vendredi 6 septembre 2013

Barbara Kingsolver - Dans la lumière


Éditeur : Rivages - Date de parution : Août 2013- Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Martine Aubert - 555 pages agréables !

Au cœur des Appalaches, Dellaboria se remet en question. Mariée à dix-sept ans car elle était enceinte, sa vie de mère au foyer n’a rien de réjouissant et ses beaux-parents ne l’apprécient guère. En se rendant à un rendez-vous avec son jeune amant, elle est aveuglée et fascinée par une lumière rouge car des papillons aux ailes oranges colonisent les arbres de la vallée. Dellaboria le prend comme un signe et décide de retourner chez elle.

Ces papillons appelés les monarques vont bouleverser la vie de la petite ville et celle de Dellaboria. La plupart des habitants y voit une manifestation divine alors qu’un scientifique arrive pour étudier ce phénomène anormal. Ces papillons depuis la nuit des temps passent l’hiver au Mexique. Pourquoi ont-ils changé leurs habitudes ? Ce coin perdu des Appalaches attire journalistes et curieux car tout le monde veut voir le phénomène qui se produit sur les terres des beaux-parents de Dellaboria. Cette dernière et son mari Cub vivotent et dépendent financièrement des parents de Cub. Mais justement petit à petit les papillons vont donner l’occasion à Dellaboria de prendre son envol.
A la grande surprise du professeur Obid Byron venu étudier le phénomène, Dellaboria semble peu préoccupée du réchauffement climatique et des impacts. Et là, on assiste à la confrontation du monde scientifique, des dérives extrémistes écologistes, des intérêts financiers et de  personnes dans une certaine nécessité comme Dellaboria dont les réalités et les préoccupations sont différentes.

Si au départ Dellaboria m’est apparue vraiment naïve et par moment agaçante, elle a su gagner mon empathie ce qui n’était pas gagné d’avance. Deux enfants, un mariage par obligation, aucun diplôme : peu de possibilités ouvertes pour changer de vie. Peu à peu, elle va arriver à gagner confiance en elle et à s’ouvrir à de nouveaux horizons.

Malgré des longueurs inutiles et quelques bons sentiments, ce livre a le mérite de démontrer que tout le monde peut être sensibilisé aux problèmes de notre planète et surtout d’en prendre conscience. Au vu de la quatrième de couverture, j’en attendais peut-être un peu plus mais finalement je ne regrette pas de l’avoir lu !

- C'est vrai, Cub, on le mérite, répondit-elle. Je dis pas le contraire. Mais la chance c'est un coup de dés. Tu ne peux pas bâtir une industrie sur l'espoir qu'ils vont revenir. C'est ça qui bousille les gens. Se lancer à l'aveuglette comme ça.

Des avis partagée  :  Brize  a été déçue,  Dominique  a aimé , un coup de coeur pour Lucie et Valérie  l'a trouvé  moralisateur.






jeudi 5 septembre 2013

Lionel Salaün - Bel-Air

Éditeur : Liana Levi - Date de parution : Septembre 2013 - 223 pages âpres, intelligentes et terriblement juste ! 

Années 1950, dans une sous-préfecture en France le café le Bel-Air est l'endroit de la cité où les habitants du quartier se rejoignent. Les conversations y vont bon train comme les nouvelles commentées par chacun. Trente ans plus tard , Franck y revient. Le café est sur le déclin mais Gérard que Franck considérait comme son meilleur ami officie toujours derrière le comptoir. Enfants puis adolescents, Franck et Gérard étaient unis comme deux doigts de la main.

Alors que la guerre d’Algérie couve au Bel-Air certains esprits s’échauffent car les préjugés et le racisme sont le petit lait de certains. La guerre d’Indochine vient de se terminer en ayant laissé un goût de défaite. Des patriotes jusqu’à l’os comme le père de Gérard rêvent de revanche et regardent d’un mauvais œil les immigrés. Gérard rêve de s’engager. Pour lui, l’Algérie appartient à la France. En bon fils, il partage les idées de son père. Ces opinions sont la première fracture dans l’amitié entre Franck et de Gérard. De nature solitaire et aspirant à la liberté, Franck qui vient de terminer le lycée n’a pas d’ambition spéciale alors que ses copains ont tous des choix en tête. Il est convenu que Gérard fils unique reprendra le Bel-Air l’affaire de la famille. Si pour le moment, Franck et les siens rêvent encore d’Amérique, de filles aussi belles que celles des affiches, la menace de la guerre et de la lettre d’incorporation va dévoiler le pire comme l’inattendu. La génération de Franck est projetée dans une vie d’adulte avant d’avoir eu le temps de profiter de la jeunesse. Mais Franck y laissera bien plus que l’insouciance…

Je l’attendais impatiemment ce nouveau roman de Lionel Salaün ! Après Le retour de Jim Lamar, l’auteur nous immerge dans la France des années 50 où le charme suranné est tâché par le racisme nourri par des gens ordinaires. Sans aucun superflu ou cliché, il nous renvoie l’image de notre pays en pleinf mutation sociale, d'une  jeunesse brisée comme l’amertume des amitiés que l’on croyait indéfectibles. 
Avec intelligence, il réussit à nous faire ressentir  l'ambiance du Bel-Air comme si on était aussi bien que les émotions trahies par un signe du visage.
Ce second roman de Lionel Salaün est une totale réussite avec une écriture âpre qui colle au plus près des personnages !

S'il est vrai que le fonctionnement de notre communauté, tant en raison de sa situation géographique, en marge de la Ville, que du statut social de ses habitants, ouvriers pour la plupart, petits artisans ou employés subalternes, créait un sentiment fort d'appartenance à la classe qui la composait, avec l'esprit de solidarité, de partage et d'entraide qui en découle, celle-ci souffrait des maux inhérents à toute société  évoluant en vase clos, où l'ordinaire de chacun est la pâture de tous.

Un grand merci à Dialogues Croisés !








mardi 3 septembre 2013

Marie-Renée Lavoie - Le syndrome de la vis


Éditeur : XYZ - Date de parution : 2012 - 211 pages rafraîchissantes mais un peu trop légères...

Josée est à bout physiquement et surtout nerveusement car elle ne dort plus. Professeur, ses nuits sont de longues insomnies où son esprit tournicote inlassablement. Elle est sur le point de péter un câble sur la journée.

Voilà un roman rafraîchissant mais qui n'a pas su me convaincre. Si le rythme est entraînant et que j'ai souvent eu le sourire aux lèvres, j'ai trouvé que l'ensemble avait un goût de guimauve. Des personnages haut en couleurs, bienveillants envers Josée, trop d'ailleurs. Sans compter une happy end qui tombe comme un cheveu sur la soupe.
Mais heureusement il y a des passages avec une belle humanité sincère et surtout les expressions québécoises qui sont comme  des bonbons dont on se délecte !

Le problème, c’est de rester endormie. Alors j’attrape L’Île du jour d’avant, d’Umberto Eco, l’un de mes livres de nuit de prédilection – j’ai mis six mois à atteindre la page 51 – et j’essaie, comme chaque jour, de me rappeler de quoi il est question dans ce roman. Pourtant, la fin du chapitre n’est pas loin, au prochain tournant de page, je le sais parce j’ai triché pour m’encourager, mais je ne l’atteindrai pas, la petite peau repliée sur mes yeux se déploie inexorablement, contre ma volonté. C’est l’un des grands paradoxes de ma vie: tant vouloir, au même moment, veiller et dormir.

Les billet de Cathulu  et Karines:) plus enthousiastes que moi.

Et une première participation au challenge proposé par Karine:) et Yueyin consacré au Québec!






Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...