lundi 5 décembre 2011

James Siegel - Storyteller

Éditeur : le Cherche Midi- Date de parution : Novembre 2011 - 463 pages qui défilent vite !

Tom Valle est journaliste pour un quotidien local à Littleton, une petite ville tranquille  de Californie. Tout journaliste rêve  un jour de faire les gros titres ou de couvrir l’affaire  du moment. Si Tom Valle a été sous  le feu des projecteurs pour ses articles sensationnels, ses mensonges ont provoqué un gros scandale.

Récemment à la question lisez-vous de tout, j’avais répondu que je lisais peu de policiers et de thrillers. Entre les flics rongés jusqu’à l’os par l’alcool ou l’hémoglobine à chaque page, je préfère passer mon chemin. Storyteller fait partie d’une autre  catégorie, celle où l’auteur ferre  son lecteur par une narration et un suspense qu’il installe à petites doses.  Suite à un accident de la route qui a coûté la vie à une personne, Tom Valle flaire  que quelque chose ne tourne par rond. Sauf que personne ne prête plus aucun crédit  à ses propos. Et à Littleton, plus il  affirme être sur une enquête sérieuse et plus il se retrouve face à un mur. Et comme par hasard, en coulisses, la mise en scène de ses propres mensonges fait partie du scénario…
James Siegel pose beaucoup de questions à travers Tom Valle et forcément, on a très envie de connaître les réponses.  Une question en entraîne une autre, des éléments s’ajoutent, sèment le trouble ou le doute.

Et  j’ai tourné  de plus en plus vite les pages (à partir de la deux centième page environ, prévoir que la cadence s’accélère pour l'index et le pouce)!  Je vais pinailler un peu sur l’écriture de l’auteur qui s’encombre de quelques digressions, histoire de noyer peut-être son lecteur ...
Mais il n’empêche que je n’y ai vu que du feu !  Comme pour un bon tour de magie où l’on reste ébahi  la bouche entrouverte (en mode poisson privé d’oxygène). 

Le mensonge comme palliatif, un élixir, une béquille. Le mensonge comme un tapis bon marché et une prostituée à mille dollars. Le mensonge comme modus operandi.
(NB :  si cet extrait vous parle...  euh, et bien vous êtes un accro du mensonge)

Le billet de Cuné qui renvoie à d’autres liens et celui de Keisha tout frais de ce matin.

samedi 3 décembre 2011

Ahmed Kalouaz - Une étoile aux cheveux noirs

Éditeur : Le Rouergue - Date de parution : Novembre 2011 - 108 pages magnifiques!

Un homme part de Brignogan en Bretagne sur la vieille mobylette de son père pour rejoindre le sud de la France. Un fils qui part revoir sa mère âgée de quatre-vingt quatre ans. Ce voyage est l’occasion de revenir sur ses souvenirs d’enfance brunie par les tâches du racisme, du poids de la différence de ses parents venus d’Algérie.

Dans avec tes mains, Ahmed Kalouaz nous parlait de son père. Ici, tout en pudeur et en délicatesse, il revient sur celle qui lui a donné la vie. Si les odeurs de miel nous chatouillent les narines, elles n’occultent en rien les difficultés d’intégration de ses parents dans la France des années 1950. Si le  pays  avait besoin des bras de son père, il rejetait  leur couleur de peau. Avec une écriture poétique, il  décrit les souffrances de cette mère. Bien qu'elle ne sache pas lire notre langue, elle ne se laissait pas pour autant marcher sur les pieds. Une femme fière d’avoir su élever dignement ses enfants  et qui s’est tournée vers la religion une fois devenue seule. Ce livre est dans la continuité d’Avec tes mains, l’amour pour la mère se trouve dans chaque mot, dans chaque phrase. Cet amour couplé au respect confère à ce livre une intensité rare teintée d’humilité. Merveilleux.

Tu as fait longtemps partie de cette communauté de femmes affublées de leur tablier blanc et qui ont enduré les lessives, debout devant les bassins d’eau froide, pour rincer encore et encore, subir cette litanie du linge, renoncer à votre beauté, à peine le temps de passer une main humide sur vos cheveux, un doigt mouillé sous vos yeux. Au labeur, comme si vous aviez été élevées pour remplir votre  temps de tâches ingrates, toujours à la recherche d’une occupation, d’un coup de balai machinal, d’un coup de chiffon sur la poussière imaginaire.

jeudi 1 décembre 2011

Clic, Clac et la rumeur tua

Je pourrais vous dire son nom mais cela ne changera pas grand chose. Encore que vous en avez peut-être entendu parlé. Un homme est mort victime de la rumeur à Brest. Jean-Claude Basset, retraité et âgé de 65 ans, n’était pas un papy modèle mais il n’avait rien d’un pédophile. Son seul tort a été d’avoir raccompagné il y a  une dizaine de jours une fillette de trois ans restée sans surveillance. Une mère de famille l'a vu et en a parlé à la maman. Cette dernière a déposé une main courante à la police. 
« Il est bizarre, on dit que …et il parait....Un pédophile rôde autour de l’école ! ». Et voilà, le processus de la rumeur avait fait son lit.

Pendant dix jours chacun a pu ajouter sa petite dose de calomnies. Lundi dernier, Jean-Claude Basset est aperçu près de l’école. Sus à l’ennemi ! Une quinzaine de parents le poursuivent. L’homme paniqué se réfugie dans le hall de son immeuble.  Imaginez le tableau  : trente yeux qui vous transpercent de haine et des bouches qui vous vomissent à la figure des insanités. Chacun encouragé par les paroles de son voisin a pu en profiter pour rajouter sa part de justice que l’on fait soi-même. Comble de malchance pour Jean-Claude Basset une fillette se trouvait à ce moment là  dans le hall. Heureusement que les parents justiciers sont arrivés avant qu’il ne commette ses actes de pervers ! Jean-Claude Basset a certainement  commencé à se sentir mal. Jambes flageolantes et sueur froide : conséquences d’être oppressé et  de ne pas comprendre  ce qui lui arrivait. Quand nos parents justiciers se sont mis à le poursuivre, personne n’a d’abord eu le réflexe d'appeler la police et d'attendre. Attrapons-le en premier avant qu'il ne s'enfuie puis nous le le livrerons triomphants aux forces de l'ordre!

Puis, les policiers sont arrivés dans cette cohue où Jean-Claude Basset était seul et démuni face à une quinzaine d'adultes ...
Clic fit le bruit des menottes. Clac fit le cœur Jean-Claude Basset lorsqu'il s’arrêta de battre d’une crise cardiaque. 

Histoire révoltante classée dans la rubrique des faits divers. Histoire où la rumeur a tué un homme innocent.
Et, j'ai  à l'esprit  Mangez-le si vous voulez  de Jean Teulé.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...