lundi 22 avril 2013
Annie Saumont - Un si beau parterre de pétunias
Éditeur : Julliard - Date de parution : Avril 2013 - 201 pages et 19 nouvelles inégales.
J’aime les nouvelles et j’aime l’écriture d’Annie Saumont. Son aisance à se glisser dans la peau de personnages variés enfants ou adultes et cette façon de décrypter leurs pensées. Des personnages communs que l’on pourrait croiser dans la rue à qui elle octroie cynisme, regrets ou des comportements étranges. Avec sensibilité, Annie Saumont explore ce qui détourne du bonheur. En partant des deux postulats (cités en début de ce billet), j’aurais dû crier à l'enchantement sauf que l’étincelle ne s’est pas produite pour une bonne partie de ces nouvelles.
Il y a des pépites dans ce recueil (un si beau parterre de pétunias, le dernier client, une tasse de café par exemple et quelques autres. La lecture d'Allô, Madja a noyé mes yeux de poissons d'eau) mais j’ai trouvé les textes inégaux dans l’ensemble. L’art de l’ellipse peut amener à fermer les portes d’un monde au lecteur sans lui donner les clés pour s'y introduire. Et pour être honnête, je suis restée sur le paillasson pour certaines nouvelles.
Je reconnais avec plaisir qu’Annie Saumont est une auteure qui n'a rien perdu de son audace et qui continue de surprendre par son écriture. Et ce n’est pas ce recueil qui m’empêchera de la lire encore...
J’ai une blessure au cœur, c’est débile. Je ne sais plus jouir simplement de sa présence, de on sourire. Je suis tremblante, émue quand il est là. Vous deux, je vous admirais, si calmes, précis, intelligents. Vous n’en finissiez pas de discuter. Habilement. Avec sagesse et conviction.
dimanche 21 avril 2013
Annick Cojean - Les proies
Éditeur : Le Livre de Poche - Date de parution : Avril 2013 - 299 pages et une plongée dans le harem de Kadhafi.
Kadhafi était toujours entouré de ses gardes du corps celles qu’il appelait ses amazones. De belles jeunes femmes, souriantes dans leur treillis militaire et semblant éprouver admiration et respect pour le « Guide » La réalité est bien autre. En 2011, Annick Cojean a enquêté sur le rôle de femmes et les viols durant la révolution qui a suivi le printemps arabe. Il faut savoir qu'en Libye "le viol était pratique courante et fut décrété arme de guerre". Elle a rencontré Soraya dont la vie a été saccagée par Mouammar Kadhafi.
La première partie de ce livre reprend le témoignage de Soraya. Alors qu’elle avait 15 ans, Mouammar Kadhafi s’est rendu à son école. La visite n'était qu'une mascarade déguisée pour trouver de nouvelles filles. Il a posé sa main au-dessus de la tête de Soraya. Un geste pour désigner qu’il la voulait pour lui. Soraya a été enlevée à sa famille et est devenue une esclave sexuelle pour Kadhafi comme d’autres jeunes filles. Violée, battue, humiliée,... L’horreur est à son paroxysme. L’inimaginable apparaît dans ce récit car Kadhafi était un monstre, un pervers mégalomane, un insatiable prédateur. Filles ou garçons, tous étaient des proies. Soraya a vécu cet enfer durant cinq longues années séquestrée à bab Al-Azizia. Lors de visites ou de déplacements officiels, les esclaves de Kadhafi endossaient le rôle des amazones gardes du corps.
Dans la seconde partie du livre, Annick Cojean revient sur le témoignage d’autres femmes qui comme Soraya ont été esclaves de Kadhafi. Les anciennes amazones sont rejetées par les leurs car leur honneur a été bafoué à tout jamais. L’auteure décrit toute la difficulté de son enquête durant laquelle elle a tenté de percer ce lourd silence qui entourait les pratiques de Kadhafi. Même après la mort du tyran, le sujet reste tabou. On apprend que Kadhafi offrait de l'argent et des bijoux à des femmes de diplomates contre leurs faveurs ou qu’il recrutait ses proies à l’extérieur de la Libye. Pire, il possédait également un appartement au sein même de l'université. Depuis sa mort, les femmes espèrent un avenir plus clément où elles puissent se faire entendre.
Ce livre est un véritable uppercut. Je suis sortie de cette lecture habitée par l'indignation, la révolte et l'écœurement. Combien ont-elles été à être des objets sexuels pour Kadhafi durant ses quarante années de pouvoir? On a laissé agir cet homme à sa guise, personne n'a voulu dévoiler ces actes qui étaient pour certaines personnes libyennes ou étrangères un secret de polichinelle. Les intérêts économiques ont été plus importants une fois de plus que la vie de jeunes femmes.
J'apporterai juste un bémol sur la construction à proprement parler du livre. L'auteure ne suit pas une chronologie précise ce qui s’avère un peu gênant dans la lecture. De plus, elle revient plusieurs fois sur certains mêmes faits sordides, des passages très durs à la limite de l’insoutenable.
Les proies est le livre de ces femmes victimes d’un monstre. Espérons qu’il ouvre les yeux et délie les langues même si la « diplomatie » politique et les intérêts financiers sont toujours prioritaires...( mais cet espoir est sans doute utopiste).
Ce livre fait partie de la 11ème sélection du prix des Lecteurs du Télégramme.
samedi 20 avril 2013
J'ai rencontré Miossec !!!!!!!!
Le Disquaire Day c’était aujourd’hui. Il s’agit de la journée pour les disquaires indépendants qui comme les librairies indépendantes se portent mal… Comme l’année dernière, Miossec ( oui, Christophe Miossec ) a apporté son soutien en se produisant en showcase chez Dialogues Musiques. Et j’y étais.
Comme à ses concerts, j’ai chanté ( faux), tapé du pied, applaudi à en avoir mal aux mains. Un petit garçon dans les bras de sa maman me regardait d’ailleurs bizarrement. A mon avis, je l’ai traumatisé… Bref passons car il y a mieux. Car ce que j’espérais depuis très longtemps s’est produit.
Ouiiiii (attention à vos tympans)! Après son concert ou il était accompagné en solo de son pianiste ( toujours aussi excellent d’ailleurs), j’ai pris mon courage à deux mains et accompagné de Monsieur, j’ai été lui parler (pas au pianiste mais à Miossec).
Avec des trémolos d’émotion dans la voix, je lui ai dit que j’étais une de ses grandes admiratrices, que grâce à lui j’avais connu Georges Perros mais j’étais tellement impressionnée que je ne terminais même pas mes phrases (ou presque)… Monsieur lui a dit que c’est lui qui m’a fait le découvrir (ce qui est vrai) et qu’il avait assisté à son tout premier concert (ce qui est encore vrai).
Et voilà j’ai rencontré Miossec. Un artiste simple (pas de lunettes de soleil ou de gardes du corps), un homme à l’écoute de l'autre et qui possède de l’humour. Un amoureux des mots dont j'ai aimé cette phrase : « la littérature est l’essence de tout ». Monsieur comme moi était sur petit nuage et en plus je suis repartie avec une dédicace où Perros, Guillevic et Selby sont cités….
Comme à ses concerts, j’ai chanté ( faux), tapé du pied, applaudi à en avoir mal aux mains. Un petit garçon dans les bras de sa maman me regardait d’ailleurs bizarrement. A mon avis, je l’ai traumatisé… Bref passons car il y a mieux. Car ce que j’espérais depuis très longtemps s’est produit.
Ouiiiii (attention à vos tympans)! Après son concert ou il était accompagné en solo de son pianiste ( toujours aussi excellent d’ailleurs), j’ai pris mon courage à deux mains et accompagné de Monsieur, j’ai été lui parler (pas au pianiste mais à Miossec).
Avec des trémolos d’émotion dans la voix, je lui ai dit que j’étais une de ses grandes admiratrices, que grâce à lui j’avais connu Georges Perros mais j’étais tellement impressionnée que je ne terminais même pas mes phrases (ou presque)… Monsieur lui a dit que c’est lui qui m’a fait le découvrir (ce qui est vrai) et qu’il avait assisté à son tout premier concert (ce qui est encore vrai).
Et voilà j’ai rencontré Miossec. Un artiste simple (pas de lunettes de soleil ou de gardes du corps), un homme à l’écoute de l'autre et qui possède de l’humour. Un amoureux des mots dont j'ai aimé cette phrase : « la littérature est l’essence de tout ». Monsieur comme moi était sur petit nuage et en plus je suis repartie avec une dédicace où Perros, Guillevic et Selby sont cités….
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| La tête à gauche c'est bibi ( les cheveux bougent naturellement à cause de l'émotion!) |
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