lundi 26 août 2013

Louise Erdrich - Dans le silence du vent


Éditeur : Albin michel - Date de parution : Août 2013 - Traduit de l'américain par Isabelle Reinharez - 458 pages denses et profondes !

Lors d’une journée de printemps, la mère de Joe partie chercher un dossier pour son travail se fait attendre. A son retour, Géraldine est incapable de parler. Conduite à l’hôpital, son mari et Joe âgé de treize ans apprennent qu’elle a été violée. Choquée, elle s’enferme dans un mutisme et ne veut pas évoquer ce qu’elle a subi ni à la police ni à son mari. Pourtant ce dernier est juge aux affaires indiennes. Son mari qui a foi et confiance en la justice remet l’affaire entre les mains des autorités compétentes. Mais pour Joe rien ne plus être pareil. Sa mère reste cloitrée dans sa chambre et se coupe du monde, de sa famille. Joe est déterminé à mener sa propre enquête.

De l’insouciance conférée par  l’enfance, Joe est projeté dans le monde des adultes. Un monde loin d’être simple surtout que les lois sur le territoire indien sont complexes. Sa quête de vérité et de vengeance se heurte à la notion de justice et aux principes inculqués par son père. Mais pour sa mère, Joe est prêt à tout.

Ce livre au vu du thème aurait pu être très sombre mais Joe le narrateur s’il nous raconte l’effondrement de sa famille, nous fait part également de ses sorties et de ses ballades avec ses amis ainsi que de la solidarité au sein de la communauté indienne. Ses premières bières, son premier mensonge contrebalancent l’ambiance morose qui règne désormais dans sa maison. La douleur, les souffrances éprouvées par sa mère, son père et Joe sont rendues admirablement avec intensité et sobriété comme l’enfance envolée de Joe.

Un roman émouvant où Louise Erdrich amène le lecteur à réfléchir sur la notion de justice. 
Dense, profond, l’auteure brise la gangue de silence et  sa voix s’élève admirablement comme un manifeste pour dénoncer les violences subies par les femmes amérindiennes.
Un livre dirigé magistralement une fois de plus par cette auteure très talentueuse  ! 

Et ces chiffres de la postface qui font froid dans le dos : Un rapport publié en 2009 par Amnesty International , présentait les statistiques suivantes : une femme amérindienne sur trois sera violée au cour de sa vie ( et ce chiffre est certainement supérieur car souvent les femmes amérindiennes ne signalent pas le viols) ; 86 pour cent des viols et des violences sont victimes les femmes sont commis par des hommes non-amérindiens ; peu d’entre eux sont poursuivis en justice.

Lu de cette auteure : La chorale des maîtres bouchers - La malédiction des colombes - Le jeu des ombres

Le billet de Cathulu




vendredi 23 août 2013

Vacances !!!

Une semaine de vacances. Du repos, profiter pour se ressourcer, nager ( je n’ai pas nagé depuis plus de 15 jours et je suis en manque), découvrir des lieux, s’enchanter , s’émerveiller, jouer au scrabble ( et perdre en riant car la beauté des mots ne fait pas le poids face aux redoutables tacticiens), lire, marcher, vivre l'instant présent. Pas d’ordinateur volontairement et se e déconnecter vraiment.

 Je vous dis à bientôt !

Et j’ai des billets programmés (là, je m’épate moi-même !) Belle fin d'août à vous tous/toutes!

Laura Kasischke - Esprit d'hiver


Éditeur : Bourgois - Date de parution : Août 2013 - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Aurélie Tronchet - 286 pages et un uppercut !

Esprit d’hiver ou comment Laura Kasischke joue avec nos nerfs avec brio !
En ce jour de Noël, Holly réveillée tard a une impression étrange. Son mari Eric est déjà parti chercher sa famille à l’aéroport chercher ses parents et leur fille Tatiana adoptée treize ans plus tôt en Sibérie dort encore. Une pensée obsède Holly « quelque chose les avait suivie depuis la Russie » et  elle a l'impression de changements confus  ces derniers temps. Tatiana d’habitude enjouée se montre d’humeur changeante. Holly ne comprend pas pourquoi. Mais elle met cette humeur sur le compte de l'adolescence et ne veut pas s'énerver contre sa fille. Les éléments semblent se liguer contre Holly. La neige se transforme en un blizzard : Eric est bloqué et aucun des invités ne sera présent ce qui rend furieuse Tatiana. De plus, d’étranges accidents surviennent dans la maison. Tatiana assène sa mère  de reproches que ne sait plus quoi penser...

Tout le roman se déroule entre la cuisine et la chambre de Tatiana. Un confinement qui rend encore plus oppressante l’ambiance de ce huis clos hypnotique. Les réflexions d’Holly sur l’adoption, ses envies d’écriture et les souvenirs enfouis, le comportement étrange de Tatania desservent une fin terrifiante ! Car à la dernière page, le puzzle est assemblé et tout le roman nous revient en mémoire. J'ai été scotchée, sonnée car la lumière jaillit sur cet effroyable huis clos...

Je suis sortie très mal à l'aise de cette lecture et il m'a fallu plusieurs jours pour me défaire de ce sentiment. Laura Kasischke nous plonge dans une relation mère-fille, dans les questions légitimes en cas d'adoption et nous ferre habilement.
Avec du recul, il s'agit d'une lecture dérangeante dont on ne sort pas indemne mais  un roman fascinant et donc totalement réussi !

Holly savait qu'elle pouvait avoir tout le temps d'écrire au monde, et en dépit de cette conviction qu'elle avait quelque chose à écrire mais pas le temps pour le faire, cela ne donnerait rien. Combien de débuts avait-elle griffonnés ces dix-huit dernières années, et combien de ces débuts n'avaient mené à rien d'autre que la frustration et une mauvaise humeur qui durait  des jours? Des centaines de débuts, ne menant à rien. Quel  aurait été l'intérêt de briser son angoisse de la page blanche, rien de moins que le jour de Noël? 

Lu de cette même auteure : En un monde parfait - La vie devant ses yeux

Merci à Dialogues Croisés !






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