mercredi 18 juin 2014

Joël Dicker - La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert

Éditeur : Editions de Fallois - Date de parution (poche) : mai 2014 - 855 qui se lisent toutes seules !

Printemps 2008, New-York. Marcus Goldman dont le premier roman a été un succès se retrouve confronté à la page blanche alors qu'il doit remettre dans quelques mois à son éditeur  son nouveau roman. Marcus reprend contact avec son ami et professeur d'université Harry Quebert écrivain reconnu et respecté pour avoir écrit un chef d'œuvre "L'origine du mal". Harry l'invite à venir passer quelques jours à Aurora où il habite depuis que Marcus le connaît. Une petit ville tranquille du New Hampshire.

Mais une sombre histoire fait surface. Le corps de Nola Kellergan âgée de quinze ans et disparue en 1975 est retrouvé enterrée dans le jardin d'Harry. Accusé de meurtre, Marcus et l'opinion publique apprennent qu'Henry alors âge de trente-quatre ans entretenait à l'époque une relation avec elle et que son livre relate l'histoire de cet amour. Marcus veut défendre Harry qui clame son innocence, Harry son mentor qui lui a tout enseigné.

Ce livre joue sur les cordes du genre policier et du roman. Entre l'année 1975 et le présent où Marcus écrit à son tour un livre sur Harry, les entrechats de rebondissements et de découvertes m'ont ferrée ! Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et j'ai tourné avec frénésie les pages! Ce livre n'est pas exempt de quelques défauts : quelques longueurs, certains dialogues virant à la guimauve et surtout les extraits du livre d'Harry sont loin d'être ce que j'appelle une pépite.  Mais l'ensemble fonctionne et je n'irai pas cacher mon plaisir de lecture ! Les réflexions sur l'écriture ( pourquoi écrit-on?), l'imposture, la littérature, le monde de l'édition jalonnent ce bon gros roman.

Il y a eu une levée d'indignation car ce livre a reçu le Grand Prix du roman de l'Académie française. Entre les critiques assassines ou celles dithyrambiques, faites-vous votre propre opinion !

 - Et là, vous m'avez demandé pourquoi j'écrivais. Je vous ai répondu que j'écrivais parce que j'aimais ça et vous m'avez répondu... 
- Oui, que  vous ai-je répondu ?
- Que la vie n'avait peu de sens et qu'écrire donnait du sens à la vie.

lundi 16 juin 2014

Et le lauréat de la 12ème édition du prix des lecteurs du Télégramme est...

La 12ème édition du prix des Lecteurs du Télégramme est terminée et le lauréat a été annoncé il y a déjà quelques jours.

Jean-Guy Soumy pour Le silence a été récompensé.  Mes favoris étaient Eric Fottorino Suite à un accident grave de voyageur et l'essai d'Aymeric Patricot Les petits Blancs, voyage dans la France d'en bas.
Je suis un peu peu déçue forcément...

Le prix des Lecteurs du Télégramme qui comme son nom l'indique est un vote des lecteurs. A la différence des autres prix, il n' y pas de jury et  ce sont les lecteurs qui  élisent le lauréat.

dimanche 15 juin 2014

Amanda Coplin - L'homme du verger


Editeur : Christian Bourgois - Traduit de l'anglais ( Etats-Unis ) par Laurence Kiefé - Date Parution : Avril 2014 - 537 pages qui m'ont faites vibrer !

L'homme du verger est un premier roman comme j'aimerais en lire plus souvent ! Une écriture superbe servie par une traduction qui a su retransmettre toutes les nuances les plus subtiles, les non-dits, les regards et leur interprétation. Mais que serait un roman sans l'histoire? Et justement celle que nous raconte Amanda Coplin est belle : un mélange de poésie, de dureté, de pudeur et d'amour.

Depuis des années, Talmadge vit seul et s'occupe de son verger dans la vallée de Wenatchee. Sa mère est morte il y a bien longtemps et  les blessures de la disparition de sa soeur Elsbeth ne sont pas cicatrisées. Parti de rien, petit à petit, il a agrandi son verger et entretient ses arbres fruitiers avec patience et méthodes. Une solitude où seuls Caroline Middey qui fait office de sage-femme et de guérisseuse par les plantes, Clee l'indien et les hommes qui viennent de temps en temps travailler au verger rompent par leurs venues. Mais quand deux adolescentes enceintes lui volent des fruits, Talmadge les laissent faire. Pour lui, ces deux filles ont besoin d'aide. Du moins à manger, un endroit où dormir. Della et Jane ces deux soeurs farouches vont modifier sa vie à tout jamais. Je n'en dirai pas plus.

Une vie jusqu'alors tranquille confrontée à des tourments, à la violence tapie mais également à cette volonté de protéger ceux qu'on aime ou ceux que l'on considère comme sa famille. Roman envoûtant, captivant où l'auteure sait avec brio faire parler une attitude pour explorer  la nature humaine, décrire les sentiments et les pensées. La gorge souvent serrée d'émotions, j'ai vibré, j'ai relu des phrases rien que pour la beauté. Une lecture qui lentement s'insinue en nous tout comme les personnages. Que demander de plus? 

Elle n'aurait jamais dit aimer, parce qu'ils ne s'exprimaient pas ainsi; ils ne prononçaient jamais les mots  "amour" ou "magnifique", ou n'importe quel terme descriptif. Parfois, pour faire un commentaire sur ce ciel au crépuscule, il le qualifiait de "joli" et elle hochait la tête en guise d'approbation. Lorsqu'elle entrait dans une pièce où il se trouvait déjà, ou s'il débarquait dans une allée où elle était en train de travailler, ils ne se saluaient pas à grand renforts de mots mais chacun de contentait d'effleurer l'autre des yeux, déduisant, de son expression ou de sa posture, si celui-ci était content, déçu ou agacé, s'il était satisfait de cette présence ou du temps qu'il faisait. Ces détails concernant l'autres, chacun en avait l'intuition comme des besoins de son propre corps : sans y penser, de façon naturelle.

Cuné et Dominique m'avaient donnée envie et Arnaud, libraire, a enfoncé le clou.
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