samedi 7 décembre 2013

Elisabeth Sanxay Holding - Au pied du mur


Éditeur : BakerStreet - Traduit de l'américain par Gérard Horst, J-G Marquet, Traduction revue et mise à jour par Françoise Jaouën - Date de parution : Novembre 2013 (date de première parution : 1955) - 312 pages au charme suranné !

Année 1942, Lucia Holley dont le mari est parti depuis trois sans se battre dans le Pacifique s’occupe de son vieux père et de ses deux adolescents. Elle a pour tâche la vie domestique du foyer en ce temps difficiles et doit se débrouiller avec un quota d'essence, les tickets de rationnement pour la nourriture. Heureusement, elle peut compter sur Sybil sa domestique Noire à son service depuis très longtemps.

Durant l'été, Bee encore mineure s'amourache de Ted un homme beaucoup plus âgé qu'elle et Lucia comprend très vite que cet hommes n'est pas un ange. Lucia retrouve Ted mort dans leur hangar à bateaux alors qu'auparavant il était à son avec son vieux père. Pour protéger sa famille et éviter un scandale, Lucia amène le corps sur une île. Dès le lendemain, des hommes viennent sonner à la porte de Lucie à la recherche de Ted. Des hommes avec qui Ted trempait dans des magouilles, l'un deux possèdent des lettres que Bee a écrit à son amant et demande de l'argent.
Lucia est confrontée à des situations que jamais elle n'aurait imaginé. Et contrairement à ce que l'on pourrait penser, elle va puiser en elle une force et une volonté incroyable ! L'intrigue est sans temps mort avec un vrai suspense mais surtout ce qui est très intéressant c'est que l'auteure nous dépeint le changement social et féministe qui s'opère durant ces années. Lucia n'a jamais travaillé, elle considère cela comme normal ( l'épouse se doit d'élever ses enfants et de s'occuper de son foyer) mais Bee affirme plus tard vouloir travailler pour être indépendante.

Il se dégage de ce polar très bien mené (sans  flic alcoolo et/ou dépressif) un charme suranné d'une époque en pleine mutation. L'écriture d'Elisabeth Sanxay Holding est économe,  pleine de subtilités et j'ai savouré cette lecture !

Le billet d'Yv


vendredi 6 décembre 2013

Stewart O'Nan - Nos plus beaux souvenirs


Éditeur : Points - Traduit de l'anglais (Etats)Unis) par Jean-François Ménard - Date de parution : 2006 - 667 pages aimées, chéries....

Cette année, la semaine de vacances aux abords du lac Chautauqua d’Emily sera différente. Son époux Henry est décédé et pour la dernière fois la maison de famille de vacances accueillera ses deux enfants, ses petits-enfants et Arlène la sœur d’Henry. Emily a décidé de vendre la maison et depuis l’enterrement d’Henry, il s'agit de l’occasion pour toute la famille de se revoir.

Ben, son épouse et leurs deux enfants sont arrivés à l’heure. Emily ne sait pas que son fils Ken n’occupe plus qu’un simple emploi dans un magasin de photographe. Passionné par cet art, il n’a pas réussi à se faire repérer pour exposer ses clichés. Son épouse n’aime pas Emily et cette semaine s’annonce longue pour elle. De plus, elle sait que lorsque Margaret, la sœur aînée de Ben arrivera, son mari passera son temps avec elle. Margaret séparée de son mari depuis peu a toujours été le méchant petit canard de la famille. Épuisée, elle doit en plus faire face à ses enfants qui ont bien des reproches à son égard et à des problèmes financiers.
Durant cette semaine des secrets cachés vont voir le jour volontairement ou non, une jeune adolescente s’éprendra de sa cousine, mais surtout les souvenirs feront surface. La maison doit être débarrassée de son contenu et c’est autant de meubles, de bibelots qui réveillent la mémoire de chacun.

Chaque jour de la semaine est détaillé et Stewart O'Nan s’attache toujours avec cette écriture formidable à creuser les personnalités de ses personnages : leurs pensées intimes, leurs espoirs, leurs regrets et leur incapacité à communiquer, à se parler franchement. Des êtres avec des failles, des défauts et des qualités et la vie avec ses revers inattendus mais aussi ses joies simples.
Un très, très bon moment de lecture durant lequel je me suis attachée à cette famille et j'ai eu vraiment du mal à les quitter... 

Tournant une page, elle pensa que sa vie se situait dans la moyenne et qu'il n'y avait pas lieu d'en avoir honte. Le monde n'était pas aussi magique que le gens aimaient à le penser. C'était la raison pour laquelle ils lisaient des livres qui leur permettaient de s'échapper.

Les billets de Cathulu,  Cuné, JoëllePapillon  et sur Babelio : ceux de Kathel et Keisha

Lu de cet auteur (chouchou) : Chanson pour l'absente - Emily - Les joueurs

jeudi 5 décembre 2013

Adriana Lisboa - Bleu corbeau

Éditeur : Métailié - Traduit du brésilien par Béatrice de Chavagnac - Date de parution : Septembre 2013 - 222 pages et une belle découverte !

A treize ans, Evangelina décide de quitter Rio  pour rechercher son père. Sa mère vient de mourir et sa nouvelle vie se déroulera aux Etats-Unis là où elle est née. L’ex-mari de sa mère Fernando habitant dans le Colorado se propose de l'héberger et de s'occuper d'elle.

La quête son père n'a rien de commun car Fernando l'a reconnue officiellement à sa naissance même s'il n'était pas son père biologique. Ils ne connaissent pas, seuls les souvenirs de la mère d'Angelina les unit. Fernando est peu bavard et tranquille. Evangelina a du mal à s'imaginer qu'il a été un guerillero au pays et qu'il a dû par la suite s'exiler. Tous deux cherchent, fouillent le passé et recoupent des informations pour tenter de localiser le père d'Evangelina. Carlos un petit garçon salvadorien dont les parents sont en situation irrégulière et voisins de Fernando multiplie les prétextes pour passer du temps avec Evangelina. Et c'est ainsi que Fernando, Evangelina et Carlos vont prendre la route et croiser en chemin des personnages attachants.

Ce livre sur l'identité, les origines, la construction de soi mêle habilement l'exil, l'histoire du Brésil et les racines de chacun.Cette histoire racontée par Evangelina permet d'écouter ses questions mais aussi ses souffrances, ses doutes. Un roman où la tolérance a une part belle et qui a su me pincer au coeur... 

June prépara un dîner qui emplit la maison d'odeurs chaudes. Elle mit de la musique et accrocha dans l'air des agrafes invisibles qui nous rapprochaient, noeuds d'une trame de crochet sur la pointe de l'aiguille. Nous étions un monde de compatibilités, nous fraternisions, nous nous équivalions - et quand ce n'était pas le cas, nous nous compensions. Un don de June : soudain nous étions tous les quatre cette grande famille improbable, multinationale, pleine de langues différentes et d'accents différents dans les mêmes langues. Nos âges étaient en théorie assez incompatibles, nos préoccupations et occupations, idem, nos passés nous identifiaient comme des animaux d'espèces différentes, résultats de processus évolutifs distincts, et pourtant nous étions là.

 Les billets de Jostein, Stephie, Zazy
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