Éditeur : Stock - Date de parution : Avril 2014 - 185 pages à découvrir !
Ce livre n'est pas une énième biographie sur Françoise Sagan en ce sens où il nous fait revivre quelques mois cruciaux de sa vie. Ceux d'avant la parution de Bonjour tristesse et ceux qui suivront immédiatement. Françoise Quoirez qui n'a pas encore dix-huit ans est une jeune fille d'une bonne famille laquelle cède facilement à ses demandes et caprices. Son amie amie Florence Malraux l'encourage à écrire et Françoise passe un été à Paris à coucher sur papier le livre qui changera son destin alors que sa famille profite des vacances. Le roman sera déposé dans trois maisons d'édition et au bout d'une dizaine de jours, Julliard la contactera. Le succès est immédiat et Françoise devient Françoise Sagan sans s'imaginer que ça y est, le public et le monde de l'édition se sont forgés une opinion à son sujet loin des codes de l'époque.
"Mon livre prend une forme bizarre, entre roman, biographie et autofiction" : Anne Berest qui se sépare du père de sa fille accepte la demande de Denis Westhoff (le fils de Françoise Sagan) d'écrire sur Françoise Sagan. Se basant sur des faits précis elle ajoute une part de fiction mais aussi ses propres questionnements personnels. Elle veut se rapprocher de Sagan pour la faire renaître à travers ce livre. Et elle y parvient en nous faisant découvrir l'admiration de l'auteure pour Colette ou en nous rappelant la condition féminine de cette période.
Et même si les propres états d'âme d'Anne Berest ont gâché un peu mon plaisir, il ressort de ce livre une énergie contagieuse, une Françoise Sagan anti-conformiste, généreuse et voulant croquer la vie à pleines dents !
Merci à Babelio.
Lu d'Anne Berest : La fille de son père et de la grande Françoise Sagan : Des bleus à l’âme - Toxique - Un orage immobile
mardi 27 mai 2014
samedi 17 mai 2014
Jo Baker - Une saison à Longbourn
Éditeur : Stock - Traduit de l’anglais par Sophie Hanna - Date de parution : Avril 2014 - 397 pages et un bon moment de lecture !
Angleterre, fin du 19ème siècle. Mr et Mrs Bennet ainsi que leurs quatre filles Jane, Elizabeth, Mary, Kitty et Lydia vivent à Longbourn dans la campagne anglaise. Les aînées sont en âge de se marier et Mrs Bennet aimerait leur trouver un bon mari. Mr Bennet se réfugie souvent dans sa bibliothèque pour échapper aux demandes ou aux bavardages de de son épouse tandis que les domestiques s'affairent du matin au soir.
Nous sommes bien chez la famille Bennet les personnages d'Orgueil et préjugés de Jane Austen. Mais ici ils ne sont pas au centre du roman car Jo Baker a choisi de s'intéresser à ceux et à celles du derrière de la scène : les domestiques. Tout en respectant la trame du roman de Jane Austen, l'auteure fait vivre le personnel.
L'arrivée d'un valet James va bouleverser l'ordre qui régnait à Longbourn. Peu bavard, personne ne sait rien de lui. Si Sarah simple bonne qui avait été recueillie enfant et élevée par Mr et Mrs Hill se contentait jusqu'à présent de sa vie, désormais elle perçoit les notions de bonheur et de liberté qui lui sont interdites. Car sa condition l'empêche de mener à bien ses rêves.
Amoureuse de James, Sarah se révolte alors que Mrs Hill essaie de lui faire entendre raison : ne pas se plaindre et accepter son sort.
Dans ce livre, Jo Baker Jo décrit la société anglaise de l'époque, les guerres napoléoniennes et surtout elle s'attache à au personnel de maison. Leur quotidien mais aussi leur condition qui en fait des personnes non considérées.
Un roman qui montre l'envers du décor en s'attachant à la classe des domestiques et ses entraves dont il est possible de s'affranchir.
Un bon moment de lecture !
Les billets de Jostein, Nadael, Valérie
Angleterre, fin du 19ème siècle. Mr et Mrs Bennet ainsi que leurs quatre filles Jane, Elizabeth, Mary, Kitty et Lydia vivent à Longbourn dans la campagne anglaise. Les aînées sont en âge de se marier et Mrs Bennet aimerait leur trouver un bon mari. Mr Bennet se réfugie souvent dans sa bibliothèque pour échapper aux demandes ou aux bavardages de de son épouse tandis que les domestiques s'affairent du matin au soir.
Nous sommes bien chez la famille Bennet les personnages d'Orgueil et préjugés de Jane Austen. Mais ici ils ne sont pas au centre du roman car Jo Baker a choisi de s'intéresser à ceux et à celles du derrière de la scène : les domestiques. Tout en respectant la trame du roman de Jane Austen, l'auteure fait vivre le personnel.
L'arrivée d'un valet James va bouleverser l'ordre qui régnait à Longbourn. Peu bavard, personne ne sait rien de lui. Si Sarah simple bonne qui avait été recueillie enfant et élevée par Mr et Mrs Hill se contentait jusqu'à présent de sa vie, désormais elle perçoit les notions de bonheur et de liberté qui lui sont interdites. Car sa condition l'empêche de mener à bien ses rêves.
Amoureuse de James, Sarah se révolte alors que Mrs Hill essaie de lui faire entendre raison : ne pas se plaindre et accepter son sort.
Dans ce livre, Jo Baker Jo décrit la société anglaise de l'époque, les guerres napoléoniennes et surtout elle s'attache à au personnel de maison. Leur quotidien mais aussi leur condition qui en fait des personnes non considérées.
Un roman qui montre l'envers du décor en s'attachant à la classe des domestiques et ses entraves dont il est possible de s'affranchir.
Un bon moment de lecture !
Les billets de Jostein, Nadael, Valérie
jeudi 15 mai 2014
Jean-Noël Pancrazi - Indétectable
Éditeur : Gallimard - Date de parution : Février 2014 - 136 pages justes et touchantes !
Mady T. un jeune Malien est un sans-papiers. Dix années passées sur le territoire français avec l'attente du sésame qui rendrait sa présence légale. Dix années à dormir dans le foyer du Père-Lachaise avec ses frères, les petits boulots pour expédier de l'argent à la famille au pays et acheter des cadeaux à Mariama celle qu'il aime, la mère de son fils qui habite aussi à Paris. Mais surtout faire comme si de rien n'était et se rendre indétectable quand il croise des policiers.
Non seulement, Jean-Noël Pancrazi a connu Mady mais il a été plus loin en se rendant coupable d'un acte répréhensible en l'hébergeant. Il a l'aidé dans le dédale des démarches administratives et a essayé d'apprendre à écrire à celui qui l'appelait "le toubab". Mais il aura fallu d'un 13 juillet pour que tout change. Mady est arrêté et conduit au centre de rétention de Roissy. Un lieu où l'on espère ne pas voir son nom sur la liste de ceux qui partiront (un retour en pays en charter sans cadeaux pour la famille) et pourtant le nom de Mady sera affiché sur la liste.
Et Jean-Noël Pancrazi raconte. Il raconte les combines de ceux que sont appelés clandestins, les mensonges pour avoir une chance, les petits trafics mais aussi la solidarité ébréchée entre eux. L'espoir qui habitait Mady et ces vies "souterraines" dans Paris.
Aucun pathos mais de la dignité pour rendre visible l'existence de Mady. Une écriture sublime où la colère se réveille et où l'auteur sait également avec humilité ne pas se donner le beau rôle. Un récit juste qui m'a beaucoup touchée!
Il prenait, en sortant et si discrètement, une photo, sur le côté, au bout du hall, captant ce qu'il y avait encore de solennité et d'or, comme pour éterniser pour lui-même le moment où on l'avait admis dans le plus beau théâtre de Paris, qu'il montrerait peut-être, plus tard à ses camarades du foyer, mais ce n'était pas sur; il avait trop de dignité et la discipline du secret pour leur révéler et s'en flatter. Un jour, ce serait à son tour de m'inviter, me disait-il à la terrasse du café où nous étions assis ensuite (...). Il suffisait d'un atome de bien qu'on faisait, qu'on lançait, et tout le bien revenait avers vous par le ciel : c'était ce qu'on lui avait appris quand il était tout petit au village, ce qu'il gardait dans le cœur depuis toujours.
Le billet de Mirontaine.
Sur ce sujet, je conseille également de lire Samba pour la France de Delphine Coulin.
Mady T. un jeune Malien est un sans-papiers. Dix années passées sur le territoire français avec l'attente du sésame qui rendrait sa présence légale. Dix années à dormir dans le foyer du Père-Lachaise avec ses frères, les petits boulots pour expédier de l'argent à la famille au pays et acheter des cadeaux à Mariama celle qu'il aime, la mère de son fils qui habite aussi à Paris. Mais surtout faire comme si de rien n'était et se rendre indétectable quand il croise des policiers.
Non seulement, Jean-Noël Pancrazi a connu Mady mais il a été plus loin en se rendant coupable d'un acte répréhensible en l'hébergeant. Il a l'aidé dans le dédale des démarches administratives et a essayé d'apprendre à écrire à celui qui l'appelait "le toubab". Mais il aura fallu d'un 13 juillet pour que tout change. Mady est arrêté et conduit au centre de rétention de Roissy. Un lieu où l'on espère ne pas voir son nom sur la liste de ceux qui partiront (un retour en pays en charter sans cadeaux pour la famille) et pourtant le nom de Mady sera affiché sur la liste.
Et Jean-Noël Pancrazi raconte. Il raconte les combines de ceux que sont appelés clandestins, les mensonges pour avoir une chance, les petits trafics mais aussi la solidarité ébréchée entre eux. L'espoir qui habitait Mady et ces vies "souterraines" dans Paris.
Aucun pathos mais de la dignité pour rendre visible l'existence de Mady. Une écriture sublime où la colère se réveille et où l'auteur sait également avec humilité ne pas se donner le beau rôle. Un récit juste qui m'a beaucoup touchée!
Il prenait, en sortant et si discrètement, une photo, sur le côté, au bout du hall, captant ce qu'il y avait encore de solennité et d'or, comme pour éterniser pour lui-même le moment où on l'avait admis dans le plus beau théâtre de Paris, qu'il montrerait peut-être, plus tard à ses camarades du foyer, mais ce n'était pas sur; il avait trop de dignité et la discipline du secret pour leur révéler et s'en flatter. Un jour, ce serait à son tour de m'inviter, me disait-il à la terrasse du café où nous étions assis ensuite (...). Il suffisait d'un atome de bien qu'on faisait, qu'on lançait, et tout le bien revenait avers vous par le ciel : c'était ce qu'on lui avait appris quand il était tout petit au village, ce qu'il gardait dans le cœur depuis toujours.
Le billet de Mirontaine.
Sur ce sujet, je conseille également de lire Samba pour la France de Delphine Coulin.
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