Éditeur : Éditions de Minuit - Date de parution : 2009 - 427 pages indélébiles...
A Bruxelles en 1985, la finale lors de la coupe d'Europe des champions va tourner au drame. Ce match qui oppose Liverpool à la Juventus de Turin sera nommé plus tard et pour toujours le drame du Stade du Heysel. Laurent Mauvignier commence le récit avant le match, avant l'arrivée à Bruxelles de ses personnages. Jeff et Tonino venus de France, Geoff et ses deux frères aînés de Grande-Bretagne, Tana et Francesco des italiens qui viennent de se marier et qui sont en voyage de noces. Gabriel et Virginie de Bruxelles qui n'en reviennent toujours pas d'avoir des billets. Tous ressentent une effervescence d'assister à ce match si important et ce sentiment entre fierté et orgueil d'y être contrairement à d'autres. Une foule, une marée humaine se presse à Bruxelles. Certains sont là pour l'amour du foot d'autres y sont avec une rage et une violence.
Dès le départ, on sait que ce 29 mai 1985 restera graver dans les mémoires. Qu'il y aura des centaines de blessés, des gens piétinés, écrasés contre des barrières et un bilan de 38 morts. Un roman roman polyphonique où chacun prend la parole et l'on ressent l'excitation d'avant le match, la joie. Puis la peur et la cohue du drame Et puis il y a eu cette chose qui est arrivée, cette chose que l'Europe entière a vue en croyant ne pas la voir. Les cris étourdissants qui serrent, empoignent comme les corps les uns contre les autres, les pensées de chacun éparpillées, tétanisées devant l'ampleur de que qu'ils vivent. Pourront-ils se reconstruire après? Reprendre leur existence et gommer ce jour ? Et ce livre est terriblement oppressant car il nous immerge dans ce drame. Laurent Mauvignier dépeint ces vies définitivement modifiées, les consciences lestées de remords. Il n'endosse pas le rôle de juge en nous décrivant les holligans, les forces de l'ordre dépassées. Toutes les erreurs et défaillances ressurgissent dans ce livre qui met au premier plan l'humain.
Une lecture qui bouscule et inoubliable par sa force à décrire l'intime...
Et dès qu'ils arrivent dans la lumière du dehors c'est comme s'ils couraient après leurs voix, leurs cris loin devant eux , devant leurs corps tuméfiés, je me dis, moi, tremblotant les jambes molles, les oreilles bourdonnent, quand j'entends ces mots dans ma tête, disant qu'ils sont devenus fous, et, quoi ? de l'autre côté ils reviennent d'où, et, merde, merde ! arrêtez ! arrêtez ! arrêtez vous ! qu'est-ce que c'est ? Ils déboulent par centaines, les uns sur les autres. Je voudrais parler et dire arrêtez-vous, expliquez-moi mais non, c'est là, devant, ça grossit encore – tout à coup je comprends que je n'ai rien vu. Le pire est à venir, impossible, impensable. Et toujours cette violence qui dévaste jusqu'à la possibilité de trouver les mots pour la dire,
Lu de cet auteur : Loin d'eux
lundi 20 octobre 2014
vendredi 17 octobre 2014
Rebecca Makkai - Chapardeuse
Éditeur : Gallimard - Traduit de l'anglais ( Etats-Unis) par Samuel Todd - Date de parution : Août 2012 - 368 pages bourrées de punch !
Lucy presque trentenaire est bibliothécaire au rayon jeunesse dans une petite ville du Missouri. Elle a un lecteur assidu Ian Drake âgé de dix ans. Mais la mère de celui-ci contrôle ses lectures. D'ailleurs, elle a donné à Lucy une liste de ce qu'il peut lire ou non. Car ses parents sont des chrétiens fondamentalistes homophobes. Lucy apprend par Ian que ses parents l'obligent à suivre des cours d'un genre particulier avec un pasteur. Pour eux, Ian présente des tendances homosexuelles et doit être remis sur le droit chemin...Lucy aide Ian comme elle le peut en lui prêtant des livres (interdits par sa mère). Mais tout se complique quand elle découvre un matin que Ian a dormi à la bibliothèque et a fugué de chez lui.
Lucy pourrait ramener Ian à ses parents mais Ian l'oblige à l'amener avec elle. Sinon il dira qu'elle l'a volontairement enfermée et qu'elle avait tout planifié. Tous deux partent donc sur les routes sans but véritable. Tiraillée par sa conscience ( elle s'imagine déjà en prison), cette fille d'émigrés russes pense aux histoires racontées par son père. Elle a bien du mal à croire à ses explications sur sa fuite de l'Union Soviétique entendues depuis son enfance et se demande ce que va lui réserver son escapade bien particulière.
Ce roman aborde la notion d'identité, d'appartenance, de l'homosexualité et de l'échappatoire que sont les livres, comment ils permettent de nous construire et d'avoir nos propres jugements. Lucy possède de l'auto-dérision et de l'humour comme je les aime.
Même s'il n'est pas parfait, ce premier roman déborde de punch et fait passer un bon moment !
A noter, pour le dossier, ma constitution génétique indiquant une légère prédisposition aux comportements criminels, une propension héréditaire à la fuite, et une caution chromosomique de l'auto-flagellation éternelle.
Lucy presque trentenaire est bibliothécaire au rayon jeunesse dans une petite ville du Missouri. Elle a un lecteur assidu Ian Drake âgé de dix ans. Mais la mère de celui-ci contrôle ses lectures. D'ailleurs, elle a donné à Lucy une liste de ce qu'il peut lire ou non. Car ses parents sont des chrétiens fondamentalistes homophobes. Lucy apprend par Ian que ses parents l'obligent à suivre des cours d'un genre particulier avec un pasteur. Pour eux, Ian présente des tendances homosexuelles et doit être remis sur le droit chemin...Lucy aide Ian comme elle le peut en lui prêtant des livres (interdits par sa mère). Mais tout se complique quand elle découvre un matin que Ian a dormi à la bibliothèque et a fugué de chez lui.
Lucy pourrait ramener Ian à ses parents mais Ian l'oblige à l'amener avec elle. Sinon il dira qu'elle l'a volontairement enfermée et qu'elle avait tout planifié. Tous deux partent donc sur les routes sans but véritable. Tiraillée par sa conscience ( elle s'imagine déjà en prison), cette fille d'émigrés russes pense aux histoires racontées par son père. Elle a bien du mal à croire à ses explications sur sa fuite de l'Union Soviétique entendues depuis son enfance et se demande ce que va lui réserver son escapade bien particulière.
Ce roman aborde la notion d'identité, d'appartenance, de l'homosexualité et de l'échappatoire que sont les livres, comment ils permettent de nous construire et d'avoir nos propres jugements. Lucy possède de l'auto-dérision et de l'humour comme je les aime.
Même s'il n'est pas parfait, ce premier roman déborde de punch et fait passer un bon moment !
A noter, pour le dossier, ma constitution génétique indiquant une légère prédisposition aux comportements criminels, une propension héréditaire à la fuite, et une caution chromosomique de l'auto-flagellation éternelle.
mercredi 15 octobre 2014
Julia Deck - Le triangle d'hiver
Éditeur : Éditions de Minuit - Date de parution : Septembre 2014 - 174 pages et un sentiment partagé...
Au Havre, Mademoiselle est sans travail et sans argent, elle décide de devenir Bérénice Beaurivage. Après tout, elle ressemble à Arielle Dombasle. Une nouvelle identité et désormais elle sera romancière comme l'actrice dans le film "les romancière ignorent les réveils à l'aube pour emprunter d'épouvantables transports en commun". Elle quitte Le Havre pour une autre ville portuaire Saint-Nazaire. Même ambiance mais l'argent manque. On peut s'inventer romancière et ainsi faire table rase de son passé mais il faut quand même pouvoir se loger, se vêtir et manger. Heureusement, elle fait la connaissance d'un inspecteur des navires et s'éprend de lui. Il gagne bien sa vie, Bérénice ne le quitte plus. Elle ne veut pas lui montrer ses écrits en cours, petit caprice d'écrivain, et erre sur la journée dans cette ville. Elle ment, vole, se glisse avec délice dans sa nouvelle vie. Mais, une journaliste est proche de l'inspecteur. Trop proche pour Mademoiselle qui y voit une rivale. Elle s'invite avec lui à Marseille mais notre inspecteur commence à avoir quelques doutes...
Comme dans Viviane Elisabeth Fauville, Julia Deck met en scène une femme dont on ne connait pas le passé. Mademoiselle est fantasque, elle s'imagine fuir la réalité et ses problèmes en se créant un nouveau personnage. Et on est pris dans l'écriture de Julia Deck, aussi précise pour décrire la géographie des villes que les pensées de Mademoiselle, une écriiture piquante et relevée. On sait que l'auteure essaie détourner notre attention pour mieux nous surprendre par la fin. Et l'on suit ce trio à l'affut d'indices. Surprise : la fin de ce roman nous laisse interrogatif. A t-on raté quelque chose ? Et l'envie de le reprendre depuis le début se montre impérieuse pour comprendre.
Julia Deck joue avec son lecteur à la perfection mais je suis partagée car si j'ai aimé retrouvé son style unique, un peu de nouveauté par rapport à "Viviane Elisabeth Fauville" aurait été le bienvenu.
Le billet de Sandrine. Merci Cath !
Au Havre, Mademoiselle est sans travail et sans argent, elle décide de devenir Bérénice Beaurivage. Après tout, elle ressemble à Arielle Dombasle. Une nouvelle identité et désormais elle sera romancière comme l'actrice dans le film "les romancière ignorent les réveils à l'aube pour emprunter d'épouvantables transports en commun". Elle quitte Le Havre pour une autre ville portuaire Saint-Nazaire. Même ambiance mais l'argent manque. On peut s'inventer romancière et ainsi faire table rase de son passé mais il faut quand même pouvoir se loger, se vêtir et manger. Heureusement, elle fait la connaissance d'un inspecteur des navires et s'éprend de lui. Il gagne bien sa vie, Bérénice ne le quitte plus. Elle ne veut pas lui montrer ses écrits en cours, petit caprice d'écrivain, et erre sur la journée dans cette ville. Elle ment, vole, se glisse avec délice dans sa nouvelle vie. Mais, une journaliste est proche de l'inspecteur. Trop proche pour Mademoiselle qui y voit une rivale. Elle s'invite avec lui à Marseille mais notre inspecteur commence à avoir quelques doutes...
Comme dans Viviane Elisabeth Fauville, Julia Deck met en scène une femme dont on ne connait pas le passé. Mademoiselle est fantasque, elle s'imagine fuir la réalité et ses problèmes en se créant un nouveau personnage. Et on est pris dans l'écriture de Julia Deck, aussi précise pour décrire la géographie des villes que les pensées de Mademoiselle, une écriiture piquante et relevée. On sait que l'auteure essaie détourner notre attention pour mieux nous surprendre par la fin. Et l'on suit ce trio à l'affut d'indices. Surprise : la fin de ce roman nous laisse interrogatif. A t-on raté quelque chose ? Et l'envie de le reprendre depuis le début se montre impérieuse pour comprendre.
Julia Deck joue avec son lecteur à la perfection mais je suis partagée car si j'ai aimé retrouvé son style unique, un peu de nouveauté par rapport à "Viviane Elisabeth Fauville" aurait été le bienvenu.
Le billet de Sandrine. Merci Cath !
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