dimanche 24 janvier 2010

Jean Teulé "Mangez-le si vous voulez"



En plein mois d’août 1870, Alain de Monéys, rempli de bonnes attentions, se rend à la foire de Hautefaye un village voisin. Nous sommes dans la région du Périgord mais ce drame aurait pu se passer dans n’importe quelle province de France. La France est en guerre contre la Prusse et elle a déjà essuyé plusieurs défaites. C’est un été de grande sécheresse et l’eau manque pour tous.

Une parole mal comprise sera l’étincelle qui va allumer une vraie poudrière humaine. En moins de deux heures, des villageois gagnés par la folie vont lyncher, torturer, brûler à vif ce jeune homme. Certains iront même à le manger.
Fait véridique et honteux de l’histoire de France, la question est pourquoi, comment des hommes en sont arrivés à commettre cet acte barbare ?

JeanTeulé nous décrit l’abominable, en poussant dans les détails sordides d’une violence infâme. Le lecteur assiste à une escalade de brutalités où Alain de Monéys est une victime innocente. La bêtise humaine, la folie, l’effet de groupe

L’auteur introduit certaines notes « les coups de sabot claquent dans les planches. Il pleut, il pleut Bergère, … », « encore vivant, de Monéys respire fortement avec le bruit d’un soufflet (c’est bien le moment !) » qui m’ont laissée perplexe.

Une lecture, pas déplaisante, mais qui n’est pas un coup de cœur… Du même auteur, j’ai lu « le magasin des suicides » où il manie humour noir, et cynisme d’une main de maître (inutile de vous dire que je me suis régalée !).

« Mangez-le si vous voulez » est un livre voyageur de Leiloona

vendredi 22 janvier 2010

Romain Gary "la vie devant soi"




Difficile de parler d’un livre qui a été décortiqué, analysé et étudié par bien nombre de littéraires.

Alors, je n’en ferais un énième résumé, je vous dirais juste que « La vie devant soi » est une formidable leçon de tolérance, belle et attachante. Un livre où l’on parle d’amour, de solidarité et du droit à mourir dignement. Et même si les expressions de Momo sont malhabiles et qu’elles font sourire, elles n’en sont pas pour autant très touchantes et criantes de vérité.

Le plaisir du papier à lettres

J’ai eu envie de délaisser l’ordinateur, le bruit si impersonnel des touches. On voyage lorsqu’on écrit manuellement, aucune comparaison possible avec le mail.

J’ai pris mon papier à lettres épais pour que le plume du stylo encre glisse dessus, ne s’accroche pas, sous risque de commettre un raté fatal. On réfléchit à sa phrase, à comment on va la formuler. L’erreur est bannie, la possibilité de cliquer sur la souris pour effacer et recommencer n’existe pas dans ce domaine où le stylo est roi. On s’applique pour obtenir une écriture régulière et former des jolies lettres.

Entre deux phrases, on contemple son ouvrage. L’œil sévère, on vérifie sa ponctuation et on se relit à voix haute. On prend le temps de rêvasser, de laisser son esprit vagabonder où bon lui semble. On prend l’audace, la liberté de parler de ce qui nous entoure : la pluie fine qui coule sur la fenêtre, la brume qui a bien du mal à se dissiper. Autant de choses simples du quotidien qui gagnent en beauté sur le papier à lettres.

Arrive le moment d’apposer des mots qui se déclinent sous toutes les formes de l’amour ou de l’amitié. L’enveloppe est fermée mais le plaisir d’avoir passé un joli moment perdure.
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