jeudi 4 août 2011

Tracy Chevalier - Prodigieuses créatures

Éditeur : Gallimard - Date de parution : Juin 2011 - 419 pages

Début du XIXème siècle, les trois sœurs Philpot quittent Londres et aménagent à Lyme Regis dans le Dorset. Habituées à un certain confort, leur vie change dans cette petite ville battue par les vents au bord des falaises. Elizabeth l’aînée se prend de passion pour des fossiles de coquillages trouvés sur la plage. Elle rencontre Mary  Anning, une enfant sans aucune instruction mais qui possède de nombreuses connaissances pratiques sur le sujet. Ces fossiles seront le début d’une amitié entre ces deux femmes et d'une révolution dans l’histoire scientifique.
Mary Anning a réellement existé et fut une pionnière en  paléontologie.  Grâce à la découverte de ses fossiles, la communauté scientifique a admis l’extinction de certaines espèces animales. Tracy Chevalier a romancé la vie de cette jeune fille issue d’un milieu très modeste. Mais revenons à ce début du XIXème siècle, Elizabeth Philpot et ses sœurs ont quitté Londres après le mariage de leur frère. Elizabeth est l’aînée et elle sait pertinemment qu’elle terminera vieille fille (même si elle n’a que trente ans). Elle et ses sœurs ont une pension annuelle insuffisante pour mener la grande vie ou pour intéresser des potentiels époux. Toutefois, Elizabeth espère que Margareth, la cadette, trouvera un mari. De sa rencontre avec Mary Anning , une amitié basée sur une passion commune voit le jour.  Elles passent de nombreuses heures par tout temps à chercher des fossiles.  Si Elizabeth est cultivée , Mary ne possède aucune instruction. Elizabeth peut se montrer acerbe, aigrie. Sa sondition de femme, les convenances à respecter l'étouffent. Mary lui insuffle un vent de liberté et une soif d’apprendre. Au début, j'ai trouvé Mary un peu trop gentille, trop effacée. Son père décédé, elle doit aider sa mère à faire face à la misère qui les guette.   Au fil des années, elle gagnera en confiance et n'aura pas peur de défendre ses opinions face à une communauté scientifique masculine peu ouverte.  Même si l'amour pour un même homme rongera leur amitié,  Elizabeth soutiendra Mary lorsque cette dernière devra prouver la véracité de ses découvertes.
Alors oui, j’ai aimé ce roman !  J’ai aimé passer du temps en compagnie de ces deux femmes sur les plages de Lyme Regis à la recherche de fossiles. Deux femmes de condition différente qui œuvreront  ensemble pour un même but. Après cette lecture et la jeune fille à la perle, je suis vraiment enchantée par cette auteure !
 Il y aura toujours d'autres spécimens à découvrir et à étudier, car, comme les êtres humains, chaque fossile est unique.

mardi 2 août 2011

Erica Bauermeister - L'école des saveurs

Éditeur : Le Livre de Poche - Date de parution : Mai 2011 - 250 pages


Enfant, Lillian, s'est promise de redonner le goût de vivre à sa mère grâce à la saveur de la cuisine. Des années plus tard, elle ouvre un restaurant et donne des cours de cuisine.


Fifille Ado a aimé ce livre et me l'a mis entre les mains. Et il est vrai qu'il est savoureux ! Odeurs, épices, alchimie des aliments où la cuisine permet à chacun des élèves d'apprendre bien plus que des recettes. Des élèves comme vous ou moi, venus un peu par hasard ou avec une volonté d'acquérir des connaissances en matière culinaire. Lillian perçoit les blessures ou les faiblesses de ses élèves et la cuisine devient alors catalyseur d'émotions, tremplin pour l'avenir ou liant de l'amour.  Et ce sont autant de autant de portraits brossés avec une écriture limpide. Les papilles savourent le goût de la tomate, le lecteur hume les parfums. Chacun des personnages est attachant par son histoire.


Les papilles sont en éveil et je me suis  laissée envelopper par la douceur de ce livre. J'ai terminé ce livre avec l'envie de me mettre aux fourneaux ( alors que je m'étais lassée de la préparation des repas depuis des années... c'est pour dire!). Une forme de magie opère qui n'est pas sans rappeler Chocolat amer de Laura Esquivel. Une lecture qui fait du bien et qui met en avant le pouvoir des sens et où l'on (re)découvre le plaisir de la cuisine.


Les billets d'IsaLalouLiliwenn, Lucie

lundi 1 août 2011

Anne Cassidy - L'affaire Jennifer Jones

Éditeur : Milan ( collection Macadam) - Date de parution : 2006 - 313 pages

Alice Tully, dix-sept ans, s’intéresse de très près à un meurtre commis un peu plus de six ans auparavant. Une fillette âgée de dix ans avait tué une autre petite fille.  Alice est serveuse. Elle a réussi l’examen pour intégrer la Fac l’année suivante. Elle vit chez Rosie, une assistante sociale. Depuis quelques mois, les journaux reparlent de l’affaire Jennifer Jones car cette dernière va être libérée. Alice découpe tous les articles de presse,  les garde précieusement. Mais pourquoi me direz-vous?
En fouinant au rayon ados de la bibliothèque, j’ai pris ce livre un peu par hasard. Et le hasard a bien fait les choses ! Très bien construit, ce livre déroule la vie actuelle d’Alice. Une vie presque normale avec un petit ami et des études en vue. Première surprise : j’étais loin, très loin de m’imaginer qu’Alice était Jennifer Jones (en plus, ce n’est pas mentionné dans la quatrième de couverture et hop, un bon point). Et à partir de ce moment, je n’ai pas décroché de ma lecture ! Un détective privé recherche Jennifer Jones car elle va bientôt bénéficier d‘une libération conditionnelle. Tout le monde ignore qu'elle est déjà sortie de  prison depuis six mois.  Six ans auparavant, cette affaire avait enflammé l’opinion publique. Maintenant,  les médias veulent pouvoir livrer des scoops sur ce qu'est devenue l'ancienne meutrière. Alternant présent et passé, on découvre petit à petit « l’ancienne » vie d’Alice. Une mère à ses débuts mannequin et  souvent absente, le manque d'argent presque permanent et Jennifer qui essaie malgré tout de garder la tête hors de l'eau. La tension va en grandissant car on apprend pratiquement vers la fin du livre le comment et le pourquoi du meurtre. Jennifer (ou Alice) est surtout une jeune fille rongée par les remords et la peur. Une jeune fille qui a passé plus de cinq ans en prison.

Sans prendre parti, sans chercher à déculpabiliser son personnage et surtout en évitant toute forme de pathos, Anne Cassidy nous livre le portrait d’une jeune fille en fuite permanente. Un très bon livre dont l’écriture n’a rien à envier à un roman adulte !
Le billet d'Ys

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