jeudi 26 septembre 2013

Nelly Alard - Moment d'un couple


Éditeur : Gallimard - Date de parution : Août 2013 - 376 pages captivantes, terribles mais une fin décevante ! 

Voilà. J’ai une histoire avec une fille, c’est une élue socialiste, ça dure depuis trois semaines, et maintenant elle veut que je te quitte, et là, nous parlions au téléphone, je lui ai dit que j’allais au cinéma avec toi, elle a commencé une crise d’épilepsie, elle a laissé tomber le téléphone, elle crie, je ne sais pas ce qu’elle a, je ne sais pas quoi faire, il faut que j’aille la voir. 
Il reprit sa respiration, ajouta. Je ne pourrai pas aller au cinéma. 

Juliette est au parc avec ses enfants quand son mari Olivier l’informe par téléphone qu’il a une liaison. Le ciel lui tombe sur la tête. Comment Olivier a pu lui faire ça ? A elle son épouse, la mère de ses deux enfants ? Est-ce qu’il lui a seulement téléphoné pour demander conseil parce qu’il est désemparé face au tournant inattendu que prend son adultère ? Oliver et Juliette  avaient tout pour être heureux jusqu’au grain de sable dénonimée Victoire. Juliette ignore au départ son prénom, elle  refuse même de le connaître. Elle est juste déterminée à sauver son couple mais il faut qu’Olivier rompe. Juliette aurait pu lui dire de partir mais non elle s’accroche à ce qu’ils ont construit. Elle a compris que Victoire est une manipulatrice, Olivier lui voit une femme sensible et fragile. Il faut la ménager... Rompre mais en douceur. Et Juliette accepte, le met en garde face à cette femme. Elle découvre qu’Olivier s’est gardé de lui dire toute la vérité alors que la maîtresse passe au harcèlement, l’appelle même à son travail. La situation s’embourbe, Olivier est perdu tout en voulant ménager sa femme et sa maîtresse. Et qui prend les devants ? Juliette. Son entourage proche se demande où elle puise son courage. Car Victoire s'est transformée en tempête de sable . Mais Juliette veut gagner cette guerre tout comme sa rivale prête à tout.

Ce qui aurait pu n’être qu’une simple histoire d’adultère est bien plus que cela. Depuis son premier roman Le crieur de nuit, Nelly Alard a gagné en force d’écriture et elle nous le démontre!
On est balloté, mis à mal par  le mal-être grandissant et pris dans l’engrenage du suspense.
Nelly Alard excelle à décortiquer ce couple actuel marié depuis depuis dix ans de quadragénaires comme tant d’autres. L'auteure émaille le récit de leur passé celui de toute une génération. De leurs aspirations en terme d’amour, de carrière, de vie familiale et sociale à ce qu’ils sont devenus. La trahison comprise. Le tout avec acuité et sans pathos !
Tout était réuni pour que je crie au coup de cœur mais voilà les cinq dernières pages qui pourraient une sorte d’épilogue m’ont déçue. Elles sonnent faux comme si l’auteure les avait ajoutées à la dernière minute. Ce n’est pas le message passé qui me dérange mais la forme et une partie du contenu (je les aurais écrites différemment en laissant planer un doute chez le lecteur mais après tout je ne suis pas écrivain…).
Captivant, dérangeant et terrible sur toute la ligne en excluant ces cinq dernières pages...

Rencontre puis Trahison puis Amour puis Rupture puis Mariage puis Vie commune.
C'est n'importe quoi.
Depuis la naissance des enfants, les choses semblaient avoir repris un cour normal.
Mais le projectionniste, apparemment, continue de picoler

Les billets de Cuné, Laure


mercredi 25 septembre 2013

Mary Wesley - Rose, Sainte-Nitouche


Éditeur : J'ai lu - Traduit de l'anglais par Michèle Albaret - Date de parution : 2010 - 414 pages délicieuses! 

Depuis le décès de Ned l’époux de Rose, ses amis s’inquiètent pour elle. Elle a toujours su cacher ses émotions depuis très longtemps et si sa vie semble d’un terrible conformiste, la réalité en est loin, très loin.

Après des lectures qui m’ont remuée, j’avais besoin d’un bon roman où je puisse m’attacher à une héroïne, sourire grâce à un humour dosé d’une pointe d’ironie. Et ce roman a comblé mon attente. Pétillant, tout comme à l’image de Rose.
Jeune fille, Rose a été mise en garde par sa mère contre les hommes pour qui les plaisirs de la chair sont un pur mensonge. A l’occasion d’une réception donnée chez des personnes de la bonne société anglaise, Rose fait la connaissance de Mylo originaire de France. Précepteur des enfants, il dévoile à Rose son tempérament fougueux et intrépide. Chacun tombe sous le charme de l’autre. Mais la Seconde Guerre mondiale qui se prépare vient bousculer toutes les vies. Mylo est reparti en France et sans aucune nouvelle de sa part, Rose accepte d’épouser Ned qui part au combat. Elle gère la maison et la ferme de son époux, s’affirme dans sa personnalité et surtout entretient avec Mylo une liaison. La jeune femme timide est devenue une femme de caractère mais elle ne peut se séparer de Ned. Car il s’agit également d'une personne qui ne revient pas sur ses promesses.

On suit la métamorphose de Rose qui s’est émancipée, on partage ses doutes, ses joies et ses peines. De la jeune femme qui deviendra mère, épouse et maîtresse qui jongle habilement entre deux vies. Les soi-disant amis, les convenances sont épinglées avec ironie. Et Mary Wesley n’oublie pas le contexte social ni les carcans imposés à ces femmes.
Sans être guimauve, ce roman est absolument délicieux ! 

Les billets  d'AnneAntigone ( merci!!), Cathulu, LaureManu, Theoma, ...




mardi 24 septembre 2013

Arnaud Rykner - La belle image


Éditeur : Rouergue - Date de parution : Août 2013 - 141 pages qui font réfléchir...

Cette histoire donc, encore une histoire vraie. Et fausse aussi. (…) 
Mais ce livre est né d’une révolte. De cette sorte de mort légale infligée à un homme qui avait purgé sa peine. « Double peine » qui ne dit pas son nom. Comment croire à la société si la société ne cesse de se mentir à elle-même et ne croit plus en ceux qui la composent ? Notre vie est faite de tous ces chemins que nous n’avons pas pris : tournée à droite quand il fallait tourner à gauche. On ne choisit pas la forêt. Je voulais seulement faire un livre impossible à aimer. Sans morale, sans issue. Ce livre n’est pas un livre "social", encore moins "politique". Il ne veut pas donner de leçon. 

Ces extraits sont issus de la postface que j’aurai pu citer en entièrement tant elle m’a fait réfléchir comme ce livre d’ailleurs. Ce roman est basé sur une histoire vraie. L’auteur a correspondu avec un homme sorti de prison.

Dans ce livre, un homme est libéré après avoir purgé sa peine de prison. Derrière les barreaux, il a entamé une correspondance avec un universitaire car il voulait effectuer une thèse sur la littérature. Sa première lettre d’homme libre est destinée à cet universitaire. Il a payé sa dette par une longue peine de prison. Mais les barreaux de prison sont remplacés par des barreaux invisibles : regards gênés, l’impression de plus exister dans cette société qui implicitement ne veut plus de lui.  Il est libre seulement sur le plan juridique. L’universitaire se fait réceptacle de ses pensées sans jamais oser formuler ses questions. Pourtant, il en a. L’homme le devance sans se chercher d’excuse ou l’absolution.

Dans cette correspondance on découvre pourquoi il a été emprisonné. Cet enseignant a tenté de tuer une femme. Une histoire d’amour rompue, d'un amour passionnel,  qui l’a poussé à commettre cet acte. Maintenant, Il veut juste exister.
Et les questions de cet homme vont engendrer chez son correspondant d’autres questions, réveiller des peurs et des doutes. Qu’est-ce ce que la liberté ? Peut-on être emprisonné dans sa vie ?

L’écriture est tout simplement magnifique ! Sans aucune fioriture, porteuse de réflexions.  Ce roman bouscule et nous questionne. Une lecture à méditer ! 





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