Éditeur : Asphalte - Date de parution : Octobre 2012 - 292 pages et une immersion dans Haïti !
Ce recueil est une anthologie
de dix-huit nouvelles écrites par autant
d’auteurs haïtiens connus ou un peu moins. Ecrivains demeurant dans leur pays d’origine ou à l’étranger, ils nous le racontent sous ses différentes
facettes et pour une fois, l’ensemble d’Haïti intervient et non pas que Port-au-Prince. La
vie économique, sociale, politique, les superstitions, les croyances et les
coutumes sont le creuset de ce recueil. Haïti noir ou le pays tel qu’il est :
misère, pauvreté, corruption mais aussi
cette formidable rage de vivre que
possèdent les habitants. Commencer à danser
ou à chantonner quand un air de musique
surgit dans l’air, relever la tête après le séisme de 2010, s'aider , aimer, les auteurs nous montrent à quel point leurs frères et
sœurs ont en eux une force incroyable. Rares sont les recueils collectifs offrant diversité, qualité et un zoom sur un pays. Je me suis réconciliée avec Gary Victor, Kettly
Mars m’a étonnée car je ne la connaissais qu’en tant que romancière et j’ai découvert des auteurs très doués :
Louis-Philippe
Dalembert, Evelyne Trouillot, Madison Smart Bell, Katia D. Ulysse, Edwige Danticat, Louis-Philippe
Dalembert, Yanick Lahens, Rodney Saint-Eloi, Marvin Victor, Marie Lily Cerat...
Pas de pathos ou d’auto-apitoiement, d’ailleurs je pense que ce mot est banni dans le vocabulaire des Haïtiens, et chaque auteur apporte une touche personnelle, un regard teinté de tendresse, d’humour ou acéré sur la réalité de leur pays. Sans oublier une part
de mysticité, de croyances rendues dans
certains des textes où l’on est plongé dans Haïti trop souvent oublié… il n’y a qu’à se pencher sur l’actualité
récente. L’ouragan Sandy a touché ce pays
mais combien de secondes ou de lignes pour
en parler ?
Un très bon recueil à découvrir ! Un seul regret : Dany Laferrière un auteur que j'aime beaucoup n'est pas présent...
C'est vrai que dans ce foutu pays , on ne diligente pas d'enquête pour un ou deux meurtres. Faute de moyens à la disposition de la police. Mais aussi parce que les gens sont tellement habitués à côtoyer la mort qu'au bout du compte, une vie humaine ne compte que dalle.



