Éditeur : Gallimard - Traduit de l'anglais par Sylvie Schneiter - Date de parution : Septembre 2014 - 365 pages et un avis mitigé...
Tout commence par la mort de Kweku Sai. Cet ancien chirurgien qui travaillait aux Etats-Unis a abandonné du jour au lendemain sa famille et est reparti dans son pays natal le Ghana. Sa femme et ses quatre enfants ont dû apprendre à vivre et à se débrouiller sans lui. Viré de son boulot sous prétexte d'une faute professionnelle, Kweku n'a pas digéré cette injustice. Ce père de famille ne se voyait pas rentrer humilié au sein de son foyer. L'Amérique a pourtant vu naître ses enfants et son ascension professionnelle. Il laisse des enfants qui l'admiraient et le respectaient tout comme Fola son épouse d'origine nigériane.
Ce départ verra l'éclatement de la fratrie, chacun essayant de suivre son chemin. L'aîné marchera dans les pas de son père en terme de carrière, les jumeaux si proches se perdront de vue. Et Sadie la petite dernière aura du mal à quitter sa mère.
Roman construit de façon éclatée, on suit par bribes les existence des uns et des autres jusqu'à leurs retrouvailles pour les funérailles de Kweku.
Taiye Selasi nous fait donc voyager des Etats-Unis en Afrique, elle nous plonge dans les pensées et les souvenirs de chacun.
Alors oui, les liens de la famille sont passés au scalpel mais j'ai trouvé qu'il manquait de l'émotion, des sentiments. On comprend toute la signification du titre dans le dernier quart du livre où des scènes sont très dures à la limite du soutenable.
Une lecture sans déplaisir mais j'ai eu du mal à m'attacher aux personnages...
mardi 7 octobre 2014
lundi 6 octobre 2014
Hélène Gestern - Portrait d'après blessure
Olivier et Héloïse vont aller déjeuner et ils ont pris le métro comme tant d'autres. Mais une bombe explose. Olivier secourt Hélène alors qu'ils sont pris en photo par un journaliste. Sans qu'ils aient demandé ou accepté, ils se retrouvent sur papier et sur écran à la vue de tous.
Blessés et choqués, ils vont devoir en plus affronter les dégâts causés dans leurs vies personnelles. Amenés à travailler ensemble sur des reportages, leur collaboration a vu naître un sentiment amoureux entre eux. Et ils étaient sur le point d'en parler au moment de l'explosion. Ni leurs conjoints, ni leur entourage ne s'est douté de quelque chose. Mais ce pan intime ne leur appartient plus. La photo a tout brisé. Ils sont passés du côté de la barrière publique. Des regards aux sous-entendus, ils sont soupçonnés par tous. Mais ils veulent retrouver leur dignité balayée. Commence un combat où ils se heurtent au droit à l'information, à la puissance médiatique. Dans le récit d'Olivier et d'Héloïse, s'ajoutent des histoires d'images de personnes qui donnent leurs ressentis en voyant une photo ou de celles qui se sont retrouvées piégées sous l'oeil du journaliste photographe.
Non seulement, on se prend des claques d'émotions en pleine figure mais en plus ce roman interpelle, pousse à la réflexion car nous sommes tous consommateurs d'informations ! Hélène Gestern a gagné en force et intensité dans une écriture plus affirmée. Et pour un tel sujet, il le fallait. Un livre très fort qui ne souffre d'aucun défaut où il question du respect bafoué et de celui que l'on peut reconquérir, de notre société où tout est diffusé et sur ce qu'on appelle la vie privée.
A lire absolument !
Ce n'est pas seulement la solitude qui me retient d'assister. C'est la honte que nous ayons tous deux été montrés ainsi, dans ce que nous avions de plus faillible et de plus démunis. Un photographe a fait de nous, par provision, les traîtres que nous n'étions pas. Son image à défloré, vendu, soumis à l'avance les mots que nous n'avons pas eu le temps de prononcer.
J'étais convaincu d'avoir compris l'étendue des pouvoirs de la photographie, d'être celui qui pouvait révéler ces vérités cachées. Je décryptais, comme on dit. J'avais juste oublié l'essentiel. Parce que si je me suis souvent demandé, pendant ces entretiens, ce qu'avaient ressenti ceux qui avaient pris ces photos, je me suis rarement interrogé sur qu'avaient éprouvés les photographiés au moment du déclic. Jamais pris la véritable mesure de leur humiliation, de la violence que représentaient les instants d'existence qu'on leur avait dérobés. Aujourd'hui, je m'interroge : combien de mémoire avons-nous insultées de la sorte ? Combien d'hommes et de femmes, réduit à une blessure, à une grimaces dont nous avons fait commenter l'image? Dans la chair meurtrie, figée pour toujours dans la chimie de sa pellicule, dans son amas de pixels, écrasés par la dictature sèche d'un flash, je n'ai jamais voulu voir que l'impérieuse nécessité de rendre compte de l'Histoire.
Lu de cette auteure : Eux sur la photo - La part du feu
dimanche 5 octobre 2014
Maylis de Kerangal - Corniche Kennedy
Éditeur : Folio - Date de parution : 2010 - 180 pages et un avis mitigé...
Ils sont jeunes et insouciants. L'adrénaline, ils se la procurent en sautant d'une une plateforme rocheuse. Défiant le risque et le danger, cette bande de jeunes des quartiers nord de Marseille y passe l'été entre plage et plongeons. Sauf que le commissaire de police doit appliquer la tolérance zéro. Entre ces jeunes et lui, le défi s'installe...
Pour entrer dans la bande, il faut exécuter un saut. C'est la règle de ces adolescents épris de sensations fortes et de liberté. Le commissaire Sylvestre Opéra blasé de la vie les observe. Mais il a des ordres , il faut que ça cesse. Pris de court par la démesure de l'offensive, les voltigeurs de la corniche se faisaient aisément ramassés, mais il ne leur fallut que quelques jours pour se prendre au jus, frondeurs, et alors ce fut le grand cache-cache. Une partie géante, une partie à échelle de la corniche, autrement dit à échelle un, à taille réelle. Le jeu du chat et de la souris a démarré et rien ne semble arrêter ces jeunes.
Un portait de l'adolescence et d'une bande de jeunes où l'écriture de Maylis de Kerangal saisit des instants fugaces (un regard, une attitude) toujours avec son écriture merveilleuse. Mais j'ai trouvé que ce roman s'essoufflait sur la fin...
Lu de cette auteure : Naissance d'un pont - Réparer les vivants
Vous trouverez beaucoup de billets sur ce livre un peu partout ( Babelio, Libfly..)
Ils sont jeunes et insouciants. L'adrénaline, ils se la procurent en sautant d'une une plateforme rocheuse. Défiant le risque et le danger, cette bande de jeunes des quartiers nord de Marseille y passe l'été entre plage et plongeons. Sauf que le commissaire de police doit appliquer la tolérance zéro. Entre ces jeunes et lui, le défi s'installe...
Pour entrer dans la bande, il faut exécuter un saut. C'est la règle de ces adolescents épris de sensations fortes et de liberté. Le commissaire Sylvestre Opéra blasé de la vie les observe. Mais il a des ordres , il faut que ça cesse. Pris de court par la démesure de l'offensive, les voltigeurs de la corniche se faisaient aisément ramassés, mais il ne leur fallut que quelques jours pour se prendre au jus, frondeurs, et alors ce fut le grand cache-cache. Une partie géante, une partie à échelle de la corniche, autrement dit à échelle un, à taille réelle. Le jeu du chat et de la souris a démarré et rien ne semble arrêter ces jeunes.
Un portait de l'adolescence et d'une bande de jeunes où l'écriture de Maylis de Kerangal saisit des instants fugaces (un regard, une attitude) toujours avec son écriture merveilleuse. Mais j'ai trouvé que ce roman s'essoufflait sur la fin...
Lu de cette auteure : Naissance d'un pont - Réparer les vivants
Vous trouverez beaucoup de billets sur ce livre un peu partout ( Babelio, Libfly..)
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