lundi 10 juin 2013

Samantha Hayes - Les mères


Éditeur : Le Cherche Midi - Date de parution : Avril 2013 - Traduit de l'anglais par Florianne Vidal - 423 pages et un avis mitigé...

Sur la 4ème de couverture, une phrase : "dans la lignée de Mo Hayder et de Gillian Flynn, la nouvelle reine du thriller psychologique anglais!" a fait tilt. Ayant beaucoup aimé les apparences de Gillian Flynn, je me réjouissais à l'avance. Mais au final la comparaison avec Gillian Flynn est exagérée....

Mariée à James, Claudia considère les jumeaux de son mari Noah et Oscar âgés de quatre ans comme ses propres enfants. Claudia est enceinte et travaille comme assistante sociale. Une belle maison, un quartier chic et tranquille :  le portrait d'une famille heureuse. Militaire dans dans la marine, James doit partir bientôt pour une mission de deux mois et sera absent quand Claudia mettra au monde leur petite fille. Sa grossesse étant bientôt à terme, Claudia décide de passer une annonce à la recherche d'une nounou. Comme tout le monde, elle cherche la perle rare. Zoe Harper y  répond. Elle présente de bonnes et solides références, s'entend tout de suite avec les jumeaux et surtout elle donne une bonne impression aux parents. Pendant ce temps, l'inspecteur Lorraine et son mari Adam enquêtent sur une affaire difficile : le meurtre d'une jeune femme enceinte sur laquelle on a voulu extraire le bébé.

Les voix Claudia, Zoe et Lorraine alternent à travers les différents chapitres.  Dès le départ on se rend compte que Claudia n'est pas si à l'aise que ça avec Zoe. Une sorte de sixième sens l'empêche de lui faire totalement confiance. Et la nounou semble cacher la vraie raison pour laquelle elle se trouve chez eux. Un second meurtre est bientôt commis. La police est sur les dents et une sorte de paranoïa  s'installe. De plus, Claudia se pose de plus en plus de questions sur le comportement étrange de Zoe.

Si Samantha Hayes nous embarque habilement sur des fausses pistes, le style n'est pas la hauteur. Difficile de distinguer quand il s'agit de Claudia ou de Zoe qui prend la parole. Sans compter des longueurs  monotones et inutiles.
Mais malgré tout ce thriller n'a pas connu le terrible sort du jeté par dessus l'épaule. Car ferrée je l'étais. En tout cas suffisamment  pour vouloir connaître le fin mot de l'histoire et savoir si j'étais sur la bonne voie. Et mon instant de Sherlock Holmes ne m'a pas trompée ( si!!).

De nombreux  billets et avis différents   : Adalana, Démosthène, EmyGeorge, LystigMarineNoukette , Plume libre ...




samedi 8 juin 2013

Glenn Taylor - Un homme loyal


Éditeur : Grasset - Date Parution : Janvier 2013 - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Brice Matthieussent - 506 pages et un beau et bon roman !

1941, Virigine-Occidentale. La ville d’Huntington vit grâce à la soufflerie de verre Mann Glass. Orphelin depuis très jeune, Loyal Ledford y travaille et fréquente Rachel la fille du patron. Ecoutant son devoir, il répond à l’appel de mobilisation et s’engage dans les Marines. A son retour de Guadacanal, c’est un homme changé, endurci, hanté par la guerre et ses atrocités. Il veut désormais  faire quelque chose de bien de sa vie. Avec femme et enfants, il  quitte Huntington pour s’installer dans la vallée de l'Os à Moelle où vivent les frères Binnecutter. Deux individus proches de la nature qui n'ont cure de la loi.

Ledford crée une usine à  billes mais surtout une communauté sur ces terres où chacun est respecté. Alors que le racisme existe toujours envers les personnes de couleur, Ledford veut montrer que blancs et noirs peuvent vivre et travailler ensemble. L’histoire se déroule de 1941 à 1969 mois par mois, pas seulement celle de Ledford mais également celle de l’Amérique.  Un pays où certains crient de joie après l’assassinat de Martin Luther King, où d’autres sont aveuglés par le pouvoir et l’argent. Après la guerre, Ledford s’est promis de n’avoir jamais recours à la violence, il s’agit d’un homme qui a des valeurs et  habité d’humanité. Mais il devra revenir sur sa promesse pour les siens...

Entre rédemption, les démons de la guerre et l'espoir d'un avenir différent, Glenn Taylor nous offre une fresque passionnante sans être moralisatrice avec des personnages terriblement humains ! L’écriture est déchargée de tout superflu et touche au plus près le lecteur. Un bon et beau roman !

Dès qu'un homme accepte l'idée de la mort, il est libre de vivre.

Le gamin trembla.Une maladie de  la jungle dans son sang. "J'en ai marre de tuer, dit-il. Japs ou pas Japs. "Il baissa les yeux vers ses doigts qui sucraient les fraises. " Je veux seulement que mes ongles et mes cheveux se mettent  à pousser" ajouta-t-il.
"Ouais, fit Ledford. T'en as vraiment marre de tout ça, petit.Va de l'avant et requinque-toi. Laisse tes ongles et tes cheveux pousser bien long."
Deux marines éclatèrent de rire. (...) Il n' y avait plus de place pour la moindre douceur. De tous ces hommes qui avaient fait  ensemble ce qu'ils avaient fait, aucun ne pourrait plus jamais s'abandonner à la moindre douceur. Pareille faiblesse aurait invité leurs cauchemars dans le monde éveillé.

vendredi 7 juin 2013

Elizabeth Jenkins - Harriet


Éditeur : Joëlle Losfeld - Date de parution : Mai 2013 - Traduit de l'anglais par Christophe Mercier - 288 pages lues d'une traite !

Fin du XIXe siècle, Londres. Harriet est une jeune femme trentenaire à l’esprit un peu simple : de la maladresse, un comportement quelquefois excessif et buté, un physique disgracieux, des difficultés à parler et à exprimer clairement ses pensées. Sa mère Mme Olgilvy est une femme riche et comble Harriet de présents, de robes car Harriet est très coquette et soigneuse. Protégée par sa mère, Harriet connaît une existence heureuse.

Lors de son séjour chez Mme Hopner à la campagne, un séjour payé par sa mère, Harriet n’est pas seule. Elizabeth la fille de Mme Hopner et son époux Patrick y demeurentégalement ainsi que Lewis le frère de Patrick. Alice l’autre fille de Mme Hopner est amoureuse de Lewis, un jeune homme certain de ses charmes. Lewis remarque immédiatement les tenues élégantes d’Harriet et voit y le signe de l’argent. Il apprend qu’Harriet dispose de trois mille livres ainsi que deux mille livre qui lui seront versées à la mort d’une de ses tantes. Attiré par tout cet l’argent et manipulateur, Lewis lui fait la cour, la demande en mariage et surtout la monte contre sa mère. Harriet éprise de Lewis qu’elle considère comme un homme bon acquiesce à toutes ses demandes. Mme Olgilvy a compris le jeu de Lewis et elle sait qu’il n’en vaut qu’à l’argent de sa fille. Mais celle-ci est majeure et aucune autorité ne peut empêcher le mariage. Harriet part avec Lewis et se marie refusant de voir désormais sa mère.
Harriet est enceinte et Lewis suggère à Alice de venir chez eux  pour aider Harriet. En fait, Alice se promène avec lui et Harriet est laissée aux soins d’une nurse. Elle met au monde un fils dont Lewis de désintéresse totalement. Il convainc Harriet de séjourner chez Patrick et Elisabeth à la campagne pour retrouver des forces. Lui et Alice se conduisent comme un couple marié profitant de la vie. Harriet doit rester dans sa chambre avec son fils.
Entre Elisabeth, Patrick, Patrick et Alice, une complicité tacite les mène à repousser encore plus loin les conditions de vie d’Harriet. Car chacun est persuadé que son intérêt personnel prévaut devant ce qu’Harriet endure. Séquestrée, Battue, affamée, Harriet est traitée comme un animal. Alors que son mari et sa maîtresse habitent tout près d’où elle se trouve ... J’en ai assez dit sur ce roman et je ne vous révélerai pas la suite qui révèle des surprises !

Elisabeth Jenkins nous décrit non seulement l’inimaginable mais surtout la perversité des  personnages avec finesse !
Mené avec brio, l'auteure nous décrit l'avidité, la cupidité et la psychologie des personnages est décrite tout en subtilité. J'ai lu ce roman d’une traite !
Elizabeth Jenkins  retranscrit une histoire vraie et la cruauté des personnages est d’autant plus écœurante. A lire également l'excellente postface de Rachel Cook.

Il trouvait la force de lui donner de petites tapes affectueuses, avec juste un peu plus de répugnance qu'il en aurait éprouvé pour un animal étrange.


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