dimanche 9 février 2014

Alan Bennett - La dame à la camionnette

Éditeur : Buchet-Chastel - Traduit de l'anglais par Pierre Ménard - Date de parution : Février 2014 - 114 pages à découvrir ! 

Une vieille dame excentrique Miss Sheperd "toujours un brin décalée"  vivant sans sa camionnette ne peut plus laisser sa demeure ambulante dans la rue. Conséquence  de l' embourgeoisement du quartier : elle et sa camionnette sont vues d'un mauvais oeil. L'auteur Alan Bennett lui propose l'entrée de son jardin. Commence vingt années incroyables.

Avec le fort tempérament Miss Sheperd, mauvaise foi comprise, et son don pour parvenir à ses fins digne d'une grande comédienne,  cette cohabitation révèle bien des surprises ! Si elle a des idées loufoques mais toujours dites sur un ton sérieux, le souci permanent de garder son indépendance et sa dignité, Miss S. gardera le mystère autour de sa vie passée. Qui était-elle vraiment ?
Ces notes prises par Alan Bennett montre l'aspect cocasse  de certaines situations mais aussi les disputes entre eux deux comme dans un vieux couple. Ou encore l'exaspération de son hôte quelquefois.

Alan Bennett ne se couvre pas de fleurs en ayant aidé Miss S., il montre combien à travers l'évolution de la société anglaise les personnes comme Miss S. ont été mises de plus en plus à l'écart.
De l'humour british et un récit touchant, que demander de plus ? 

Quant à l'autre produit, l'employé de chez Boots a refusé de m'en vendre, sous prétexte que cela pouvait provoquer des exposions. Tout de même vu mon âge, il aurait pu se dire que j'avais le sens des responsabilités. Mais à bien y réfléchir, ce n'est peut-être le cas  le cas de toutes les vieilles dames.

Le billet de Cathulu.

Lu du même auteur : La reine des lectrices

vendredi 7 février 2014

Rafael Reig - Ce qui n'est pas écrit

Éditeur : Metailié - Traduit de l'espagnol par Myriam Chirousse - Date de parution : janvier 2014 - 238  pages qu'on lâche pas !

Avertissement : on ne lit pas la quatrième de couverture qui en dit de trop. 

Carlos et Carmen sont divorcés depuis sept ans. Grâce à son son avocate, Carmen a obtenu Carlos ne voit pas Jorge durant une année puis uniquement quelques heure sous surveillance. Mais Carmen se sent coupable car Carlos semble avoir changé. Elle accepte qu'il amène Jorge âgé de quatorze ans pour trois jours. Une excursion dans la montagne entre père et fils. Après leur départ elle sécouvre  un manuscrit écrit  par Carlos et un mot lui demandant de le lire. Un livre dont le titre est "La femme morte" avec comme  dédicace "pour C.M ; in memoriam. Pourquoi ses initiales et pourquoi ce titre ? Intriguée, elle décide d'y jeter un oeil. 

Trois fils narrateurs se déroulent. Il y a l'histoire du livre lu par Carmen  où il est question d'une fille enlevée par des petits voyous minables, un récit violent et pervers, le séjour de Carlos et de Jorge où Carlos juge son fils comme un garçon maladroit et empoté, un fifils à sa maman, et Jorge est pétrifié de décevoir son père. La communication entre les deux est difficile. Et enfin il y a Carmen  qui découvre des détails communs entre ce que Carlos a écrit et leur histoire passée. L'angoisse la gagne. Et  si ce livre était un avertissement ou pire une menace envers Jorge. Ou alors ce ne sont que de terribles coïncidences nourries par sa culpabilité  et par le fruit son imagination?  Pour se rassurer, elle téléphone à Gorge mais Carlos lui  a confisqué on portable. Je n'en dirai pas plus!

Et je me suis retrouvée ferrée  par ce thriller  psychologique avec des poussées d'adrénaline conséquentes !  Tout au long de cette lecture, on se pose des questions, on échafaude des réponses et les surprises sont au rendez-vous !
L'auteur  installe une tension qui va en crescendo. Avec ce livre, Rafael Reig explore les rancoeurs, la manipulation, et ce qui est très  intéressant c'est la position du lecteur qui essaie de deviner ce qui se cache entre les lignes  et celle de l'écrivain qui mène la danse sans oublier les liens père/fils.

Un bémol  cependant : le livre de Carlos contient beaucoup  de frustrations déposées sur le papier qui se cristallisent en violence gratuite et ses écrits sont loin d'être de la grande littérature. Aussi des extraits plus courts auraient été les bienvenus.
Mais il s'agit d'un polar noir que je n'ai pas lâché  ! 

Ce qui est écrit est toujours plein de contradictions, de changements de ton, d'impasses, d'omissions alarmantes ou de détails inutiles : seule la foi en l'auteur résout le sens de la lecture, on en peut que lire qu'en croyant qu'il y a un auteur, quelqu'un qui se rend responsable.

Le billet de Sandrine

jeudi 6 février 2014

Xavier de Moulins - Que ton règne vienne

Éditeur : JC Lattès - Date de parution : Février 2014 - 219 pages et un avis très mitigé...

2013 : Après l'enterrement de son père, Paul craque. Pourtant, il le haïssait. Heureusement, Oscar son ami, son "frère d'enfance"est là pour s'occuper de lui. Des années 1970 aux années 2015, nous visitions les souvenirs de Paul et sa reconstruction.

Fils unique, il admirait la prestance naturelle de son père Jean-Paul un homme sûr de lui et naturellement à l'aise. Ses parents sont l'image du couple uni en apparence. Car il y a les premiers couacs : les soi-disants voyages d'affaires de Jean-Paul pour retrouver ses maîtresses. Jean-Paul un homme qui plaisait aux femmes, qui éblouissait la galerie. Paul a grandi dans l'ombre de ce père. Chez Oscar,  le couple de parents a volé en éclats. La mère de Paul mère supporte de moins en moins les escapades infidèle de son père. Mais elle le pardonne.
Et Paul tombe amoureux fou. Le grand amour pour Ava une hôtesse de l'air, ils auront deux enfants. Son père se montre un grand-père parfait à défaut d'avoir un été un père parfait. Jean-Paul est étrangement toujours présent pour la famille de son fils.
Oscar aide Paul à se relever, à sortir de sa dépression.Son ami homosexuel lui apprend qu'il va se marier et être papa sous peu grâce à Camille " une maman sac à dos."

Dès les premières pages, on sait que Paul et Ana sont séparés et l'auteur laisse planer une sorte de suspense sur ce qui a pu se passer. Un événement grave qui a mis à terre Paul et qui nourrit  la haine qu'il porte à son père. Mais on devine très vite ce qui s'est passé. C'est mon premier bémol.
L'amitié, la reconstruction, le modèle familial, la trahison sont les thèmes de ce roman qui hélas manque manque d'un brin d'originalité (il s'agit de mon deuxième bémol) et ce malgré l'écriture de Xavier de Moulins. Une écriture toujours vive, alerte, ironique qui m'avait séduite dans Ce parfait ciel bleu. 
Pour conclure, un avis très mitigé ...

Dehors, on arrive même à les envier. Ses amies disant à ma mère qu'elle a eu une chance folle de tomber sur un type pareil. En bon architecte, ses plans sont parfaitement au point, leur couple est un magnifique cuirassé. Vu du dehors, la maison, c'est le relais château de la conjugalité.

Le billet de Séverine enthousiaste
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