mardi 27 mars 2012

Xavier de Moulins- Ce parfait ciel bleu


Editeur : Au Diable Vauvert - Date de parution : mars 2012 - 203 pages de vie et d'humour! 

Antoine, trente-sept ans, divorcé et père de deux filles, n’arrive à pas à digérer le mariage de  son ex-épouse. Pourtant, il vit avec Laurence mais il ne cesse de regarder en arrière. Il entretient avec Mouna sa grand-mère de quatre-vingt-huit ans une belle complicité. Ses visites à la maison de retraite sont pour lui l’occasion de se confier à Mouna et  de l’écouter. 

Antoine espionne discrètement son ex-épouse Alice. Il n’a pas encaissé son remariage récent même s’il vit avec Laurence, maman de trois garçons qui a gardé de bons contacts avec les pères différents. Antoine s'est rapproché de sa grand-mère avant son divorce car Mouna est la grand-mère qu’on aimerait tous avoir ! Non seulement, elle possède un humour assez corrosif mais surtout elle écoute Antoine. Sans juger sa situation, elle le pousse à aller de l’avant. Car Antoine s’interroge. Non pas en pratiquant le nombrilisme mais en  s’interrogeant sur nos relations avec nos aînés, la mort, la peur de vieillir. Des réflexions qui font mouche, souvent sans concession avec une dose d’humour relevé et beaucoup de réalisme ! 

Alors oui, j’ai été très émue par ce livre qui reflète la vie ! Les familles recomposées,  l’amour intergénérationnel, nos propres peurs et angoisses face à la mort et au temps qui passe, la place des personnes âgées dans notre société actuelle.
Le style  de Xavier de Moulins fait la part belle à un humour  teinté d'ironie mais entre les lignes, beaucoup de sensibilité et de lucidité perlent. Le tout est sans guimauve ! Absolument contemporain, ce roman est une invitation  à aller de l'avant  et il nous fait  réfléchir au sens que nous donnons à la vie !  Un livre hérisson tant j’y ai inséré de marque-pages !

 Ma grand-mère reste floue sur ses amitiés, parce que :
-Il arrive un âge dans la vie où il vaut mieux pas ne pas trop s'attacher. On prend vite froid aux enterrements.  

Les vieux sont des enfants, ils perdent leurs neurones comme des doudous. 

Entourée par cette saloperie de solitude la vie des vieux prend des allures de mégots. Je me dis que Mouna est en train de fumer le filtre et qu’elle le sait. 

Les billets de Céleste , Mimipinson.

Merci à Babelio et à l'éditeur pour cet envoi.

lundi 26 mars 2012

Didier Decoin - Une Anglaise à bicyclette


Éditeur : Stock - Date de parution : Juin 2011 - 375 pages à l' écriture raffinée !

Dakota du Sud, Décembre 1890. La tribu des indiens Lakotas à Wounted Knee est massacrée. Ehawee, âgée de trois ans, y échappe et est confiée à Jayson Flannery, photographe de son état, qui doit rejoindre New-York. Au lieu de la laisser dans un orphelinat, il décide d’emmener la fillette avec lui dans le Yorkshire. Jayson Flannery ment  sur l’identité d’Ehawee renommée Emily et prétend qu’elle est sa fille adoptive.

Le début du roman s’ouvre sur le massacre d’une tribu de Sioux, les Lakotas, aux Etats-Unis. L’armée américaine demande à Jayson Flannery, un  photographe anglais qui se trouve sur les lieux  par hasard d'effectuer  un cliché de chaque indien tué.  Ehawee a échappé de peu à la mort. Personne ne sait que faire de cette fillette indienne de trois ans retrouvée saine et sauve. Jayson Flannery s’apprête à rejoindre sa terre natale en prenant le ferry à New-York.  Au lieu de confier la fillette à un orphelinat, il embarque avec elle en direction de l’Angleterre. Ehawee renommée Emily est censée être sa fille adoptive. Ce jeune homme veuf depuis peu décide d’élever Emily comme sa propre fille.  Il invente un passé à Emily qui  grandit et s’acclimate à sa nouvelle vie. Solitaire, elle aime écouter les  vieilles comédiennes que Jayson photographie. Des femmes sur le déclin en mal d’une jeunesse et d’une beauté passées qui prennent plaisir à  enjoliver  leurs heures de gloire éphémères. Le Constable Tredwell doute des dires du photographe car celui-ci n’a  jamais pu produire le moindre papier attestant qu’Emily a bien été adoptée. La jeune femme devenue majeure accepte la demande en mariage de Jayson. Son mari  lui offre une bicyclette  et très vite, Emily aime se promener  des heures durant dans la campagne anglaise. Au cours d’une ses expéditions à bicyclette, elle découvre dans les journaux une affaire qui divise l’opinion.  Deux filles affirment avoir rencontré à plusieurs reprises des fées avec photographies à l’appui. Le grand Conan Doyle les défend et soutient l’existence de ces êtres fantastiques. 

Didier Decoin  nous offre une histoire à  l’écriture raffinée et délicate. Et ce roman semble se fondre comme par enchantement dans la campagne anglaise du début du XX ème siècle. L'auteur explore les facettes du mensonge et celui de la vérité. Celle de la vérité remaniée, souvent  embellie à l’instar des portraits retouchés. 
Hélas, mon enthousiasme a été terni car l'auteur termine par une fin précipitée.  Ce qui est bien dommage car ce livre possède de nombreux atouts ! 

Rien, ni dans son langage  ni dans ses manières, ne peut laisser supposer qu'Emily n'est pas irlandaise, et une Irlandaise élevée en Angleterre, avec les exigences et la vérité que cela implique. Désormais, ce qui pourrait trahir ses origines sioux lakotas n'est plus d'ordre du visible : elle ne s'est pas contentée d'emprunter aux vieilles comédiennes leur accent irréprochablement anglais, elle a appris d'elles l'art d'enfouir sa propre vérité pour en endosser une autre.

Le billet de Jérôme .

Cette lecture rentre dans  le cadre de la 10ème édition du prix des Lecteurs du Télégramme.


samedi 24 mars 2012

Polisse



Film de Maïwenn avec Marina Foïs, Karine Viard, Joey Starr, Frédéric Pierrot, Karole Rocher

Synopsis : Le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs) ce sont les gardes à vue de pédophiles, les arrestations de pickpockets mineurs mais aussi la pause déjeuner où l’on se raconte ses problèmes de couple ; ce sont les auditions de parents maltraitants, les dépositions des enfants, les dérives de la sexualité chez les adolescents, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables; c’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec… Comment ces policiers parviennent-ils à trouver l’équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés, tous les jours ? Fred, l’écorché du groupe, aura du mal à supporter le regard de Melissa, mandatée par le ministère de l’intérieur pour réaliser un livre de photos sur cette brigade.

Après avoir vu La taupe où je me suis mortellement ennuyée (j’en étais arrivée à compter le nombre de fois où la personne assise devant moi trifouillait son pot de pop-corn), puis plus récemment La vie d’une autre que j’ai moyennement aimé ( pas de quoi pousser des cris d’enthousiasme), j’ai été scotchée à mon canapé par Polisse.
Réalisé par Maïwenn, ce film raconte la vie de la Brigade de Protection des Mineurs et rend compte du travail difficile de ces policiers. Celui d’aider et surtout de préserver face à des adultes dans toutes sortes de situations. Entre l'esprit de groupe, les engueulades, la tension à évacuer et la camaraderie, on suit leurs activités au quotidien. La violence revêt plusieurs formes et oui, il y a des scènes qui ne sont pas faciles, c'est certain. J’ai été émue, révoltée par ce que des adultes peuvent faite subir  à des enfants (d'ailleurs, qui ne le serait pas?). Mais la réalisatrice a su apporter des touches d’humour ce qui permet de relâcher la pression ressentie durant certains passages. Les acteurs sont  convaincants  apportant crédibilité à l'ensemble.
Un film où l’espoir et la  vocation qui animent ces hommes et des femmes crèvent l’écran ! Mon bémol ira à l’histoire d’amour (très) prévisible et au personnage interprété par Maïwenn.

L'avis de Géraldine
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