lundi 9 septembre 2013

Des matchs ? Oui, ceux de la rentrée littéraire avec PriceMinister !


La rentrée scolaire rime avec la rentrée littéraire et PriceMinister comme l'année dernière nous offre des matchs autour de la rentrée (la  littéraire et non pas la scolaire...).

Avec George, Lili Galipette et  Stephie, j'ai participé à une sélection d'ouvrages du cru 2013 que voici :

Danse Noire de Nancy Huston - Actes Sud
Une part de Ciel de Claudie Gallay - Actes Sud
La grâce des brigands de Véronique Olvalde - Editions de l’Olivier
Lady Hunt d’Hélène Frappat - Actes Sud
Arrête, arrête de Serge Bramly - Nil
Rome en un jour de Maria Pourchet -Gallimard
Esprit d’hiver de Laura Kasishcke – Christian Bourgeois
La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson - Zulma
La garçonnière d’Hélène Grémillon - Flammarion
Dans la lumière de Barbara Kingsolver- Payot & Rivages
Petites scènes capitales de Sylvie Germain - Albin Michel
Pietra viva de Leonor de Recondo - Sabine Wespieser

Pour participer, rien de plus simple!  Vous choisissez un roman parmi cette sélection ( bonus : vous avez également la possibilité de recevoir un deuxième ouvrage en parrainant un blogueur ) et vous vous engagez à le chroniquer sur votre blog. Les inscriptions se font via ce fichier.

En tant que marraine de l'opération et conjointement avec le jury PriceMinister, je déterminerai le meilleur article rédigé par les blogueurs ayant choisi un des trois titres de ma sélection :
Lady Hunt d’Hélène Frappat
Arrête, arrête de Serge Bramly
Rome en un jour de Maria Pourchet

Toutes les infos sont sur le blog de PriceMinister


dimanche 8 septembre 2013

Thomas B. Reverdy - Les évaporés


Éditeur : Flammarion - Date de parution : Août 2013 - 299 pages fascinantes et troublantes ! 

Au japon lorsqu’une personne disparaît, elle rejoint le rang des "johatsu" c’est-à dire des évaporés. Personne ne cherche à savoir ce qui pu pousser la personne à partir ou ce qu’elle est devenue. Un halo de mystère et de respect les entoure. Après trente-cinq annéss de mariage, Kaze licencié par la banque qui l’employait a fait ce choix. Sa fille Yukiko qui vit à San Francisco veut savoir pourquoi. Elle demande à son ex petit ami, Richard B., détective privé de son état de l’accompagner au Japon pour retrouver son père. 

Nous sommes au Japon de l’après Fukushima. Un pays en proie à soigner ses propres blessures, frappé par la crise économique et les catastrophes et où l’argent domine. Sale ou corrompu. Un pays où les yakuzas font régner la loi. L’enquête de Yukiko et de Richard B. est loin d’être facile car parler des évaporés porte malheur. Richard B. est partagé par sa fascination envers ceux que l’on appelle les évaporés et son désir pour Yukiko. Ce roman n’est pas uniquement porté par le personnage de Richard B.   Kaze, Yukiko et Akainu un jeune garçon dont les parents ont disparu lors du tsunami interviennent nous faisant part de leurs questions et de leurs craintes.
Cette porte donnée à chacun de disparaître sans se justifier est tout aussi envoûtante que douloureuse. Tourner une page de sa vie pour en écrire un autre sans se justifier n’est pas si simple qu’elle y paraît. Roman sur l’exil, la disparition, la renaissance mais aussi cette quête existentielle que nous portons tous en nous. L’image du Japon actuel côtoie une poésie, une mélancolie douce. L’écriture délicate et subtile presque évanescente de Thomas B. Reverdy nous offre un autre regard sur ce pays. Et la quiétude qui s’en dégage n’est qu’un apparat car les récifs et la détresse sont bien présents.

Une lecture fascinante et troublante !

Aujourd'hui, voilà ce qui leur importait. Pour le reste, on verrait. Aujourd'hui, c'est l'assurance d'aller jusqu' à demain. Et demain, c'est peu mais une promesse suffisante. Les camionnettes se remplissaient. La misère est une énergie renouvelable.

Lu du même auteur :  La montée des eaux
De nombreux billets sur Babelio  que je remercie !



samedi 7 septembre 2013

Delphine Bertholon - Le soleil à mes pieds


Éditeur : JC Lattès - Date de parution : Août 2013 - 184 pages qui interpellent et résonnent longtemps après lecture!


Elles sont deux : La grande et la Petite. Deux sœurs adultes, seule famille l’une pour l’autre habitant à parie et que tour oppose. La Petite solitaire préférant restée dans son appartement à récurer, n’aimant pas sortir ou parler. La Grande imprévue qui prend malin pervers à la dominer. Elle sait que se sœur la craint et lui obéit. Dans son fort intérieur, la Petite comme prisonnière de la Grande aimerait pouvoir dire non. Mais un drame survenu alors qu’elles étaient enfants semble avoir pipé les dés.

J’avais découvert Delphine Bertholon avec L’effet Larsen, la singularité du style et de l’histoire m’avait conquise. Si pour Grâce, je n’avais pas eu le même enthousiaste, j’ai lu ce nouveau livre en apnée totale ! Tout de suite l’écriture m’a accrochée : des phrases courtes et des expressions qui font mouche comme « les jambes encagées dans des bas de contention ». Il y a donc le renouveau de l’écriture avec ce roman, un pari risqué mais réussi ! Et puis l’histoire, fascinante et dérangeante racontée par la Petite. Chacune des deux  a essayé de franchir l’insurmontable de l'enfance à sa façon. La Grande en instaurant et en jouissant de son droit d’aînesse, la Petite n’ayant pas mon mot à dire et qui lutte intérieurement. Silencieusement.

De la première à la dernière page, on oscille. Bousculé par la tension qui s’en dégage, l'ironie cruelle et la folie que l’on touche du bout des doigts. Mais ce livre n’est pas morose ou glauque. Les souvenirs du passé racontés par la Petite sont des touches de soleil bercées d’amour maternel. L'ombre peut planer,  renaître rime quelquefois  avec la mort et  la fin que je n'ai pas vu venir est salvatrice.

Delphine Bertholon démaille avec subtilité la mécanique des liens de la famille, les tord jusqu'à l'extrême. Un roman qui par son écriture et sa subtilité interpelle, émeut encore longtemps après sa lecture !

A grands coups de lingettes, nettoyer, récurer, aseptiser. Mais on a beau frotter, rien ne s'efface jamais - la solitude, la honte, ce foutu temps qui ne passe pas et toutes anémones qui refusent d'éclore quand on a besoin d'elles, plantes stupides du ventre, inutiles et ingrates - elle aurait tant voulu dire, il faut dire les choses quand on le peut encore, dire à Maman "Je t'aime, à la grande" Je te hais", au jeune homme "J'existe", mais elle n'a jamais rien  dit, jamais rien fait, jamais rien pu, je suis depuis toujours un plot de béton au fond d'un lac, avec un cadavre de fillette pendu au bout d'une corde.

Lu également de cette auteure : Twist

Les billets d' A bride abattue, Blablamania,  Charlotte, Sophie , Stephie...


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