mardi 5 novembre 2013

Joyce Maynard - Long week-end


Éditeur : Philippe Rey - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain - Date de parution : 2010 - 283 pages lues en apnée !

1987, la vie d’Henry âgé de treize ans semble morne. Ses parents ont divorcé, il vit avec sa mère et passe une partie du week-end chez son père qui a fondé une nouvelle famille. Depuis que son père est parti, sa mère Adèle s’est renfermée sur elle-même et s’est peu à peu coupée du monde. A la veille du long week-end du Labor Day qui s’annonce caniculaire, Adele est contrainte de se rendre au supermarché car la rentrée des classes approche. Henry l’accompagne car c’est une sortie très rare. Dans un rayon,  un homme blessé à la jambe lui demande de l’aide.

Henry sait que sa mère est différente des autres mères et quand son père essaie de creuser le sujet, il préfère mentir et inventer des loisirs, une vie bien remplie pour lui et sa mère. Il n’aime pas le fils de sa belle-mère qui est bon au baseball alors lui y est nul, ni sa demi-sœur encore bébé. Il préfère rester chez sa mère plutôt que d’aller chez son père. L’homme du supermarché demande un service à Adèle : rester quelques jours chez eux et elle accepte à la grande surprise d’Henry. Franck leur dit la vérité : il est un prisonnier  et s’est s’évadé suite à son opération de l’appendicite. L’information fait la une des médias, un meurtrier est en cavale. Très rapidement, Franck se montre d’une grande gentillesse apportant son aide pour des travaux, prenant l’initiative de cuisiner. Il parle de lui et veut apprendre le baseball à Henry. Adele se métamorphose, retrouve le sourire. Mais Henry est jaloux que Franck soit désormais le centre d’attention de sa mère. Henry surprend une conversation concernant un nouveau départ. Et s’ils enfuyaient tous les deux sans lui ?
Tout est palpable dans ce roman : la tension qui s’installe et qui va en crescendo, la chaleur, la sensualité de la relation entre Adele et Franck qui émane d’un geste ou d’un regard, les rêves érotiques d’Henry comme le dilemme auquel il est confronté. Car une forte récompense est promise à celui qui permettra l’arrestation de Franck.

Racontée par Henry vingt plus tard, cette histoire parle d’amour. De l’amour exclusif, de l’amour retrouvé comme celle de la joie de vivre alors que l’on n’y croyait plus, de la relation mère-fils, de trahison et des déceptions. On apprend à  connaître ces personnages et j'ai éprouvé une grande empathie pour chacun des trois.
Joyce Maynard nous décrit avec finesse et  émotion ce huis-clos où rien n’est joué ou acquis d’avance. Un livre lu en apnée!

Je croyais que vous nous reteniez prisonniers. Qu’est-ce qu’il se passera si ma mère ou moi on file pendant que vous aurez le dos tourné ? Eh bien, ce sera votre vraie punition. Vous devrez retourner dans le monde.

Un lecture commune avec Cynthia et Theoma pour l'anniversaire de l'auteure chez Sandrine.

Lu de cette auteure : Baby love, Et devant moi, le monde, Les filles de l'ouragan, Une adolescence américaine.

lundi 4 novembre 2013

Le Goncourt 2013 attribué à Pierre Lemaitre ( et des cris de joie!)

Un livre que j'ai beaucoup aimé et dont j'ai tourné chaque page avec bonheur !
Pierre Lemaitre remporte le Goncourt 2013  Au revoir là-haut paru aux éditions Albin Michel.
Ce roman est un vrai plaisir de lecture  ( je suis HEUREUSE !).



John Lanchester - Chers voisins


Éditeur : Plon - Traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff avec la collaboration de Suzy Borello - Date de parution : Octobre 2013 - 567 pages efficaces et rythmées!

Décembre 2007, la rue de Pepys Road à Londres fait partie de l'un de cess quartiers dont la côté a grimpé en quelques années et où les maisons valent désormais des somme astronomiques. Pétunia y a vécu toute sa vie, âgée de quatre-vingt ans elle est la plus ancienne du quartier. Les habitants sont des traders de la City mais il y a aussi une épicerie tenue par une famille d’origine pakistanaise où les frères se relaient pour assurer les longues heures d’ouverture. Des épouses qui font du shopping pendant que les enfants sont gardés par des nourrices, des hommes qui roulent dans de grosses voitures. Cette vie de luxe où l’argent semble illimité est troublée par de mystérieuses cartes mentionnant "Nous voulons ce que vous avez".

Pepys Road n’abrite pas que des familles très aisées, elle voit aussi temporairement la contractuelle en situation irrégulière, des nourrices d’origine étrangères, le plâtrier d’origine polonaise qui rêve de retourner au pays une fois enrichi et elle accueille depuis peu jeune recrue du football venant du Sénégal. Une palette de personnages hauts en couleur qui représentent parfaitement Londres. Tous ont des espérances différentes et le message mystérieux va réveiller d’autres attentes plus profondes. Ce roman choral qui se déroule sur plusieurs mois nous plonge dans la vie des personnages avec des rebondissements inattendus.
Avec un humour diaboliquement ironique, sans temps mort et sous des aspects faussement légers, ce livre nous dépeint des vies personnelles chahutées par le destin. John Lanchester nous offre une vision réaliste de la société londonienne. On sourit mais on grince aussi des dents. Une lecture efficace, rythmée dont j’ai tourné les pages avec plaisir !

Le billet de Cathulu


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