Éditeur : Editions de l'Olivier - Date de parution : Mai 2014 - 191 pages et 14 nouvelles savoureuses !
Ce recueil de quatorze nouvelles nous fait pénétrer dans un univers où les pensées, les rêves, des rencontres revêtent le manteau de la réalité. Les certitudes se troublent ou s'effacent pour laisser place à un monde à la lisière du réel. Des nouvelles qui nous prennent par la main pour mieux nous étonner ou nous faire sourire.
Le diable propose un pacte à une femme, une mère de famille imagine son épitaphe : "les cadeaux rapportés de l'école par les enfants l'ont tuée" mais aussi une jeune femme sans aucune diplôme qui devient psy sur une île ou un professeur de français qui cherche son futur disciple.
La fluidité de l'écriture, l'humour, la pétillance en font des nouvelles tout simplement savoureuses ! Aucune morosité, une légèreté voulue pour traiter des sujets comme la mort ou la Shoah, et cet étonnement ébahi de voir comment Agnès Desarthe nous fait chavirer par sa maîtrise, par le bonheur contagieux du plaisir de l'écriture (car on ressent combien l'auteure a eu du plaisir à les écrire)!
Un recueil dont je me suis délectée ! A lire à et à relire !
J'avais compris, au tremblement de sa voix, à la crispation de ses mains qui enserraient mes bras, qu'elle souffrait. Je ne connaissais pas le mot "imposture, pas plus que le mot "usurpation". Une des particularités tragi-comiques de l'enfance est que l'on traverse une gamme infinie de sentiments dont on ignore le nom. Tant que le mot n'a pas épinglé la sensation, comme une aiguille perçant le thorax d'un insecte, les impression papillonnent en liberté autour de nous et en nous, éblouissantes, féeriques, mais parfois aussi menaçantes car nous n'avons aucune idée de leur trajectoire, de leur taille, de leur venimosité.
Le billet de Cathulu.
De cette auteure, j'avais beaucoup aimé Une partie de chasse et un peu moins Dans la nuit brune.
mercredi 14 mai 2014
mardi 13 mai 2014
J. Courtney Sullivan - Les liens du mariage
Éditeur : rue Fromentin - Traduit de l'anglais (américain) par Anna-Laure Paulmont et Frédéric H. Collay - Date de parution : Mai 2014 - 477 longues, très longues pages...
Un roman où l'on suit cinq destins à travers de temps de 1947 à 2013 : quatre couples et une femme sans aucun lien apparent mais reliés par un seul et même objet.
1950, Frances travaille dans une agence de publicité dont le plus gros client est De Beers producteur et vendeur de diamants à travers le monde. Célibataire, Frances rédige des slogans et participe aux campagnes de marketing pour que les ventes de bagues de fiançailles repartent à la hausse. On lui doit "un diamant est éternel". Sa vie entière sera consacrée à son travail. 1972, Evelyn désormais à la retraite ne comprend que son fils veuille divorcer. Selon elle, les liens du mariage sont sacrés. 1987, James et sa famille vivotent. Ambulancier, il enchaîne de longues journées mais l'argent file à tout vitesse et la maison a besoin de travaux importants. Il aimerait tant pour Noël offrir à son épouse une nouvelle bague. 2003, Delphine tombe amoureuse d'un jeune violoniste américain et quitte son mari ainsi que le magasin d'instruments de musique par lequel elle et son mari se sont connus. Enfin, en 2013 Kate opposée farouchement au mariage s'apprête à se rendre à celui de son cousin. Une union entre entre deux hommes enfin autorisée dans ces certains états des Etats-Unis.
Si j'avais aimé Les débutantes et surtout Maine, je me suis ennuyée à la lecture de gros roman. L'auteure s'intéresse à l'industrie du diamant ( pas toute blanche) mais surtout et principalement aux destins de ces femmes et de ces couples avec les moeurs, les préjugés, les attentes personnelles.
Roman dense comprenant moult détails historiques et culturels, il lui manque cependant du charme. J'ai tourné les pages avec un intérêt qui n'a fait que décroître. Pire, je suis restée insensible à ces cinq destins et au marketing publicitaire développé.
L'évolution du mariage et de sa place dans la société à travers différentes époques est un thème qui me plaisait mais ce roman n'a pas su me séduire...
Un roman où l'on suit cinq destins à travers de temps de 1947 à 2013 : quatre couples et une femme sans aucun lien apparent mais reliés par un seul et même objet.
1950, Frances travaille dans une agence de publicité dont le plus gros client est De Beers producteur et vendeur de diamants à travers le monde. Célibataire, Frances rédige des slogans et participe aux campagnes de marketing pour que les ventes de bagues de fiançailles repartent à la hausse. On lui doit "un diamant est éternel". Sa vie entière sera consacrée à son travail. 1972, Evelyn désormais à la retraite ne comprend que son fils veuille divorcer. Selon elle, les liens du mariage sont sacrés. 1987, James et sa famille vivotent. Ambulancier, il enchaîne de longues journées mais l'argent file à tout vitesse et la maison a besoin de travaux importants. Il aimerait tant pour Noël offrir à son épouse une nouvelle bague. 2003, Delphine tombe amoureuse d'un jeune violoniste américain et quitte son mari ainsi que le magasin d'instruments de musique par lequel elle et son mari se sont connus. Enfin, en 2013 Kate opposée farouchement au mariage s'apprête à se rendre à celui de son cousin. Une union entre entre deux hommes enfin autorisée dans ces certains états des Etats-Unis.
Si j'avais aimé Les débutantes et surtout Maine, je me suis ennuyée à la lecture de gros roman. L'auteure s'intéresse à l'industrie du diamant ( pas toute blanche) mais surtout et principalement aux destins de ces femmes et de ces couples avec les moeurs, les préjugés, les attentes personnelles.
Roman dense comprenant moult détails historiques et culturels, il lui manque cependant du charme. J'ai tourné les pages avec un intérêt qui n'a fait que décroître. Pire, je suis restée insensible à ces cinq destins et au marketing publicitaire développé.
L'évolution du mariage et de sa place dans la société à travers différentes époques est un thème qui me plaisait mais ce roman n'a pas su me séduire...
vendredi 9 mai 2014
Alessandro Baricco - Mr Gwyn
Éditeur : Gallimard - Traduit de l'italien par Lise Caillat - Date de parution : Mai 2014 - 184 pages brillantes et un immense bonheur de lecture!
Dans le journal The Guardian, Jasper Gwyn publie un article où il mentionne une liste de points qu'il ne fera plus et écrire un roman en fait partie. Devenu écrivain assez tard avec trois romans à son actif, il est déterminé même si son agent et ami Tom ne le croit pas. Arrêter d'écrire est une chose mais Mr Gwyn ne peut s'empêcher de tricoter mentalement des scènes, des dialogues. Alors qu'il prend une année sabbatique, deux tableaux présenté dans une galerie lui font prendre conscience de ce qu'il veut. Ecrire des portraits non pas en peignant mais en écrivant. Des portraits destinés uniquement aux modèles qui poseront nus où il percera leur identité, où il mettra des mots sur ce qu'ils sont. "Pour ces personnes, il serait un copiste" contre une somme d'argent.
Soucieux du détail et de la perfection, Mr Gwyn choisit un ancien entrepôt où une bande sonore sera diffusée en permanence "elle commençait avec ce qui ressemblait à un bruit de feuilles, puis continuait son évolution imperceptible, en rencontrant comme par accident sur son passage tous types de sons", éclairé par trente-deux ampoules réalisées à la main qui diffusent une lumière enfantine. Des ampoules qui s'éteindront au fur et à mesure au bout de trente-deux jours. L'endroit est peu meublé, il faut que les personnes se retrouvent avec elles-mêmes. Ecrire ce qui les ramène " à la maison" et percevoir l'indicible intime.
Son premier modèle Rebecca l'aider à peaufiner son travail et le processus qui l'entoure. Et cette relation basée sur les silences, les non-dits et les confidences, la compréhension amènera naturellement Rebecca à devenir son assistante et à choisir pour lui les modèles. Mais il y aura le modèle qui sera une erreur et Mr Gwyn disparaitra.
Ce magnifique roman explore à travers Mr Gwyn ce que nous sommes en tant que personne non pas individuelle mais par rapport au monde, l'image que nous avons de nous-mêmes et le travail de l'écrivain qui en nous décryptant et en nous copiant nous fait vivre à travers des mots sur le papier. Alors oui, j'ai pris mon temps pour savourer ce livre. L’écriture d'Alessandro Baricco distille un rythme sur lequel inconsciemment ou non, on cale sa lecture et sa respiration. On s'imprègne de chaque phrase, de l'ambiance et la symbiose se produit.
Un livre par lequel on touche du bout des doigts l'essence même de l'écriture et sa quête universelle. C'est simplement brillant. Une lecture qui m'a remplie les yeux des poissons d'eau par sa beauté et par ses miroirs sur l'identité.
Ils se reconnaissaient dans les événements qui se produisaient, dans les objets, des couleurs, le ton, dans une certaine lenteur, dans la lumière, et aussi dans les personnages, bien sûr, mais dans tous, pas pas un seul, dans tous les personnages, simultanément - vous savez, nous sommes un tas de choses, nous les hommes, et tous ensemble.
Lu également de cet auteur : Soie
Dans le journal The Guardian, Jasper Gwyn publie un article où il mentionne une liste de points qu'il ne fera plus et écrire un roman en fait partie. Devenu écrivain assez tard avec trois romans à son actif, il est déterminé même si son agent et ami Tom ne le croit pas. Arrêter d'écrire est une chose mais Mr Gwyn ne peut s'empêcher de tricoter mentalement des scènes, des dialogues. Alors qu'il prend une année sabbatique, deux tableaux présenté dans une galerie lui font prendre conscience de ce qu'il veut. Ecrire des portraits non pas en peignant mais en écrivant. Des portraits destinés uniquement aux modèles qui poseront nus où il percera leur identité, où il mettra des mots sur ce qu'ils sont. "Pour ces personnes, il serait un copiste" contre une somme d'argent.
Soucieux du détail et de la perfection, Mr Gwyn choisit un ancien entrepôt où une bande sonore sera diffusée en permanence "elle commençait avec ce qui ressemblait à un bruit de feuilles, puis continuait son évolution imperceptible, en rencontrant comme par accident sur son passage tous types de sons", éclairé par trente-deux ampoules réalisées à la main qui diffusent une lumière enfantine. Des ampoules qui s'éteindront au fur et à mesure au bout de trente-deux jours. L'endroit est peu meublé, il faut que les personnes se retrouvent avec elles-mêmes. Ecrire ce qui les ramène " à la maison" et percevoir l'indicible intime.
Son premier modèle Rebecca l'aider à peaufiner son travail et le processus qui l'entoure. Et cette relation basée sur les silences, les non-dits et les confidences, la compréhension amènera naturellement Rebecca à devenir son assistante et à choisir pour lui les modèles. Mais il y aura le modèle qui sera une erreur et Mr Gwyn disparaitra.
Ce magnifique roman explore à travers Mr Gwyn ce que nous sommes en tant que personne non pas individuelle mais par rapport au monde, l'image que nous avons de nous-mêmes et le travail de l'écrivain qui en nous décryptant et en nous copiant nous fait vivre à travers des mots sur le papier. Alors oui, j'ai pris mon temps pour savourer ce livre. L’écriture d'Alessandro Baricco distille un rythme sur lequel inconsciemment ou non, on cale sa lecture et sa respiration. On s'imprègne de chaque phrase, de l'ambiance et la symbiose se produit.
Un livre par lequel on touche du bout des doigts l'essence même de l'écriture et sa quête universelle. C'est simplement brillant. Une lecture qui m'a remplie les yeux des poissons d'eau par sa beauté et par ses miroirs sur l'identité.
Ils se reconnaissaient dans les événements qui se produisaient, dans les objets, des couleurs, le ton, dans une certaine lenteur, dans la lumière, et aussi dans les personnages, bien sûr, mais dans tous, pas pas un seul, dans tous les personnages, simultanément - vous savez, nous sommes un tas de choses, nous les hommes, et tous ensemble.
Lu également de cet auteur : Soie
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