Et pourtant, je pensais vous parler de quelques lectures (anciennes ou plus récentes car j'ai toujours cette fichue habitude de ne pas rédiger directement mon billet après lecture et ce pour plusieurs raisons dont une, et non la moindre, mon célèbre carpe diem), faire un far (mais depuis hier les repas de fin d'année ont commencé et mon taux de glycémie doit battre des records) et dix mille autres choses variées.
Mais, je fais une pause. Une petite. Le temps de vous rendre compte que je ne suis pas là, je serai déjà revenue.
Passez tous un bon et joyeux Noël !
lundi 23 décembre 2013
samedi 21 décembre 2013
Jaume Cabré - Confiteor
Éditeur : Actes Sud - Traduit du catalan par Edmond Railland - Date de parution : Août 2013 - 772 pages et une merveille !
Adrià Ardevol atteint d’Alzheimer décide de confier à son ami Bernat des feuillets où il a consigné sa vie et où il se confesse. Cette longue lettre est destinée à celle qui l’a toujours aimée Sara. Dis comme cela, on pourrait s’attendre à un récit avec une narration classique et une suite d’événements chronologiques. Et bien non.
Dès les premières pages, le" je" côtoie le "il" et forcément cette narration interpelle l’œil, émoustille l’esprit et ce procédé permet de nous plonger entièrement dans les différentes voix empruntées. Confiteor débute par l’enfance d’Adrià. Son père antiquaire et collectionneur de manuscrits anciens veut qu’il apprenne dix langues au minimum et qu’il soit un violoniste hors pair. A sept ans, son avenir est ainsi tracé par la décision paternelle mais Adrià n’est pas d’accord. Même si l’apprentissage des langues est un jeu pour lui, il veut apprendre, étudier d'autres matières. Deux figurines Aigle Noir et le shérif Carson seront les témoins de cette enfance sans marque d'amour. Deux jouets dont il jamais il ne se séparera.
Et sans que ça puisse paraître étrange, Jaume Cabré fait intervenir d’autres personnages comme un fabricant de violons, un colonel SS, un moine, un médecin en Afrique et bien d’autres encore. Il les enchevêtre dans le récit d’Adrià. Sans tout nous dévoiler, il nous livre des bribes de leurs histoires impliquées ou soumises à la grande Histoire. Et Adrià ? Il nous raconte son amitié avec Bernat, son amour pour Sara, ses études en Allemagne et toujours ce qui l’anime et le hante cette soif du savoir. Adrià qui se retrouve en charge des conséquences des agissements de son père sans n’avoir rien commis.
Un roman puzzle qui nous immerge dans le bonheur de la lecture et dans les questionnements, qui nous fait traverser plusieurs siècles d’histoire mais sans jamais nous égarer. Le Bien et le Mal, l’Art sont omniprésents alors qu’Adrià nous agace plus d’une fois mais finit par gagner notre sympathie.
Magistralement, Jaume Cabré nous montre comment tout est lié. Toutes ces vies, ces actes, les décisions prises s’unissent dans le temps. Un roman époustouflant, passionnant, rare, d’une richesse incroyable qui nous fait toucher du doigt le sublime, l’effroyable, nous submerge d’émotions et de réflexions, et nous donne cette envie de tourner les pages! Une lecture dont je suis ressortie éblouie et qui m’habite encore....
Et je suis convaincu qu'il est très difficile de résister à la possession des originaux des textes bouleversants. Le papier avec l'écriture, le tracé, le geste et l'encre, qui est l'élément matériel dans lequel s'incarne l'idée spirituelle,qui finira par devenir une œuvre d'art ou une œuvre de la pensée universelle ; le texte qui s'introduit dans le lecteur et le transforme.
Le billet de Cuné qui renvoie à plein d'autres liens.
vendredi 20 décembre 2013
Christine Eddie - Parapluies
Editeur : Editions Alto - Date de parution : 2011 - 192 pages qui font beaucoup de bien !
Matteo est parti une nuit sans ne rien dire à Béatrice sa compagne. Et depuis il pleut. Depuis trente-quatre jours précisément en ce mois de juillet. Elle attend, s’occupe tant bien que mal de sa belle-mère Francesca une inconditionnelle du télé-achat qui ne parle qu’italien.Quand Béatrice trouve un sous-vêtement qui ne lui appartient pas, elle s’imagine que Matteo la trompe avec son assistante . Dans le même temps, Béatrice ne peut se défaire d’une image qui l’a marquée : celle d’une fillette en Somalie.
Quatre femmes sont au centre de ce livre, quatre femmes en lien avec Matteo. Outre Béatrice et sa belle-mère, il y a Daphné timide et mal dans sa peau passionnée de littérature russe, Catherine qui élève seule sa fille Thalie âgée de dix ans. On découvre l'histoire de chacune et le poids des blessures passées ou présentes. Les chemins de ces femmes vont bien plus que se croiser suite à l’hospitalisation de Francesca. Le nom de Matteo ne sera pas prononcé entre elles car c'est sous l’entraide et l’amitié que les relations vont se tisser.
Un roman aux teintes mélancoliques mais drôle et qui touche en plein cœur ! Et ce sont autant de phrases qui font mouche, d’émotions sans guimauve que nous raconte Christine Eddie. Une lecture qui fait beaucoup de bien donc pourquoi s'en priver ?
Les billets de Cuné, Keisha, Lucie, Séverine
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