lundi 25 juin 2012

Nicole Krauss- L'histoire de l'amour

 Éditeur : Gallimard - Date de parution : 2008 - 459 pages 

De Nicole Krauss, j’avais lu et aimé La grande maison un  roman à tiroirs imbriquant plusieurs histoires autour d’un seul et unique objet.  Mais, l’alchimie qui se produit entre un live et un lecteur n’a pas opéré cette fois-ci... Pourtant, je me suis accrochée à cette lecture même si je me suis perdue, embrouillée dans les différentes narrations.
Si ce livre a été un coup de cœur pour de nombreux lecteurs, mon ressenti est à l’opposé des avis très élogieux car j'ai passé trop de temps à m’interroger.

L’histoire de l’amour est un livre qui unie sans le savoir plusieurs personnages. A New-York, Léopold Gursky, un vieil homme d’origine polonais vit dans le souvenir de son amour pour Alma et de son fils qu’il n’a pas connu en attendant la mort. Quand il arrive aux  Etats-Unis après la seconde guerre mondiale, Alma y est également mais elle déjà mariée et mère d'un second enfant.  Léopold a suivi  dans l’ombre le parcours de son fils Isaac devenu un célèbre écrivain. Toujours à New-York, Alma, âgée de quatorze ans, peine à  se remette du décès de son père survenu sept ans plus tôt. Sa mère est  déconnectée de la réalité et son jeune frère Bird est obsédé par Dieu.  Alma doit son prénom aux héroïnes du livre l’histoire de l’amour, un livre que son père avait offert à sa mère. Quand un certain Marcus Jacob demande à sa mère  de traduire ce livre, Alma n’y voit pas une simple coïncidence. Enfin, au Chili Zvi Litvinoff un exilé polonais dans les années 1940 écrit un livre. 

Le manque, les souvenirs marquent ce livre mais comme je le disais au  début de ce billet, je me suis sans arrêt perdue dans le dédale des narrations. Il m’a fallu souvent revenir plusieurs pages en arrière ( ou à y insérer des marque-pages) pour tenter de suivre toutes ces histoires.
Quand des lecteurs éprouvaient  du bonheur, j’étais trop préoccupée à ne pas couler pour pouvoir ressentir des émotions. Une lecture sans aucun plaisir et de la frustration… 

De nombreux avis sur Babelio

vendredi 22 juin 2012

Brigitte Allègre - Le corail de Darwin


Éditeur : Actes Sud - Date de parution : Mai 2012 - 390 merveilleuses et riches! 

Via un site sur internet, Vigdis et Livia procèdent à un échange de leurs maisons pour les vacances.  Un petit village en Islande contre Rome en Italie et inversement.  Au fil des mois avant ce voyage, elles s’écrivent de plus en plus. L’une et l’autre ont la certitude de  pouvoir se confier en toute liberté « sans se mettre en danger d’aucune façon. Cette femme, elle ne le rencontrera pas ailleurs que derrière l’écran. »

Quel livre merveilleux ! Je l’ai lu en apnée totale, j'ai été ferrée dès les premières pages par l’écriture ! Mais d’abord, l’histoire. Dire que ce livre  se résume à deux femme qui s’échangent leurs domiciles pour les vacances serait on ne peut plus réducteur. Car il y a beaucoup, beaucoup plus ! Vidgis l’Islandaise mariée à un pasteur et Livia l’Italienne dont le mari est très souvent absent pour  son travail vont tisser une relation par mail. Les quelques  lignes échangées vont s’allonger et devenir plus personnelles. Elles peuvent tout se dire car elles ne se rencontreront jamais. Les confidences  remplacent les explications pratiques et chacune s'est imaginée la maison de l’autre au fil du temps. Habiter le domicile de quelqu’un d’autre pendant plusieurs semaines s’apparente à pénétrer dans son intimité. Sans chercher à s’approprier la vie de l'autre, Vigdis et Livia vont découvrir un lieu d’habitation mais surtout elles vont accéder à une nouvelle existence. Les rapports qu’entretiennent les deux femmes avec leurs maris, leurs histoires, leurs sentiments sont décrits tout en finesse. En plus de ces deux récits, il  y a celui du père de Livia, un homme âgé qui écrit pour tuer le temps et se confesser du passé. Je n’en dis pas plus !

L’écriture de Brigitte Allègre est tout simplement superbe : riche, travaillée (mais sans être lourde) ! L’auteure possède  un sens de la formulation magnifique tout comme ce roman!  Du pur plaisir de la première à la dernière ligne ! Un livre hérisson tant j’y ai inséré de marque-pages et impossible de me résoudre à choisir un extrait :


Le billet de Cathulu

jeudi 21 juin 2012

Emmanuelle Pagano - Un renard à mains nues


Éditeur : P.O.L - Date de parution : Avril 2012 - 333 pages et 34 nouvelles ou instantanés de vie  touchants!

Les personnages de ces nouvelles ne se trouvent pas au milieu du récit, ils restent dans les marges, ils se tiennent au bord de leurs vies, de leur maison, de leur pays, ils marchent au bord des routes, à côté de leur mémoire, à la lisière de l'ordinaire et de la raison, comme il leur arrive de faire du stop : au cas où on s'arrêterait pour les prendre. Je les ai pris dans mon livre.

Il m’est difficile de parler de ce recueil  de nouvelles tant j’ai été touchée ! Trente-quatre nouvelles comme des instantanés de vie où Emmanuelle Pagano déploie un patchwork d’émotions avec finesse et sensibilité. L’auteure nous donne l’impression d’avoir rencontré ses personnages et de raconter leurs histoires. Pas de chutes à couper le souffle mais des ambiances qui se ressentent, des situations à la limite du réel et de l’imaginaire. Dans chacun  de ces  textes, l’auteure sonde l’indicible, elle rend palpable la douleur, la joie, l’amour, la souffrance. On croise plusieurs fois les mêmes personnages  dans ces nouvelles, l’angle de vue est modifié. Les facettes d’une situation sont revues, réorientées. Il y a des textes vibrants de sensibilité comme par exemple  les langues maternelles, d’autres laissent la porte ouverte à l’imagination du lecteur mais tous mettent en exergue la détresse des personnages.

Emmanuelle Pagano nous offre son univers à travers ces nouvelles et il faut juste prendre son temps pour les apprécier.
Je n’ai pas lu ces nouvelles, je les ai ressenties! 

Elle m' a raconté qu'il lui arrivait de lire aussi ente les pages, entre les pages et dans les pages en même temps, parce que les livres c'est comme le sang, ils sont marqués. Pas génétiquement,non, mais ils ont des marqueurs aussi, pas des marque-pages, si, des marque-pages, mais des marque-pages qui sont des marques de gens.

Le billet d'Antigone

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