lundi 8 août 2011

Le plan H... ou la rencontre bloguesque à Huelgoat

Ben oui, depuis vendredi, je n’ai rien publié sur mon blog. Mais comment  ou pourquoi s’exclameront certains  (encore que je n’en sois pas sois si sûre. Pour le moment, il n’existe toujours pas de Bureau de Contrôle de Publication de Billets qui demande du rendement …ouf). Hier, avait lieu le plan H ou la rencontre bloguesque à Huelgoat organisée par Gwen.  Que des bretonnes me direz-vous ? Même pas ! Keisha, Lucie et Mirontaine étaient même présentes ! D’ailleurs, j’ai le plaisir d’avoir pendant quelques jours Keisha à la maison. Donc,  on papote d’où pas de blog.
Pour en revenir à hier, ce fut une journée géniale. Après un petit tour à Poullaouën, Keisha et moi somme arrivés ponctuellement avec un peu de retard au lieu de rendez-vous. Les ventres affamés criant famine, hop, pique-nique puis ballade dans la forêt d’Huelgoat. Avec tout ce que nous avons mangé, il fallait bien éliminer un peu … Puis rien de tel qu’une boisson chaude dans un café-librairie où nous avons encore discuté (oui, encore, je sais !).Quelqu’un a lancé que mon chanteur chouchou chantait faux ( qui d'ailleurs sort un nouvel album en septembre ). Il s’en est fallu de peu que je m’étrangle en avalant mon café. Non mais ! J’ai donc défendu avec fougue modération Miossec. J’ai entendu des  perles (n’est ce pas Canel), il y a eu un scoop : une lectrice va d’ici peu ouvrir un blog (oui,  Mireille, je parle bien de toi !).
Quel bonheur de revoir Fransoaz et Canel ! Les bretonnes en vacances, l’exilée parisienne ( Griotte revient, s’il te plait !!!) et notre Yvon national nous ont manqués. Et j’ai enfin pu rencontrer Lucie, Mirontaine, Emilie,  Moustafette, Orchidée .
Sur la photo (piquée chez Canel) et en désordre : Lucie, Moustafette, Mireille, Mirontaine, Emilie,  Orchidée, Keisha, Fransoaz et bibi...

vendredi 5 août 2011

Ange déchu

Nouvelle session des plumes de l'été chez Asphodèle. La récolte des mots a donné : élixir – estival – évanescent(e) – émeraude – évanoui(e) – étincelle -élégie – écrevisse – éléphant – excédé(e) – éventail – étreinte – eucalyptus.
J’ai décidé de continuer sur les vies de nuit  (avec un changement dans la narration).
Décliner des tranches de vies de personnes qui peuvent se croiser ou non au hasard de la nuit. Se croiser, observer, apercevoir, imaginer…
Rendez-vous demain pour lire tous le textes ! 
Anne tousse encore, les bronches encombrées depuis plus d’une semaine. Les yeux rivés sur le radio réveil, elle compte les minutes, cherche à capter cet instant évanescent où le chiffre change. Pour ne pas déranger son mari, elle se lève. La main devant la bouche pour étouffer le bruit sourd coincé dans sa gorge, elle va jusque dans la salle de bains. Elle ouvre le placard à pharmacie . Entre les pansements et les désinfectants, elle trouve un pot de pommade à base d’eucalyptus. Elle soulève le couvercle, enlève sa chemise de nuit et  applique par massage la pommade. Elle rejoint la chambre à coucher et se colle à son mari. Instinctivement, il l’encercle d’un bras. Cette simple étreinte lui procure du réconfort alors qu’elle tente d’étouffer discrètement une nouvelle quinte de toux. Les minutes s’égrènent mais Anne ne dort toujours pas. Elle pense à sa fille Virginie qui passe la nuit chez son amie.
Quelques rues plus loin, Quentin, seize ans  vient d’aller boire un verre avec d’autres amis dont Alex. Ils se connaissent depuis a peine six mois. Alex est nouveau au lycée. La période estivale qui approche leur laisse plus de temps. A la sortie du bar, ils prennent le même chemin.  Alors qu’un silence s’installe, Alex lui pose la main sur l’épaule. Tous deux s’arrêtent. "Ca te dirait de finir la soirée en beauté?" lui demande Alex. Quentin ne réagit pas ou ne comprend pas ce qu’il entend par là.  Un sourire fier au bord des lèvres,  des étincelles dans les yeux, Alex continue : "mes parents ne sont pas là ce soir. Ca te dirait un peu de poudre ? Et je t’assure que c’est pas une merde ou un truc à te faire voir des éléphants. Alors, tu es partant ?" Quentin a du mal à dissimuler sa surprise.  C’est la première fois qu’on lui fait cette proposition. Il a déjà fumé des joints mais il n’a jamais touché à ça.
A l’entrée d’une boîte de nuit, Virginie s’impatiente. Elle attend Alex depuis une demi-heure. Excédée, elle essaie à nouveau de le joindre sur son portable. Elle tombe à nouveau sur son répondeur. Ses SMS restent sans réponse. Pourtant, il lui avait promis d’être à l’heure. Ils sortent ensemble depuis trois mois et ce n’est pas la première fois qu’il lui fait faux bon au dernier moment. Elle a refusé l’invitation de sa meilleure amie pour accompagner Alex dans cette boîte branchée. Si il ne vient  pas, elle ne sait pas ce qu’elle va faire. Ses parents la croient chez son amie pour la nuit. Une femme vêtue d’une robe écrevisse la bouscule et s'écrie :  "Oh,  pardon, ma chérie". Sa voix rauque est pâteuse, chargée l’alcool. Elle tient à la main  un éventail dont elle sert pour cacher son visage. Seuls ses yeux verts émeraude dépassent du pan plissé.
Dina a trop bu. Plus que d’habitude. L’alcool est son élixir, un trompe-œil efficace. Elle doit se reprendre pour assurer son show. Le dernier de sa carrière. En passant devant le bar, elle a essuyé quelques remarques. Ce soir, elle les a vraiment entendus : "oh, tu as vu mais c’est un travesti". "Eh, regarde un peu le mec déguisé en gonzesse". A même pas trente-cinq ans,  sa vie est déjà sans lendemain.  Trop vieille pour ce métier où l’apparence et l’illusion ne font qu’une. Dina l’oiseau de nuit s’appelle  Mario sur ses papiers d’identité. Depuis toujours, Mario s’est senti  femme prisonnière d’un corps masculin.  La porte de sa loge s’ouvre : "c’est à toi dans dix minutes".
Si on continuait à suivre ces personnages jusqu’au petit matin, on en apprendrait davantage. L’état d’Anne va empirer. Son mari appeler un médecin. Quentin ira chez Alex en se disant  juste une fois , une seule. Virginie attendra encore et se mettra à pleurer. Elle finira par rentrer chez elle,  pensant ses parents endormis. Quand elle verra l’ambulance du SAMU garée dans la rue et la fenêtre du salon éclairée, elle criera de panique. Dans sa loge, Dina avalera une rasade  de whisky. Incapable de monter sur scène, elle sera insultée copieusement par son patron. Ange déchu à tout jamais.
Ou alors… Anne va enfin  réussir à trouver le sommeil. Au réveil sa toux se sera évanouie, envolée. Quentin refusera  la proposition d’Alex au risque de passer pour un ringard. Et, Alex rejoindra Virginie. Pour se faire pardonner de son retard, il l’invitera à passer la nuit chez lui. Dina cherchera dans la salle son prince charmant. Elle se l’invente chaque soir, un homme élégant qui lui murmurerait des élégies rien que pour elle. Elle terminera son spectacle le cœur serré et la tête remplie de rêves pour l'avenir.

jeudi 4 août 2011

Tracy Chevalier - Prodigieuses créatures

Éditeur : Gallimard - Date de parution : Juin 2011 - 419 pages

Début du XIXème siècle, les trois sœurs Philpot quittent Londres et aménagent à Lyme Regis dans le Dorset. Habituées à un certain confort, leur vie change dans cette petite ville battue par les vents au bord des falaises. Elizabeth l’aînée se prend de passion pour des fossiles de coquillages trouvés sur la plage. Elle rencontre Mary  Anning, une enfant sans aucune instruction mais qui possède de nombreuses connaissances pratiques sur le sujet. Ces fossiles seront le début d’une amitié entre ces deux femmes et d'une révolution dans l’histoire scientifique.
Mary Anning a réellement existé et fut une pionnière en  paléontologie.  Grâce à la découverte de ses fossiles, la communauté scientifique a admis l’extinction de certaines espèces animales. Tracy Chevalier a romancé la vie de cette jeune fille issue d’un milieu très modeste. Mais revenons à ce début du XIXème siècle, Elizabeth Philpot et ses sœurs ont quitté Londres après le mariage de leur frère. Elizabeth est l’aînée et elle sait pertinemment qu’elle terminera vieille fille (même si elle n’a que trente ans). Elle et ses sœurs ont une pension annuelle insuffisante pour mener la grande vie ou pour intéresser des potentiels époux. Toutefois, Elizabeth espère que Margareth, la cadette, trouvera un mari. De sa rencontre avec Mary Anning , une amitié basée sur une passion commune voit le jour.  Elles passent de nombreuses heures par tout temps à chercher des fossiles.  Si Elizabeth est cultivée , Mary ne possède aucune instruction. Elizabeth peut se montrer acerbe, aigrie. Sa sondition de femme, les convenances à respecter l'étouffent. Mary lui insuffle un vent de liberté et une soif d’apprendre. Au début, j'ai trouvé Mary un peu trop gentille, trop effacée. Son père décédé, elle doit aider sa mère à faire face à la misère qui les guette.   Au fil des années, elle gagnera en confiance et n'aura pas peur de défendre ses opinions face à une communauté scientifique masculine peu ouverte.  Même si l'amour pour un même homme rongera leur amitié,  Elizabeth soutiendra Mary lorsque cette dernière devra prouver la véracité de ses découvertes.
Alors oui, j’ai aimé ce roman !  J’ai aimé passer du temps en compagnie de ces deux femmes sur les plages de Lyme Regis à la recherche de fossiles. Deux femmes de condition différente qui œuvreront  ensemble pour un même but. Après cette lecture et la jeune fille à la perle, je suis vraiment enchantée par cette auteure !
 Il y aura toujours d'autres spécimens à découvrir et à étudier, car, comme les êtres humains, chaque fossile est unique.
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