Éditeur : Editions de la Table Ronde - Traduit de l'anglais (Irlande) par Cécile Arnaud -
Date de parution : Mai 2014 - 270 pages plaisantes !
Sir Roderick le maître de Ballyroden vient de rendre l'âme et aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale les temps sont durs en Irlande. Son fils Sir Philip hérite bien entendu du domaine mais surtout, cerise sur le gâteau, de dettes. Son père n' a eu cesse de vivre au-dessus de ses moyens comme son frère Hercules et sa sœur Consuelo. Tous deux résident à Ballyroden et s'imaginent que la belle vie va continuer. Mais Philip ne voit pas les chose sous cet angle.
Lui qui a servi durant la guerre fait preuve de lucidité, trait de caractère dont semblent dépourvus la famille hormis sa cousine Véronica. Afin d'éviter la ruine, Philip décide que Ballyroden accueillera des hôtes payants. Ce portrait de famille ne serait pas complet sans parler de l'adorable tante Anne Rose qui s'imagine voyager à travers le monde entier dans sa chaise à porteurs...
Si toute la famille doit se serrer la ceinture, Hercules et Consuelo ne sont pas d'accord. Les voilà désormais priver de courses de chevaux et de champagne. Eternels capricieux, les domestiques les cajolent toujours comme quand ils étaient enfants. Et quand les premiers hôtes arrivent, ils décident de saborder l'entreprise de leur neveu. Les hôtes anglais s'imaginent trouver de la bonne nourriture et être accueillis avec chaleur. Ils devront non seulement surmonter la froideur et l'humidité de la maison, l'isolement mais supporter Hercules et Consuelo.
Avec un humour soit tendre soit plus ironique, Molly Keane dépeint des personnages attachants malgré leurs défauts (j'ai adoré le personnage de tante Anne Rose totalement charmante et décalée ! ).
L'intrigue du trésor que détiendrait la vieille tante n'est qu'un prétexte à donner vie à des scènes et des situations où des joutes verbales fusent.
Mais sous ses airs faussement légers, ce roman décrit deux générations qui n'ont pas les mêmes les mêmes rapports à l'argent et aux rangs sociaux.
Même si elle s'essouffle un peu sur la fin, il s'agit d'une lecture plaisante !
- Madame Howard, avez-vous déjà entendu parler de banqueroute?
- Oui, bien sûr, qui n'en a pas entendu parler? C'est une façon d'arrêter de payer les factures.
Le billet de My Lou Book
Lu également de cette auteure : Fragiles serments
mercredi 6 août 2014
mardi 5 août 2014
James Scudamore - La clinique de l'amnésie
Éditeur : Stock - Traduit de l'anglais par Anne Rabinovitch - Date de parution : Mai 2014 - 300 pages et une déception...
Anti vit en Equateur avec ses parents. Ce fils unique d'origine britannique dont les parents font partie de la bonne société a pour ami Fabian. Orphelin à l'imaginaire foisonnant, aventurier et intrépide, son éducation est entre les mains d'un fantasque oncle Suarez. Les deux garçons passent beaucoup de temps chez Suraez. Anti échappe ainsi à la rigidité de ses parents car Suraez nourrit leur imaginaire d'histoires abracadabrantes et de mythes. Mais Fabian ne s'est jamais remis de l'accident qui a coûté la vie à ses parents et il croit que sa mère dont le corps n'a jamais été été retrouvé est toujours vivante. Pour aider Fabian, Anti décide de croire à sa version des faits et de lui donner un espoir. Et si sa mère était tout simplement devenue amnésique? Les deux garçon partent à sa recherche.
Ce roman aurait pu me plaire : la vérité adoucie ou transformée par des mensonges pour la rendre plus supportable ou pour essayer de rendre "réel" un désir, l'amitié, la quête d'Anti et Fabian qui à la porte de l'adolescence ont des attitudes opposées. Mais la trame serpente pour vouloir aborder trop de thèmes et au final effleure souvent. Je me suis souvent sentie égarée en me demandant où l'auteur voulait me conduire. Des longueurs inutiles gâchent à mon goût ce roman et lui retirent le charme de la découverte de l'Equateur.
Un maillage plus resserré aurait permis que je ne papillonne pas et que mon intérêt reste éveillé. Et c'est d'autant plus dommage car la fin sur la culpabilité et le repentir est très réussie...
Anti vit en Equateur avec ses parents. Ce fils unique d'origine britannique dont les parents font partie de la bonne société a pour ami Fabian. Orphelin à l'imaginaire foisonnant, aventurier et intrépide, son éducation est entre les mains d'un fantasque oncle Suarez. Les deux garçons passent beaucoup de temps chez Suraez. Anti échappe ainsi à la rigidité de ses parents car Suraez nourrit leur imaginaire d'histoires abracadabrantes et de mythes. Mais Fabian ne s'est jamais remis de l'accident qui a coûté la vie à ses parents et il croit que sa mère dont le corps n'a jamais été été retrouvé est toujours vivante. Pour aider Fabian, Anti décide de croire à sa version des faits et de lui donner un espoir. Et si sa mère était tout simplement devenue amnésique? Les deux garçon partent à sa recherche.
Ce roman aurait pu me plaire : la vérité adoucie ou transformée par des mensonges pour la rendre plus supportable ou pour essayer de rendre "réel" un désir, l'amitié, la quête d'Anti et Fabian qui à la porte de l'adolescence ont des attitudes opposées. Mais la trame serpente pour vouloir aborder trop de thèmes et au final effleure souvent. Je me suis souvent sentie égarée en me demandant où l'auteur voulait me conduire. Des longueurs inutiles gâchent à mon goût ce roman et lui retirent le charme de la découverte de l'Equateur.
Un maillage plus resserré aurait permis que je ne papillonne pas et que mon intérêt reste éveillé. Et c'est d'autant plus dommage car la fin sur la culpabilité et le repentir est très réussie...
vendredi 1 août 2014
Grand Corps Malade - Patients
Éditeur : Points - Date de parution : Mai 2014 - 166 pages et un uppercut...
Le choc n'a duré qu'une seconde mais ses ondes ne laissent personne indifférent,
« Votre fils ne marchera plus », voilà ce qu'ils ont dit à mes parents.
Alors j'ai découvert de l'intérieur un monde parallèle,
Un monde où les gens te regardent avec gêne ou avec compassion,
Un monde où être autonome devient un objectif irréel,
Un monde qui existait sans que j'y fasse vraiment attention.
Ce monde-là vit à son propre rythme et n'a pas les mêmes préoccupations,
Les soucis ont une autre échelle et un moment banal peut être une très bonne occupation,
Ce monde là respire le même air mais pas tout le temps avec la même facilité,
Il porte un nom qui fait peur ou qui dérange : les handicapés.
On met du temps à accepter ce mot, c'est lui qui finit par s'impose,
La langue française a choisi ce terme, moi j'ai rien d'autre à proposer,
Rappelle-toi juste que c'est pas une insulte, on avance tous sur le même chemin,
Et tout le monde crie bien fort qu'un handicapé est d'abord un être humain.
(..)
Certains savent comme moi qu'y a des regards qu'on oublie pas.
C'est peut-être un monde fait de décence, de silence, de résistance,
Un équilibre fragile, un oiseau dans l'orage,
Une frontière étroite entre souffrance et espérance,
Ouvre un peu les yeux, c'est surtout un monde de courage.
Quand la faiblesse physique devient une force mentale,
Quand c'est le plus vulnérable qui sait où, quand, pourquoi et comment,
Quand l'envie de sourire redevient un instinct vital,
Quand on comprend que l'énergie ne se lit pas seulement dans le mouvement.
Parfois la vie nous teste et met à l'épreuve notre capacité d'adaptation,
Les cinq sens des handicapés sont touchés mais c'est un sixième qui les délivre,
Bien au-delà de la volonté, plus fort que tout, sans restriction,
Ce sixième sens qui apparaît, c'est simplement l'envie de vivre.
Ces parole sont extraites de la chanson Sixième sens qui figure en avant-propos de ce livre. En les lisant, j'ai été touchée par la justesse et la réalité qui en ressortent. Et ce titre car "Quand tu n'es pas autonome, tu passes plus de temps à attendre qu'à faire les choses. Un bon patient sait patienter."
Un plongeon dans une piscine qui manquait d'eau et Fabien Marsault âgé de vingt ans est hospitalisé en réanimation. Puis vient le temps du centre de rééducation. "Tétraplégique incomplet", il va réussir à reconquérir une mobilité. Un parcours avec fauteuil roulant électrique, des séances de kiné, les aides-soignants et les autres personnes (personnel médical et patients) du centre.
Sans misérabilisme mais avec humour, lucidité et des touches de sensibilité, Grand Corps Malade raconte ces journées, ces mois. L'intimité envolée, la dépendance mais aussi les rires, des situations décrites avec dérision alors qu'elles sont graves, dures. Car l'humour reste la meilleure arme face au handicap. Pour soi et pour sa propre estime...
Un témoignage uppercut qui vous vous en doutez n'a pu que me toucher.
Tout le monde s'habitue. C'est dans la nature humaine. On s'habitue à voir l'inhabituel, on s'habitue à vivre des choses dérangeantes, on s'habitue à voir des gens souffrir, on s'habitue nous-mêmes à la souffrance. On s'habitue à être prisonniers de notre propre corps. On s'habitue, ça nous sauve.
Le billet de Cathulu
Le choc n'a duré qu'une seconde mais ses ondes ne laissent personne indifférent,
« Votre fils ne marchera plus », voilà ce qu'ils ont dit à mes parents.
Alors j'ai découvert de l'intérieur un monde parallèle,
Un monde où les gens te regardent avec gêne ou avec compassion,
Un monde où être autonome devient un objectif irréel,
Un monde qui existait sans que j'y fasse vraiment attention.
Ce monde-là vit à son propre rythme et n'a pas les mêmes préoccupations,
Les soucis ont une autre échelle et un moment banal peut être une très bonne occupation,
Ce monde là respire le même air mais pas tout le temps avec la même facilité,
Il porte un nom qui fait peur ou qui dérange : les handicapés.
On met du temps à accepter ce mot, c'est lui qui finit par s'impose,
La langue française a choisi ce terme, moi j'ai rien d'autre à proposer,
Rappelle-toi juste que c'est pas une insulte, on avance tous sur le même chemin,
Et tout le monde crie bien fort qu'un handicapé est d'abord un être humain.
(..)
Certains savent comme moi qu'y a des regards qu'on oublie pas.
C'est peut-être un monde fait de décence, de silence, de résistance,
Un équilibre fragile, un oiseau dans l'orage,
Une frontière étroite entre souffrance et espérance,
Ouvre un peu les yeux, c'est surtout un monde de courage.
Quand la faiblesse physique devient une force mentale,
Quand c'est le plus vulnérable qui sait où, quand, pourquoi et comment,
Quand l'envie de sourire redevient un instinct vital,
Quand on comprend que l'énergie ne se lit pas seulement dans le mouvement.
Parfois la vie nous teste et met à l'épreuve notre capacité d'adaptation,
Les cinq sens des handicapés sont touchés mais c'est un sixième qui les délivre,
Bien au-delà de la volonté, plus fort que tout, sans restriction,
Ce sixième sens qui apparaît, c'est simplement l'envie de vivre.
Ces parole sont extraites de la chanson Sixième sens qui figure en avant-propos de ce livre. En les lisant, j'ai été touchée par la justesse et la réalité qui en ressortent. Et ce titre car "Quand tu n'es pas autonome, tu passes plus de temps à attendre qu'à faire les choses. Un bon patient sait patienter."
Un plongeon dans une piscine qui manquait d'eau et Fabien Marsault âgé de vingt ans est hospitalisé en réanimation. Puis vient le temps du centre de rééducation. "Tétraplégique incomplet", il va réussir à reconquérir une mobilité. Un parcours avec fauteuil roulant électrique, des séances de kiné, les aides-soignants et les autres personnes (personnel médical et patients) du centre.
Sans misérabilisme mais avec humour, lucidité et des touches de sensibilité, Grand Corps Malade raconte ces journées, ces mois. L'intimité envolée, la dépendance mais aussi les rires, des situations décrites avec dérision alors qu'elles sont graves, dures. Car l'humour reste la meilleure arme face au handicap. Pour soi et pour sa propre estime...
Un témoignage uppercut qui vous vous en doutez n'a pu que me toucher.
Tout le monde s'habitue. C'est dans la nature humaine. On s'habitue à voir l'inhabituel, on s'habitue à vivre des choses dérangeantes, on s'habitue à voir des gens souffrir, on s'habitue nous-mêmes à la souffrance. On s'habitue à être prisonniers de notre propre corps. On s'habitue, ça nous sauve.
Le billet de Cathulu
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