vendredi 12 juillet 2013

David Abbott - Leçons singulières


Éditeur : Rivages - Traduit de l'anglais par Katell Le Fur - Date de parution : 2012 - 295 pages et un premier roman brillant !

Henry Cage un homme d’affaires londonien proche de la soixantaine est remercié après avoir participé à bâtir une société sérieuse. Si son univers s’effondre, Henry ne perd pas son flegme. Divorcé depuis des années, son ex-femme atteinte d’un cancer qui vit en Floride veut qu’il vienne la voir.

Mais avant de découvrir cette situation, le roman s’ouvre sur un accident horrible du genre à vous faire pleurer. Et ensuite, on plonge dans la vie d’Henry. Un homme droit et rigide, l’opposé de son ex-femme pétillante et drôle. Leur fils n’a pas pardonné à Henry (il appelle son père par son prénom) son indifférence et son manque d’affection. En acceptant d’aller en Floride, Henry va apprendre qu’il est grand-père mais surtout ce voyage va lui donner l’occasion de réparer ses erreurs du passé. Un miroir lui est tendu, s’il ne peut pas gommer l’image détachée qui est dans son tempérament, Henry va prendre conscience qu’il n’a pas été toujours aussi parfait qu’il l’aurait souhaité. La carapace se fendille et laisse apparaître des blessures soigneusement cachées.

Au fil des pages, le portait d’Henry se dessine et évolue. Maladroit avec les sentiments et les marques d’amour, il s’agit d’un homme attachant. Encagé dans une droiture dont il n’a pu se défaire, pétri d’intentions respectueuses, il est en décalage avec le monde dans lequel il vit. Un roman subtil tout en pudeur, sensible où les émotions sont déclinées des plus tendres aux plus cruelles. Pas de pathos mais des touches d’humour pour ce premier roman brillant !

Quand tu passes ta vie à façonner la réputation des autres, j'imagine que c'est tentant de finir par se soucier un peu trop de la tienne.

Les billets des tentatrices :  Cathulu, Cuné




jeudi 11 juillet 2013

Clément Bénech - L'été slovène


Éditeur : Flammarion - Date de parution : mars 2013 - 126 pages efficaces ! 

Le narrateur et sa compagne Elena partent en vacances à Slovénie. Un voyage pour sauver leur jeune couple, colmater les brèches et repartir sur de bonnes bases. Se donner une seconde chance dans un pays de l'est. Lui fait de l'humour, essaie de voir le bon côté des choses même quand il leur arrive des galères. Elena  se retranche, s'éloigne peu à peu. S'entourer, ne pas être seuls et quand ce moment fatidique arrive, la gêne s'installe. Naufrage d'un amour raconté avec beaucoup d'humour souvent désabusé (car l'humour est une carapace)  jusqu'à ce que que l'insouciance feinte du narrateur éclate.

Clément Bénech nous fait voyager en Slovénie mais surtout suggère dans un regard, un geste les malentendu, l'embarras éprouvé, le fossé qui se creuse irrémédiablement et les questions qui font mal. Une écriture qui va à l'économie des mot comme je les aime. Même si ce roman n'est pas parfait, il s'agit d'une jolie découverte !

Est-ce que tu es en couple avec moi pour avoir la reconnaissance de tes amis et de ta famille, ou pour la sérénité de l'amour ?

Les billets de Kathel, Keisha , Lili Galipette 


mercredi 10 juillet 2013

Luigi Carletti - Six femmes au foot

Editeur : Liana Levi - Traduit de l'italien par Marianne Faurobert - Date de parution : mai 2013 - 274 pages sans temps mort! 

Il s'agit d'un match très attendu car le Milan AC et l'Inter vont jouer. Le stade est comble, une foule humaine rassemblée pour assister à cet événement. Si les supporters des deux équipes sont présents, d'autre spectateurs comme ces six femmes sont là mais pas pour le match. Letizia, Lola, Annarosa, Renata, Guendalina, Gemma attendent autre chose.

Annarosa accompagne son mari pour la première fois. Le foot, la foule : rien ne lui plaît. Le frère de son mari et sa femme sont là aussi. Les deux frères parlent foot et leurs épouses par solidarité féminine s'assoient l'une à côté de l'autre. Gemma est une habituée du stade. A plus de quatre-vingt ans, elle ne rate aucun match accompagné de la présence fantomatique de son mari. Lola chroniqueuse d'origine brésilienne va commenter pour la première fois à la radio et en direct ce match. Letizia est en mission particulière. Son but est un homme vêtu d'un blouson rouge et avec son équipe de police elle compte bien l'arrêter. Renata clouée dans un fauteuil roulant depuis son accident attend d'approcher un joueur en particulier. Et Guendalina, elle, veut se venger.

Au fil des pages, on découvre plus en détail ces six femmes et leurs attentions. Des femmes qui se remettent en question, blessées, qui ont des secrets ou qui vivent avec la peur au ventre ou dans le passé. Presque toutes ont un plan pour parvenir à leurs fins mais rien (ou presque) ne va se dérouler comme prévu.

Si le roman prend au départ le tournant d'une comédie où les situations sont passées au crible avec un humour corrosif, Luigi Carletti nous entraîne très habilement dans le roman policier. C'est vif, sans temps mort, on sourit tant le regard  de l'auteur est caustique et juste !  
Il nous dresse un portait de l'Italie d'aujourd'hui  et la  passion du foot  n'est pas oubliée mais je vous rassure nul besoin d'apprécier ce sport pour se délecter de ce roman ! Seul petit  bémol : j'ai trouvé que la fin était amenée trop vite.

Elle m'a pondu tout une théorie, la quarantaine du mâle, l'angoisse de la mort. Le syndrome de Peter Pan, elle appelle ça. Tu comprends, quand ils ne savent plus quoi dire ils dégainent des noms de dessin animé. Ne vous en  faites pas, qu'elle me dit. Les hommes sont comma ça. Veronica se tourne vers Greg puis se tourne vers Annarosa : Tu comprends, Nini? Et moi je dois faire avec. Je devrais me faire une raison en me disant que les hommes sont comme ça ! Mon mari est comme ça ! Peter Pan mon cul ! je vais le dégommer, moi, Peter Pan ! 

Les billets de  Mireille sur Babelio,  Mirontaine (merci !),  Sandrine.

Lu du même auteur   : Prison avec piscine  que j'avais beaucoup moins aimé.


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...