mercredi 26 juin 2013

Jean-Luc Seigle - En vieillissant les hommes pleurent


Éditeur : J'ai lu - Date de parution : Mai 2013 - 250 pages cruellement superbes !

Il y a des livres qui vous touchent parce qu’ils vous renvoient à votre vécu ou à des gens proches. Des personnes issues d’un milieu modeste mais pour qui certaines valeurs étaient importantes. Souvent elles n’avaient pas appris à dire leurs sentiments, la pudeur était de vigueur. Pas d’effusion ou d’embrassade, on gardait ça en soi. Les joies comme les peines. Et un homme se devait d’être fort, surtout ne pas pleurer. Des taiseux dont des ruisseaux ou des torrents de larmes charriaient l’âme et le cœur traçant des sillons indélébiles enfouis. Mon père en faisait parti et je ne l’ai jamais entendu dire qu’il m’aimait.

Nous sommes en 1961. Albert est ouvrier à l’usine Michelin . Après sa journée de travail, il aime retourner à ses racines, la terre transmise d’une génération à l’autre. De ses mains, la toucher et la cultiver. Son épouse Suzanne voudrait balayer le passé que le mobilier lui renvoie à la figure par le mobilier et être moderne. Depuis que leur fils aîné Henri est parti en Algérie pour la guerre, Suzanne a changé. Elle n’est pas devenue une des ces femmes qui portent sur elles la tristesse. Au contraire, elle prend spin comme jamais auparavant. Avec Henri, elle échange une correspondance unique. Pourtant Albert connait la guerre, il l'a faite. Et y a Gilles, le second fils arrivé tardivement qui s’échappe dans les livres. Albert sait qu’Henri est le fils préféré de Suzanne. Même si Albert est un taiseux, il veut que Gilles bien que différent ait sa chance lui aussi. Il le présente à Monsieur Antoine un ancien instituteur à la retraite amoureux des livres. Suzanne a acheté une télé car Henri a été filmé. C’est l’effervescence, la famille, les voisins et voisins se tiennent devant ce poste durant la soirée. Et Henri apparaît. Albert se tient éloigné, il comprend que Suzanne a besoin de revoir son fils et qu'il n' a plus sa place dans ce monde qui n'est plus le sien.

En une seule journée, on assiste à la naissance du projet d’Albert, à ce qu’il veut transmettre à Gilles, à l’adultère de Suzanne. En une journée, les valeurs, les non-dits prennent forme à demi-mots mais surtout par les comportements. Les relations au sein de cette famille sont admirablement décrites. J’ai retrouvé cette pudeur qu’évoquait Marie-Hélène Lafon, les classes sociales qu’Annie Ernaux décrivait et dont on est prisonnier, la lecture qui peut changer une vie. 

Dès les premières lignes, j’ai été ferrée par la simplicité qu’à Jean-Luc Seigle de nous immiscer dans un drame. La vérité superbement cruelle m’a prise à la gorge et j'ai été bouleversée. Pas de grands mots mais une écriture sans fioriture qui colle aux personnages comme une seconde peau.

Tout à l’heure je ne serai plus ce que je suis et que je n’aime pas être. Je n’aime pas qui je suis. Je n’aime pas ce qu’il faudrait que je sois, je n’aime pas me réjouir de cette vie–là, je ne suis pas de cette vie, je suis d’un autre temps que je n’ai pas su retenir.

Antigone  m'avait donné envie de le lire,  Leiloona a été bouleversée également et en parlait hier

mardi 25 juin 2013

Samira El Ayachi - Quarante jours après ma mort


Éditeur : l'Aube - Date de parution : Mai 2013 - 228 pages d'un chant de colère, d'injustice ou de rédemption !

Un jeune homme de trente-cinq ans est mort à Paris. Il est le narrateur de ce récit. Son corps et rapatrié au Maroc la terre de sa famille. Bien que né en France, c’est à Fès que son corps sera gardé en attendant l’arrivée de ses parents selon le rite musulman. Son corps est exposé pour la venue des voisins, des amis, de la famille. Il entend tout le bien, comme le mal, les mensonges comme les pleurs. Il sait comment se déroule les funérailles. Mais il a peur. Pas de la mort mais que son existence en France soit mise à nue. Et elle l’est.

Une attente qui va durer quarante jours, autant de journées où tout s’effondre, où la vérité prend un autre visage. . De Paris, trois femmes qui ne se connaissent pas arrivent affirment chacune être sa compagne. De son sont statut de mort pleuré, il devint un objet de honte. Impuissant, il raconte ses propres mensonges qu’il a brodé tout la comme vie qu’il disait mener. Mais l'arrivée surprise  des compagnes n’est pas la dernière en révélation inattendue.

L’auteure alterne habilement les traditions marocaines et toute une famille qui va se confronter elle-même à ses propres secrets et la vie du narrateur. Deux styles où poésie et lyrisme contrastent avec une langue actuelle sans concession. Entre traditions et modernité, ce roman s’élève comme un chant où colère, honte et rédemption dominent. Et les désillusions de jeune homme nous sautent à la gorge comme le témoignage de ses rêves inaccomplis.

Même si ce roman n’est pas parfait, l’écriture de Samira El Ayachi est un chant à elle tout seule. Elle réussit ce pari d'intégrer la mort comme entité, les coutumes religieuses et de nous pendre la main par cette histoire dont la dimension fait réfléchir.
Une lecture qui sort des sentiers battus ! 

Et je me demande " Qu'ont donc tous ces gens? " N' y a t-il pas endroit plus propice à déballer ses petite affaires que sur la table de mes funérailles ? Depuis ma mort, chacun se hâte de décharger sa conscience en me rapportant comment, toute sa vie durant , il ou elle manœuvré pour dissimuler une partie de son identité. Surtout, je comprenais que dans le moindre recoin  de ce pays , toute chose est autorisée tant qu'elle demeure, clandestine, calfeutrée dans le psyché de l'individu. C'est le règne de la vie souterraine, au détriment de la vie révélée. 

lundi 24 juin 2013

Mais c'est quoi cette PAL ???

Ma PAL de plusieurs  strates (datant d’ères plus ou moins anciennes) est variée. Voici quelques uns des livres que j'aimerai lire cet été pour pouvoir les ranger ensuite : 

Rosa Montero : le territoire des barbares
Jonh Cheever : Falconer
Alice Ferney : Cherchez la femme
Christophe Mouton : notre mariage
Katrina Kittle : le garçon d’à côté
Orina jeancourt Galignani : mourir est un art, comme tout le reste
Andreï Makine : une femme aimée
Peter Heller : la constellation du chien
Paule Noyart : la nuit d’Ostende
Ron Rash : un pied au paradis
Joyce Carol Oates : j’ai réussi à rester en vie
Didier Van Caulewaeet : corps étranger
AM Homes : ce livre va vous sauver la vie
Yann Queffélec : les noces barbares
Carole Zalberg : la mère horizontale
Erri De Lucca- les poissons ne ferment pas les yeux

Lili Galipette a pensé à nous ( ceux qui achètent, font des stock au cas où ...catégorie dont je fais partie) en organisant une challenge autour d'une PAL d'été. L'objectif  dégraisser en peu nos étagères et pas notre portefeuille.. merveilleux!




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