jeudi 31 mars 2011

Qui veut aller à la projection privée du film La Pecora Nera ?

Ah ça faisait longtemps que je  n’avais pas fait gagner  des places de ciné ! Cette fois, je vous propose une place valable pour deux afin d'assister à la projection privée du film La Pecora Nera.
Synopsys :
« L’asile est le lieu où se concentrent le plus grand nombre de saints. Saints sont les pauvres fous qui dorment sous des draps chinois, suaires de fabrication industrielle. Sainte est aussi la sœur qui, à coté de la petite lumière qui illumine sa table de chevet, brille comme un ex-voto. Mais le saint des saints c’est le docteur, il est Jésus Christ. »
C’est dans ces termes que Nicola nous raconte ces 35 ans “d’asile électrique”. Dans son cerveau disloqué la réalité et la fiction entrent en collision et génèrent des illuminations imprévisibles. Nicola est né dans les années 60 “les fabuleuses années 60”, et le monde qu’il voit à l’intérieur de l’institut psychiatrique n’est pas très diffèrent de la réalité que vivent les gens à l’extérieur.
Un monde toujours plus vorace, où la seule chose qui semble ne pas pouvoir se consommer, est la peur.  
Le film sortira en France le 20 avril prochain et je vous propose de le voir en avant-première  le 4 avril  à  Paris  ( 20H00 et dans le 8ème ).
A la suite de la projection, vous rencontrerez au tour d’un verre, Ascanio Celestini en personne dans les locaux de la production du film Bellissima Films.
Alors heureux ?
Mais d’abord il faut répondre correctement à quelques petites questions (faciles) :
1°) Que signifie La Pecora Nera ?
2°) Qui est le réalisateur du film ?
Et enfin la question que vous attendez tous impatiemment :
3°) Sur la pochette du dernier  album de Miossec  finistériens, dans quel lieu  mythique brestois les photos ont été prises : le Quartz ou le Vauban  ???
Les réponses sont à envoyer par mail avec vos noms et prénoms, coordonnées avant le samedi 2 avril 20h00.

Annie Ernaux - L'autre fille

Éditeur : NIL - Date de parution : Mars 2011 - 78 pages sincères et touchantes...

La  collection Les affranchis propose aux auteurs d’écrire une lettre. Pas n’importe quelle lettre. Celle qu’ils n’ont jamais écrite.
Annie Ernaux écrit à sœur aînée décédée à l’âge de 6 ans, avant sa naissance. Une sœur dont elle a appris par hasard l’existence. Annie Ernaux est âgée de 10 ans lorsqu'elle surprend une conversation  un soir d’août 1950 entre sa mère et  une cliente. Des mots pesants, lourds de conséquence qu’elle n’aurait pas dû entendre : A la fin, elle dit de toi "elle était plus gentille que celle-là". Celle-là, c'est moi. Et avec cette  écriture sans mots inutiles, Annie Ernaux touche juste.  Qu’y a-t-il derrière gentille ?  Une sœur dont ses parents ne lui ont jamais parlé ni ouvertement ou à demi-mots.  Le poids, la douleur  de la maladie qui emporte un enfant ou celui  de regarder la fille qui « remplace » l’autre.  Sujets tabous pour ses parents. Alors, elle remonte le cours de l’histoire familiale, cherche à comprendre. L'auteure revisite son statut d'enfant d'unique et recolle les fragments des souvenirs. 
Annie Ernaux m’a touchée une fois de plus, j’ai tourné la dernière page  la gorge serrée. Sans fioriture et avec des mots  très justes, délicats, comme elle sait le faire si bien,  elle nous fait cadeau d’une très belle lettre. Récit dont la sincérité, la teneur  m’ont ébranlée…  
Tu n’as d’existence qu’au travers de ton empreinte sur la mienne. T’écrire, ce n’est rien d’autre que faire le tour de ton absence. Décrire l’héritage d’absence.
Les billets de Cathulu et celui de  Laure qui renvoie à d’autres liens.

mercredi 30 mars 2011

Fabienne Juhel - Les bois dormants

Éditeur : Rouergue - Date de parution : Août 2007 - 158 pages très belles...

Extrait de la quatrième couverture :
Depuis toujours, elle s'est perdue. Bébé, ses parents l'oublient dans une fête foraine. Fillette, elle s'égare avec plaisir dans les bois. Trente ans plus tard, à l'hôpital, on la dit perdue. La tumeur, une étoile accrochée à son cerveau, l'a fait basculer dans un univers d'anges et d'ogres. Quelque chose de son enfance lui est revenue. Qu'on lui laisse oublier la rentrée des classes. Elle est partie cueillir des mûres. C'est son dernier été.

Ah, merveilleuse Fabienne Juhel ! Après les hommes sirènes, cette auteure continue de me ravir et de me subjuguer par son écriture. Et si j’ai mis en résumé un extrait de la quatrième de couverture c’est parce qu'il restitue l’ambiance de ce roman. Il dévoile ni trop, ni pas assez mais suffisamment pour susciter le désir de pénétrer dans l’univers ô combien envoûtant de l’auteure.
Oui, envoûtant  car jugez par vous-même  les premières lignes :
Je me suis perdue. Ca devait arriver. Je me perdais souvent, avant.
Une histoire commencée très tôt avant de devenir une habitude. Une humeur aussi. Un petit héritage de famille en somme. Pas grand-chose. Un legs que personne ne vous jalouse. Et qu’on empoche. Pas la peine, pour le coupe, de le formuler dans les clauses testamentaires.

Je peux vous dire que ce livre malgré le sujet triste n’est pas sinistre. Il ne reste qu’un été à vivre à la narratrice. Sa tumeur au cerveau ne lui accorde que quelques mois de sursis. Profiter juste encore du privilège de l’insouciance qu’offre la santé. Mas, ses oublis deviennent fréquents comme on perd le nord, les examens médicaux sont sans appel. Puis le corps se met en sommeil. Indéfiniment. L’esprit vagabonde et les pensées s’échappent. Elles franchissent à pieds joints la frontière du réel et se glissent dans les fables. Des souvenirs épars de l’enfance ressurgissent. L’odeur de l’herbe mouillée, du bol de lait chaud et les trésors de fortune mis au fond de la poche. Mais surtout sa vie de femme et de mère. A l’hôpital, son mari Michel est impuissant face à la prison du coma. Et, elle, elle aurait aimé continuer à raconter des histoires à ses enfants avant de partir définitivement. Le style de Fabienne Juhel caracole avec la poésie, l'onirique, c'est très beau… Une écriture qui porte en apothéose la nature, les fables. Des pistes sont semées, morceaux colorés que l’on retrouvera dans les hommes sirènes.

J’aime et j’ai besoin de ces lectures nourricières où le réel, l’imaginaire s’enlacent pour ne former qu’un. Encore un livre de cette auteure  et je  déclare officiellement que je suis atteinte de Juhelmania !

Le billet de Moustafette
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