mardi 10 avril 2012

Alexandre Romanès - Un peuple de promeneurs, histoires tziganes


Éditeur : Gallimard -Date de parution : Novembre 2011 - 116 pages et un vent de liberté ! 
 
Ce livre est constitué de réflexions sur la vie des tsiganes : fragments de conversations, anecdotes et pensées. Alexandre Romanès issu de la famille des gens du cirque fait preuve d’humilité et d’une humanité qui atteint les portes du cœur et  de l’esprit !  Sans chercher à donner des leçons ou à endosser l'habit du  philosophe,  il s'agit d'un homme qui invite simplement le lecteur à se poser, à écarter les œillères qui faussent le regard sur autrui. Un sentiment de liberté mêlé à une grande  sagesse se dégage de ce livre écrit avec l'humour, du piquant et  de la sincérité !

J'ai été beaucoup touchée car ce livre porte avant tout sur la différence. A lire, à savourer et  à méditer !

Une belle et grande famille du cirque.Ils peuvent dire qu'ils ont réussi quelque chose : tout le monde les déteste. 

Un journaliste : "Vous les gitans, vous êtes tous des voleurs."
"Vous les français, vous avez volé la moitié de l'Afrique. Curieusement, on ne dit jamais que vous êtes des voleurs".

Le seul compliment qui me fasse plaisir à propos de notre cirque : "Votre spectacle nous donne du courage".

Une lecture dans le cadre de la 10ème édition du prix des lecteurs du Télégramme.


dimanche 8 avril 2012

Terry Kay - Le kidnapping d'Aaron Greene

Éditeur : Le Cherche Midi - Date de parution : Avril 2012 - 538 pages et un avis mitigé.

Aaron Greene a pour travail la  distribution du courrier dans une banque.  Il s'agit d'une jeune homme effacé qui passe inaperçu. Kidnappé, ses ravisseurs demandent une rançon non pas à sa famille mais à son employeur.

Imaginez que des gens que vous ayez côtoyés pendant plusieurs mois ne se souviennent pas de votre visage ou même de votre nom. Imaginez que personne ne prête vraiment attention à votre présence. C’est le cas d’Aaron Greene. Sans dévoiler toute l’intrigue de ce livre, cet aspect joue dans son kidnapping.  Un enlèvement peu ordinaire car Aaron est traité aux petits soins dans une maison où tout est mis en œuvre pour qu’il se sente à l’aise. La rançon est demandée par le journaliste Cody Yates. Entendez par là que ses conversations ont été enregistrées pour donneur lieu à des montages audios. La banque refuse de payer la rançon et un vieil homme d’affaires riche décide de verser une somme importante pour la libération d’Aaaron incitant chacun à faire de même. Les médias se mêlent très vite à cette affaire qui passionne et partage l’opinion publique. 

Si ce thriller remplit sa fonction de « je tourne les pages à toute allure » avec de l’humour et une trame bien ficelée ( avec une mention spéciale pour le duo qui mène l’enquête), j'ai des bémols. Aaron m'est apparu  bien trop mou et l’épilogue m’a laissée sur ma faim.   

- Tu crois qu’il a pire sentiment au monde, Aaron ? Quand les gens te regardent sans te voir ? Je crois qu’il n’y a rien de plus douloureux et pourtant tout le monde le fait. Regarde par la fenêtre, Aaron. Regarde tous ces gens qui marchent  tête baissée sans regarder personne. Tu sais pourquoi ? Ce n’est pas vraiment parce qu’ils n’ont pas envie de voir les autres, mais parce qu’ils ont peur que personne ne les voie.

Les billets de Cuné et Keisha

samedi 7 avril 2012

Régine Detambel - Opéra sérieux


Éditeur : Actes Sud - Date de parution : Avril 2012 - 136 pages magnifiques!

Elina Marsch naît en 1926 alors  que sa mère pousse son dernier souffle en lui donnant la vie. Fille d’un célèbre ténor, Elina est élevée dans le monde du chant. Entre les maîtresses de son père qui sont toutes des cantatrices et les salles d’opéra, la fillette écoute les chants. La deuxième Guerre Mondiale signera leur exil en Amérique où la voix d’Elina dévoilera toute son ampleur. 

J’ai lu ce livre enveloppée par l’écriture de Régine Detambel. Une écriture riche, poétique où les phrases d’une intensité majestueuse nous parlent de peur, d’amour, de vie et de mort comme un air d’opéra. Elina vit dans le monde du chant. Si la fillette est silencieuse tant elle semble porter le deuil de sa mère, les airs d’opéra chantés par les maîtresses de son père germent en elle. A l’aube de la deuxième Guerre Mondiale, les pressentiments de son père voient le jour. Ils fuient Zurich, la barbarie envers les juifs pour s'installer à New-York.  Elina y découvre une autre vie, prend des cours de chant et parvient à moduler  cette voix intérieure, ce cristal pur qui lui ouvre les portes de la gloire.  Quand elle chante, sa voix se fait  exutoire, extatique, fascinante, belle et terrifiante. Sur scène, elle chante l’amour, les drames. Et  comme souvent dans les opéras, l’histoire finit en apothéose. Aussi douloureuse soit-elle.  

J'ai eu le souffle coupé, l'envie d'applaudir démange tant l’écriture est une partition sublime, vertigineuse sur laquelle cette histoire s’élève!

Après son corps extrême, encore un  coup de cœur entier et vibrant d’émotions ! 

Le temps ne passe plus. Le temps est figé. La petite s’est dessiné une montre sur le poignet. Le temps égrène des minutes de chair pure. Car la voix qui monte de ses fonds a été créée pour altérer, séduire, empoisonner, pour tuer sans laisser de traces. Elle la fait tomber à genoux avec un coup au cœur, et malgré tout pleurant de pures larmes de plaisir insensé et de joie.
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