mardi 10 novembre 2009

Emmanuel CARRERE -"La classe de neige"


Vous vous souviendrez sûrement que la lecture de « D’autres vies que la mienne » avait eu pour effet d’engendrer différentes réaction de ma part. Avec « la classe de neige », je vais vous épargner mes questions métaphysiques.
Je l’ai terminé depuis hier et je suis toujours sous son emprise : sonnée, époustouflée, estomaquée…

Dès que j’ai fait la connaissance de ce p’tit garçon, Nicolas, je n ‘ai plus eu envie de le quitter. Mais, pourquoi une classe de neige peut provoquer de telles peurs, de telles inquiétudes chez un gamin? Comme un mauvais pressentiment, on a la certitude que quelque chose de terrible va se passer : laquelle, et pourquoi ?

Je suis retournée… sidérée par l’histoire et par son rythme, épatée par le style, par cette facilité de l’auteur à nous raconter tout ce qui peut se passer dans la tête d’un enfant.

Une seule certitude : une fois de plus, il va me falloir plusieurs jours pour récupérer.

samedi 7 novembre 2009

SINGING IN THE RAIN

Hier, tout le monde était déjà parti depuis belle lurette quand j’ai réussi à décoller mes paupières. J’ai eu le droit à une nuit de plus de huit heures plongée dans un sommeil artificiel. Une grâce pour moi ! Quand on a pour habitude d’entamer ses journées à l’heure où les fêtards et ceux qui vivent la nuit vont se coucher, un lever tardif se doit d’être considéré comme un fait exceptionnel.

Au début, je me suis sentie désorientée comme perdue dans ce silence. Il faut à chaque fois le ré apprivoiser, cet animal, et surtout ne pas en avoir peur, sinon il peut vous envelopper dans la mélancolie. Heureusement, je me suis secouée et arrachée à cette idée. Ce n‘est pas parce qu’une chape de plomb noirâtre couvrait le ciel que j’allais passer le restant de ma journée à feuilleter mon album souvenirs en soupirant ou à m’inventer des avenirs de bouts de ficelle.

Que nenni. J’ai enfilé mon imper, pris mon parapluie tout nouveau, mon Ipod (sans faire de pub) et me voilà partie. On doit me prendre pour une cinglée ou une illuminée quelconque. Car sous la pluie battante, je suis la seule à attendre aux passages piétons que le petit bonhomme veuille bien devenir vert. Les autres, se dépêchent, font de grandes enjambées dédaignant et se moquant du petit bonhomme rouge. Certains relèvent leur col et lèvent les yeux au ciel pour maudire ce temps. D’autres encore portent à même la tête leur parapluie pour qu’aucune goutte ne s’aventure à les toucher. J’observais tous ces gens en chantonnant. J’ai revisité à ma sauce, la chanson inoubliable « Singing in the rain » de Gene Kelly. Et rien qu’à ce nom, le Broadway enchanteur me venait à l’esprit, Frank Sinatra, Rita Hayworth… et toutes ces comédies musicales devenues un tantinet désuètes.

Que vois-je ? Des personnes âgées, qui elles aussi, bravent et défient le petit bonhomme rouge. Mais c’est quoi ça ? Est-ce que l’âge nous déleste de certaines règles. Et l’exemple, qu’est ce qu’il devient dans tout ça ? Aux oubliettes, à la trappe ?

Absorbée par mes pensées et le quidam, je n’ai pas fait attention au coup de vent matois qui venait chatouiller mes jambes. Sa caresse s’est transformée en un souffle et voilà que mon tout joli parapluie s’est retourné. Il aurait pu reprendre dignement sa fonction, mais non, il s’est transformé en épouvantail tout minable.

Moi qui étais tout gaie, toute contente, j’ai dû me résoudre à continuer mon chemin sans sa bonne protection.

Trempée, les cheveux dégoulinants de pluie, je ne voyais rien (c’est l’inconvénient des lunettes). Je suis rentrée dans un magasin et les vendeuses guindées qui s’ennuyaient ont assisté à mon spectacle. Je me suis ébrouée à la façon des chiens (ce qui a eu pour effet de déclencher des regards torves, des grimaces de la part des vendeuses). Mais, vous le savez, il en faut bien plus pour que je me froisse ou que je me défroisse.

Allez, je continue : I sing…..Singing in the rain , nannnn, nannnn, I sing…Singing in the rain, et la vie est belle.

jeudi 5 novembre 2009

ANNA GAVALDA "L'échappée belle"



L’échappée belle : un cycliste qui se détache du groupe et qui sème les autres coureurs ? Ou alors un cycliste tout simplement heureux, heureux de vivre et d'avaler le bitume sur sa selle.

Sauf que notre homme n’est pas forcément un accro de la petite reine et qu'il n'est pas tout seul. Ils sont quatre en tout, quatre à se faire une échappée belle : Garance, Simon, Lola et Vincent. Une fratrie unie comme les doigts de la main et qui le temps d’un week-end va se retrouver comme avant.

Avec eux, j’ai rigolé, j’ai souri à leurs jeux de mots (façon jespspeekenglishverywell) et à leurs souvenirs d’enfance, d’adolescence qui ont fait ressurgir les miens. Mes cheveux qui sentaient le gel, les tubes interplanétaires de cette époque, les discussions «ouais, quand on sera …» partagées avec la meilleure copine ,l’insouciance, et puis cette envie de grandir mêlée à de l’appréhension.

Un livre est à offrir à votre patron s’il vous voit mettre du stabilo sur vos ongles, à la dame coincée du cinquième qui semble avoir été vieille et sérieuse toute sa vie ou à votre belle-soeur BCBG car au fond vous l'aimez bien.

Un vrai condensé de gaieté pour ne pas oublier la joie de vivre même si l’on est devenu « des grands » avec des responsabilités.

Maintenant, le cœur un peu pincé de nostalgie, j’ai envie de téléphoner à mes sœurs pour trouver et parler encore de ces instants qui datent d’hier. Et puis, je vais montrer la chorégraphie trop, trop top de Bananarama à mes filles.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...