Madame
Bayeux l’institutrice dont la robe
laissait voir la peau laiteuse des bras, zones du corps cachées par les femmes
de son pays, un camarade français qui l’invitait chez lui où tout était si différent, son amie Souad avec qui
il gardait les bêtes. Mais la guerre existe bel et bien même si au village,
elle semble se résumer à la présence des soldats. Elle rattrape l’existence
de Tahar, la bouleverse. Le garçon passe de plus en plus de temps en compagnie des soldats.
Il leur apprend à prononcer sa langue, les
divertit, devient leur mascotte et se prend pour un français. Débarqué en
France, il y aura la promiscuité des
foyers mais aussi les jeunes filles qu’il aimait tant regarder. Toute
sa vie, il aura tout fait pour
paraître français, le plus français possible. L’histoire de Tahar ne se cantonne pas à ses pensées.Sa femme, son beau-père dont la mémoire plie
et déplie la même prière, son ami Becker se souviennent aux-aussi. Leurs voix complètent
le tableau ou l’éclairent d’un autre
point de vue.
Son épouse fermera les yeux sur ses infidélités et respectera son silence sur son passé. Une jeune fille au tempérament fort pour faire accepter à ses parents son mariage avec un Algérien à la fin des années soixante. La mémoire vermoulue du beau-père laisse échapper le choc de la nouvelle et ses premières pensées racistes. Puis comment Tahar l’avait l’impressionné loin des clichés qui circulaient. Becker avait vingt et un ans quand il a connu l’Algérie. Simple appelé sous les drapeaux et une partie de sa jeunesse passée là-bas. Entre soldats, on ne parlait que des attentes meurtrières de la guerre pourtant au bled il ne se passait pas grand-chose. Mais la guerre insidieuse a tracé son sillon. Entre l’Algérie et la France, souvenirs heureux et blessures refont surface. Tahar le raconte sans fard avec cette mise à nu de la vérité qui bouscule. Ce qu’il gardait pour lui est dit par une voix complètement inattendue. Cri qui jaillit, étouffé depuis trop longtemps comme la terre qui attend l’averse.
Son épouse fermera les yeux sur ses infidélités et respectera son silence sur son passé. Une jeune fille au tempérament fort pour faire accepter à ses parents son mariage avec un Algérien à la fin des années soixante. La mémoire vermoulue du beau-père laisse échapper le choc de la nouvelle et ses premières pensées racistes. Puis comment Tahar l’avait l’impressionné loin des clichés qui circulaient. Becker avait vingt et un ans quand il a connu l’Algérie. Simple appelé sous les drapeaux et une partie de sa jeunesse passée là-bas. Entre soldats, on ne parlait que des attentes meurtrières de la guerre pourtant au bled il ne se passait pas grand-chose. Mais la guerre insidieuse a tracé son sillon. Entre l’Algérie et la France, souvenirs heureux et blessures refont surface. Tahar le raconte sans fard avec cette mise à nu de la vérité qui bouscule. Ce qu’il gardait pour lui est dit par une voix complètement inattendue. Cri qui jaillit, étouffé depuis trop longtemps comme la terre qui attend l’averse.
Fabienne Jacob nous dévoile l’Algérie, belle, âpre et éclatante mais aussi ses fils partis pour la France et ce qui les attendaient. L’écriture biseautée tranche, met à vif les sentiments profonds ou souligne la splendeur d’un pays, l’amour sincère. L’auteure interpelle le lecteur, le pousse dans ses retranchements. A travers l'histoire de Tahar, il y a des choix et leurs conséquences, la trahison, la colère ravalée et pire.
Les mots claquent et résonnent longtemps après avoir tourné la dernière page…
Après Corps, Fabienne Jacob signe ici un roman percutant, puissant qui m’a ébranlée !
Ma honte était double, française et arabe. La marque des véritables traites est la double honte, devant ceux qu'ils ont trahis et devant ceux pour qui ils ont trahis.
Le billet d'Anne
Après Corps, Fabienne Jacob signe ici un roman percutant, puissant qui m’a ébranlée !
Ma honte était double, française et arabe. La marque des véritables traites est la double honte, devant ceux qu'ils ont trahis et devant ceux pour qui ils ont trahis.
Le billet d'Anne














































