mardi 30 novembre 2010

Keith Ridgway - Mauvaise pente

Éditeur : 10 x 18 - Date Parution : 19/03/2009 - 378 pages

Irlande, début des années 1990, Grace Quinn ne supporte plus son mari, un homme violent et alcoolique. Quelques années auparavant, son mari a  renversé et  tué une jeune fille au volant de sa voiture alors qu’il était ivre. Depuis il s’adonne encore plus à la boisson.  Grace n’en peut plus de cette vie. Un soir, elle prend les clefs de la voiture et le voit sur la route. Elle accélère sans remords et le tue. Elle ne dit rien à la police, maquille les preuves et décide de partir à Dublin chez son fils Martin. Partir pour recommencer une nouvelle vie, mais est ce possible ?
Je voulais lire un portait de femme  qui me marque et découvrir un nouvel auteur. Mes vœux  ont été exaucés avec ce livre ! Oui, j’ai été comblée ! Déjà, il y a l’histoire principale. Cette femme qui décide sur un coup de tête d’en finir. Grace n’a rien prémédité. Elle  est juste au bout du rouleau.  Elle tue son mari qui la bat et qui boit. Quand son fils Martin vient  pour l’enterrement, elle décide de  partir avec lui à Dublin. Pleine d’illusions, Grace croit que Martin sera content qu’elle quitte la campagne pour la ville. Au début, elle n’éprouve pas de remords mais petit à petit, la culpabilité la gagne.  Elle sait que si elle se confie à quiconque, elle sera arrêtée. Elle tente se rapprocher  de Martin et de lui parler. En vain.  Ce poids sur la conscience l’empêche d’être heureuse. Et l'ombre d’une arrestation est toujours possible si la police enquête. Grace rencontrera des personnes prêtes à l’écouter. On suit le parcours  de Grace et on ressent l’envie de Grace de parler, de se confier. Je me suis prise de sympathie pour elle malgré son acte. Même si elle semble fragile, c’est une femme déterminée qui ira au bout de son chemin. Sans raconter tout le livre, la réaction de son  fils sera surprenante et inattendue. En toile de fond, il y a l’Irlande et ses lois avec une autre histoire inspirée d’un fait réel. Celle d’une jeune fille de 14 ans qui été violée et qui est enceinte de son agresseur.  La loi Irlandaise l’interdit de se faire avorter. L’opinion publique prend part à ce débat et se mobilise.
Un portait de femme d’une richesse étonnante, très bien décrit et desservi par une belle écriture. Que du bonheur…
Les billets de livresque sentinelle et de nourritures spirtuelles et nourritures terrestres.

Et, ce livre me permet de participer au challenge de Kathel !

lundi 29 novembre 2010

Thierry Beinstingel - Retour aux mots sauvages

Éditeur : Fayard - Date de parution : 25/08/2010 - 295 pages

Lui, c'est le nouveau dans l'entreprise. On lui demande de choisir un prénom pour ce métier de téléopérateur. Il a choisi Eric. Répondre au téléphone, déblatérer à ces clients anonymes des questions types. Vendre les nouveaux produits pour atteindre les objectifs. L’ancien électricien est devenu Eric. Il parle  toute la journée pour ne dire que des formules, des phrases préconstruites. Des suicides surviennent dans l’entreprise. L’incompréhension, l’incrédulité cèdent place à des questions de fond. Un jour,  Eric rappelle un client pour lui donner un renseignement. Il téléphone à  un client de son propre gré sans autorisation.

L’écriture singulière de ce livre m’a harponnée. Une écriture qui  donne une force,  un  pouvoir aux mots. Pas de fioriture pour ce livre sur la déshumanisation du monde du travail. Des entreprises où la personne est considérée comme un objet de rendement et perd son identité.
Les mots, Eric en dit à longueur de journées au téléphone. Des mots choisis, pesés par des spécialistes du marketing. Toujours être poli envers le client sans rentrer dans la bulle du  personnel ou de l’intime. Garder ses distances avec le client mais sans le lui montrer. L’allécher par un discours et  lui vendre le nouveau produit. Dans l’entreprise où Eric  travaille, des employés se suicident. Sur d’autres sites ou dans d’autres services.  Il y a les  réactions de l’extérieur : ce n’est pas possible, on ne se suicide pas à cause de son travail. Eric rappelle un client au téléphone, lui rend service. Une façon de ne pas oublier qui il est, de garder son humanité, d’être lui et pas Eric.

Je me suis glissée dans cette histoire en retenant mon souffle. Le malaise et le mal-être sont palpables. Ils nous prennent à la gorge. Saisissants. 

Ce livre a failli être un coup de cœur, je dis  bien failli. J’ai une réserve, une seule concernant l’état de santé du client. Fallait-il qu’il soit paralysé ? Pas forcément, à mon sens, et le livre aurait quand même eu autant de puissance.

Une fois de plus, il m’a fallu du temps pour évacuer toutes les émotions. Une soif d’avoir un bonjour sincère et vrai…  Avec cette lecture, je suis revenue des années en arrière quand je travaillais dans une grande entreprise. La pression, le rendement étaient présents… Des personnes arrêtées pour dépression ou à deux doigts de craquer, également.

Pourtant, en juillet, à Marseille, dans la même torpeur estivale, avec la mer scintillante des calanques, le ciel d’airain comme un couvercle brûlant, tout cela n’avait pas suffi à faire taire le drame qui s’était déroulé et les mots implacables de celui qui avait affirmé : Je me suicide à cause de mon travail. A cause de. Origine, fondement, raison, motif. Retour brutal aux mots sauvages.
Les avis de Cathulu, Aifelle, Antigone et Gwen (merci de me l’avoir expédié !).
Un livre lu grâce à Dialogues Croisés.

samedi 27 novembre 2010

Dans les coulisses du prix RFO....

Jeudi 25 novembre, j’étais invitée à suivre la délibération du prix RFO. Retour dans les coulisses de cette journée pas comme les autres…
Rendez-vous à 12H45 dans un restaurant à l’Odéon. Les membres du jury  présents étaient Laure Adler, Issa Asgarally, Françoise Barret-Ducrocq, Paule Constant, Catherine Humblot , Dany Laferrière, Alain Mabanckou. La délibération ayant lieu à huis clos, nous avons déjeuné dans une salle juste à  côté. 14h30 : le jury a élu au premier tour Mohammed Aïssaoui mais  l’information devait rester confidentielle jusqu’ à 18h30. J’ai pu discuter avec les membres du jury et les féliciter pour leur choix. Car et oui,  l’affaire de l’esclave Furcy était le livre pour lequel j’avais eu un coup de cœur ! Ensuite, j’ai été visité les locaux de France Télévision. Je me suis surprise à rêver de présenter une émission où l’on parlerait des livres lus dans la blogosphère. Puis nous sommes revenus pour la remise du prix à Mohammed Aïssaoui. Champagne, petits fours,… et surtout le privilège de rencontrer Mohammed Aïssaoui et de parler avec lui de son livre. 
Et les photos que vous attendez tous…
Bibi toute à son aise qui discute avec Issa Asgarally et Catherine Humblot


L'annonce du lauréat


Bibi qui discute encore...avec Paule Constant, Dany Laferrière et Françoise Barret-Ducrocq. Vous remarquerez qu'on m'écoutait !
De gauche à droite : bibi  et le jury : Paule Constant, Laure Adler, Dany Lafferière, Françoise Barret-Ducrocq, Alain Mabanckou, Catherine Humblot, Issa Asgarally




Mohammed Aïssaoui ...oui, j'étais émue !

La remise du prix
Une journée merveilleuse et  magnifique !!!!  
Un énorme merci à Ludivine, Kathia et à Sally de France Télévisions !
                                                    
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