mercredi 16 octobre 2013
Pascal Garnier - Comment va la douleur?
Editeur : Livre de poche - Date de parution : 2008 - 187 pages et un bon moment de lecture !
Le titre fait référence (on l'apprend dans le livre) à une coutume dans un pays d'Afrique. Quand une personne rencontre une autre, elle lui pose cette question. A savoir que chacun d'entre nous a sa part de bonheur et de souffrance. Justement, Simon tueur à gages est malade et va prendre sa retraite. Mais avant il lui reste un dernier contrat à effectuer. En s'arrêtant à Vals les Bains, une petite ville thermale d'Ardèche, il rencontre Bernard avec qui il n'a aucun point commun. Simon désabusé dit travailler en tant qu'"éradicateur de nuisibles" tandis que Simon est un jeune homme naïf débordant de gentillesse et d'optimisme à qui il manque deux doigts: "c'est juste l'auriculaire et l'annulaire, je m'en servais jamais. Et puis, c'est la main gauche, je suis droitier. - Alors tout va bien ! Vous n'avez perdu qu'un peu de poids". Simon propose à Bernard contre une rémunération juteuse de lui servir de chauffeur pour deux jours car il lui reste une dernière mission à effectuer Avec l'accord de sa mère qui aime trop le rhum Négrita et dont les anciens commerces n'ont jamais fonctionné, Bernard accepte et les voilà partis en direction du Sud de la France. Simon est sur son petit nuage car grâce à Bernard il va enfin voir la mer.
Leur route leur réserve des rencontres et des surprises : Fiona jeune mère célibataire sans attache avec sa fille Violette, Rose une taxidermiste belge qui n'attendait plus le coup de foudre et quelques cadavres. Attendri par Fiona et sa fille, Bernard décide de les aider en les faisant voyager avec eux. Simon refuse mais finit par abdiquer.
Avec tendresse et un cynisme féroce, Pascal Garnier réussit à transformer le désespoir de ses personnages en une humanité touchante. Des personnages truculents campés avec un sens aigu du détail, de l'humour noir, de la sensibilité, des dialogues dont je me suis régalée et même si certains événements sont prévisibles, j'ai passé un bon moment !
Les billets d'Aifelle, Caté, Cuné, Kathel, Midola, Papillon, Sylire, Yv
lundi 14 octobre 2013
Delphine Coulin - Voir du pays
Éditeur : Grasset - Date de parution : Août 2013 - 267 pages saisissantes !
Les femmes soldats existent et on en parle peu. Ou pas. Aurore et Marine deux jeunes filles unies par une amitié indéfectible. Alors quand Aurore devenue majeure s’est engagée dans l’armée, Marine l’a suivie. Des engagées dans un monde masculin où elles ont dû prouver qu’elles étaient aussi fortes que leurs camarades et gommer leur féminité. Et puis, une mission pas comme les autres : six mois en Afghanistan. Avant de rejoindre la France, elles sont à Chypre pour trois jours. All in inclusive : hôtel, piscine, baignées parmi les touristes. Trois jours et un sas de décompression pour reprendre pied avec la vie. Faire somme si : rire, boire en soirées, s'amuser mais les séances obligatoires de débriefing où l’on doit parler et revenir sur les opérations qui ont mal tournées font rejaillir toute la violence, le stress accumulés. Car l’Afghanistan les a tous changés. Marine a perdu le goût de vivre, Aurore a été gravement blessée et toutes deux semblent des étrangères l’une pour l’autre. Chacune essaie d’avancer, de soutenir l’autre. Mais leur amitié n’est plus la même comme si elle n’était qu’un vestige du passé.
On est plongé dans cette guerre avec toute son horreur. On ressent la chaleur du soleil, la peur insidieuse et les questionnements d’Aurore, de Marine. Et cette question presque taboue qui tournoie dans l'esprit de chacun mais que l'on formule pas : comment vivre après sans baisser la tête ?
Sans voyeurisme et sans chercher à adoucir les angles, Delphine Coulin lève le voile avec réalisme sur les séquelles post-traumatiques, sur des illusions perdues (l'engagement militaire), sur la mort vue et côtoyée de si près qu’elle vous hante toutes les nuits et creuse la psychologie de ses deux femmes en devançant nos questions.
L’auteure va droit au but, ne s‘encombre pas de langue de bois pour parler de la guerre et des femmes soldats mais n'oublie pas cette sensibilité si juste que j'avais tant aimé dans Samba pour la France. C’est qui ce fait toute la beauté et la dureté de ce roman saisissant ! Un livre lu en apnée totale...
Jusque-là, elle ne s'était jamais vraiment intéressée à la morale de cette guerre. Aucun d'eux ne se préoccupait vraiment de ça. Comme ils disaient, ils n'était pas là pour parler politique. Ils étaient comme les gens qui ouvrent un compte en banque,sans comprendre les tenants et les aboutissants de l'économie mondiale. Mais elle avait compris qu'ils n'étaient pas là pour faire le bien. Alors elle voulait qu'on arrête de leur dire qu'ils étaient là comme des anges gardiens au-dessus des troupeaux. Qui veut faire l'ange, fait la bête. Ils avaient tous perdu.
jeudi 10 octobre 2013
R.J. Ellory - Les anges de New-York
Éditeur : Le Livre de Poche - Date Parution : Septembre 2013 - 660 pages et une déception...
Dès le départ, c’était déjà mal parti avec ce livre. Car si un cliché m’hérisse le poil dans les polars c’est le flic alcoolo, divorcé avec des problèmes personnels. Donc pas de chance pour Franck Parish inspecteur au NYPD qui s’il est dans le collimateur de la direction, a en plus gagné d’emblée mon antipathie. Un flic plutôt agressif (style ours mal léché) qui aime se la jouer perso en ayant cure des règles. Pour l’aider à régler ses problèmes, il est obligé de voir une psy de la police tandis que des jeunes filles disparaissent. Si ce polar n’a pas subi le lancement par-dessus par l’épaule, c’est que l’enquête m’a accrochée mais le reste a glissé sur moi sans aucun intérêt. J’ai trouvé que la culpabilité de Franck Parish à l’égard de son père sonnait faux avec un air "sortons les violons"…
L’enquête ne sauve pas ce livre à mes yeux… une déception !
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