lundi 25 février 2013
Blandine Le Callet - Dix rêves de pierre
Éditeur : Stock - Date de parution : Janvier 2013 - 248 pages et dix nouvelles empreintes de vie!
Dix nouvelles où la mort s’invite pour conclure des vies. Dix nouvelles en forme d'hommage à des noms, à des dates inscrites sur des stèles mortuaires. Quelles vie se sont déroulées derrière un épitaphe ou des dates ? Loin d’être tristes, si ces nouvelles ont toute la même fin elles n’en demeurent pas uniques et différentes. Certaines voient dans leur sillage un chien en guise de présage mortuaire mais toutes sont des hymnes à la vie. Brassage des époques et des personnes, d’un modeste sculpteur de pierre de l’antiquité à une reine jalousée, d’une jeune fille sortie d’un taudis à un esclave venant d’obtenir sa liberté, d‘une vieille dame riche et autoritaire rédigeant son testament à un homme de piété se retrouvant dans un bordel, l’auteure nous dépeint la palette des sentiments.
Des personnages si proches de nous que la dernière nouvelle a trouvé une résonance en moi car j’ai vécu cette même situation troublante et ressenti les mêmes émotions. Je n'en dirai pas plus sur ce texte qui a fait faillir des poissons d'eau dans mes yeux et m'a serrée la gorge...
Blandine Le Callet est une auteure que j’apprécie pour savoir toucher au plus juste le lecteur avec une écriture sans fioriture.
Ce recueil est un hommage et une invitation à apprécier la vie. A la modeler pour lui donner un sens avant que les regrets ne s’installent. Quand la Faucheuse passera, il sera trop tard. Ne ratez pas ces textes frais, surprenants ou mélancoliques qui reflètent l'amour sous toutes ses facettes.
De la même auteure, j'ai lu et aimé Une pièce montée et La ballade de Lila K.
dimanche 24 février 2013
Sophie Krebs - Nos pleines lunes
Editeur : Editions Baudelaire - Date de parution : Novembre 2012 - 152 pages
Ils sont deux. Différents par leur vie qui n'ont rien à voir à priori. Tous deux hyper sensibles. Lucas s'applique pour Noël car Lolita viendra. Guirlande de mots et de petits nœuds car elle aime en mettre dans ses cheveux surtout ceux à pois. Laetitia est photographe et le miracle se produit : elle va être exposée dan une galerie. Lucas quelquefois n'en finit pas de la colle, des escargots, des autres et de leurs comportements et il y a les moments où tout va mal. Envie de gratter encore plus le genou écorché. Seule possibilité, penser à Lolita qu'il aime tant et qui a promis de venir. Noël approche, Lucas veut que sa guirlande soit la plus belle, l’appréhension et la nervosité sont palpables.
L’écriture mélodieuse joue avec les mots. La sensibilité à fleur de peau des deux personnes s’y invite comme la poésie. Aérienne pour Laetitia, teintée de peurs et des routines du quotidien pour Lucas. Je n'en dirai pas plus sur ce qui les unit. Mais alors où est mon cri de cœur ? Voilà le problème..
Si j’ai été ferrée et attirée par ces personnages attachants dans les premières pages, j'ai trouvé que par la suite le livre perdait en intensité. Et oui, non seulement j’ai deviné une partie de l’histoire mais en plus quelques petits bémols (pas méchants) sont venus se greffer. Certaines redondances alourdissent le texte ou des passages ( juste quelques phrases) ne collent pas au reste du livre et des questions terre à terre m'ont traversée l'esprit (que voulez-vous, je suis comme ça). Ce livre a été pour beaucoup une belle lecture ou un coup de cœur. Du coup, je me sens le méchant petit canard...
Le billet d'Anis qui m'a donné envie, d'autres avis sur Babelio
samedi 23 février 2013
Sherwood Anderson - Pauvre Blanc
Éditeur : Le Livre de Poche - Date de parution : Janvier 2013 - 403 pages qui n'ont pris une ride !
Etats-Unis, Hugh McVey quitte le Missouri et son père alcoolique. Ce jeune homme impressionnant par sa taille et son calme devient cheminot. Herbergé chez un couple, l’épouse Sarah Shepard entreprend de l’éduquer.
Nous sommes à Bidwell une petite ville de l’Ohio du Middel West vers les années 1890 et la fièvre de l’industriaisation se répand. Des usines voient le jour modifiant les villes et le travail. Hugh va révolutionner la vie de Bidwell. Il réfléchit, dessine des plans mais les gens s'imaginent qu'il a déjà un projet au point. Ce qui n'en est rien. Le jeune homme veut créer une machine à planter les choux pour simplifier ce labeur pénible. En mettant sur sa route des personnes dont les yeux brillent à l'idée de se remplir les poches, Hugh va pouvoir se consacrer à son invention. Certains veulent une part plus grosse du gâteau en investissant dans la future usine tout ce qu'ils possèdent. La machine voit le jour, imparfaite mais il continue à la perfectionner. Lui qui pensait apporter un certain bien-être grâce à cette machine et aux suivantes va déchanter. Contrairement à Hugh, l'industrie et son cortège d'hommes d'affaire pensent en terme de rendement et de profit. Les ouvriers se plaignent des cadences, regrettent le travail à la ferme. Clara une jeune file revient à Bidwell après voit terminé l'université. Elle aussi constate bien des changements. Son père veut qu'elle fasse un bon mariage mais Clara a un autre conception de l'union. Elle rencontre Hugh qui tombe d'amoureux d'elle. Hugh va se maudire d'avoir inventé des machines, il lui faudra comprendre que tout le monde n'a pas les mêmes visions de la vie que lui. Mais la vie n'est pas long fleuve tranquille ni la suite de ce roman ...
Ce livre est impressionnant par sa finesse psychologique et par ses interrogations sur les conséquences de l'industrialisation dans tous les domaines.. Est-ce que le progrès rime avec bonheur ? Sherwooh Anderson dépeint des personnages humains : avides d'argent, calculateurs ou simplement désireux d'une vie meilleure. Un roman d'initiation et toujours d'actualité qui n'a pas pris une ride !
La femme à la fenêtre , comme tous les habitants du Middle West, commençait à se rendre compte des conséquences qu'entraînait l'aventure industrielle (..) Comme tous les citoyens d'Amérique, elle croyait aux héros. Dans les livres, des périodiques, elle avait lu des récits sur des hommes héroïques qui s'étaient sortis de la misère par quelques étrange alchimie alliant à leur forte personnalité toutes les vertus. Un pays vaste et immense come le leur n'exigeait-il pas des figures immenses? Lincoln, Grant, Garfield, Sherman, une demi-douzaine d'autres firent figure en quelque sorte de plus qu'humains dans l'esprit de générations qui succédèrent immédiatement à leurs exploits hors du commun. Et maintenant c'est l'industrie qui inventait une nouvelle race de demi-dieux.
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