mercredi 18 décembre 2013
Stéphane Servant - Le cœur des louves
Éditeur : Le Rouergue- Date de parution : Août 2013 - 542 pages denses, creusées et hypnotiques !
Célia est arrivée la première au village où a vécu sa grand-mère. Elle-même y venait passer ses vacances d’été avec ses parents puis seule avec sa mère. Aujourd’hui, l’adolescente y met les pas non pour quelques jours mais pour beaucoup plus longtemps. Sa mère Catherine romancière dont les heures de gloire sont loin derrière elle lui a imposé ce choix pour toutes les deux. Au village coincé entre les montagnes, personne ne voit d’un bon œil la venue de ces étrangères.
Tina la grand-mère de Célia n’était pas aimée des villageois qui la traitaient de sorcière. Pourtant, ils venaient chez elle et Tina les recevait dans sa chambre pour les soigner. Le retour de Célia et de Catherine réveille de vieilles histoires que personne n’a envie de voir éclater au grand‘jour. Des histoires ancrées de superstition. Célia s’occupe de Catherine qui a cessé de jouer son rôle de mère. Son père est parti depuis des années, Catherine rongée par l’angoisse de la page blanche vit dans un monde d’alcool et de relations éphémères. Célia retrouve Alice avec qui elle jouait enfant. Alice mystérieuse dont le père à la main leste. Alice l’initie à la forêt, au plaisir d’être libre dans la nature, de se sentir forte comme une louve. Des animaux synonymes d'hantise pour ces villageois.
Mais ce roman parle aussi de la peur qui pousse l’homme, qui l’accule à commettre les actions les plus viles et les plus empreintes de lâcheté, des femmes qui se sont battues pour marcher la tête haute. Et on est ferré par l’écriture de Stéphane Servant qui intercale le récit de Célia, jeune fille perdue, en proie aux doutes et à la rébellion et celui de Tina à vingt ans.
Au fil des pages, l’histoire prend de l’ampleur, creuse les personnages entre la réalité et les secrets enfouis. Les faiblesses, la peur de l’étranger, le racisme, le pouvoir de l’argent, la solidarité, la condition féminine, l’amitié, le poids des mots tus ou accusateurs et ce village d’où rien ne doit sortir jalonnent ce livre qui recèle bien des surprises !
Un vrai roman dense, fouillé, envoûtant et hypnotique ! J’ai été valdinguée par tous les sentiments présents : l'injustice, la souffrance, l'amour, l'amitié mais aussi le pardon. Pour en revenir à l'écriture de Stéphane Servant, elle prend aux tripes comme elle sait se faire poétique. A lire à partir de 16 ans et sans limite d’âge….
mardi 17 décembre 2013
Pascal Garnier - l'A26
Éditeur : Zulma - Date de parution : 2009 ( première édition : 199)- 115 pages noires, très noires !
L’autoroute 26 continue son avancée dans le Nord de la France. Les travaux sont arrivés près d’un village que Yolande appelle "le Trou du cul du monde". Elle ne sort jamais de chez elle, vit confinée dans son passé. Son seul lien avec l'extérieur c'est son frère Bernard. Employé de la SNCF, il sait qu’il n’en a plus pour longtemps, que la maladie le grignote petit à petit.
Bernard a passé sa vie à faire ou ne pas faire de choix en fonction de Yolande. Tondue durant la guerre pour avoir refusé de coucher avec certains hommes, depuis Yolande est cloîtrée chez elle dans un capharnaüm sans nom, emmurée dans ses souvenirs, refusant de voir quiconque hormis Bernard. Maintenant que la mort le guette de près, Bernard n’a plus rien à perdre. Lui si tranquille, si calme va céder à ses pulsions.
Flanquées sous un ciel gris, ce sont des vies ratées que Pascal Garnier nous dépeint. Des personnages comme condamnés à passer le restant de leur jour dans ce village avec des remords. On retient son souffle car on assiste impuissant aux tragédies.
C’est noir, infiniment noir mais malgré tout il y a des touches lumineuses comme des lampions suspendus au-dessus de nos têtes ébahies. Cependant il m’a manquée dans ce livre la tendresse que Pascal Garnier a envers ses personnages dans ses autres livres...
Ils sont tous comme ça, les gens à se plaindre de leur vie; et il fait trop chaud, et il fait trop froid, et je suis trop jeune, et je suis trop vieux, etc.Ils n'ont qu'à faire comme elle, ne rien aimer, comme ça, on n'est jamais déçu et on fout la paix aux autres.
Lu de cet auteur : Cartons - Comment va la douleur? - La Théorie du panda
lundi 16 décembre 2013
Thierry Guenez - Je ne suis jamais redescendu de cette montagne
Éditeur : Les 2 encres - Date de parution : Juillet 2013 - 459 pages et un livre hérisson !
Partir sac à dos avec des amis découvrir d’autres pays. Cette idée que nous avons tous eu un jour ou l’autre, Thierry Guenez l’a réalisée. Avec deux amis et la petite amie de l’un d’entre eux, il se décident à partir pour l’Australie un peu d’argent en poche. Le but étant de travailler sur place pour subvenir aux besoins élémentaires et de constituer une cagnotte pour continuer le voyage.
Ce livre m’a d’abord frappée par l’écriture. L’auteur ne nous livre pas qu’un simple récit de voyage avec des descriptions de paysages, les différences culturelles car il y intègre ses ressentis, ses pensées, des anecdotes, le tout avec une vraie et belle écriture.
De Sydney, les quatre amis rejoignent les terres plus profondes de l’Australie. Ils travaillent à à la cueillette de fruits pour gagner de l’argent mais très vite, l’amitié est mise à mal. Jean et sa petite amie font bande à part.Thierry et Régis restent soudés et décident de continuer ensemble l’aventure. La Tasmanie, la Nouvelle-Zélande et des rencontres surprenantes. Certaines chaleureuses, d'autres moins. Il y a aussi les petits boulots souvent pénibles et quelquefois le découragement, les remises en question quand ils ne trouvent pas de travail ou sont exploités par l’employeur, le manque d'argent qui les obligera à se rendre à la soupe populaire. Mais toujours l'optimisme reprend le dessus.
Ce voyage d’une année raconté avec sincérité est sans temps mort et je ne me suis pas ennuyée une seule seconde ! J’ai aimé découvrir tous ces pays grâce à l’écriture de Thierry Guenez, ses expériences, l’enrichissement qu’il en a retenu. Un livre devenu hérisson !
C'est là que je comprends ce qui nous différencie. On peut voir la ville de deux façons. Comme moi je la vois, c'est-à-dire un rêve, un cimetière de projets, comme un recueil de romans que l'on dévore. Mais aussi on peut la voir comme son tatouage qui palpite au fond de l'âme - son identité.
Partir sac à dos avec des amis découvrir d’autres pays. Cette idée que nous avons tous eu un jour ou l’autre, Thierry Guenez l’a réalisée. Avec deux amis et la petite amie de l’un d’entre eux, il se décident à partir pour l’Australie un peu d’argent en poche. Le but étant de travailler sur place pour subvenir aux besoins élémentaires et de constituer une cagnotte pour continuer le voyage.
Ce livre m’a d’abord frappée par l’écriture. L’auteur ne nous livre pas qu’un simple récit de voyage avec des descriptions de paysages, les différences culturelles car il y intègre ses ressentis, ses pensées, des anecdotes, le tout avec une vraie et belle écriture.
De Sydney, les quatre amis rejoignent les terres plus profondes de l’Australie. Ils travaillent à à la cueillette de fruits pour gagner de l’argent mais très vite, l’amitié est mise à mal. Jean et sa petite amie font bande à part.Thierry et Régis restent soudés et décident de continuer ensemble l’aventure. La Tasmanie, la Nouvelle-Zélande et des rencontres surprenantes. Certaines chaleureuses, d'autres moins. Il y a aussi les petits boulots souvent pénibles et quelquefois le découragement, les remises en question quand ils ne trouvent pas de travail ou sont exploités par l’employeur, le manque d'argent qui les obligera à se rendre à la soupe populaire. Mais toujours l'optimisme reprend le dessus.
Ce voyage d’une année raconté avec sincérité est sans temps mort et je ne me suis pas ennuyée une seule seconde ! J’ai aimé découvrir tous ces pays grâce à l’écriture de Thierry Guenez, ses expériences, l’enrichissement qu’il en a retenu. Un livre devenu hérisson !
C'est là que je comprends ce qui nous différencie. On peut voir la ville de deux façons. Comme moi je la vois, c'est-à-dire un rêve, un cimetière de projets, comme un recueil de romans que l'on dévore. Mais aussi on peut la voir comme son tatouage qui palpite au fond de l'âme - son identité.
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