mardi 22 janvier 2013

Rachel Joyce - La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi...


Éditeur : XO - Date de parution : Septembre 2012 - 359 pages et une lecture agréable !

Harold Fry sexagénaire à la retraite depuis peu reçoit une lettre d'une ancienne collègue de travail Queenie Hennessy. Alors qu'ils ne sont pas vus depuis vingt ans, elle lui annonce qu'elle souffre d'un cancer en phase terminale et qu'elle est hospitalisée en soin palliatifs. Harold lui écrit en retour mais sans donner aucune explication à son épouse Maureen, il décide d'aller donner sa lettre à Queenie en main propre. Le voilà parti dans une marche de plus de huit cent kilomètres sur les routes d'Angleterre.

En se mettant en chemin, Harold pense à Queenie. Ils n'étaient pas proches et il se demande pourquoi elle lui écrit. Harold se fait la promesse que Queenie doit vivre. Cette marche revêt un cheminement intérieur pour Harold et Maureen également. Harold et Maureen sont devenus des étrangers l'un pour l'autre et contrairement à sa femme, Harold n'a plus de contact avec son fils David. Ce parcours le mène à revisiter sa vie : souvenirs de l'époque où il travaillait, les moments de bonheur mais surtout  la solitude et la souffrance. Au fil de son parcours, Harold rencontre différentes personnes à qui il raconte son but, il trouve une hospitalité, un toit pour dormir. Au fil des jours, certains veulent se joindre à sa marche. Pour Harold, tout ce qui compte est d'arriver à destination. De leur domicile, Maureen suit son parcours, leur couple semble se ressouder alors qu'ils sont éloignés physiquement. Ces mois de marche permettent à Harold d'effectuer une introspection, de se délester de certains poids et de changer.

Alors oui, on peut s'étonner (ou s'énerver) qu'Harold ne trouve qu'amabilité et bonté sur plus de huit cent kilomètres ( beaucoup de bons sentiments), mais il n'empêche que sa démarche intérieure m'a touchée. Et même si j'ai deviné la tournure qu'allait prendre l'histoire, ce livre  dégage une belle humanité. Sans laisser une empreinte indélébile dans la littérature, ce roman offre une leçon de vie optimiste et procure du baume au coeur !

Beaucoup de billets : Alex, Anne,  Cynthia, Kathel, Keisha, Lili, Liliba, Mango, Noukette, Valérie




lundi 21 janvier 2013

Jussi Adler-Olsen - Délivrance


Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Janvier 2013 - 665 pages imposibles à lâcher !

Une bouteille à la  mer repêchée en Ecosse rejoint le département de police V à Copenhague. La bouteille contient un message de SOS écrit  en danois et datant d'une dizaine d'années. Le vice-commissaire Carl Mørck ne prend pas l'affaire à la légère car le message a été écrit avec du sang.  Chargé d'enquêter sur des dossiers non résolus  avec ses deux assistants Assad et Rose, il s'attaque à celle-ci.

Si l'affaire peut dater à priori, Carl Mørck ne se doute pas que le criminel applique toujours le même schéma bien rôdé. Faire connaissance dans une famille aisée ayant plusieurs enfants et appartenant à une secte religieuses. Sympathiser avec les parents, enlever deux des enfants et demander une très forte rançon. Puis, il ne libère qu'un seul des enfants, tue l'autre et menace la famille. Si jamais elle parle à la police ou à la communauté, il frappera à nouveau. On suit en parallèle le nouvel enlèvement  que prépare le criminel tout en prenant connaissance de son environnement proche et de son passé , et   l'enquête de police.  Et quand deux enfant sont à nouveau enlevés  et que l'on sait ce qui les  attend, la tension tension monte d'un cran.

Pour moi, ce thriller est  bon par l'intrigue diablement bien ficelée et par le suspense "temps" qui va en crescendo !  L'ensemble saupoudré  habilement d'humour l'emporte largement  sur une écriture un peu faiblarde par moment tout comme certaines incohérences ( la femme du tueur porte une robe rouge deux pages plus tard, elle est en jean).
Et je me suis surprise à tourner les pages de plus en plus vite et à ne pas pouvoir lâcher ce livre !
N 'ayant pas lu les livres précédents, si j'ai eu  un peu de mal au départ  à situer qui étaient Rose, Assad, Hardy et à cerner la personnalité de Carl Mørck, je n'ai pas été bloquée dans ma lecture.

Pas de temps mort, effet  page-turner garanti et une enquête très bien menée ! Une chose eet certaine, Jussi Alder-Olsen sait ferrer son lecteur !

Les billets de Keisha, Lystig, Valérie
Et trois challenges dont celui de Lystig dans lequel je m'incruste !











dimanche 20 janvier 2013

Elsa Flageul - Les araignées du soir


Éditeur : Julliard - Date de parution : Janvier 2013 - 171 pages d'une danse menée avec talent ! 

Victor habite les quartiers chics de Paris. Fils unique à papa et à maman, les bonnes manières, l'art de ne pas faire de vague  sont inscrits dans son patrimoine génétique. A douze ans, il tombe amoureux de Véra qui double son année de sixième. Fille d'immigrées roumains qui habitent une loge de concierge dans ces mêmes beaux quartiers. On la dit frondeuse, déterminée, elle se révèle manipulatrice et laisse Victor sur le carreau l'année suivante. Pourtant Victor ne cesse pas de l'aimer. En silence et espérant qu'elle lui revienne. A dix-huit ans, il attend toujours sa Véra. Elle le revoit. La pilule est difficile à avaler pour Victor car Véra est follement amoureuse de Nigel, un homme deux fois plus âgé qu'elle, un écrivain anglais et marié. Violette l'épouse de Nigel comme Victor se sent trahie.

Voilà un roman qui m'a ferrée des premières pages. Elsa Flageul laisse à ses personnages le soin de s'exprimer et Victor prend  la parole au départ. Ce fils de bonne famille qui désespère d'avoir des goûts trop classiques, trop vieux manie l'auto-dérision comme un fer de lance et  raconte avec innocence et romantisme son amour pour Véra. Mais cet amour ne dure que le temps d'une année scolaire au collège. Véra s'est entichée d'un autre garçon laissant Victor malheureux. Qu'importe, il l'attendra ! Mais à dix-huit ans, il doit faire face à un adversaire plus important en la personne de Nigel. Victor confident unique de Véra prend conscience qu'il n'est qu'un simple ami pour Vera.
Dans cette ronde, Violette la femme de Nigel prend ensuite la parole. Se rappelle la confiance en elle que Nigel lui a apportée, l'insouciance de leur amour unique et singulier. Mais un  livre que Nigel s'est mis en tête d'écrire a terni leur amour. Le bonheur et les échanges complices ont laissé place à des échanges de mots pour remplir le vide installé. Victor et Violette sont tous les deux exclus brutalement de cette danse où Nigel et Véra jouissent du plaisir de l'amour. Victor et Violette, deux personnes blessées. Pire, elles veulent la vengeance. Petite pour Victor celle de Violette sera cruelle, folle mais lui permettra une renaissance. Les histoires de ces quatre personnages s'entrecroisent, se dessinent, prennent corps au fil des pages tout en crescendo.  Et Nigel et Vera ? En dire plus serait criminel alors lisez-le !

Avec des personnages qui ont des faiblesses et des espoirs, ce roman frais dépeint la quête du bonheur. La ronde qui aurait pu être joyeuse révèle des personnages boiteux, la trahison et ses conséquences change la mélodie la rendant particulièrement âpre et amère.
Avec une écriture tout en finesse qui se joue de la ponctuation en lui insufflant une vivacité, un rythme qui ne faiblit pas, Elsa Flageul nous conduit au bord de l'abîme de l'amour là où les blessures au fer rouge des déceptions sont brûlantes.
J'ai dévoré ce livre qui sort des sentiers battus habituels, conquise par le style et par les enchaînements ! 

Je relève les yeux, à la fois surprise et assez fière d'un tel culot, je ne rougis pas mais je dis doucement, si doucement que cela ressemble à une parole intérieure : on parle de septième ciel mais c'est du septième sous-sol qu'il s'agit en réalité. Nigel répond : je suis marié. Je rétorque pus fort cette avec cette gouaille qui me caractérise : qu'est-ce que je disais,  le septième sous-sol.

Les billets de Charlotte, Lucie
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...