vendredi 15 novembre 2013

David Bergen - La mécanique du bonheur


Éditeur : Albin Michel - Traduit de l'anglais ( Canada) par Hélène Fournier - Date de parution : Octobre 2013 - 283 pages teintées de mélancolie et d'espoir !  

Morris Schutt a depuis toujours divulgué le caractère intime de sa famille dans ses chroniques qui connaissent le succès. Mais depuis la mort de son fils en Afghanistan ses papiers sont sans saveur et tristes. Mis en congé pour rependre du poil de la bête, Morris essaie de se rapprocher de ses filles, noue une relation épistolaire avec une femme dont le fils est mort également à le guerre, sort avec des escort girls et recherche à travers les grands philosophes la définition du bonheur.

La culpabilité de n’avoir pas su empêcher son fils de rejoindre l’armée ronge ce cinquantenaire à qui tout à toujours réussi. Enfin à peu près car sa famille n’a jamais acceptée le fait d’être l’inspiration de ses chroniques. Au lieu de ressouder les liens familiaux, la mort de Martin les a distendus. Morris qui peu apparaître antipathique au départ se dévoile au fil des pages esseulé et ayant perdu tous ses repères. Mais sous sa carapace il a cette soif de comprendre pour se rapprocher des autres en arrêtant de commettre des dommages collatéraux.

Une douce mélancolie et de l'espoir émanent de ce roman qu’il faut prendre le temps de lire. Entre sensibilité et ironie, David Bergen nous livre le portrait d’un homme qui sait se montrer attachant !

Les billets de Cathulu, Keisha

jeudi 14 novembre 2013

Richard Yates - Un destin d'exception


Éditeur : Robert Laffont - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Aline Azoulay-Pacvon - Date de parution : Octobre 2013 - 321 pages et un très bon roman!

Robert Prentice est élevé par une mère persuadée d’être une sculptrice de talent qui un jour sera reconnue. Son enfance et son adolescence sont marquées par des déménagements à travers les Etats-Unis, une scolarité interrompue car sa mère Alice n’a jamais voulu renoncer à son grand rêve. Ses parents ont divorcé et son père à maintes fois prévenu son ex-femme qu’elle vivait au-dessus de ses moyens et qu’elle refusait de voir la réalité en face. Alice vit aux crochets d’amis, s’entiche d’hommes peu scrupuleux.

Enfant couvé car Alice est une mère aimante, Robert en grandissant se forge sa propre opinion. Sa mère si sûre d'être douée ne veut pas se remettre en cause et ses grands projets prennent toujours l’eau. Lui qui a toujours été endossé le rôle d'un soutien indéfectible pour sa mère cherche la liberté et surtout à prouver qu’il est quelqu’un d’exceptionnel. Nous sommes en 1944 et la guerre lui ouvre une échappatoire pour ses dix-huit ans. Sur les champs de bataille en Europe, il veut se démarquer et être un bon soldat admiré par ses camarades et ses supérieurs. Mais la réalité est loin de ce qu’il imaginait et il enchaîne les erreurs.

La relation mère-fils est au cœur de ce livre. Une relation qui nourrit les illusions d’Alice et asphyxie Robert. Mère et fils cherchent la reconnaissance malgré leurs échecs et leurs failles. Même si elle préfère ne pas voir les problèmes, Alice est touchante par son éternel optimisme. Robert a été toujours été celui qui approuvait silencieusement les choix d’Alice mais il devra faire un choix pour vivre enfin sa vie.
L’ambivalence des sentiments de Robert envers sa mère est remarquablement décrite tout comme le reste ! Un très bon roman desservi par une écriture comme je les aime !

La vérité pleine et entière était plus complexe. Parce qu'il était venu à New-York de son propre chef, mû par une impatience sincère, même. Il était venu chercher refuge au creux de ce nid douillet de "mensonges", d'optimisme infondé, d'éternelle espérance qu'un destin d'exception les attendait, de certitude inébranlable que la brave Alice Prentice et son Bobby étaient uniques, importants, immortels.

Le billet de Titine

mercredi 13 novembre 2013

Maria Pourchet - Rome en un jour

Éditeur : Gallimard - Date de parution : Septembre 2013 - 180 pages et une déception...

Pour l’anniversaire de son compagnon Paul, Marguerite a organisé à son insu une fête sur la terrasse d’un hôtel parisien. Mais Paul installé dans son canapé n’a pas envie de bouger. Les invités arrivent, essaient de meubler l'attente en vain.

Autant le dire tout de suite, ce roman est une déception. Maria Pourchet nous entraîne à tour de rôle dans l’appartement du couple et sur la terrasse de l’hôtel. Une galerie d’invités hypocrites comme la meilleure amie de Marguerite ou prétentieux qui ne savent plus que dire ou que faire pour tuer l’attente. Car le temps passe et ni Paul ni Marguerite n’apparaissent. Marguerite a beau chercher des prétextes, Paul ne veut pas sortir. Très rapidement, le ton devient acerbe entre eux et les rancœurs prennent le dessus.

Si j'ai souri durant les premières pages,  je me suis très vite lassée de ces invités superficiels et sans intérêt particulier comme de la tournure que prend la soirée entre Paul et Marguerite. L’écriture vive, incisive  de Maria Pourchet  ne parvient pas à sauver ce roman qui s’enlise : surenchère d'ironie, des thèmes sans nouveauté, une trame très prévisible. Autant le premier roman de cette auteure était jubilatoire autant celui-ci est son opposé...

Une lecture dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire organisés par PriceMinister.

Lu de cette auteure : Avancer
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