dimanche 13 juillet 2014

W. Wilkie Collins - La Dame en blanc

Éditeur : Libretto - Date de parution : 2011 - Traduit admirablement de l'anglais par Lucienne Lenob - 666 pages et un délice de lecture ! 

Angleterre, 1849. Le jeune professeur de dessin Walter Hartright doit se rendre à la propriété de Limmeridge House durant quelques mois et ce afin de donner des cours à deux demoiselles. Sur son chemin près de Londres, il rencontre une femme sortie de nulle part vêtue tout de blanc et qui semble craindre un quelconque danger. Son secret pourrait mettre un baronnet dans une situation bien embarrante. Walter Hartright tombe sous le charme de Laura Fairlie une de ses deux élèves et fait étrange, elle ressemble à cette dame en blanc. Si Laura est déjà fiancée, son futur époux Sir Perceval Glyde semble vouloir que la Dame en blanc disparaisse. Pourquoi ?

Dès le départ de ce roman choral où différents personnages vont intervenir pour raconter un moment précis de l'histoire, le lecteur est prévenu que le dénouement sera connu. Mais avant il y aura de nombreux rebondissements car Wilkie Collins a construit une vraie intrigue autour de laquelle le roman se déploie. Des personnages dont la psychologie est creusée, des personnalités fouillées où les facettes de l'âme humaine sont mises à nues.
Habilement construit pour que le suspense reste entier, desservi par une écriture délicieusement élégante et raffinée ( Dans la vie, certains courent, d'autres flânent : Mrs Vesey, elle, s'asseyait dans la vie), cette lecture malgré quelques longueurs vers la fin a été un ravissement !
Alors oui, il y a une histoire d'amour qui se termine bien, des "méchants" qui seront punis mais ces thème s'intègrent parfaitement dans ce livre sans l'alourdir ou lui nuire.

Et hop, une lecture  qui s'inscrit dans le challenge de Brize

vendredi 11 juillet 2014

Lola Lafon - Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce

Éditeur : Babel - Date de parution : mai 2014 - 428 pages magnifiques !

Parce que le coeur d'Emilienne dite Emile s'est arrêté de battre quelques minutes, elle est plongée dans un coma artificiel. Un état où les médecins veulent la faire revenir à la vie dans une pièce "pieuvre de machines". Pendant ce temps, sa presque soeur écrit le journal des jours qu'Emile n'a pas vécus et revient sur l'amitié qui les lie. Elle l'ancienne danseuse classique d'origine des pays de l'Est a subi la violences des hommes. Et c'est dans un groupe groupe de paroles où l'on tente d'exorciser la culpabilité sournoise et accusatrice qu'elles se sont connues. Tandis qu'Emile dort, la narratrice au corps et à l'âme endoloris rencontre La Petite Fille au Bout du Chemin. Eprise de liberté et d'un désir de révolte, cette dernière l'entraîne sur les chemins du "non". Une négation face à l'état et à l'immobilisme, à  ce que l'on impose aux femmes, un "non" comme celui de la danseuse Sylvie Guillem ou celui véhiculé par l'anarchiste américaine Voltairine de Cleyre.

Sous ce titre ô combien sublime, Lola Lafon nous offre  un roman tourbillonnant mais exigeant également où elle n'hésite pas à jouer avec la typologie comme pour insuffler au lecteur cette liberté que ses héroïnes revendiquent. Avec une écriture puissante où la danse et la poésie s'invitent pour ne faire qu'une à travers les mots, le corps et l'esprit cherchent à se débarrasser des entraves.
Et au fil des pages, on explore les vies de ces jeunes femmes qui portent en elles des fragments de nombreuses femmes. Portées par le souffle de la liberté, les émotions bien réelles coupent le souffle tant ce livre est envoûtant et porteur de réflexions !
Une lecture magnifique, marquante qu'on ne lâche pas !

Lu également de cette auteure qui décidément me séduit totalement : La petite communiste qui ne souriait jamais.

samedi 5 juillet 2014

Alice LaPlante - Absences

Éditeur : 10 X 18 - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Daphné Bernard - Date de parution : Mai 2014 - 399 pages qui se tournent avec frénésie et retenue (paradoxalement) ! 

Jennifer White est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Cette ancienne chirurgienne orthopédiste brillante et reconnue vit dans un monde où ses souvenirs s'échappent. Sa meilleure amie et voisine Amanda O'Tool est retrouvée assassinée et amputée de quatre doigts. La police oriente ses soupçons vers Jennifer. Qui est-elle vraiment ? Que cache Jennifer dans les limbes de son esprit ?

Tout au long ce ce roman policier ( qui pour moi est plus un roman qu'à proprement un roman de type purement policier), chaque jour Jennifer oublie qui elle est, ses enfants ( pas si parfaits que ça) et tout le monde doit lui répéter inlassablement son identité et sa vie. Elle oublie aussi la disparition de sa meilleure amie et découvre avec effroi sa mort. Son entourage écrit dans un journal pour que Jennifer puisse relire ce que sa mémoire laisse s'envoler. Alice LaPlante nous glisse dans la peau de Jennifer et on ressent sa peur, sa détresse. Mais aussi son amitié avec Amanda qui n'était pas dénuée de jalousie, de mensonges. Jennifer pour qui sa carrière professionnelle comptait énormément. De trop ? Une vie de femme, d'épouse, de mère avec ses bonheurs mais aussi ses déceptions. Jusqu'au bout, on se demande si Jennifer est coupable.

La tension est palpable rendue encore plus forte et dérangeante par la maladie d'Alzheimer. S'il s'agit d'une lecture très forte qui laisse un sentiment de malaise, elle se lit en retenant son souffle... 

Des billets (et des avis variés) : Cuné, Fleur, Sandrine, Valérie
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