mercredi 29 mai 2013
A.M. Homes - Le sens de la famille
Éditeur : Actes Sud - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Yann Gentric - Date de parution : Avril 2013 - 235 pages riches et creusées!
1992. La mère biologique d’A.H. M. Homes veut la rencontrer. Au bout de trente deux années de silence, elle veut connaître sa fille. Informée depuis toujours de son adoption par ses parents adoptifs, A.M. Homes doit faire face à la requête de sa mère biologique qui se fait insistante, pressante.
Dans ce récit autobiographique, l'auteure revient sur cette fracture dans sa vie déclenchée par la demande de sa mère biologique. Elle se retrouve très vite harcelée par cette femme qui veut à tout prix la rencontrer et nouer une relation avec elle. Non désirée, son père biologique était déjà marié à l’époque, ses parents adoptifs qui venaient de perdre un enfant l’ont adoptée. Elle creuse, cherche à trouver et à comprendre sa place dans cette nouvelle famille composées de deux pères et de deux mères. Sa mère biologique fantasque tente de gommer ces années comme si de rien alors que son père biologique orgueilleux et blessant refuse de parler d’elle aux siens. Mais elle veut remonter le fil de cette famille à travers les archives pour découvrir ses ascendants. Piquée du virus, elle se jette à corps perdu dans la généalogie. Ses recherches l'amènent à des personnes qui ne sont pas forcément de sa propre famille. Qu'importe, ils lui sont liées par leur humanité, par leur histoires que ces dossiers racontent.
Ce récit réfléchi, riche et profond explore les sillons des racines familiales pour faire le jour sur ce qui nous construit et nous définit. Une quête identitaire où l'honnêteté de l'auteure est frappante. J'ai beaucoup aimé cette lecture pleine de sens et porteuse de réflexions!
Le récit fragile, fragmentaire, la trame ténue, l'intrigue de ma vie se trouvent brusquement remaniés. Me voici confrontée au fossé qui sépare la sociologie de la biologie : au collier chimique de l'ADN, qui se porte tantôt comme un magnifique ornement - notre droit de naissance, notre histoire-, et tantôt comme un collier étrangleur.
Des billets et des avis différents Au bonheur du jour, Jostein , Zarline
mardi 28 mai 2013
Peter Hobbs- Un verger au Pakistan
Éditeur : Christian Bourgois - Traduit de l'anglais par Julie Sibony - Date de parution : Mars 2013 - 138 pages lues en apnée!
Un adolescent pakistanais tombe amoureux d’une jeune fille dont le père est un haut politicien. N’écoutant que son cœur, il voit seul la jeune fille osant braver la hiérarchie sociale. Cette imprudence liée à l'insouciance de son âge le conduira en prison. Torturé, emprisonné dans des conditions inhumaines, au bout de quinze années il est relâché. Brisé moralement et physiquement, il est recueilli par Abbas un poète qui prend soin de lui. Il écrit à sa bien-aimée tout ce qu'il a vécu.
Avec l'aide du poète et de sa fille âgé de dix ans, le jeune homme réapprend à vivre. Doucement, il retrouve des plaisirs simples oubliés. Mais en en quinze années le monde a changé, sa famille n'habite plus là, le verger de son père appartient à quelqu'un d'autre qui le délaisse. Et la guerre commence à gronder. Bien plus qu'un simple déclaration d'amour, l'écriture lui permet de se reconstruire.
Ce livre est magnifique, douloureux et rempli d'une sagesse qui ont noyé mes yeux de poissons d'eau. Un texte où la puissance côtoie le souffle délicat de la poésie. L'écriture de Peter Hobbs, auteur anglais, est un travail d'orfèvre. Récit empreint d'universalité où l'amour, les souvenirs et le pouvoir de l'imagination permettent à un homme de se relever.
Un coup de coeur entier ! Et l'excellent travail de traduction est à souligner.
Le temps s'étire pendant l'enfance, et les choses sont simplement ce qu'elles sont. Nos parents et nos grands-parents sont toujours présents et ne semblent pas vieillir. Une maison est un endroit fixe, immuable, dans lequel on peut toujours revenir, et les enfants restent des enfants, avec des plaisirs et des besoins simples et constants. Le monde est ce qu'il est.
Mais à présent tout change si vite. La guerre, qui a contourné ces vallées sans y pénétrer, se fait désormais menaçante. Les frontières sont franchies par les armées, mais aussi par les idées.
lundi 27 mai 2013
Ilaria Gremizzi - Les nigauds de l'oubli et autres saloperies
Éditeur : Castor Astral - Date de parution : Mai 2013 - 262 pages qui sortent des sentiers battus !
Comment vous parler de cet OLNI littéraire ? Parce qu’il s’agit livre truculent, iconoclaste, pétillant, drôle et sensible. Et si c’est un roman à l’envers, plein de ratages, de fautes, de maladresse, de trucs qui se passent malgré nous, il y aussi Lily la narratrice âgée de treize ans. Habitant dans un petit village S*. près de Milan où rien ne se passe avec son père Ronny coiffeur de profession et Jeanne sa belle-mère. Si tout commence par la mort de Voltaire, le chat de Lily, on découvre les pensées, le quotidien de cette jeune fille dans une famille un peu barrée. Entre son père dont l’arrivée des visagistes est un désastre pour son commerce (ce qui ne l’empêche pas de s’intéresser de très près aux extra-terrestres), sa belle-mère à la taille de guêpe (à en être complexée quand on est un peu enrobée comme Lily), et Franz un inconnu hébergé chez eux qui ne sort jamais et dont Lily va apprendre pourquoi il se cache, on ne s’ennuie pas une seule seconde ! Pourtant ce roman ne recèle pas d’aventures. Cette vie morne racontée par Lily qui fait des digressions, expliquant le pourquoi de certains points avec un franc-parler prend une autre dimension. Elle ferre le lecteur et là impossible de lâcher ce livre !
On pourrait croire que l’on va se perdre dans des dédales mais l'auteure mène sa barque en jouer avec nous et avec les mots grâce à un mélange de fraîcheur, une écriture étonnante et savoureuse !Surprenant sous bien des aspects, ce livre sort des sentiers battus et je me suis régalée ! Une tranche de vie où les questions, les préoccupations des plus anodines aux plus sérieuses de Lily m’ont fait rire et émue.
Malgré un petit bémol concernant le rythme qui s’essouffle un peu avant la fin, je dis bravo car Illaria Gremmizzi dont le français n'est pas la langue natale bouscule les conventions littéraires et c’est réussi.
Même s'il n'est pas parfait, j'ai pris un immense plaisir à le lire ! Rien que les notes de bas de page valent le détour ( et sachez en passant que j’adore la brandade de morue…).
Malgré tout Jeanne était mieux que rien. Parmi ses qualités, il y avait la fait qu'elle adorait parler : elle avait compris que c'était uns stratégie fondamentale de survie.Ce n'est pas donné à tout le monde. Ronnie, lui, était un mauvais parleur, c'est pour ça q'il risquait de crever plus vite.
Les billets de Brize, Cachou, Keisha
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