mercredi 6 novembre 2013
Daniel Morvan - Lucia Antonia, funambule
Éditeur : Zulma - Date de parution : Août 2013 - 129 pages d'une beauté et d'une grâce aérienne...
"Parce que ma famille m’a bannie et parce que je me suis bannie moi-même pour ne pas porter malheur au cirque" : Lucia Antonia funambule a quitté le cirque familial après le décès d’Arthénice. Sa jumelle de cœur, sa partenaire, son autre moi. Désormais, Lucia Antonia vit sur une presqu’île. Dans ce lieu de salines, entre mer, terre et ciel, elle se noue d’amitié avec des réfugiées Eugénie et sa fille Astrée qui ont fui la guerre, un peintre et un garçon voilier.
Lucia Antonia écrit sur un carnet ses pensées, remonte le cours de sa mémoire et celle de sa famille, mais aussi décrit son présent. Dans ce roman tout est dévoilé par petites touches où Lucia Antonia nous fait découvrir le monde des funambules et des trapézistes, du spectacle qu’elles offraient elle et Arthénice en évoluant dans les airs. Lestée du décès d’Arténice dont elle se sent responsable, elle n’a plus l’équilibre pour remonter sur un fil. Des courts fragments où le deuil et la douleur s’affichent en retenue comme l’histoire de sa famille ou de sa nouvelle vie. Le lecteur suspendu flotte au gré des mots de Lucia Antonia mais sans se perdre. Ces mots consignés par écrit vont lui permettre de retrouver la force de se reconstruire.
Un roman de toute beauté, d’une grâce aérienne portée par une écriture elliptique, visuelle et poétique. Lumineux et d'une douceur incandescente par la simplicité de son élégance. J’ai été plus que touchée !
Mon ami Lucien me dit que nous, acrobates, sommes des poètes car nous allégeons la vie. Il dit : chacun se figure que c'est le bonheur qui est attaché à nos voltiges. Et c'est vrai parce que je les trouve quand je te serre contre moi.
Je le dit que je suis honorée mais que non.
Il dit que notre art grandit l'homme parce qu'il lui fait lever la tête et admirer.
Je lui dis que dans l'église voisine aussi, les hommes lèvent la tête, puis la baissent, puis se signent.
Merci Cathulu !
Les billets d'Anne, Le petit carré jaune, Jérôme, Maryline, Séverine, Un autre endroit, Yv
mardi 5 novembre 2013
Joyce Maynard - Long week-end
Éditeur : Philippe Rey - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain - Date de parution : 2010 - 283 pages lues en apnée !
1987, la vie d’Henry âgé de treize ans semble morne. Ses parents ont divorcé, il vit avec sa mère et passe une partie du week-end chez son père qui a fondé une nouvelle famille. Depuis que son père est parti, sa mère Adèle s’est renfermée sur elle-même et s’est peu à peu coupée du monde. A la veille du long week-end du Labor Day qui s’annonce caniculaire, Adele est contrainte de se rendre au supermarché car la rentrée des classes approche. Henry l’accompagne car c’est une sortie très rare. Dans un rayon, un homme blessé à la jambe lui demande de l’aide.
Henry sait que sa mère est différente des autres mères et quand son père essaie de creuser le sujet, il préfère mentir et inventer des loisirs, une vie bien remplie pour lui et sa mère. Il n’aime pas le fils de sa belle-mère qui est bon au baseball alors lui y est nul, ni sa demi-sœur encore bébé. Il préfère rester chez sa mère plutôt que d’aller chez son père. L’homme du supermarché demande un service à Adèle : rester quelques jours chez eux et elle accepte à la grande surprise d’Henry. Franck leur dit la vérité : il est un prisonnier et s’est s’évadé suite à son opération de l’appendicite. L’information fait la une des médias, un meurtrier est en cavale. Très rapidement, Franck se montre d’une grande gentillesse apportant son aide pour des travaux, prenant l’initiative de cuisiner. Il parle de lui et veut apprendre le baseball à Henry. Adele se métamorphose, retrouve le sourire. Mais Henry est jaloux que Franck soit désormais le centre d’attention de sa mère. Henry surprend une conversation concernant un nouveau départ. Et s’ils enfuyaient tous les deux sans lui ?
Tout est palpable dans ce roman : la tension qui s’installe et qui va en crescendo, la chaleur, la sensualité de la relation entre Adele et Franck qui émane d’un geste ou d’un regard, les rêves érotiques d’Henry comme le dilemme auquel il est confronté. Car une forte récompense est promise à celui qui permettra l’arrestation de Franck.
Racontée par Henry vingt plus tard, cette histoire parle d’amour. De l’amour exclusif, de l’amour retrouvé comme celle de la joie de vivre alors que l’on n’y croyait plus, de la relation mère-fils, de trahison et des déceptions. On apprend à connaître ces personnages et j'ai éprouvé une grande empathie pour chacun des trois.
Joyce Maynard nous décrit avec finesse et émotion ce huis-clos où rien n’est joué ou acquis d’avance. Un livre lu en apnée!
Je croyais que vous nous reteniez prisonniers. Qu’est-ce qu’il se passera si ma mère ou moi on file pendant que vous aurez le dos tourné ? Eh bien, ce sera votre vraie punition. Vous devrez retourner dans le monde.
Un lecture commune avec Cynthia et Theoma pour l'anniversaire de l'auteure chez Sandrine.
Lu de cette auteure : Baby love, Et devant moi, le monde, Les filles de l'ouragan, Une adolescence américaine.
lundi 4 novembre 2013
Le Goncourt 2013 attribué à Pierre Lemaitre ( et des cris de joie!)
Un livre que j'ai beaucoup aimé et dont j'ai tourné chaque page avec bonheur !
Pierre Lemaitre remporte le Goncourt 2013 Au revoir là-haut paru aux éditions Albin Michel.
Ce roman est un vrai plaisir de lecture ( je suis HEUREUSE !).
Pierre Lemaitre remporte le Goncourt 2013 Au revoir là-haut paru aux éditions Albin Michel.
Ce roman est un vrai plaisir de lecture ( je suis HEUREUSE !).
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