vendredi 3 juin 2011

Thomas Raphaël - La vie commence à 20H10

Éditeur : Flammarion- Date de parution : Juin 2011 - 515 pages hautement addictives !

Sophie avance tant bien que mal, d’ailleurs plutôt mal, dans la rédaction de  sa thèse de français. Elle a écrit en parallèle un roman et essuie encore un refus d'une maison d'édition. Son compagnon Marc enseignant à la faculté de Bordeaux 3 tombe un soir par hasard sur une série diffusée à 20h10 : La vie la vraie. Feuilleton que sa nièce adore. Estomaqué par des incohérences en matière d’histoire, il demande à Sophie d’écrire une lettre à la production.  Sauf que Sophie reçoit un réponse de la part de Joyce Verneuil la productrice de la série qui l’invite à la rencontrer. A partir de ce rendez-vous, Sophie est embauchée en tant que coordinatrice pour La vie la vraie. Quelques mois d’un travail bien rémunéré et  Joyce Verneuil transmettra son roman à une maison d’édition. Impossible d’avouer à Marc ce qu’elle fait, elle décide de mentir. Sa thèse et son neveu lui servent de couverture.…
Avertissement : une fois commencé, impossible de lâcher ce livre !
Qui à 23h00 gloussait  alors que son mari essayait de dormir? Qui a sauté un repas pour continuer sa lecture ? Ce livre a développé chez moi  des symptômes hautement addictifs !
Je me suis régalée  avec  cette lecture ! C’est drôle, frais, vif  et surtout le personnage de Sophie est très attachant. Elle est spontanée, se montre inventive. Très vite,  elle avale ses préjugés sur les auteurs qui écrivent des scenarios pour La vie la vraie. Cette série diffusée quotidiennement  à 20H10 est filmée  à Nice ( toute ressemblance avec  une série télé existante est probablement fortuite !) et j’ai découvert cet univers. Pas besoin d’être une adepte du petit écran car  on decouvre en même temps que Sophie  l’envers du décor et son jargon.  Il y bien plus que le monde de la télé : Sophie pense à son avenir, à sa thèse, à son futur métier d’enseignante. Car si elle accepte dans un premier temps ce travail, sa mère a pesé et son compagon ont pesé dans la balance sans le savoir. La directrice de thèse de Sophie est sa mère et celle-ci lui a joué un sale tour pensant d’abord à sa presdigieuse carrière. Marc  se montre quelquefois hautain envers ce qui est nommé "populaire" et il voudrait que Sophie avance plus vite dans sa fameuse thèse. Pour leur prouver ce qu'elle vaut, Sophie accepte l'offre de Joyce. Comment concilier une double vie entre Bordeaux et Paris ? Marc pense qu'elle étudie à la bibliothèque pour ses recherches mais la production d'une série demande beaucoup de temps.  Je n'en dis pas plus!
Un premier roman maîtrisé, une écriture limpide sans fioriture et aucun temps mort  sur les 500 pages !  Les rebondissements tout à faits plausibles s'enchaînent  à toute vitesse. Je vais titiller juste sur la fin de l'histoire.. mais c'est  tout !
Une lecture plaisir, alors pourquoi s’en priver ?

jeudi 2 juin 2011

A voté !

Le 5 juin est le dernier délai pour voter.  J'en profite pour faire  un bilan de cette 9ème édition du prix des lecteurs du Télégramme.


Petit rappel de la sélection :
Le dernier roi d'Angkor Jean-Luc Coatalem (Grasset) 
Les femmes du braconnier Claude Pujade-Renaud (Actes Sud) 
Le cul des anges Benjamin Legrand (Seuil ) 
Une douce flamme Philipp Kerr (Masque) 
Les poissons ne connaissent pas l'adultère Carl Aderhold (Lattès) 
Entre ciel et terre John Kalman Stefansson (Gallimard) 
Le retour de Jim Lamar Lionel Salaün (Liana Levi) 
Jon l'islandais Bruno d'Halluin (Gaïa) 
Les rillettes de Proust Thierry Maugenest (JBZ et Cie) 
Le sang et la mer Gary Victor (Vents d'ailleurs) 


Depuis, j'ai lu Le dernier roi d'Angkor de Jean-Luc Coatalem, billet à venir prochainement. Une lecture sans plus...  Et j'ai abandonné Une douce flamme de Philipp Kerr. Malgré le contexte de l'histoire, je n'ai pas accroché. Je voulais lire Les femmes du braconnier de Claude Pujade-Renaud mais la biblio a "omis" de me le réserver. Pour la petite histoire,  le jour où j'y suis allée pour l'emprunter , le livre s'était volatilisé. A la biblio, on  m'a confirmée  : "ne vous inquiétez pas, dès qu'on le retrouve, on vous envoie un mail". La semaine dernière  n'ayant toujours de nouvelles, je retourne à la biblio. Et là, mauvaise surprise : "il est déjà emprunté". Et ma réservation? Aux oubliettes ! 


La solidarité entre blogueuses a fonctionné une fois de plus ! Griotte et Fransoaz m'ont prêtée des livres, merci à elles! 
Un bilan mitigé car je n'ai pas pu lire Les femmes du braconnier. 


Ca y est, j'ai voté ... pour Entre ciel et terre qui a été un énorme coup de cœur ! 

mercredi 1 juin 2011

Meaghan Delahunt - Le livre rouge

Éditeur : Métailié - Date de parution : Avril 2011 - 281 pages qui laissent sans voix...

Il s’agit d’une lecture qui ne m’a pas laissée indemne et dont je suis ressortie différente … Il faut prendre son temps pour coller au plus près de tout ce qui est dit et de ce qui perle à travers les lignes. Ne pas se presser,  relire certains passages parce qu’ils sont riches de sens ou nous amènent à la réflexion.

Un récit polyphonique où trois personnages se croisent en Inde. Françoise, d’origine Australienne, capte les pensées et les émotions par l’objectif de son appareil photo et les fait ressurgir sur des photos en noir et blanc. Elle est venue dans ce pays pour des recherches sur la catastrophe de Bhopal. Vingt années se sont écoulées depuis que le gaz échappé de l’usine Union Carbide a enveloppé de la mort des milliers d’habitants. Naga, d’origine tibétaine a perdu sa famille dans l’accident, ancien domestique au service d’un riche couple Indien. Et enfin, Arkay venu d’Ecosse, se réfugie dans le bouddhisme et tente de fuir l’alcool. Trois personnages avec un passé, des questions et la recherche du sens de la vie.

Une immersion dans l’Inde avec des allers-retours entre passé et présent de chacun des trois personnages. Au fil des pages, on découvre chacune des histoires avec toujours en toile de fond la catastrophe de Bhopal. Mon regard d’occidentale s’est calqué sur celui de Françoise et j’ai été bousculée, interpellée. Arkay vit avec le spectre d’être un alcoolique comme l’était son père. Pourtant, l’alcool est son compagnon le plus fidèle. Il pense revivre grâce au bouddhisme et décide de se faire moine. Un refuge où il tente d’étouffer son désespoir et sa peur. Et enfin, Naga lui qui a vécu au plus près la tragédie et ses conséquences. L’écriture est limpide, sensorielle et belle. Sans être moralisateur, ce livre nous amène à réfléchir par des personnages terriblement humains sur une vision de deux mondes et de nous même.

Une lecture forte, enrichissante qui m’a beaucoup apportée ! Laissez-vous embarquer…


En 1984, mon grand-père et moi avions donner pour une œuvre caritative. J'avais été émue de cette façon particulière dont seuls les Occidentaux peuvent être émus,submergée par un vague sentiment de culpabilité par procuration.

 
Les billets d'Aifelle ( merci!!!), Cathulu, Dominique, Keiska et Soukee
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