lundi 4 novembre 2013
John Lanchester - Chers voisins
Éditeur : Plon - Traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff avec la collaboration de Suzy Borello - Date de parution : Octobre 2013 - 567 pages efficaces et rythmées!
Décembre 2007, la rue de Pepys Road à Londres fait partie de l'un de cess quartiers dont la côté a grimpé en quelques années et où les maisons valent désormais des somme astronomiques. Pétunia y a vécu toute sa vie, âgée de quatre-vingt ans elle est la plus ancienne du quartier. Les habitants sont des traders de la City mais il y a aussi une épicerie tenue par une famille d’origine pakistanaise où les frères se relaient pour assurer les longues heures d’ouverture. Des épouses qui font du shopping pendant que les enfants sont gardés par des nourrices, des hommes qui roulent dans de grosses voitures. Cette vie de luxe où l’argent semble illimité est troublée par de mystérieuses cartes mentionnant "Nous voulons ce que vous avez".
Pepys Road n’abrite pas que des familles très aisées, elle voit aussi temporairement la contractuelle en situation irrégulière, des nourrices d’origine étrangères, le plâtrier d’origine polonaise qui rêve de retourner au pays une fois enrichi et elle accueille depuis peu jeune recrue du football venant du Sénégal. Une palette de personnages hauts en couleur qui représentent parfaitement Londres. Tous ont des espérances différentes et le message mystérieux va réveiller d’autres attentes plus profondes. Ce roman choral qui se déroule sur plusieurs mois nous plonge dans la vie des personnages avec des rebondissements inattendus.
Avec un humour diaboliquement ironique, sans temps mort et sous des aspects faussement légers, ce livre nous dépeint des vies personnelles chahutées par le destin. John Lanchester nous offre une vision réaliste de la société londonienne. On sourit mais on grince aussi des dents. Une lecture efficace, rythmée dont j’ai tourné les pages avec plaisir !
Le billet de Cathulu
samedi 2 novembre 2013
Jeanette Winterson - La passion
Éditeur : Editions de l'Olivier - Date de parution : Septembre 2013 ( date de première parution : 1989) - Traduit de l'anglais par Isabelle Delord-Philippe - 212 pages et un livre hérisson !
Henri voue de l’admiration pour Napoléon et s’engage dans son armée. Il est affecté aux cuisines et chargé de préparer le plat préféré de l’empereur. La campagne de Russie met à mal les hommes et leur moral. Déçu par Napoléon, Henri choisit la désertion. Pendant ce temps là à Venise, Villanelle fille d’un batelier née avec les pieds palmés travaille comme croupier dans un casino. Travestie en homme durant son travail, elle s’éprend d’une femme mariée.
Rien que le titre laisse entrevoir la portée et l‘étendue de ce roman. Passion amoureuse et dévorante, culte profond envers Dieu, vénération d’autrui, frénésie du jeu mais aussi les affres et les revers les plus rudes de ce sentiment. Jeanette Winterson nous fait voyager de France à Venise et en Russie. C’est dans ce pays qu’Henri et Villanelle se rencontrent. Si Henri tombe amoureux éperdument de la jeune femme, le cœur de Villanelle lui a été volée par son amante. Rien ne bat dans sa poitrine. Ils décident d'aller à Venise décrite comme la ville de tous les pêchés pour reprendre son cœur.
Je lis très peu de romans historiques par peur d’ennui ou d’être noyée sous des flots d’informations. Mais ce livre entre le roman et le conte a un juste dosage de faits historiques et des descriptions si justes, si vraies de la passion sous toutes ses coutures sans oublier un humour teinté d'ironie !
Un livre brillant, envoûtant, charmeur qui amène à de nombreuses réflexions et qui est devenu hérisson tant j’y ai inséré de marque-pages!
Les conscrits pleurent quand il arrivent ici et ils pensent à leurs mères et à leurs promises, et ils pensent à s'en retourner chez eux. Ils ne se rappellent que trop ce qui est à la maison fait battre leur cœur; pas de grandes démonstrations de sentiments, mais les visages qu'ils chérissent. La plupart d'entre eux n'ont pas dix-sept ans et on leur demande en quelques semaines ce qui tourmente les meilleurs philosophes leur existence entière : à savoir faire appel à leur passion de la vie et lui donner un sens face à la mort.
Cœur désemparé qui de nourrit de paradoxe; qui se languit de sa bien-aimée et éprouve un secret soulagement quand la bien-aimée n'est pas là. Qui égrène les heures la nuit dans l'attente d'un signe et apparaît au petit-déjeuner avec un maintien si composé. Qui aspire à la sécurité, à la fidélité,à la tendresse et joue ce qu'il a de plus précieux à la roulette.
Loin d'être un vice, le jeu est une expression de notre humanité.
Nous jouons tous.Certains le font à la table de jeu, les autres non.
On joue, on gagne.On joue, on perd. On joue.
Un grand merci à Dialogues Croisés !
Lu de cette auteure : Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?


vendredi 1 novembre 2013
Emily St John Mandel - On ne joue pas avec la mort
Éditeur : Rivages - Traduit de l'anglais ( Canada) par Gérard de Chergé - Date de parution : Août 2013 - 300 pages qui sortent des sentiers battus du thriller!
Anton cadre dans une société à New-York épouse Sophie violoniste d’humeur versatile qui a déjà repoussé deux fois leur mariage. Leur lune de miel prend fin quand Anton décide de rester plus longtemps sur l’île d’Ischia près de l’Italie. Sophie rentre à New-York furieuse car Anton ne peut pas se trouver une raison valable pour se justifier.
Entre présent et passé, on découvre petit à petit Anton. Son rêve s’est réalisé : travailler dans un bureau à la tête d’une équipe. Une vie somme toute "normale". Ses parents sont antiquaires sur les quais ou plus exactement ils revendent des objets volés. Quand enfant, Anton a pris conscience du vrai travail de ses parents, il a rejeté l’idée d’être une personne pouvant gagner de l’argent de façon illégale. Sa cousine Aria venue vivre chez eux n’avait pas la même opinion que lui. Une fois son bac en poche, Anton est devenu l’associé d’Aria en vendant de faux papiers à des clandestins. Un trafic juteux mais Anton a raccroché pour suivre le droit chemin. A son travail il est soudainement mis au placard, défait de ses projets et relégué au sous-sol de l‘entreprise. Sans compter qu’Aria lui demande un dernier service ou plutôt le fait chanter.
Voilà un thriller qui sort des sentiers battus ! Des éléments apparaissent avec une enquêtrice qui n’intervient que très rarement. La part belle est faite à Anton qui doit réceptionner à Ischia un mystérieux colis et à Helena son ancienne secrétaire. Ils ont plus d’un point commun hormis leur collaboration : le vœu d’un travail légal aux Etats-Unis sans faire de vagues.
Emily St John Mandel amène ses personnages à l’introspection dans une sorte d’apesanteur avec une atmosphère douce et inquiétante. L'écriture est précise, s’attache à la psychologie et à la quête de soi-même.
Un thriller qui m’a conquise sur toute la ligne !
- Vous savez, dit David, il fut un temps où je trouvais cette question d'une extrême banalité.Qu'est-ce que vous faites? Je trouvais que c'était le syndrome de Combien vous gagnez? Mais depuis quelque temps, je commence à penser que c'est la question la plus importante que l'on puisse poser à quelqu'un .Qu'est-ce que vous faites? Quelle est votre occupation actuelle. Quelle est votre ligne de conduite dans la vie, comment vous situez-vous par rapport au monde?
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