mardi 26 novembre 2013

Stewart O'Nan - Chanson pour l'absente


Éditeur : Editions de l'Olivier - Traduit de l'anglais ( Etats-Unis) par Jean Lineker - Date de parution : 2010 - 376 pages et un beau roman !

Kim âgée de dix-huit ans est une fille comme une autre. A la rentrée, elle ira à la Fac et durant cet été, elle travaille comme serveuse et sort avec ses amis. Des parents, une soeur, un petit copain et deux meilleurs amies. Kim disparaît un soir, il n'y a aucune trace de sa voiture ni aucun témoignage.

Les parents de Kim contactent ses amis et très vite des affiches sont placardées dans toute la ville. Des recherches cordonnées par ses parents sont mises en oeuvre. Devant cette épreuve, ils font preuve d'optimisme sans céder à la panique. Ses amies et son petit ami s'impliquent eux-aussi. Tout le monde garde espoir en se raccrochant à ce qu'il peut. La police n'a aucune piste, la mère de Kim fait appel aux médias et la disparition de Kim prend une ampleur plus importante. Les semaines s'égrènent et l'espoir s'amenuise laissant place à la résignation puis à la vie sans Kim.

Stewart O'Nan plonge le lecteur dans l'intimité de chacun et dans leurs pensées. Bonnes ou moins bonnes, désemparées ou plus ambivalentes comme le fait de s'autoriser à nouveau le droit à regarder le futur sans Kim. A travers eux également, on apprend à connaître celle dont au début du roman on ne sait que finalement très peu de choses.
Des descriptions minutieuses (sans être ennuyeuses ou redondantes) qui passent au scalpel les états d'âme, l'absence et la vie changée qui reprend ses droits. Encore un très beau roman de cet auteur !

Lu de cet auteur : Emily - Les joueurs

lundi 25 novembre 2013

Marie Darrieussecq - Il faut beaucoup aimer les hommes


Éditeur : POL - Date de parution : Août 2013 - 321 pages superbes et adorées! 

Solange trentenaire a quitté la France et est actrice à Los Angeles. Lors d’une soirée chez George (Clooney), son regard est aimanté par un seul homme. Il est acteur, se nomme Kouhouesso et il est noir. Très vite, Solange est submergée par l’amour qu’elle lui porte. Car si bien sûr elle aimé d’autres hommes avant lui ce n’était pas aussi intensément, passionnément.  La passion qui l’a fait attendre.

 « Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela ce n'est pas possible, on ne peut pas les supporter » ( Marguerite Duras) et il faut beaucoup les attendre pourrait rajouter Solange. Oh que oui elle l’aime cet homme Solange, elle l’écoute parler quand ils se voient de son grand projet d’adapter le livre Au cœur des ténèbres et de le réaliser en Afrique. Ce continent où est né Kouhouesso lui est inconnu. Elle lit, cherche et s’informe sur le Cameroun pour se rapprocher de lui et combler l’attente des moments à passer ensemble. Il n’a qu’en tête son film, amant distant aux manettes de leur relation donnant de ses nouvelles quand il a en envie. Solange ne quitte peu ou pas son portable guettant les textos de sa part.
Il est noir, elle est blanche : le regard des autres renvoie à Solange cette couleur de peau comme si la culture, les goûts devaient forcément en découler. Elle espère un rôle dans le son film, elle l’a. Le tournage n’a rien d’une sinécure où les ennuis techniques s’accumulent car Kouhouesso a ses exigences délaissant Solange encore plus. L’équipe découvre les croyances de cette terre où les rapports hommes-femmes sont différents. Là où la nature, la mysticité sont à ellesseules des personnages. Kouhouesso s’éloigne encore plus de Solange. On sait que leur relation va droit dans le mur mais Solange a des ressources et elle ne sera ni anéantie ou brisée.

Roman sur les affres de la passion, sur l’attente patiente ou que l’on endure, sur les couples mixes et tout cette sphère de questions, de préjugés qui les entourent. De Hollywood où le nom d’acteurs connus résonne à Paris en passant par la côte Basque où résident les parents et le fils de Solange, des forêts du Cameroun aux plateaux de cinéma, l’écriture se déploie par phrases courtes, un rythme scandé, un vrai souffle qui donne une envergure à ce roman. J’ai ressenti de l’empathie pour Solange sans la trouver mièvre ou fleur bleue.
J’ai beaucoup, beaucoup aimé ce roman intelligent où l’écriture de Marie Darrieussecq est quasi hypnotique ! 

Deux mois et demi. Au bout de combien de temps se rompt un lien? Se dénoue une histoire? L'amour, lui, empirait. L'amour idiot, celui qui empêche de vivre. Le désir qui est une des formes de l'enfer.

Les billets de Cathulu, Mango

mardi 19 novembre 2013

James Meek - Le cœur par effraction


Éditeur : Metailié - Traduit de l'anglais (Ecosse)par David Fauquemberg - Date de parution : Août 2013 - 525 pages dévorées ! 

Ritchie quadragénaire ex-rock star est une célébrité. Producteur d’une émission à succès pour ados, marié et deux enfants, il possède une belle maison coûteuse, l’art de ne s’intéresser qu’à lui et à sa carrière mais surtout il trompe sa femme avec une jeune fille de seize ans. Sa sœur Rebecca surnommée Bec est l’opposée de son frère. Elle est chercheuse et travaille sur un vaccin contre la malaria. Lorsqu'elle refuse la demande en mariage d’un journaliste et directeur d’un magazine people, Bec est loin de s’imaginer la suite des événements. Décidé à se venger de Bec, son ancien petit ami est prêt à révéler au grand jour les tromperies de Ritchie sauf s’il accepte de lui livrer de quoi ruiner la carrière de sa sœur.

Voilà un roman diablement contemporain, avec de la dérision, de l’ironie, de la légèreté et qui au fil des pages prend une réelle densité. D’autres personnages entrent en scène comme Alex un scientifique et qui pris au piège de l’affection de son oncle va connaître subitement la notoriété. L’ancien petit ami de Bec a crée une organisation la Fondation Morale qui au nom de la morale effectue du chantage auprès de personnes connues. Elles ont le choix entre accepter que tout le monde soit au courant de leurs petits secrets ou trahir quelqu’un de leur entourage. La notion de bien et de mal, la trahison, les libertés individuelles, les médias et les sciences sont entremêlées habilement dans cette satire sociale.

Enlevé, piquant et révélant bien des surprises, ce livre est en plus un page-turner redoutable avec des personnages creusés ! Un bon roman admirablement mené que j’ai dévoré !

"Un roman ambitieux" pour Hélène, Liliba n'a pas aimé.
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