mardi 24 juin 2014

Régis Franc - Jamais les papillons ne voyagent

Éditeur : Fayard - Date de parution : Mars 2014 - 176 pages au goût délicieusement suranné... 

En vingt  nouvelles, Régis Franc nous décrit des tranches de vie. Principalement des personnages masculins de l'adolescence à des âges plus avancés.
Des émois amoureux aux regrets plus tardifs, des rencontres qui changent une vie, les idéaux que l'on poursuit. De la France aux voyages en Asie ou les personnages  ont un regard différent qui influence leur vision du monde, il se dégage de ses nouvelles une douce mélancolie, pas celle qui colle et qui rime avec noirceur mais un parfum égrené d'un chapelet de petits bonheurs, de mésaventures. Cette nostalgie que l'on aime à se souvenir...

Certaines nouvelles m'ont  plus touchée que d'autres : je les ai trouvé plus travaillées et plus abouties. Mais ce recueil me laisse une saveur surannée que j'aime ! Celle d'un voyage dans nos existences modifiées par le cours de la vie.

A vingt ans on fait comme tout le monde, convaincu de ne rien faire comme personne.

Une lecture dans le cadre de la masse critique de Babelio que je remercie ainsi que l'éditeur.

samedi 21 juin 2014

Corinne Devillaire - C'est quoi ce roman ?


Éditeur : Thierry Marchaisse - Date de parution : Janvier 2014 - 219 pages dynamiques !

Avec un pareil titre, la curiosité est piquée à vif. Alors, justement, c'est quoi ce roman ? Frédéric avec femme et enfants va en vacances chez sa mère Malou . Disons que sa femme Katrin psychanalyste a préparé un plan  car Frédéric et Malou ont coupé tous les ponts depuis bine longtemps. Malou mariée à Robert un chirurgien esthétique plus jeune. Egoïste, futile, elle a comme ennemi les effets du temps et le simple mot grand-mère lui donne de l'urticaire.

Des vacances qui s'annoncent au plus mal car Frédéric hait Malou mais celle-ci se prend d'affection pour son petit-fils âgé de huit ans. Tous deux nouent une vraie complicité comme avec Clarisse souriante et gaie. Clothilde l'aînée de la fratrie, jeune fille brillante et anorexique, reste toujours à l'écart.
On pourrait croire à une histoire de pardons et de réconciliations avec effusion de larmes. Et bien non. Une jeune fille tombera amoureuse d'un homme plus âgé, un fils verra sa rancoeur se transformer en folie et un chien sans le vouloir se retrouvera mêlé à toute cette histoire.

Malgré quelques petits bémols, ce premier roman a su me surprendre par son écriture vive. Et sous des aspects faussement légers, Corinne Devillaire traite de thèmes profonds.  Une auteure à suivre !

Le billet de Mango

vendredi 20 juin 2014

Isabelle Marrier - Le reste de sa vie

Editeur : Flammarion - Date de parution : Mars 2014 - 142 pages bouleversantes !

A la naissance de sa troisième fille, Délia décide de prendre un congé parental. Souffler, se consacrer uniquement à ses enfants. Mais aujourd'hui, elle doit retourner à Xénon, l'entreprise basée à Paris où elle travaille. Son mari Jérôme lui reproche que tout désormais financièrement repose sur ses épaules. Délia souvent maladroite qui s'occupe au mieux et avec amour de ses enfants mais ce n'est jamais assez bien pour Jérôme. Comme pour tout le reste d'ailleurs. Ce matin, Délia doit déposer les deux grandes à l'école et la petite chez la nourrice pour se rendre à Xénon. Jérôme  a une réunion importante à son travail. Alors déjà elle s'active, se presse, lutte pour ne pas pleurer et cherche du réconfort dans l'idée que ce soir enfin, elle s'occupera pleinement de ses enfants.

Sauf que cette journée ne va pas se dérouler  comme prévu. Bien sûr, ses collègues lui ont acheté un cadeau. Elle les entend sans les écouter : les remarques sur ses vacances, sur ce temps qu'elle va passer hors de ces murs. Elle a rangé son bureau et fait ses cartons. Pendant ce temps, Jérôme ne pense qu'à sa réunion et qu'à épater la galerie de ses supérieurs et de ses collègues. Des vies tristement modernes et un couple dont les chemins se sont séparés au fil des années. Isabelle Marrier esquisse les tensions, les remords avec une écriture belle, sensible qui vrille le cœur. Et ce avec une économie des mots.
On se prend, impuissant, en plein figure la détresse de Délia Et plus on avance dans ce roman, plus on a la gorge qui se serre d'émotions face au drame inéluctable qui se prépare.
Ce livre m'a touchée-coulée…

Elle chuchote des récits, car les mots vernissent les choses en petits moments parfaits. Le bonheur naît entre ses mains, elle l'invente, le dispense, elle peut y croire.

Le billet de Cathulu
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