mercredi 30 novembre 2011

Annie Ernaux - Ecrire la vie

Éditeur : Gallimard - Date de parution : Octobre 2011 - 1084 pages et un indispensable !

Non pas ma vie, ni sa vie, ni même une vie. La vie, avec ses contenus qui sont les mêmes pour tous mais que l’on éprouve de façon individuelle : le corps, l’éducation, l’appartenance et la condition sexuelles, la trajectoire sociale, l’existence des autres, la maladie, le deuil. Par-dessus tout, la vie telle que le temps et l’Histoire ne cessent de la changer, la détruite et la renouveler. Je n’ai pas cherché à m’écrire, à faire œuvre de ma vie : je me suis servie d’elle, des évènements, généralement ordinaires, qui l’ont traversé, des situations,  et des sentiments qu’il m’a été donné de connaître, comme d’une matière à explorer pour saisir et mettre au jour quelque chose de l’ordre d’une vérité sensible.

Ces phrases sont extraites de la préface ô combien magnifique où Annie Ernaux  présente cette anthologie qui regroupe les armoires vides, la honte, l’événement, la femme gelée, la place, journal du dehors, une femme, je ne suis pas sortie de ma nuit, passion simple, se perdre, l’occupation et les années.Si Ecrire la vie reprend une partie des livres de l'auteure déjà parus, il est  enrichi de photos personnelles et d’extraits du journal intime d’Annie Ernaux. 
Depuis l’âge de seize ans, elle n’a jamais cessé d’écrire. La fille de l’épicerie-café d’Yvetot en Normandie  devenue professeur  a toujours cherché par l’écriture à dénouer ses sentiments vis-à-vis de ses parents et principalement de sa mère. A travers sa vie,  il s’agit des chroniques sociales de notre pays et  de ses changements sur plus de quarante ans. Ses livres sont devenus une part de notre mémoire collective. Des écrits à portée universelle s'inscrivant dans notre patrimoine à tous  et qui reflètent toujours avec justesse les sentiments de cette femme. 

Alors qu’elle était  étudiante elle se fera avorter illégalement en 1963, mariée et mère de famille, elle divorcera et connaitra des aventures  purement charnelles. Elle s’occupera de sa mère atteinte d’Alzheimer, cette mère qui pouvait se montrer dure puis l’instant d’après débordante d’amour. Avec Journal du dehors écrit sur plusieurs années, elle observe :  Il ne s’agit pas d’un reportage, ni d’une quête de sociologie urbaine, mais d’une tentative d’atteindre la réalité d’une époque, - cette modernité dont une ville nouvelle donne le sentiment aigu sans qu’on puisse la définir - au travers d’une collection d’instantanés de la vie quotidienne collective. C’est, je crois , dans la façon de regarder aux caisse la contenu de son Caddie, dans les mots qu’on prononce pour demander un bifteck ou apprécier un tableau, que se lisent les désirs et les frustrations, les inégalités socioculturelles.

J’ai été bouleversée. J’ai pleuré, je le redis. De rage et  de honte.  Une génération me sépare de celle qui su décrire ce que j’ai pu ressentir à l’égard de mes parents  et  celle qui a retracé une partie de mon vécu. Si certains de ses livres sont pour  moi des boomerangs, l’ensemble est une œuvre à portée universelle, déchirante par la précision  de l’écriture. La condition des femmes à travers le parcours d’Annie Ernaux y est inscrite en filigrane.  Jamais  elle  ne s’est endormie sur ses lauriers ou ses acquis, sans cesse, elle continue d’explorer  son rapport à l’écriture. Admirable (et un indispensable pour la fan que je suis!).

mardi 29 novembre 2011

Etape 3 - Déshabillez-moi !

Quelquefois, je ferais mieux de tourner sept fois mes petits doigts avant de taper sur mon clavier d’amour. Comme les candidates à l’élection de Miss France, je fais donc mon show final. A cette occasion, de grands couturiers m’ont confectionné une tenue sur mesure dans des tissus nobles.



Pantalon ZARA à 25 Euros, écharpe Burton achetée l’année dernière en solde (qui commence sérieusement à faire des pouloutes) et un gilet C&A à 22 euros.
Voilà pour le défilé …

Passons à la photo que vous attendez tous/toutes !!
Amateur de chair fraîche et ferme (ou avariée), de mollets galbés et de jambes fuselées, j’ai une pensée pour vous !


Vous pouvez admirer mon sublime bonnet de bain et mes lunettes.Le reste de mon corps de sirène est  visible à la piscine...

Alors, qu'est ce qu'on dit ? Le ridicule ne tue toujours pas...Ouf!
Pour me soutenir, c'est ici  (on vote tous les jours  jusqu'au  vendredi 2 décembre inclus)

lundi 28 novembre 2011

Shaïne Cassim - Je ne suis pas Eugénie Grandet

Éditeur : l'École des loisirs - Date de parution : Octobre 2011 - 182 pages


Alice étouffe. Cette adolescente a peur de rater sa vie face à une sœur  fantaisiste et à l’absence de sa mère partie quand elle avait neuf ans.  En se rendant à une exposition de l'artiste Louise Bourgois sur Eugénie Grandet, Alice en proie à une crise de panique réalise qu’il est temps pour elle d’affronter ses démons.

Dès les premières pages, j’ai su que cette histoire allait me toucher. Forcément même si ça n’a pas été immédiat. Alice se définit elle-même comme une digue, un rempart contre  les émotions excessives de sa sœur. Bien qu'adolescente, elle a l’impression de vivre dans l’ombre de sa sœur aînée Anne-Louise et de devoir veiller sur elle. Anne-Louise partage la passion et la vie de Max qui met en scène la Cerisaie de Tchekhov. Même si elle n’a pas terminé le livre de Balzac, Alice a une peur  viscérale de rater sa vie. De se dessécher  comme Eugénie Grandet. Sans compter le poids de l’absence de la mère et la certitude de passer à côté de sa propre vie même si cette dernière est devant  elle. Au lieu de fuir ou de s’enfermer sur elle-même, Alice va avoir le courage de relever la tête.

Même si ce livre n’est pas parfait,  il mérite qu’on s’y attarde. Bonus : l’art y trouve sa place aisément et naturellement. L’écriture de Shaïne Cassim est belle et sensible, un roman ado très loin de la guimauve !

On ne peut pas toujours être au premier rang de la vie des autres, vois-tu. On a sa propre vie à mener et ce n'est pas facile d'être soi.

Les billets d’A bride abattue, Cathulu ( j’ai mis le même extrait qu’elle..oups ! mais, les paroles du père mériteraient d'être intégralement recopiées dans ce passage), Fantasia

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