La douzième édition du prix des Lecteurs du Télégramme démarre aujourd'hui!
Cette année, les lecteurs devront déterminer un gagnant parmi ces six titres ( en italique, les 4èmes de couverture):
Le silence de Jean-Guy Soumy (Laffont) :
Le monde de Jessica s'effondre le jour où son mari, Alexandre Leroy, mathématicien franco-américain de renommée internationale, se tire une balle dans la tête. Comment a-t-il pu la trahir aussi lâchement, décevoir leurs deux fils, détruire ce bonheur qu'ils ont mis trente ans à construire ? L'acte est d'autant plus incompréhensible qu'il ne ressemble pas à l'homme qu'elle a connu. Mais l'a-t-elle vraiment connu ? Elle reçoit de plein fouet un premier coup quand elle comprend que la photo de ses beaux-parents a été trafiquée et qu'ils ne sont pas morts dans les bombardements en France, comme elle l'a toujours cru. Alexandre a menti ! Il a toujours menti. Il a changé son nom et falsifié son identité, il s'est inventé un passé, il a caché l'existence d'un frère et a même réussi à mystifier la communauté scientifique.
Comment supporter une telle découverte ? Phil, son fils aîné, également mathématicien, ne peut pas dévoiler une telle forfaiture, qui ruinerait sa propre carrière. Il convainc sa mère de détruire toutes les preuves. Mais Jessica ne supporte pas d'avoir accompli un tel geste. L'aide vient bizarrement de son fils cadet, Lewis, atteint d'une forme particulière d'autisme et dont les intuitions fulgurantes l'obligent à réagir. Il veut connaître son oncle. Il veut aller en France.
Pour Jessica, se retrouver au fin fond de la Creuse en face de ce beau-frère dont elle ignorait l'existence est une terrible épreuve. Comment pourrait-elle accepter l'existence de cet homme qu'elle accuse d'avoir provoqué la mort de son mari ? Pourtant, il lui faut comprendre, dénouer la complexe pelote de raisons qui, des décennies auparavant, ont poussé Alexandre à s'amputer d'une partie de lui-même.
Les petits blancs d’Aymeric Patricot (Plein jour) :
Comment vivent les "petits blancs" des quartiers pauvres de la République? Les Américains utilisent pour désigner ces oubliés du progrès social, méprisés d'être plus pauvres encore que les Noirs ou les Latinos, l'expression "white trash". Se vit-on dans la France métissée d'aujourd'hui, comme un "déchet blanc"? Une conscience raciale est-elle en train de se substituer à la conscience de classe?
L'âme chevillée au corps d'Eve Lerner (Dialogues) :
Une enfant muette développe son oreille. Les mots, les expressions, les vestiges de patois, les idiosyncrasies familiales, les mensonges, les images, les couleurs de la langue s’y logent pour longtemps. "L’âme chevillée" au corps tente de rendre, avec une inévitable déperdition due à l’érosion du temps, la langue ouvrière telle qu’Ève Lerner l’a entendue, avec ses incompréhensions d’enfant, cette langue foisonnante d’invention, ferment argotique et poétique où l’histoire est à l’oeuvre.
Ce roman langagier familial, hommage de l’auteur à sa mère, linguiste instinctive, se lit comme une archive encore
vivante de la vie à l’usine et dans les familles ouvrières du XXᵉ siècle. Une vie faite de travail abrutissant, mais aussi d’invention, de panache et de style. La langue des pauvres était une langue riche.
Ce récit en garde la mémoire. Le livre est illustré de petites gravures représentant des objets d’antan au charme désuet.
Le cas Eduard Einstein de Laurent Seksik (Flammarion) :
"Mon fils est le seul problème sans solution", écrit Albert Einstein en exil. Eduard a vingt ans au début des années 1930 quand sa mère Mileva, le conduit à l'asile. Le fils d'Einstein finira ses jours parmi les fous, délaissé de tous, dans la plus total dénuement.
Trois destins s'entrecroisent dans ce roman, sur fond de tragédie du siècle et d'épopée d'un géant. Laurent Seksik dévoile un drame de l'intime où résonnent la douleur d'une mère, les faiblesses des grand hommes et la voix du fils oublié.
La part de l’aube d’Eric Marchal (Editions Anne Carrière) :
Après le succès retentissant du Soleil sous la soie, Éric Marchal nous entraîne dans un tourbillon romanesque qui a cette fois pour décor la puissante ville de Lyon.
Suite à un accident grave de voyageur d'Eric Fottorino (Gallimard) :
«En septembre 2012, à quelques jours de distance, trois personnes se sont jetées sur les voies du RER, derrière chez moi, dans les Yvelines. Un vieillard, une mère de famille, un homme qui n'a pu être identifié. À la violence de leur mort a répondu le silence. Il ne s'est rien passé. Nul n'a désigné la souffrance par son nom. Une voix neutre a seulement résonné dans les haut-parleurs de la gare : "Suite à un accident grave de voyageur..." Nos vies ont pris un peu de retard. À cause de trois détresses qui n'ont jamais existé.»
Je n'ai lu qu'un seul livre "Le cas Edouard Einstein" (un livre troublant mais les récits où fiction et réalité sont intégrés commencent à me lasser).
Sur les titres retenus "Suite à un accident grave de voyageur" d'Eric Fottorino et "Les petits blancs" d’Aymeric Patricot m'intéressent particulièrement pour les thèmes qu'ils abordent.
Toutes les informations concernant la 12ème édition du prix des Lecteurs du Télégramme sont disponibles ici.
dimanche 23 février 2014
samedi 22 février 2014
Valérie Cohen - Alice et l'homme-perle
Éditeur : Luce Wilquin - Date de parution : Janvier 2014 - 190 pages et une jolie découverte !
A la résidence Les eaux douces, des sexagénaires mènent une existence bien tranquille. Mais Alice passe tous ses jeudis dans le hall d'un aéroport à rêver des vies des personnes qu'elle y croise. Gisèle est soucieuse de son apparence tandis que Juliette respire la joie de vivre sans se soucier de ses kilos en trop. Mais depuis quelques temps, la mémoire d'Alice fugue brièvement. Juliette décide qu'elles doivent l'aider. Elle a deviné que derrière la soudaine la mélancolie d'Alice, il y a un homme qui fut son amant. Veuve, Alice a aimé un autre homme que son mari.
Avec l'aide de la directrice de la résidence Lucie, un séjour est organisé à Séville pour permettre à Alice de revoir son amant d'autrefois Diego. Le voyage révèle les espoirs de chacun mais sans oublier les peurs légitimes et les remords de chacun. Entre humour et révélations, ce roman ne sombre jamais dans la guimauve ou dans la tristesse.
Si Valérie Cohen n'occulte la mort, la vieillesse, elle nous rappelle avec une réelle bienveillance pour ses personnages qu'il faut croquer la vie à pleines dents à tout âge! Un roman touchant, optimiste et à méditer !
"La vie est injuste, soupire celle-ci avec un sourire taquin.
- Ah bon, pourquoi ?
- Une ville chargée d'histoire est bourrée de charme. Mais pour un femme de notre âge, la langue française n'est pas aussi tendre : elle a de la bouteille ou, pire, elle est ravagé.
- Pas totalement faux", concède Gisèle d'un air pincé.
Lu dans le cadre de l'opération Masse Critique organisée par Babelio
A la résidence Les eaux douces, des sexagénaires mènent une existence bien tranquille. Mais Alice passe tous ses jeudis dans le hall d'un aéroport à rêver des vies des personnes qu'elle y croise. Gisèle est soucieuse de son apparence tandis que Juliette respire la joie de vivre sans se soucier de ses kilos en trop. Mais depuis quelques temps, la mémoire d'Alice fugue brièvement. Juliette décide qu'elles doivent l'aider. Elle a deviné que derrière la soudaine la mélancolie d'Alice, il y a un homme qui fut son amant. Veuve, Alice a aimé un autre homme que son mari.
Avec l'aide de la directrice de la résidence Lucie, un séjour est organisé à Séville pour permettre à Alice de revoir son amant d'autrefois Diego. Le voyage révèle les espoirs de chacun mais sans oublier les peurs légitimes et les remords de chacun. Entre humour et révélations, ce roman ne sombre jamais dans la guimauve ou dans la tristesse.
Si Valérie Cohen n'occulte la mort, la vieillesse, elle nous rappelle avec une réelle bienveillance pour ses personnages qu'il faut croquer la vie à pleines dents à tout âge! Un roman touchant, optimiste et à méditer !
"La vie est injuste, soupire celle-ci avec un sourire taquin.
- Ah bon, pourquoi ?
- Une ville chargée d'histoire est bourrée de charme. Mais pour un femme de notre âge, la langue française n'est pas aussi tendre : elle a de la bouteille ou, pire, elle est ravagé.
- Pas totalement faux", concède Gisèle d'un air pincé.
Lu dans le cadre de l'opération Masse Critique organisée par Babelio
jeudi 20 février 2014
Olivier Bordaçarre - Dernier désir
Éditeur : Fayard - Date de parution: Janvier 2014 - 275 pages dévorées !
Depuis plus de dix ans, Jonathan et Mina Martin se sont installés dans une maison isolée près d'une ancienne écluse dans le Berry. Fini Paris, les horaires avec lesquels il fallait jongler et l'appel de la consommation effrénée. Lui est producteur de miel, Mina est guide touristique pour un le château peu connu da la région. Un fils Romain âgée de dix ans, Jonathan qui aime écouter ses CD et Mina lire : un joli portait de famille. Un jour, un homme se présente chez eux. Il s'agit de leur nouveau voisin : Vladimir Martin. Elégant, riche, il va s'installer dans la maison située à cinq cent mètres de chez eux, une même maison entièrement à rénover.
Tout commence normalement pourrait-on dire. Vladimir vient souvent demander quelque chose : une aide, un service et forcément on s'entraide entre voisins. Le couple se pose forcément sur la venue de ce nouveau voisin fort généreux dans ses cadeaux pour les remercier. Vladimir observateur, toujours le mot gentil, entreprend des travaux dans sa maison pour qu'elle soit l'identique de ses voisins et achète la même voiture qu'eux. Il connait le pouvoir de l'argent et s'en sert pour gâter Romain. C'est trop, disent ses parents. Par politesse ou parce qu'il le pensent? Vladimir sait que Mina n'est pas insensible à son charme, d'ailleurs, il a opté pour la même coupe de cheveux que Jonathan. Un voisin un peu étrange qui est insomniaque, ne boit pas.
Lentement, il s'introduit dans la vie du couple semant des doutes sur leur mode de vie. Mina est-elle si heureuse ? Elle voit ses aspirations premières (fuir une société de consommation, vivre différemment) ébranlées. Jonathan trouve que Vladmir est bien trop présent et supporte de plus en plus mal ses cadeaux et son emprise sur Romain. La faille grandit dans ce couple si soudé auparavant.
Olivier Bordaçarre distille une tension implacable dans ce roman mais surtout nous interroge sur nos désirs frustrés, non réalisés sous couvert de changement de mode de vie. On est en proie à un malaise grandissant : le bonheur a t-il un prix? Et si oui lequel ?
Nos certitudes sont malmenées et même si petit bémol, une autre fin aurait été la bienvenue, je ne boude pas mon plaisir car une fois terminé, ce livre continue de semer beaucoup de questions...
Addictif, très bien mené ( et écrit), que demander de plus ?
Il était urgent de convaincre Mina d'arrêter ce cauchemar. Pas d'autre choix que de se parler comme ils l'avaient toujours fait quand il s'était agi de résoudre un problème. Se parler, bien sûr... mais pour s'entendre dire : "Tu ne m'as jamais achetée!". Effectivement, il n'avait jamais eu cette prétention, ce besoin égoïste et sourd de posséder Mina. La possession est le plus court chemin vers le manque. La soif éternelle.
Les billets de Cuné, Encore du noir.
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